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Article de revue

Chronique sociale : l’économie sociale, réalité mondiale et alternative à la violence économique

Pages 31 à 32

Citer cet article


  • Reynaud, J.-M.
(2006). Chronique sociale : l’économie sociale, réalité mondiale et alternative à la violence économique. Humanisme, 274(3), 31-32. https://doi.org/10.3917/huma.274.0031.

  • Reynaud, Jean-Michel.
« Chronique sociale : l’économie sociale, réalité mondiale et alternative à la violence économique ». Humanisme, 2006/3 N° 274, 2006. p.31-32. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2006-3-page-31?lang=fr.

  • REYNAUD, Jean-Michel,
2006. Chronique sociale : l’économie sociale, réalité mondiale et alternative à la violence économique. Humanisme, 2006/3 N° 274, p.31-32. DOI : 10.3917/huma.274.0031. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2006-3-page-31?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.274.0031


1Rien de ce qui touche à l’économie ne peut laisser le citoyen indifférent : compte tenu des implications larges de l’économie sur la vie de toutes et de tous, en touchant le pouvoir d’achat, l’emploi, les conditions de travail et de vie, ainsi que toutes les implications sur nos familles et nos entourages, l’économie et ses retombées sont au cœur de ce qui intéresse les femmes et les hommes dans le monde entier. C’est à travers des notions communes comme la croissance économique, la cohésion sociale, la protection sociale solidaire, la santé publique, mais plus encore autour de valeurs humaines fortes, comme la solidarité et la fraternité, que l’humanisme rencontre le secteur de l’économie sociale.

2Engagement citoyen et humaniste par essence, l’économie sociale est à considérer comme une alternative à la violence libérale. Troisième pilier de l’économie, avec le secteur public et le secteur privé, le secteur de l’économie sociale regroupe des structures de droit privé à but non lucratif dans lequel on trouve les coopératives, les mutuelles, les associations et les fondations. Des principes communs les fédèrent : la démocratie (un homme, une voix), le non-profit individuel, l’indépendance totale vis-à-vis de l’Etat ; des valeurs les réunissent, la responsabilité, la solidarité et l’équité. Dans chacun de ces domaines, et notamment pour les deux premiers – coopératives et mutuelles – les syndicats sont particulièrement impliqués, que ce soit en tant que coopérateurs, que salariés, qu’ad- ministrateurs ou comme adhérents, et parfois – voire souvent – un peu de chaque à la fois.

3Si, comme on l’a souvent entendu, Davos prétend construire et Porto Allègre débattre, à n’en pas douter le secteur de l’économie sociale doit faire les deux pour arriver à une “mondialisation plus juste”. L’économie sociale recherche en permanence l’adéquation entre croissance économique et cohésion sociale. L’économie reste le moteur du progrès humain, mais comme tout moteur, l’essentiel réside dans la façon de l’utiliser. C’est pourquoi il est bon de rappeler que la solidarité ne peut pas être absente des grandes réalisations économiques, en cela elle apporte déjà au secteur général de l’économie une note différente. Ainsi, la protection sociale collective, financée par les cotisations assises sur les salaires, assure solidairement et égalitairement les salariés contre les risques de maladie, de vieillesse et de chômage. Ces grands régimes de solidarité sont actuellement attaqués par ceux qui voudraient les faire basculer dans le domaine marchand, suivant le modèle anglo-saxon, où sont particulièrement absentes les valeurs humanistes auxquelles nous croyons dans le cadre du modèle républicain dans lequel l’égalité n’est pas l’égalitarisme et la fraternité n’est pas la charité.

4La violence libérale est devenue une constante dans les rapports sociaux, non pas qu’elle soit apparue récemment, mais parce qu’elle continue à irradier le champ social en amplifiant les désordres irréparables qu’elle commet. Si le règlement des rapports sociaux est d’abord de la responsabilité des gouvernements, l’économie sociale peut servir d’exemple, mais elle ne peut être celle qui produit la généralisation de l’exemple ; c’est bien pour cette raison que la référence au modèle laïque et républicain est importante à terme pour installer durablement une alternative à la violence économique.


Date de mise en ligne : 01/02/2021

https://doi.org/10.3917/huma.274.0031