Migrer, bon gré, mal gré…
- Par Mireille Quivy
Pages 29 à 36
Citer cet article
- QUIVY, Mireille,
- Quivy, Mireille.
- Quivy, M.
https://doi.org/10.3917/huma.345.0029
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- Quivy, M.
- Quivy, Mireille.
- QUIVY, Mireille,
https://doi.org/10.3917/huma.345.0029
Notes
-
[1]
Jean Szlamowicz, Les Moutons de la pensée, Cerf 2022, p. 206.
-
[2]
Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation, 1882, 51/63.
-
[3]
Directeur d’études de l’EHESS, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).
-
[4]
Conservateur en chef du patrimoine en retraite, Officier des Arts et Lettres. Cf. Les femmes du littoral, Éditions des falaises, 2022.
-
[5]
Directrice de recherche émérite au CNRS, spécialiste des migrations.
-
[6]
Philosophe ; professeur émérite à l’Université d’Artois.
-
[7]
Directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.
-
[8]
Professeur d’études africaines à l’université Duke (États-Unis).
Nous sommes tous, à un moment donné de notre existence, des migrants
en puissance ou en acte, rêvant d’un ailleurs meilleur, idéalisé, où tenter
de faire se développer de nouvelles racines car l’herbe y serait assurément
plus verte.
Cette métaphore des racines, du déracinement et de l’enracinement est devenue
un lieu commun en matière de migrations ; elle consacre l’appartenance de
l’espèce humaine à un monde aux multiples biotopes qui fondent en retour la
diversité de ses identités et de ses cultures ; elle dit aussi la difficulté de se sevrer
volontairement d’un milieu ou un terrain familiers pour tenter de s’acclimater
à un autre, étranger ; mais elle exprime surtout la douleur d’arrachements
incontournables, de déplacements inévitables et d’asservissements impitoyables.
Car est-il possible de se transplanter sans s’y être préparé, de ne pas emmener
avec soi un peu de la terre qui vous a nourri, accrochée à vos souliers ou vos
pieds nus ? de rester soi mais devenir même, irréductible oxymore d’un potentiel
trait-d’union au-dessus d’une frontière ; de n’être plus que l’autre de l’autre, un
anonyme, un alien, au sein de la masse générique des les ceci/cela, ces eux globaux
emprisonnés dans un entre-deux qui se détache d’hier sans pour autant donner
accès à demain – comme un pion conduit sur des parvis où se joue une ultime
partie d’échec dans l’attente que s’ouvre la porte du nous.
Où que l’on aille, il est un chemin qui, nécessairement, conduit au-delà de lui-même celui qui consent à l’emprunter…