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La production des fusils de l’armée française au XVIIIe siècle : la question de l’uniformité

Pages 27 à 37

Citer cet article


  • Bouget, B.
(2020). La production des fusils de l’armée française au XVIIIe siècle : la question de l’uniformité. Revue Historique des Armées, 298(1), 27-37. https://doi.org/10.3917/rha.298.0027.

  • Bouget, Boris.
« La production des fusils de l’armée française au XVIIIe siècle : la question de l’uniformité ». Revue Historique des Armées, 2020/1 n° 298, 2020. p.27-37. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-des-armees-2020-1-page-27?lang=fr.

  • BOUGET, Boris,
2020. La production des fusils de l’armée française au XVIIIe siècle : la question de l’uniformité. Revue Historique des Armées, 2020/1 n° 298, p.27-37. DOI : 10.3917/rha.298.0027. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-des-armees-2020-1-page-27?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rha.298.0027


Notes

  • [1]
    Les freins à l’admission du fusil ont été analysés dans : Boris Bouget, « Le Soleil, Mars et la technique. Louis XIV et la transformation de l’armement de l’infanterie », Revue historique des armées, 1715. Fin du Grand Siècle, n° 281, 4e trimestre 2015, pp. 48-58, ici pp. 51-52.
  • [2]
    Pierre Nardin, Gribeauval, lieutenant général des armées du roi (1715-1789), Paris, Fondation pour les études de défense nationale, 1982. Biographie de référence consacrée à Gribeauval, cet ouvrage couvre un large champ d’étude, comprenant notamment les questions liées à la fabrication des armes à feu portatives, relevant sous l’Ancien Régime des services de l’artillerie. L’approche de l’auteur combine recours à l’archive et connaissance approfondie des objets, ainsi que des techniques de production mises en œuvre.
  • [3]
    François Bonnefoy, Les Armes de guerre portatives en France, du début du règne de Louis XIV à la veille de la Révolution (1660-1789). De l’indépendance à la primauté, Paris, Librairie de l’Inde, 1991, 2 vol. L’ouvrage reproduit intégralement la thèse de l’auteur, soutenue en 1990 à l’Université Paris-IV Sorbonne. Extraits consultables sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France, à l’adresse https://gallica.bnf.fr
  • [4]
    Boris Bouget, « De peu d’effet ». Le fusil et le combat d’infanterie au XVIIIe siècle (1692-1791). Modèles, tactique et efficacité, thèse de l’Université Paris-Sorbonne dirigée par Olivier Chaline, 2013, 605 pages.
  • [5]
    Michèle Virol (dir.), Les Oisivetés de Monsieur de Vauban, Seyssel, Champ Vallon, 2007, t. IX, Traité de la défense des places (composé en 1705-1706 à partir de textes plus anciens), p. 1403.
  • [6]
    Le rôle du fusil dans l’histoire des procédés industriels est l’objet, depuis le début des années 2000, d’un regain d’intérêt dont témoignent les travaux suivants, ici présentés dans leur ordre chronologique de parution : Patrice Bret, L’État, l’Armée, la Science. L’invention de la recherche publique en France (1763-1830), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, p. 181 et suiv. ; Jean-Louis Peaucelle, « Du concept d’interchangeabilité à sa réalisation. Le fusil des XVIIIe et XIXe siècles », Gérer et comprendre, n° 80, juin 2005, pp. 58-75 ; Bernard Bacher, Jean-François Brun, Éric Perrin, La Manufacture d’armes de Saint-Étienne. La révolution des machines (1850-1870), Saint-Étienne, musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, Un, Deux … Quatre Éditions, Ville de Saint-Étienne, 2007, pp. 19-20 (« Le fusil de 1777, une étape vers la mécanisation ? ») ; Jérôme Luther Viret, « L’industrie des armes portatives à Saint-Étienne, 1777-1810. L’inévitable mécanisation ? », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 54, 2007/1, pp. 171-192.
  • [7]
    François Bonnefoy, « Le fusil de soldat modèle 1717 : début des armes réglementaires », Revue de la SAMA, n° 122, 2001-II, pp. 32-37, ici p. 32.
  • [8]
    Ibid., pp. 33-34.
  • [9]
    Au nombre de quatre à Saint-Étienne : le contrôleur-arquebusier, le contrôleur-éprouveur des canons, le contrôleur des platines et celui des montures et garnitures.
  • [10]
    Jérôme Luther Viret, op. cit., p. 171.
  • [11]
    En France, on peut citer les exemples de la soierie lyonnaise, ainsi que de la coutellerie de Langres et de Nogent-en-Bassigny.
  • [12]
    Jérôme Luther Viret, op. cit., p. 171, 174 et 178.
  • [13]
    Ce mémoire a pour auteur l’inspecteur des manufactures Potot de Montbeillard. Document cité dans Pierre Nardin, op. cit., pp. 193-195.
  • [14]
    Ibid., p. 195.
  • [15]
    Ce qui représente un diamètre d’environ 17 mm à la bouche du canon. Voir plus loin notre note consacrée aux calibres des armes de l’époque moderne.
  • [16]
    François Bonnefoy, Les Armes de guerre portatives…, op. cit., p. 126.
  • [17]
    De 1727 à 1728, Deschamps est installé à Toulon et fournit à la marine plusieurs milliers de pièces de platines interchangeables. Voir Jean-Louis Peaucelle, op. cit., p. 60.
  • [18]
    Ibid., p. 67.
  • [19]
    Jérôme Luther Viret, op. cit., p. 175.
  • [20]
    Christophe Larribère, « Ces fusils qui ont bâti l’Empire », dans Émilie Robbe, Jean-Marie Haussadis (dir.), Napoléon et les Invalides. Collections du musée de l’Armée, Paris, musée de l’Armée, éditions de la Revue Napoléon, pp. 384-403, ici pp. 388-393.
  • [21]
    Pierre Nardin, op. cit., pp. 344-345.
  • [22]
    Mémoire adressé par Honoré Blanc à l’Assemblée nationale en 1790, cité dans Bernard Bacher, Jean-François Brun, Éric Perrin, op. cit., p. 19.
  • [23]
    Ken Alder, Engineering the Revolution. Arms & Enlightenment in France (1763-1815), Chicago, Londres, The University of Chicago Press, 2010 [1997].
  • [24]
    Ken Alder, op. cit., p. 201.
  • [25]
    Pierre Nardin, op. cit., pp. 280-281.
  • [26]
    Jérôme Luther Viret, op. cit., p. 179.
  • [27]
    Pierre Nardin, op. cit., p. 281.
  • [28]
    Ken Alder, op. cit., p. 227.
  • [29]
    Jean-Louis Peaucelle, op. cit., p. 63.
  • [30]
    Lise Minost, Jean II Maritz (1711-1790). La fabrication des canons au XVIIIe siècle, Cahiers d’études et de recherches du musée de l’Armée, hors-série n° 2, Paris, musée de l’Armée, année 2005, pp. 112-114, p. 172.
  • [31]
    Ibid., pp. 199-205.
  • [32]
    Pierre Nardin, op. cit., p. 196.
  • [33]
    Patrice Bret, op. cit., p. 200.
  • [34]
    Une balle de 20 à la livre a un diamètre proche de 16 mm.
  • [35]
    Sous l’Ancien Régime, le calibre s’indique en fonction du nombre de balles fabriquées avec une livre de plomb (489,51 g dans le système de mesure actuel). Il diffère suivant que l’on parle du projectile ou du canon. Au XVIIIe siècle, très exactement à partir de 1717, le calibre de la balle du fusil d’infanterie est fixé à 18 à la livre, ce qui correspond à un diamètre de 16,5 mm, pour une masse de 27 g environ. Le calibre du fusil réglementaire est, à la même époque et de manière constante jusqu’à la Révolution, de 16 à la livre ou 7 lignes trois quarts (une ligne équivaut à 2,25 mm), soit un diamètre de 17,5 mm entre les parois internes du canon. Entre le calibre de la balle (16,5 mm) et celui du canon (17,5 mm), il existe ainsi une différence de 1 mm. Cet écart, assez élevé, est désigné sous l’appellation de « vent ». Délibérément présent sur les armes de l’époque, il est destiné à faciliter l’introduction du projectile dans le canon, car celui-ci, sous l’effet de la poudre noire, s’encrasse rapidement et fortement.
  • [36]
    Comte de Belle-Isle, lettre à Claude Le Blanc, 14 avril 1727, SHD/GR, A1 2630, n° 14, fol. 1v-fol. 2. L’orthographe originale a été conservée.
  • [37]
    La cartouche du fusil à silex réunit la poudre et la balle dans une enveloppe de papier.
  • [38]
    Anonyme, « Memoire sur les inconveniens qu’entraine la diversité des modeles dans les armes à l’usage de l’infanterie françoise », sans date (le carton d’archives débute en 1740), SHD/GR, 4 W 491, n° 1, p. 1. Orthographe originale conservée.
  • [39]
    Ibid., pp. 1-2.
  • [40]
    Ibid., pp. 2-4.
  • [41]
    Duc de Guines, situation de l’armement du régiment d’infanterie de Provence, 19 septembre 1785, SHD/GR, 9 W 3, dossier 34.
  • [42]
    Jean-Louis Peaucelle, op. cit., pp. 58-59, 64-67 et 70-71.
  • [43]
    Christophe Larribère, « Des carabines de Vincennes au fusil Chassepot », dans Luce Gaume, Emmanuel Pénicaut (dir.), Le Château de Vincennes. Une histoire militaire, Paris, éditions Nicolas Chaudun, Vincennes, Service historique de la Défense, 2008, pp. 128-135, ici p. 129.

Le fusil se compose d’une monture en bois, le fût, sur lequel sont fixées entre 35 et 40 pièces en métal (ci-dessus). Ces dernières comprennent le canon, la baguette de chargement par la bouche (en bois puis en fer à partir de 1741), plus une dizaine de pièces de garniture. La platine concentre à elle seule plus de la moitié des composants métalliques, avec 25 pièces dont 20 sont logées dans sa partie interne, tandis que 5 autres se situent sur sa face externe.
La fabrication de ces pièces a suscité d’intéressantes réflexions de la part de Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1707). Dans ses fameuses Oisivetés, désormais intégralement publiées, l’ingénieur et commissaire général des fortifications réclame que les éléments des armes à feu, notamment de leurs platines, fassent l’objet de « plusieurs modèles égaux et approuvés, auxquels il faudra que toutes les fabriques d’armes se conforment ».
La citation de Vauban annonce ce qui sera l’un des principes essentiels de la production industrielle : l’interchangeabilité des pièces, c’est-à-dire la possibilité pour chacune d’elles – chien, batterie, vis, ressorts, etc. – d’être fixée sur tous les fusils du même modèle. Ce principe est expérimenté dans le domaine des armes à feu portatives de guerre, un siècle avant sa diffusion dans l’industrie civile.
Disposer d’un armement uniforme offre plusieurs avantages. D’abord, l’instruction et l’exercice des troupes s’en trouvent facilités, car l’apprentissage des gestes du montage des armes, de leur maniement et de leur démontage est difficilement compatible avec un matériel hétérogène…


Date de mise en ligne : 01/09/2022

https://doi.org/10.3917/rha.298.0027

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