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Article de revue

Homo Sapiens, de la trace à l’espace liminal

Pages 103 à 109

Citer cet article


  • Recco, B.
(2025). Homo Sapiens, de la trace à l’espace liminal. Humanisme, 347(2), 103-109. https://doi.org/10.3917/huma.347.0103.

  • Recco, Benoît.
« Homo Sapiens, de la trace à l’espace liminal ». Humanisme, 2025/2 n° 347, 2025. p.103-109. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2025-2-page-103?lang=fr.

  • RECCO, Benoît,
2025. Homo Sapiens, de la trace à l’espace liminal. Humanisme, 2025/2 n° 347, p.103-109. DOI : 10.3917/huma.347.0103. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2025-2-page-103?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.347.0103


Dès le premier plan, le silence s’impose. Toutefois, de ces lieux vides et désertés qui résonnent à nos oreilles, telle une stupéfiante échappée dans un autre monde, et structurent entièrement le film de Nikolaus Geyrhalter, perlent à tout moment de légers sons et de doux effleurements. Ici, le vent fait bruisser des papiers qui jonchent le sol d’un immeuble abandonné. Là, le ressac de l’océan qui se déchire sur les pieds d’un manège de type montagnes russes, lui aussi laissé pour mort dans ce lieu incroyable, improbable. Que se passe-t-il, où sommes-nous, que nous arrive-t-il ? Homo Sapiens interroge mais se garde bien de nous répondre. Pourtant, les questions sont criantes et la curiosité du spectateur est piquée dès les premières secondes et ne le lâchera plus.
Le réalisateur autrichien signe en 2016 avec Homo Sapiens une œuvre fascinante à la forme audacieuse et dont la réussite tient tout autant à la poésie qui s’en dégage qu’à cette construction qui déroute. Des plans fixes, 90 minutes de plans fixes qui durent chacun de dix à trente secondes et s’enchaînent les uns avec les autres dans une composition vertigineuse qui parvient à nous offrir une balade aussi douce et enivrante qu’un poème de la Renaissance. Ronsard n’est pas loin. Aucun personnage vivant, aucune parole, c’est pourtant de l’humanité que nous parle avec brio Nikolaus Geyrhalter, et comment ! Traces laissées par les hommes, traces d’humanité, tout est ici comme ce qui a été et ce qui continue d’être, différemment, voire étonnamment différemment pour nous, pauvres hères qui nous croyons toujours en maîtrise de tout…


Date de mise en ligne : 20/05/2025

https://doi.org/10.3917/huma.347.0103

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