Une fresque humaniste : les Rougon-Macquart. Nana (9/20)
- Par Damien Cesselin
Pages 101 à 108
Citer cet article
- CESSELIN, Damien,
- Cesselin, Damien.
- Cesselin, D.
https://doi.org/10.3917/huma.341.0101
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- Cesselin, D.
- Cesselin, Damien.
- CESSELIN, Damien,
https://doi.org/10.3917/huma.341.0101
Notes
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[1]
Voir l’article sur L’Assommoir dans Humanisme n° 337. https://www.cairn.info/re-vue-humanisme-2022-4-page-98.htm
-
[2]
Voir l’article sur Une Page d’amour dans Humanisme n° 338. https://www.cairn.info/revue-humanisme-2023-1-page-86.htm
-
[3]
Voir l’article sur La Fortune des Rougon dans Humanisme n° 330. https://www.cairn.info/revue-humanisme-2021-1-page-92.htm
-
[4]
Voir l’article sur La Faute de l’abbé Mouret dans Humanisme n° 334. https://www.cairn.info/revue-humanisme-2022-1-page-91.htm
Renart, Dulcinée, Tartuffe, Don Juan… Peu de personnages littéraires ont atteint une popularité telle qu’ils se sont transmutés dans le monde des noms communs usuels. Parmi ces raretés, Nana est celle qui a accompli la plus belle carrière linguistique. Ces deux syllabes, tantôt enfantines, tantôt sensuelles, se font caressantes à l’oreille tout en promettant des scandales. En somme, le titre du roman est un coup de génie de marketing éditorial, qui n’est pas non plus étranger à son succès immédiat, jamais démenti.
Après l’énorme succès de librairie de ce neuvième tome des Rougon-Macquart, une « nana » a d’abord désigné une prostituée, puis une maîtresse ou une concubine, pour que finalement l’antonomase s’élargisse à toutes les jeunes filles et les jeunes femmes, voire à toute la gent féminine. Elle a inspiré des tubes à Léo Ferré, à Patrick Bruel et à Aya Nakamura, le titre d’une revue de bandes dessinées féministes des années soixante-dix ou encore la série d’emblématique sculptures fessues de Niki de Saint Phalle. Comble de reconnaissance, elle a été récupérée comme nom de marque pour des produits hygiéniques féminins, avec un slogan conforme à l’original : « osez tout ».
Émile Zola, avec sa Nana, excelle dans la planification narrative. En effet, dès L’Assommoir, publié trois ans plus tôt, le nourrisson est prometteur : « Qu’on vous voie un peu, Mlle Souillon !… […] Il faudra être sage, ne pas faire la gourgandine, grandir raisonnable, comme papa et maman », prophétise son père…