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Article de revue

Le cosmopolitisme maçonnique à l’épreuve des Lumières radicales, de la Révolution et de l’Empire

Pages 35 à 41

Citer cet article


  • Beaurepaire, P.-Y.
(2019). Le cosmopolitisme maçonnique à l’épreuve des Lumières radicales, de la Révolution et de l’Empire. Humanisme, 324(3), 35-41. https://doi.org/10.3917/huma.324.0035.

  • Beaurepaire, Pierre-Yves.
« Le cosmopolitisme maçonnique à l’épreuve des Lumières radicales, de la Révolution et de l’Empire ». Humanisme, 2019/3 N° 324, 2019. p.35-41. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2019-3-page-35?lang=fr.

  • BEAUREPAIRE, Pierre-Yves,
2019. Le cosmopolitisme maçonnique à l’épreuve des Lumières radicales, de la Révolution et de l’Empire. Humanisme, 2019/3 N° 324, p.35-41. DOI : 10.3917/huma.324.0035. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2019-3-page-35?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.324.0035


1À la tombée des Lumières, la République universelle des francs-maçons, cosmopolite, souvent aristocratique, et toujours rétive à tout engagement dans le débat public, doit faire face à un défi redoutable : les convoitises des tenants du cosmopolitisme radical comme Nicolas de Bonneville, futur fondateur du Cercle Social, qui dénoncent alors le complot jésuitique visant à infiltrer les loges et à les « retourner » en faveur des anti-Lumières. Pour Bonneville,la franc-maçonnerie est au cœur de la lutte entre les forces des lumières et celles des ténèbres. Si le parti de l’ombre prend son contrôle, c’en est fini des chances d’instituer une « Confédération universelle du genre humain » dont la franc-maçonnerie serait le socle et le ferment. L’univers retournera au chaos, à l’obscurantisme et au fanatisme religieux. Par conséquent, il faut de toute urgence ouvrir les yeux des francs-maçons sur la gravité du péril jésuite.

2Rappelons les faits. Au milieu des années 1760, la Compagnie de Jésus a été jugée incompatible avec les lois fondamentales du royaume de France, et ses membres ont dû quitter les collèges où ils formaient une part importante des élites. Accusée d’armer le bras des régicides, de l’assassinat d’Henri IV ( 1610) à la tentative contre Joseph Ier de Portugal (1758), la Compagnie s’est vue accusée de tous les maux. En 1773, le pape Clément XIV a fini par la supprimer. Pour autant, ses opposants, nombreux parmi les hommes des Lumières, ne désarment pas. Ils affirment que la menace est plus forte que jamais, car les ex-jésuites avancent désormais masqués.

3C’est dans ce contexte que paraît en français à Londres en 1788 Les Jésuites chassés de la maçonnerie et leur poignard brisé par les maçons. Bonneville entend y démontrer, par l’analyse des codes, rituels et symboles des francs-maçons, que l’essor européen d’une maçonnerie templière est la pièce maîtresse d’une conspiration tramée par les anciens jésuites pour restaurer leur pouvoir et manipuler les loges maçonniques. Bonneville insère, en ouverture de son livre, une gravure tirée d’un acte officiel d’un nouvel Ordre maçonnique, Heredom de Kilwinning, daté de 1783. Pour lui, cette authentique pièce à conviction trahit les origines jésuites de l’Ordre et son noir dessein. Cet ordre maçonnique revendique clairement son héritage templier, car persécutés par le roi de France et le pape au xive siècle, les templiers seraient restés libres en Ecosse et se seraient réfugiés à Kilwinning, sur le (supposé) mont d’Heredom. Le choix de l’appellation Collège plutôt que celle, habituelle, de Grande Loge, renvoie selon Bonneville à la volonté des jésuites de recréer le collège de Clermont, célèbre collège jésuite de Paris, perdu depuis leur expulsion du royaume deux décennies plus tôt. On note d’abord la présence d’un soleil couronné, or, pour Bonneville, le soleil est l’emblème de l’ordre des jésuites. Les sept pointes de la couronne du soleil forment un G. Mais derrière l’apparence classique du G maçonnique -pour géométrie-, la lettre désigne en fait le Général de l’ordre – les jésuites étaient organisés selon un principe militaire avec à leur tête un général. L’aigle de Jupiter « qui lance le tonnerre » regarde du côté du G, comme pour prendre ses ordres, car « le but de l’ordre est d’établir une monarchie universelle qui doit être gouvernée par le soleil caché : c’est pour déclarer ce but de l’ordre qu’on a mis à la droite du soleil un sceptre au bout duquel le globe du monde est comme attaché. Le monde entier ne doit être bientôt qu’un jeu entre les mains du Dieu-Jésuite ! ».

4Bonneville puise en fait largement dans les thèses qui dénoncent alors, dans l’Europe protestante, les progrès du crypto-catholicisme au sein de l’aristocratie. Son œuvre doit beaucoup à celle de l’Aufklärer Johann Joachim Christoph Bode, franc-maçon, pilier de l’Ordre des Illuminaten (les fameux Illuminés de Bavière de l’abbé Barruel et Illuminati de John Robison) qu’il tente d’implanter à Paris au cours de l’été 1787. Comme Bode, Bonneville est parfaitement conscient du potentiel stratégique que recèle la franc-maçonnerie pour la cause des Lumières radicales, puisqu’elle assure grâce à ses centaines de loges une couverture sans équivalent de l’espace européen. Ses réseaux de correspondance peuvent permettre de relayer rapidement consignes, mots d’ordre et informations en direction des élites éclairées. Il existe même, tant en Grande-Bretagne qu’en Allemagne ou en Autriche, une presse maçonnique. Investir pacifiquement un tel ensemble, ce serait donc gagner un temps précieux dans la course de vitesse entamée contre les ennemis des Lumières, ce serait aussi s’épargner la lente, coûteuse et aléatoire construction d’un outil équivalent. Ce serait surtout contrer les forces de l’ombre, qu’elles prennent l’apparence des jésuites ou celle des Rose-Croix d’or réactionnaires, en faisant des loges maçonniques autant de bastions des Lumières, avant qu’elles ne tombent sous le contrôle des partisans de la réaction et de l’obscurantisme. Pour la même raison, le noyautage des loges européennes est apparu aux Illuminaten comme une priorité essentielle, tant du point de vue défensif qu’offensif. La maîtrise des réseaux de correspondance tant maçonniques que de la République des Lettres s’inscrit dans la même stratégie, confirme Gary Kates : « Quand le Cercle Social voulut mettre sur pied un réseau mondial, il s’intéressa aux loges maçonniques ». Mais pour utiliser ce potentiel maçonnique, il faut l’intégrer au dispositif de maturation de l’opinion publique éclairée, et convaincre, voire contraindre, les francs-maçons à abandonner le dôme de neutralité politique de leur Ordre. Bode et Bonneville décident alors de multiplier les offensives en sa direction, pour prendre le contrôle des loges les plus dynamiques et les retourner en leur faveur.

L’indifférence aux appartenances

5Dans cette perspective, la Réunion des Etrangers, par son titre distinctif, par ses origines, son recrutement, son attachement à la profession de foi cosmopolite des origines de l’Ordre, devient un enjeu symbolique majeur. Pour obtenir ce résultat, Bonneville est prêt à forcer ce ralliement, à embrigader malgré elle la Réunion des Étrangers dans un combat politique qui n’est pas le sien. Afin de frapper les esprits, Bonneville choisit de dédier à la loge parisienne ses Jésuites chassés de la Franc-maçonnerie et leur poignard brisé par les maçons, dont la traduction allemande paraît presque aussitôt à Leipzig. Le refus de la Réunion des Etrangers, le 9 juin 1788, d’accepter cet hommage pour le moins compromettant, et la décision prise par la Chambre des Provinces du Grand Orient de France d’interdire toute diffusion de l’ouvrage dans les loges françaises, n’y changent rien. Bonneville a réussi à impliquer malgré eux les francs-maçons ès qualités dans son combat. Après avoir volontairement compromis les frères en leur dédiant ses écrits polémiques, Bonneville les accule maintenant à choisir ouvertement entre l’Ancien Régime, pour se voir aussitôt assimilés aux forces des ténèbres, et la Révolution, et perdre toute autonomie et même toute identité spécifique. Or, les francs-maçons ont toujours soigneusement évité d’afficher trop clairement leurs positions et leurs choix, profitant au maximum de l’ambiguïté de leur situation. Bonneville met donc en péril des décennies d’efforts patients de la part des frères pour convaincre le pouvoir de leur qualité de loyaux sujets, de patriotes respectables, et obtenir en retour la reconnaissance que le chevalier Ramsay avait déjà sollicitée de Louis XV et du cardinal de Fleury.

6Comment les francs-maçons pourraient-ils rester sans réagir, lorsque La Bouche de Fer se réjouit que « dans cette Société universelle – la franc-maçonnerie – , on n’ignore pas que tout s’y confond, Juif, Musulman, Persan, Franc, Anglais, Germain, Espagnol Romain, etc. » ? En niant le maintien des différences nationales et confessionnelles en loge et l’existence d’interdits à l’encontre des « ennemis du nom chrétien » au sein de la franc-maçonnerie continentale, Bonneville met en porte-à-faux les francs-maçons français qui ont toujours rejeté les accusations de leurs détracteurs, notamment ecclésiastiques, dénonçant les temples comme des lieux de confusion entre les peuples et les religions. Bonneville dénie toute légitimité à une conception chrétienne et nationale de la franc-maçonnerie ; à ses yeux, l’Ordre ne peut qu’être indifférent aux appartenances confessionnelles et nationales. À moins de contre-attaquer promptement, les francs-maçons pourront-ils faire taire les anti-maçons qui s’empressent déjà de relier les écrits de Bonneville au voyage de l’Allemand Bode en France, et de mettre en garde contre le ralliement de plusieurs loges en vue aux « Illuminés de Bavière » et à leur conspiration contre l’ordre monarchique et chrétien ? Sans démenti catégorique de la part de la Réunion des Étrangers et du Grand Orient tout entier, comment pourrait-on maintenir la relative bienveillance de la police à l’égard d’une société sans existence légale ? Par la suite, le danger que la captation d’héritage symbolique au profit du Cercle Social et les amalgames Franc-maçonnerie-Confédération des amis de la vérité, cosmopolitisme maçonnique-cosmopolitisme radical auxquels Bonneville procède sciemment, font courir à l’Ordre et à sa réputation de neutralité politique et de loyauté envers les autorités ce danger est réel. Après le coup de semonce des Lumières radicales, la nouvelle donne révolutionnaire devait également ébranler la République universelle des francs-maçons jusque dans ses fondements.

7La Révolution française nourrit en effet un projet universaliste, distinct du cosmopolitisme d’Ancien Régime, qui réservait de fait, voire de droit, la qualité de « citoyen des Lumières » à une minorité qui, aux quatre coins de l’Europe, se reconnaissait dans le même code de valeurs. Pas plus que la « république fédérative universelle et fraternelle » imaginée par Bonneville, la République universelle que prône Anacharsis Cloots, « baron en Allemagne, mais citoyen en France », ne saurait être confondue avec la République universelle des francs-maçons. Ces derniers ont toujours insisté sur le respect des identités constitutives de chaque membre, tandis que Cloots rêve d’un homme nouveau, régénéré, qui se dépouille de son identité antérieure comme des vestiges du féodalisme pour se fondre dans le « Peuple humain ». L’engagement maçonnique est une quête d’identité, une construction, non un abandon. Le contexte est d’autant plus défavorable que l’étranger est devenu un « désignant féroce » (Sophie Wahnich), et Robespierre saura en user pour mener à sa perte Anacharsis Cloots, l’orateur du genre humain. Montré du doigt comme une menace pour la survie de la Révolution, comme un contre-révolutionnaire-né, l’étranger nourrit la mentalité obsidionale et engendre nombre de psychoses, tandis que la franc-maçonnerie devient éminemment suspecte. Dans ce contexte de suspicion générale, le cosmopolitisme des Lumières maçonniques comme profanes, est en péril : « L’individu, délié de toute identité locale, le citoyen du monde, nomade, ne peut plus trouver une place en France. Le cosmopolite n’est pas un hôte désirable, car lui aussi est un être sans feu, sans lieu et sans aveu, donc apatride. La nation française ne l’accueille plus, car il ne s’est pas sédentarisé ».

La fraternité cosmopolite ébranlée

8Lors de leur réveil, à partir du Directoire et surtout du Consulat, les structures maçonniques multiplient les signes d’allégeance au pouvoir et les gages d’« innocence » politique. C’est d’abord une question de survie. II leur faut se démarquer, d’une part de l’Ancien Régime dont les structures de sociabilité sont proscrites par la loi, et d’autre part d’un engagement révolutionnaire trop marqué. Les frères renouent avec la politique de « tranquillisation » des autorités qui a été la leur dès l’origine de l’Ordre. Dans un second temps, ces signaux s’inscrivent dans une politique de séduction des sphères dirigeantes de l’État. Le but avoué est, sinon d’obtenir la reconnaissance de l’Ordre comme corps politique, du moins de lui voir conférée une « utilité publique », prélude à sa promotion comme une des « masses de granit » sur lesquelles l’Empire compte asseoir son contrôle de la société et de ses structures d’encadrement. Réveiller le cosmopolitisme des Lumières serait dans ces conditions, et dans un contexte de guerre européenne, parfaitement malvenu, d’autant que le nationalisme entre alors en phase de maturation accélérée. Alors que le cosmopolitisme affiché était gage de distinction dans l’Europe des Lumières, il est à présent disqualifié et menace ceux qui en font profession de foi. Le Grand Orient et ses « restaurateurs » l’ont parfaitement compris. Ils savent aussi qu’ils disposent désormais d’une arme qui a fait défaut à leurs prédécesseurs des décennies 1770-1780, pour constituer une obédience nationale imposant sa souveraineté sur l’ensemble de son ressort « politique » et réduire à l’obéissance les loges réfractaires à l’autorité du centre parisien. Les loges « écossaises », à commencer par Saint-Jean d’Ecosse, Orient de Marseille, vieille et irréductible rivale, les ateliers rattachés à la Stricte Observance, et tous ceux qui arguaient de constitutions étrangères, fausses ou authentiques, pour préserver leur indépendance et débouter le Grand Orient de ses prétentions à être la seule puissance constitutive légitime dans « l’étendue de l’empire français », doivent faire acte d’allégeance au centre national et renoncer à toute relation étrangère par essence suspecte. S’ils persistent, ils révéleront qu’ils sont peuplés de mauvais sujets, de faux frères, de citoyens peu sûrs, et s’exposeront à des mesures coercitives de la part de l’autorité maçonnique -on connaît les précédents de l’Ancien Régime, notamment à l’encontre de l’Anglaise de Bordeaux-, mais aussi de la part de l’État.

9L’ambiguïté fondamentale d’un Ordre qui affirme se distinguer radicalement des principes d’organisation de la sphère profane, sans jamais cesser de se déterminer par rapport à eux, éclate ainsi au grand jour. Les pressions qui s’exercent sur les loges françaises les plus ouvertes à l’autre, les plus impliquées dans les échanges maçonniques européens, pour qu’elles affichent clairement leur ralliement au principe d’une franc-maçonnerie française et impériale, trahissent l’ébranlement de la fraternité cosmopolite des Lumières. La Réunion des Etrangers, Orient de Paris, qui l’incarnait depuis sa fondation, revient alors significativement sur le devant de la scène maçonnique. Son titre distinctif, il y a peu encore témoin de son adéquation aux normes de la culture légitime, focalise désormais sur elle les soupçons des autorités, en ces temps de peur de l’étranger. Dans cette situation particulièrement délicate, que peut bien faire l’ancienne loge danoise de Paris ? Peut-elle encore s’affirmer « attachée inébranlablement à ce principe fondamental de la Maçonnerie que tous les Maçons répandus sur la surface de la terre ne forment qu’un seul peuple de Frères » ? Peut-elle persister dans sa volonté d’obtenir une constitution de la Grande Loge d’Edimbourg via Saint-Jean d’Ecosse de Marseille, lorsque le Grand Orient la qualifie de « réfractaire », cet autre « désignant féroce »

10Aux yeux des dirigeants de la Réunion des Etrangers, le salut passe dès lors par le renoncement à l’idéal cosmopolite qui avait fait le succès de la loge dès sa fondation. Mais il fallait une mise en scène savamment étudiée pour que le ralliement puisse faire taire les soupçons des autorités maçonniques et impériales. De ce point de vue, la loge parisienne de la Réunion des Étrangers réalise un coup de maître, qu’elle paie du prix de l’indépendance et de la fidélité aux principes maçonniques. Le 19 mars 1810, elle fait le choix hautement symbolique de troquer son titre distinctif primitif pour celui de Respectable Loge Marie-Louise. L’opportunisme politique de son fondateur, le baron danois Walterstorff, qui sera nommé ambassadeur du roi du Danemark auprès de Napoléon Ier le 14 septembre 1810, est ici manifeste, puisque l’archiduchesse Marie-Louise épouse Napoléon en avril 1810, soit un mois après le changement de titre distinctif de l’atelier. C’est la conjoncture politique et stratégique, alors particulièrement favorable aux intérêts français, qui dicte le choix de Walterstorff. Les relations avec la Russie, resserrées depuis l’entrevue d’Erfurt en octobre 1808, ne se sont pas encore dégradées, et l’Empire français poursuit son expansion, pour atteindre son extension maximale en 1812. L’année 1810 est marquée par l’annexion de la Hollande et des villes hanséatiques. Dans ces conditions, Walterstorff joue la carte de la victoire française, et défend l’idée que de la réorganisation du Vieux Continent par Napoléon, doit naître une Europe unie, fraternelle, qui aurait enfin dépassé ses vieux antagonismes pour communier dans le culte de l’Empereur. Ainsi, il fait de sa loge l’instrument servile de la propagande française, il place délibérément l’Europe sous le joug français, et tait les conséquences néfastes du blocus continental, pourtant clairement sensibles en Baltique en 1810. Le remplacement de la Réunion des Etrangers, « réunion » s’effectuant sur un pied d’égalité, par-delà les frontières politiques, linguistiques et confessionnelles, sans que chaque membre n’ait besoin pour en devenir membre d’abandonner une quelconque parcelle d’identité, par Marie-Louise, étrangère associée de force au destin de la France et de l’Empereur, qui a exigé la main d’une archiduchesse autrichienne après la victoire de Wagram, éclaire singulièrement la manière dont l’Empire considère les 49 % d’Européens placés désormais directement ou indirectement sous son autorité. A l’intérieur des 130 départements de l’Empire, ou dans les Etats satellites, soumission aux intérêts français et allégeance à l’Empereur sont la règle. En s’engageant ouvertement en faveur du régime et de l’impérialisme français, la franc-maçonnerie française et ses dizaines de loges installées hors des frontières de 1789 compromettent durablement leur image ; l’Europe de la Sainte-Alliance saura notamment s’en souvenir. Elles se muent en instrument de la propagande impériale, dénaturant le message cosmopolite des origines en un discours inspiré du messianisme français.


Date de mise en ligne : 08/02/2021

https://doi.org/10.3917/huma.324.0035