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Article de revue

« La Jetée », de l’image muette à la photographie sublimée

Pages 99 à 107

Citer cet article


  • Recco, B.
(2024). « La Jetée », de l’image muette à la photographie sublimée. Humanisme, 344(3), 99-107. https://doi.org/10.3917/huma.344.0099.

  • Recco, Benoît.
« “La Jetée”, de l’image muette à la photographie sublimée ». Humanisme, 2024/3 N° 344, 2024. p.99-107. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2024-3-page-99?lang=fr.

  • RECCO, Benoît,
2024. « La Jetée », de l’image muette à la photographie sublimée. Humanisme, 2024/3 N° 344, p.99-107. DOI : 10.3917/huma.344.0099. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2024-3-page-99?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.344.0099


Notes

  • [1]
    Philippe Dubois, Théorème 6 : Recherches sur Chris Marker, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2006.
  • [2]
    La Chambre claire, Roland Barthes, 1980, éditions Gallimard.
  • [3]
    Le générique de début du film affiche la mention « Photo-roman de Chris Marker ».
  • [4]
    Arthur Rimbaud écrit en 1871 deux lettres, dites « Les Lettres du voyant ».
  • [5]
    Dans Sans soleil, réalisé par Chris Marker en 1983, l’intérêt et la filiation sont explicitement décrits.

La Jetée de Chris Marker ! À l’image de son premier plan composé d’un écran noir assourdi par un réacteur d’avion, l’expression claque comme un coup de tonnerre surprenant son monde un paisible après-midi d’automne. Aux sons clairs de ce titre et du nom de cet auteur, le drapeau d’une terra incognita flotte alors au vent de l’esprit de chacun. Qu’on connaisse et on est tout de suite transporté dans l’univers multiforme de ce film par un éternel retour qui finalement, se répète sans jamais revenir. Qu’on ne connaisse pas et c’est toute la puissance de ce film culte du « plus célèbre des cinéastes inconnus » qui nous plonge dans un mystère abyssal flirtant avec l’insondable dépit d’être passé à côté de ce monument de l’histoire du cinéma. Tel est le paradoxe que porte en lui ce film, La Jetée, réalisé par Chris Marker en 1962 : un film célébrissime et pourtant bien peu connu.
Et de paradoxes, ce film n’en charrie pas qu’un. Puisque son identité même de « film », son identité même d’objet tel qu’on l’entend communément par ce vocable « film », pourrait ne pas lui être consentie très facilement. En effet, La Jetée de Chris Marker est fait d’images fixes, quasi exclusivement. À une seule séquence près, à 18 minutes 40 secondes, qui ne dure que deux ou trois secondes sur les 28 minutes de la durée totale, le film n’est constitué que d’images fixes, de photographies filmées selon des durées différentes. Ce procédé construit toute l’histoire et lui donne toute sa dynamique et tout son rythme…


Date de mise en ligne : 20/08/2024

https://doi.org/10.3917/huma.344.0099

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