Francs-maçons résistants. Lyon. 1940-1944
Régis Le Mer - 304 pages, 28 € (+ 5 € de port). Commande à : Éditions Mémoire Active, 10, rue Pierre Maillot. 42120 Le Coteau
- Par André Combes
Pages 117 à 118
Citer cet article
- COMBES, André,
- Combes, André.
- Combes, A.
https://doi.org/10.3917/huma.295.0117
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- Combes, A.
- Combes, André.
- COMBES, André,
https://doi.org/10.3917/huma.295.0117
1Régis Le Mer, documentaliste au centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, a rédigé des biographies de 110 Maçons et Maçonnes de la région lyonnaise ayant joué un rôle actif dans le combat contre Vichy et les Nazis, avec le maximum de précisions possible sur leurs passés, leurs activités profanes, maçonniques et résistantes.
2Les trois mouvements où les Maçons lyonnais ont été les plus présents, selon l’auteur, sont Combat, autour d’Albert Chambonnet, Franc-Tireur, avec Henry Deschamps et sa dissidence Le Coq enchaîné, journal puis mouvement constitué majoritairement par des « frères » radicaux ou socialistes favorables à un rapprochement avec le PCF. Ils se structurent sous la forme de dizaines (chacun des dix fondateurs en recrutent neuf autres connus seulement de lui-même) et leur action s’étend de la région lyonnaise, aux Alpes, au Sud-Est, au Jura. Parmi leurs activités, la fabrication de faux papiers, le renseignement économique et militaire. Les Maçons sont aussi présents dans divers réseaux comme Alliance (Joannès Ambre), Brutus (Elie Rochette), Marco-Polo (Paul Guivante, René Pellet)…
3Les maçons résistants relèvent de toutes les loges de la région : seize sont membres de Union et Liberté, quatorze de l’Asile du Sage, douze, de Bienfaisance et Amitié, toutes relevant du GODF. Une moyenne d’âge de quarante-quatre ans, des personnes bien installées dans la vie. Retenons l’exemple des époux André et Alice Vansteenberghe, illustré, comme d’autres entrées, par de magnifiques photos ; lui est membre de la GLDF, elle, du DH, tous deux sont médecins à Villeurbanne, sont membres du Comité maçonnique (lyonnais) de la Résistance, de Franc-Tireur et de l’Armée Secrète. Ils réunirent à leur domicile le 5 mai 1942 Henri Frénay, Jean Moulin et Jean-Pierre Lévy. André est responsable du service de renseignements de l’A.S., Alice, des services sanitaires du maquis de Tarare. Torturée à la prison de Montluc, elle témoignera au procès de Barbie.
4Autres exemples : Georges Dunoir, fondateur et animateur du Coq enchaîné, arrêté en 1942, déporté à Dachau puis à Allach où il fonde une loge sous le titre distinctif des Frères captifs d’Allach ; Antonin Jutard dont les brasseries sont des plaques tournantes de la Résistance, assassiné par des hommes du Mouvement national anti-terroriste français (MNAT), Henri Chevalier, imprimeur de Franc-Tireur, de Combat et du Coq enchaîné, déporté à Mauthausen. Un cas particulier : Constant Chevillon, exécuté par le MNAT en tant que Grand Maître de l’Ordre de Memphis-Misraïm. Un tiers des Maçons cités par Régis Le Mer a été arrêté et une majorité d’entre eux déportée ; un cinquième a été fusillé ou n’est pas revenu des camps.
5Un bel hommage rendu à l’action de nos anciens, un témoignage de leur fidélité aux idéaux maçonniques, un démenti à ceux qui minimisent le rôle joué par les Maçons dans la Résistance.