Chauvinisme frontalier sur la « route des Balkans »
« Crise » migratoire et relations interétatiques depuis l’été 2015
- Par Morgane Dujmovic
- et Pierre Sintès
Pages 107 à 115
Citer cet article
- DUJMOVIC, Morgane
- et SINTÈS, Pierre,
- Dujmovic, Morgane.
- et al.
- Dujmovic, M.
- et Sintès, P.
https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.3893
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- Dujmovic, M.
- et Sintès, P.
- Dujmovic, Morgane.
- et al.
- DUJMOVIC, Morgane
- et SINTÈS, Pierre,
https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.3893
Notes
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[1]
Corrado Bonifazi, Marija Mamolo, « Past and current trends of balkan migrations », in Espace populations et sociétés, n˚ 3, 2004, pp. 519-531.
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[2]
L’emploi des guillemets pour « crise » vise à souligner la construction politique et médiatique du terme qui contribue à masquer les continuités historiques avec les « crises » passées, en présumant la stabilité de la situation antérieure à 2015. Cette estimation de 500 000 personnes est fondée sur les données de l’agence Frontex qui présentent des risques de double comptage et sur les enregistrements effectués par les autorités croates sur la période.
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[4]
https://www.theguardian.com/world/2015/sep/03/migration-crisis-hungary-pm-victor-orban-europe-response-madness. La construction de la séparation physique s’accompagnait d’une modification du Code pénal pénalisant de plusieurs années d’emprisonnement le franchissement ou la dégradation de la clôture. Voir le Journal officiel hongrois, n˚ 124 de 2015, § 31 de la loi 140 de 2015. URL: http:// www.kozlonyok.hu/nkonline/MKPDF/hiteles/MK15124.pdf.
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[5]
Morgane Dujmovic, « Croatie : comment l’on passe de l’accueil au contrôle des migrants », in Mediapart, 18 septembre 2015. URL : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/180915/croatie-comment-lon-passe-de-laccueil-au-controle-des-migrants.
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[6]
Selon le communiqué disponible sur le site de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne : http://www.eu2015lu.eu/fr/actualites/articles-actualite/2015/10/25-reunion-route-balkans/index.html
-
[7]
Clément Corbineau, « Migration et asile en Serbie : une européanisation des politiques publiques et associatives ? », in Géocarrefour, vol. 89, n˚ 3, 2014, pp. 183-191 ; Ela Meh, « La Serbie, antichambre de l’Union européenne », in Plein droit, vol. 1, n˚ 96, 2013, pp. 27-30.
-
[8]
Laurence Pillant, Louise Tassin, « Lesbos, l’île aux grillages. Migrations et enfermement à la frontière gréco-turque », in Cultures & Conflits, n˚ 99-100, 2015, pp. 25-55 ; Laurence Pillant, « Introduction of procedures for migration controls in Greece. Case study in the Aegean Islands », in Lisa Anteby-Yemini, Virginie Baby-Collin, Sylvie Mazzella, Stéphane Mourlane, Cédric Parizot, Céline Regnard, Pierre Sintès (dir.), Borders, Migrations and Mobilities. Perspectives from the Mediterranean, Berlin Peter Lang, 2014, pp. 71-85.
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[11]
La question chypriote oppose la Grèce et la Turquie depuis l’invasion par l’armée turque du Nord de l’île à l’été 1974. La partition qui en a résulté a abouti à la séparation des Chypriotes grecs (soutenus par la Grèce) et turcs (soutenus par la Turquie) dans deux États distincts. Elle est une source de tension diplomatique récurrente dans la région.
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[12]
La frontière maritime entre la Grèce et la Turquie est le fruit de plusieurs accords internationaux (traité de Lausanne de 1923 et convention italo-turque d’Ankara en 1932). Un contentieux y porte sur l’extension des eaux territoriales, que la Grèce désirerait porter depuis 1974 à 12 miles nautiques (contre 6 miles à présent). Cette position a conduit Ankara à refuser de signer en 1982 la Convention des Nations Unies sur le droit à la mer qui appuie la revendication grecque (voir Georges Prévélakis, Géopolitique de la Grèce, Paris, Complexe, 1997, p. 27).
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[16]
Le différend frontalier avait déjà amené les deux pays au bord du conflit armé autour de cet îlot en 1995-1996 alors que des journalistes turcs y avaient débarqué pour hisser le drapeau turc (voir Ekavi Athanassopoulou, « Blessing in disguise ? The Imia crisis and turkish–greek relations », in Mediterranean Politics, vol. 2, n˚ 3, 1997, pp. 76-101).
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[19]
Cyril Blondel, Guillaume Javourez, Stojanova Meri, « The European cross-border cooperation in the Balkan countries : Marking space and the multi-scalar production of locality », in Nebi Bardhoshi, Gilles de Rapper, Pierre Sintès (dir.), Social Practices and Local Configurations in the Balkans, Tirana, UET, 2013, pp. 97-118.
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[20]
Keith Brown, The Past in Question, Modern Macedonia and the Uncertainties of Nation, Princeton, Princeton University Press, 2003.
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[21]
Athina Skoulariki, « La crise macédonienne (1991-1995) et la question des slavophones en Grèce », in Balkanologie, vol. VII, n˚ 1, 2003, pp. 137-146.
-
[22]
Anastasia Karakasidou, « Cultural illegitimacy in Greece : The slavo-macedonian “non”-minority », in Richard Clogg (dir.), Minorities in Greece : Aspects of a Plural Society, Londres, C. Hurst and Co. Publishers Ltd, 2002, pp. 122-164.
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[27]
« Un record en Europe » comme l’a affirmé lui-même le Premier ministre bulgare : http://greece.greekreporter. com/2016/05/30/bulgaria-returns-migrants-who-entered-illegally-from-greece/
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[30]
Pierre Sintès, La raison du mouvement. Territoires et réseaux de migrants albanais en Grèce, Paris/Aix-en-Provence/Athènes, Karthala/Maison méditerranéenne des sciences de l’homme/École française d’Athènes, 2010.
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[31]
Pierre Sintès, « Manœuvres politiques et discours de l’urgence : la frontière égéenne de la Grèce au cœur d’enjeux nationaux et européens », in Natalia Ribas-Mateos (dir.), El Rio Bravo Mediterráneo. Las Regiones Fronterizas en la época de la Globalización, Barcelone, Bellaterra, 2011, pp. 375-390.
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[32]
Morgane Dujmovic, « Balkans, du corridor au cul-de-sac », in Plein droit, n˚ 111, 2016, pp. 23-26. URL : https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2016-4.htm.
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[33]
Cristina Del Biaggio, Raphaël Rey, « “Crise” migratoire ou crise des politiques européennes ? », Vivre Ensemble, n˚ 158, 2016. URL : http://asile.ch/2016/07/25/decryptage-crise-migratoire-crise-politiques-europeennes.
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[34]
Serge Weber, « L’Europe discrimine à ses frontières », in Revue Projet, vol. 4, n˚ 311, 2009, pp. 32-37.
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[35]
Voir la « feuille de route » signée à cette occasion : http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2016/09/16-bratislava-declaration-and-roadmap/
Traversés de points de passage aléatoires et de frontières fermées et militarisées, les pays des Balkans se trouvent au cœur de la route que tentaient d’emprunter les réfugiés durant la crise migratoire de 2015. Les États balkaniques ont géré leur position géographique stratégique entre une adaptation aux règles de la coopération migratoire européenne et le repli sur des logiques nationalistes et exclusives. Résultat, l’espace de transit balkanique représente un nouveau limes, une frontière extérieure, lointaine et mouvante, désormais quasi infranchissable. Multipliant les murs, cette zone-tampon est devenue le repoussoir de l’Europe.