Une liberté en moins, c’est un bout de vie qui s’en va
- Par Marika Bret
Pages 22 à 24
Citer cet article
- BRET, Marika,
- Bret, Marika.
- Bret, M.
https://doi.org/10.3917/huma.341.0022
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- Bret, M.
- Bret, Marika.
- BRET, Marika,
https://doi.org/10.3917/huma.341.0022
Raconter le quotidien sous protection policière, c’est toujours délicat parce que l’on ne peut pas tout dire, parce que l’on se sent en décalage avec l’entourage et parce que l’on ne veut entendre ni la pitié, ni le soupçon. Lors de ma campagne électorale des élections législatives en 2022, une journaliste a soufflé dans mon dos ce que certains croient : « c’est cool pour elle parce qu’au fond, elle se déplace en voiture avec chauffeur ».
Alors non, cool pas tout à fait, ni non plus un enfer.
Pour le décrire en quelques mots, aller à la boulangerie, au bureau, au marché, au cinéma, au restaurant, à la librairie, boire un verre entre amis, partager un repas familial, choisir chaussures et garde-robe, faire un footing ou honorer un rendez-vous avec une journaliste, ne se fait plus jamais seule.
Des officiers de police – et non chauffeur et secrétaire – sont présents dès la sortie du domicile et jusqu’au retour. Leur mission consiste à anticiper, vérifier, surveiller.
Une vigilance à chaque instant, une discrétion jamais prise en défaut et une patience à toute épreuve.
Et détail qui a son importance, mieux vaut les informer la veille des lieux et horaires de rendez-vous pour permettre la reconnaissance des endroits et environnement.
Et il peut arriver – pas souvent heureusement – d’entendre dans votre oreille : « là, il faut partir ».
Pas dans cinq minutes, dans « la » minute.
Alors, pas tout à fait cool, ni non plus un enfer et bel bien la fin de la spontanéité…