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Article de revue

Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine

Paris, Actes Sud, 134 p., 2012, 15,80 euros

Page 151

Citer cet article


  • Treiber, N.
(2011). Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine Paris, Actes Sud, 134 p., 2012, 15,80 euros. Hommes & Migrations, 1294(6), 151-151. https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.615.

  • Treiber, Nicolas.
« Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine : Paris, Actes Sud, 134 p., 2012, 15,80 euros ». Hommes & Migrations, 2011/6 n° 1294, 2011. p.151-151. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-hommes-et-migrations-2011-6-page-151?lang=fr.

  • TREIBER, Nicolas,
2011. Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine Paris, Actes Sud, 134 p., 2012, 15,80 euros. Hommes & Migrations, 2011/6 n° 1294, p.151-151. DOI : 10.4000/hommesmigrations.615. URL : https://shs.cairn.info/revue-hommes-et-migrations-2011-6-page-151?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.615


1Partir vers l’ailleurs permet de rompre avec ses racines. Peut-être ce qu’a cru le narrateur de Je la voulais lointaine. Le départ pour la France d’un jeune homme africain, ses études en philosophie, son amour, son métier de professeur, son désir d’écriture servent de cadre à Gaston-Paul Effa pour ce roman intense qui questionne les tréfonds de l’identité humaine. Construire une vie nouvelle sur les ruines de l’ancienne à cause d’une transmission inachevée, ratée, de la part d’un grand-père, Elé, qui meurt avec ses traditions. Croire qu’en partant on oubliera. Il n’en est rien. Il s’agit seulement d’un mirage causé par la distance, d’une équation simpliste qui masque la présence vibratoire de ce que l’on quitte par le voyage, ses origines, sa terre natale devenue étrange, presque étrangère. Mais ce qui est passé sous silence n’est pas mort, tout le contraire. Par l’acte même qui le cache, le passé dévoile son action intime, il taraude, il attend. Car il est impossible de vivre longtemps amputé d’une part de soi-même. Prenant des airs de conte, le retour vers l’Afrique se fera dans l’euphorie d’un chemin retrouvé. La mémoire ressuscitée de son grand-père révèle au narrateur la voie de la réconciliation, “qu’ici même, entre deux touffes d’herbe, s’instaurait à nouveau, si j’y consentais, le grand ordre de l’universel”. Dans la lignée des romans des années cinquante, comme L’Enfant noir de Camara Laye, L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou ou Kocoumbo, l’étudiant noir d’Aké Loba, avec des faux airs de témoignage, Gaston Paul-Effa entretient le doute et livre les étapes clés de sa propre légende.


Date de mise en ligne : 10/06/2013

https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.615