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Article de revue

Faux-Semblants. La conscience à l’épreuve du corps, le corps à l’épreuve du genre cinématographe.

Pages 100 à 104

Citer cet article


  • Recco, B.
(2025). Faux-Semblants. La conscience à l’épreuve du corps, le corps à l’épreuve du genre cinématographe. Humanisme, 346(1), 100-104. https://doi.org/10.3917/huma.346.0100.

  • Recco, Benoît.
« Faux-Semblants. La conscience à l’épreuve du corps, le corps à l’épreuve du genre cinématographe. ». Humanisme, 2025/1 n° 346, 2025. p.100-104. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2025-1-page-100?lang=fr.

  • RECCO, Benoît,
2025. Faux-Semblants. La conscience à l’épreuve du corps, le corps à l’épreuve du genre cinématographe. Humanisme, 2025/1 n° 346, p.100-104. DOI : 10.3917/huma.346.0100. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2025-1-page-100?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.346.0100


Notes

  • [1]
    Faux-Semblants, film de David Cronenberg de 1988, titré Alter Ego au Canada et Dead Ringers ailleurs.
  • [2]
    Description donnée par David Cronenberg lui-même lors d’un entretien donné à Cannes, en 1996, à la sortie de son film Crash.

Quartiers huppés de New-York, 1988, dans une salle d’opération d’un gris profond, un ponte de la chirurgie se concentre, le regard vide et inspiré ; bras en croix, on le revêt de pied en cape d’une blouse d’un rouge vertigineux digne des cardinaux du Vatican. Il ouvre une absconse toile de jute servant de trousse d’instruments gynécologiques métalliques tout droit sortis d’une exposition d’art contemporain futuriste et, d’un pas lent et déterminé, progresse vers les horizons d’une terra incognita pour s’occuper d’une patiente allongée, elle aussi sous un drap rouge écarlate. Où sommes-nous ? Dans une réalité encore inconnue ? Dans un long-métrage au milieu du gué de sa 76e minute ? Nulle part. Non, nulle part de connu ou d’attendu si ce n’est dans les méandres labyrinthiques du cerveau de Cronenberg. Ah si, nous sommes dans un de ces moments de trouble qui font le sel du cinéma de genre. Bienvenue dans le genre « Faux-Semblants » de David Cronenberg qui, jusque dans son titre même, s’évertue à nous perdre et nous questionner sur son sujet, son sérieux, son délire ou sa rêverie.
Le cinéma « de genre » demeure encore bien souvent le parent pauvre de l’exégèse critique. Surtout en France, il reste abordé de manière parcellaire, mal considéré, voire oublié des analyses. Face au grand cinéma, dont la noblesse lui octroie le droit de figurer seul, sans adjectif, le cinéma de genre doit, lui, lutter pour sa survie, sa légitimité et sa reconnaissance. Acculé à une existence au fond du couloir et réduit à la précarité du cinéma indépendant ou au contraire méprisé comme étant uniquement le produit marketing des grands studios hollywoodiens, le cinéma de genre cultive les paradoxes…


Date de mise en ligne : 21/03/2025

https://doi.org/10.3917/huma.346.0100

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