Michel Vovelle, La bataille du bicentenaire de la révolution française
Paris, La Découverte,2017, 262 pages, 26€.
- Par Marc Riglet
Page 104
Citer cet article
- RIGLET, Marc,
- Riglet, Marc.
- Riglet, M.
https://doi.org/10.3917/huma.316.0104
Citer cet article
- Riglet, M.
- Riglet, Marc.
- RIGLET, Marc,
https://doi.org/10.3917/huma.316.0104
1La célébration du Bicentenaire de la Révolution française est associée dans les mémoires au défilé de Jean-Paul Goude, sur les Champs-Elysées.
2Hymne à la musique et aux danses du monde, exaltation des droits de l’homme sans référence historique précise, ce défilé avait laissé perplexes ceux qui pensaient que la Révolution française méritait mieux que cette symbolique aussi bruyante que mièvre.
3À vrai dire, et à sa décharge, ce défilé n’était que le point d’orgue d’une entreprise plus vaste.
4Il s’inscrivait dans le champ des événements festifs conçus par la « Mission du Bicentenaire », tandis qu’à ses côtés avait été installée un commission dédiée à la commémoration scientifique du Bicentenaire.
5La présidence de la Mission avait subi quelques à coups liés, à la fois, au contexte politique et aux aléas de la vie. Jacques Chirac, alors Premier ministre, l’avait d’abord confiée à un proche, Michel Baroin, ancien Grand Maître du Grand Orient de France. Puis, après la mort accidentelle de celui-ci, à Edgar Faure. Enfin, à la disparition de ce dernier, et François Mitterrand étant réélu, la présidence échut à Jean-Noël Jeanneney.
6Quant à l’organisme scientifique de la commémoration, sa présidence fut plus constante. Elle fut assurée, du début jusqu’à la fin, par Michel Vovelle, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne.
7Sur l’histoire des débats et combats - historiographiques, idéologiques, politiques - que la commémoration du Bicentenaire emporta, il manquait le témoignage de ce dernier. Ce vide est, désormais, heureusement comblé.
8Comme le titre de l’ouvrage l’indique, c’est bien une « bataille » qui s’est livrée à la faveur de cette commémoration.
9Bataille entre les tenants d’une histoire sociale de la Révolution, promesse d’une émancipation universelle, et les partisans d’une histoire accusatrice de la Révolution, matrice supposée des totalitarismes à venir.
10À la tête du premier bataillon, Michel Vovelle, à celle du second, François Furet.
11Avec Michel Vovelle, on entre dans tous les détails de ces affrontements. On en mesure la virulence et aussi, dans l’ordre des concurrences académiques, la petitesse. Le bilan qu’il tire de ces affrontements est doux amer.
12Certes, la bataille a été gagnée. En 1989, les « furetistes » ont du en rabattre. Mais pas la guerre.
13Qui ne voit, en effet, qu’aujourd’hui, lorsqu’il s’agit de la Révolution français et de son message universaliste, ce sont les procureurs, plus que les avocats, qui tiennent le haut du pavé ?