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Article de revue

Claude Delbos, La méthode initiatique maçonnique

Paris, Detrad. 2017, 160 p.,15 €.

Pages 96 à 97

Citer cet article


  • Dorna, A.
(2017). Claude Delbos, La méthode initiatique maçonnique Paris, Detrad. 2017, 160 p.,15 €. Humanisme, 316(3), 96-97. https://doi.org/10.3917/huma.316.0096.

  • Dorna, Alexandre.
« Claude Delbos, La méthode initiatique maçonnique : Paris, Detrad. 2017, 160 p.,15 €. ». Humanisme, 2017/3 N° 316, 2017. p.96-97. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2017-3-page-96?lang=fr.

  • DORNA, Alexandre,
2017. Claude Delbos, La méthode initiatique maçonnique Paris, Detrad. 2017, 160 p.,15 €. Humanisme, 2017/3 N° 316, p.96-97. DOI : 10.3917/huma.316.0096. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2017-3-page-96?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.316.0096


1Selon Delbos, la franc-maçonnerie a une doctrine, même si elle n’est jamais explicitement formulée, puisqu’elle diffuse un enseignement.

Description de l'image par IA : Couverture en noir et blanc montrant une main tenant une chaîne avec une roue dentée et un symbole en arrière-plan.

2Un rappel est nécessaire : la franc-maçonnerie peut être définie à la fois comme :

3

  • - une « association » ésotérique et initiatique,
  • - et une société de pensée.

4La méthode de travail se caractérise par son orientation humaniste et ses fondements traditionnels. Et il faut ajouter la spécificité ésotérique de sa démarche d’après ses principales composantes : l’initiation, le symbolisme, l’utilisation de la parole, la transmission de la tradition maçonnique, et l’enseignement résultant du travail en loge.

5Si l’orientation de la méthode découle des origines de la franc-maçonnerie opérative, la franc-maçonnerie spéculative, créée à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, a été influencée par les idées de l’humanisme de la Renaissance, transmises par les philosophes des Lumières et les fondements de la science empirique. Le but premier de la franc-maçonnerie est de libérer l’être humain de la superstition, en considérant que sa dignité. Le deuxième but est l’amélioration de l’homme et de la société. Pour cela il y a la voie de la science qui enseigne sur l’homme et la nature, mais, rappelle avec clarté Delbos, les créateurs de la franc-maçonnerie ont voulu ajouter les enseignements de la sagesse des sociétés philosophiques traditionnelles, transmises de Maître à disciple. La démarche du franc-maçon est donc fondée sur la recherche de la vérité du penseur et du sage, sur la nature en général et la nature humaine en particulier. C’est une démarche qui peut être rapportée aux mythes qui explorent comment la nature et ses lois se cachent sous le voile des apparences.

6Ainsi une rapide description des fondements nous apporte le B.A.ba des formules de l’initiation en tant qu’introduction à la connaissance ésotérique et sensibilisation à la connaissance de la science, afin de transmettre ce qu’une tradition ancienne a enseigné, et la méthode pour chercher la vérité et l’examiner par soi-même, libre de toute superstition et dogmes… voilà la transmission d’une audace et d’une méthode, qui s’impose à une franc-maçonnerie vraiment a-dogmatique, c’est-à-dire contraire au dogmatisme, s’interdisant d’user d’autorité pour imposer une croyance et des idées non justifiées rationnellement. L’adogmatisme laisse à chacun le droit de croire ce qu’il veut, mais l’oblige à en accepter la contestation.

7En conséquence, la liberté est la première valeur à cultiver dans une loge a-dogmatique. Cela sous ses trois formes essentielles pour l’esprit : liberté de conscience, liberté de pensée et liberté d’expression. La franc-maçonnerie transmet cette audace d’une méthode qui recherche librement la vérité, car, d’après Oswald Wirth, l’on n’est jamais initié que par soi-même. L’orientation du travail maçonnique consiste à faire une recherche sur l’humain, que l’on veut améliorer dans un esprit de liberté.

8Après avoir caractérisé la méthode, et situé ses fondements historiques, il s’ajoute une réflexion approfondie sur les symboles, véritable science de l’intuition selon Spinoza. Et le rôle de la parole en loge. Un rapide survol des bases posées par les Constitutions d’Anderson, lesquelles sont inspirées des Anciens Devoirs des maçons opératifs des constructeurs de cathédrales. Ces Constitutions reprennent le mythe de la géométrie, fondement de l’Art royal de la construction. Elles mettent ainsi la raison, à la base et au centre de l’enseignement maçonnique. L’idéal humaniste de voir la dignité de l’être humain reste cohérent avec l’idée de se construire, et avec la morale des maçons bâtisseurs qui s’inspiraient des pratiques du métier des constructeurs et de leur philosophie de vie. À leur suite, argumente Delbos, les francs-maçons spéculatifs adoptent la tradition de l’Art royal, celle de la géométrie, cultivent la raison et se font symboliquement les constructeurs d’un Temple.

9Le processus de transmission de cet art de construire, processus qui a permis de conserver le savoir acquis et de l’enrichir. On peut voir là en filigrane un processus initiatique, qui sera concrétisé et développé dans la franc-maçonnerie par la suite. Cela afin d’élever la pensée aux questions qui échappent à la raison, particulièrement la réflexion sur la mort. Elles ont accentué le caractère ésotérique de la transmission du savoir.

10Le symbolisme maçonnique est au centre de la méthode. Le travail maçonnique est ainsi caractérisé par la réflexion philosophique, élaborée à partir de l’interprétation des signes, des images et des mythes. Elle développe en lui l’intuition de l’humain, l’empathie qui permet de se mettre à la place de l’autre et de ressentir pour lui la solidarité et l’affection, qui sont à la base de la fraternité.

11Il a pour principale fonction, de s’évader d’un rationalisme scientiste excessif. Car le symbole maçonnique porte un sens ; un sens lié à une valeur humaniste d’accomplissement personnel, qui aboutit à la prise de conscience d’une aspiration à des valeurs d’une spiritualité librement déterminée.

12Par l’initiation et la ritualisation, la vie en loge actualise l’enseignement philosophique et éthique.

13Voilà pour l’essentiel les contenus de cet ouvrage à la fois pédagogique et fondamental, bien servi par une plume rapide et claire, qui échappe à l’excès d’érudition des livres similaires. Delbos réussit une bonne synthèse en moins de l60 pages.


Date de mise en ligne : 02/02/2021

https://doi.org/10.3917/huma.316.0096