Qu’est-ce qu’un maréchal de France ?
Le statut des maréchaux en France des origines à nos jours
- Par Thierry Sarmant
Pages 5 à 16
Citer cet article
- SARMANT, Thierry,
- Sarmant, Thierry.
- Sarmant, T.
https://doi.org/10.3917/rha.292.0005
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- Sarmant, T.
- Sarmant, Thierry.
- SARMANT, Thierry,
https://doi.org/10.3917/rha.292.0005
Notes
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[1]
L’ouvrage de référence est celui de Gabriel Le Barrois d’Orgeval, Le maréchalat de France des origines à nos jours, Paris, Occitania, 1932, complété et corrigé pour l’Ancien Régime par l’étude de Fadi El Hage, Histoire des maréchaux de France à l’époque moderne, Paris, ministère de la Défense-Nouveau Monde, 2012.
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[2]
Première description repérée par F. El Hage en 1571 (op. cit., p. 76).
-
[3]
François Lagrange, « Signes du pouvoir militaire : de l’épée de connétable au bâton de maréchal », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [en ligne], 2005.
-
[4]
Musée de l’Armée, 04495/1247 (Ib 1 MOK).
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[5]
Voir la querelle entre le duc de Vendôme et les maréchaux retracée par F. El Hage, Vendôme : la gloire ou l’imposture, Paris, Belin, 2016, pp. 151-161.
-
[6]
F. El Hage, Villars, l’infatigable bonheur, Paris, Belin, 2012, pp.165-167.
-
[7]
P. Gabriel Daniel, Histoire de la milice françoise, Paris, Coignard, 1721, tome II, pp. 14-17.
-
[8]
Il n’y a pas d’uniforme spécifique pour les maréchaux qui, lorsqu’ils commandent les armées, portent l’uniforme de lieutenant général, défini par l’ordonnance du 1er février 1744, comme le montre le portrait du maréchal de Ségur par Madame Vigée-le-Brun.
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[9]
Saint-Simon, Mémoires, Paris, Gallimard, tome IV, 1985, pp. 664-670.
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[10]
Romain Benoît, « L’intérêt est normand, et l’honneur est gascon ». Le Tribunal des maréchaux de France : agent régulateur du comportement et du crédit des nobles et militaires au XVIIIe siècle, thèse de l’École nationale des chartes, 2017.
-
[11]
Gwenola Firmin, Francine-Dominique Liechtenhan et Thierry Sarmant [dir.], Pierre le Grand. Un tsar en France, 1717, Versailles-Paris, Château de Versailles-Lienart, 2017, p. 60.
-
[12]
F. El Hage, Le maréchal de Villars : l’infatigable bonheur, Paris, Belin, 2012, pp. 49-51.
-
[13]
Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant, Vauban : l’intelligence du territoire, Paris, Nicolas Chaudun, 2006, pp. 36-41.
-
[14]
On se reportera aux travaux de Simon Surreaux, Les maréchaux de France des Lumières : histoire d’une élite militaire dans la société d’Ancien Régime, Paris, SPM, 2013, et Servir le roi : vie et mort des maréchaux de France au XVIIIe siècle, Paris, Vendémiaire, 2017.
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[15]
Saint-Simon, Mémoires, tome IV, p. 666.
-
[16]
F. El Hage, Histoire des maréchaux de France à l’époque moderne, pp. 201-205.
-
[17]
Ibid., pp. 217-288.
-
[18]
F. El Hage, « Comment la Révolution abolit la dignité de maréchal de France », Annales historiques de la Révolution française, n° 354, 2008, pp. 51-75.
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[19]
Sénatus-consulte du 28 floréal an XII (18 mai 1804). Le texte intégral est disponible sur le site du Conseil constitutionnel.
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[20]
Décret impérial du 29 floréal an XII (19 mai 1804).
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[21]
Thierry Lentz [dir.], Le sacre de Napoléon, 2 décembre 1804, Paris, Nouveau Monde, 2003.
-
[22]
Reflet du prestige du maréchalat napoléonien, la bibliographie est abondante : Louis Chardigny, Les maréchaux de Napoléon, Paris, Tallandier, 2003 (première édition 1946) ; Jacques Jourquin, Dictionnaire des maréchaux du Premier Empire, Paris, édition Christian-Jas, 2001 ; Jean-Claude Banc, Dictionnaire des maréchaux de Napoléon, Paris, Pygmalion, 2007 ; Patrick Le Carvèse, « La longévité des maréchaux du 1er Empire », Napoleonica. La Revue, vol. 27, n° 3, 2016, pp. 4-43.
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[23]
Charles-Otto Zieseniss, « Les portraits de la salle des maréchaux sous le Premier Empire », Revue de l’Institut Napoléon, n° 112, 1969, pp. 199-205 ; Guillaume Fonkenell, Le palais des Tuileries, Paris, Honoré Clair, 2010, pp. 139-141 ; Antoine Boulant, Un palais pour l’Empereur : Napoléon aux Tuileries, à paraître aux éditions du Cerf en 2019.
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[24]
Procès de Michel Ney, Paris, 1815, pp. 67-68.
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[25]
G. Le Barrois d’Orgeval, op. cit., tome II, p. 122.
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[26]
Ordonnance royale du 10 avril 1832 (Jean-Baptiste Duvergier, Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlemens et avis du Conseil d’État, Paris, A. Guyot et Scribe-Bousquet, 1833, p. 614.
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[27]
Ordonnance du 16 mars 1838 sur l’avancement dans l’armée, précédée des lois des 14 avril 1832, 19 mai 1834, 4 août 1839 et 23 juillet 1847 ; nouvelle rédaction… par Al. Garrel, Paris, Librairie militaire, 1862, p. 9.
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[28]
A. Thoinier-Desplaces, Annuaire historique universel, Fantin, 1841, p. 156.
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[29]
Edmé-François Miel, Histoire du sacre de Charles X dans ses rapports avec les beaux-arts et les libertés publiques de la France, Paris, Panckoucke, 1825.
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[30]
L’ordonnance du 26 septembre 1847 est ainsi motivée : « Voulant donnant au maréchal duc de Dalmatie un témoignage de notre satisfaction qui répondre aux grands services qu’il nous a rendus et à l’éclat de sa glorieuse carrière », mais rien n’est dit d’attributions attachées à ce titre.
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[31]
Charles-Éloi Vial, Les derniers feux de la monarchie : la cour au siècle des révolutions, Paris, Perrin, 2016.
-
[32]
Xavier Mauduit, Le ministère du faste : la Maison de l’Empereur Napoléon III, Paris, Fayard, 2016.
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[33]
Le mot aurait été prononcé par le roi le 8 août 1819, pendant un séjour à Saint-Cloud, devant les élèves de Saint-Cyr (Alphonse de Beauchamp, Vie de Louis XVIII, Paris, Naudin, 1825, tome I, p. 287).
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[34]
Joseph Valynseele, Les maréchaux de Napoléon III. Leur famille et leur descendance, Paris, l’auteur, 1980, p. XIV.
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[35]
Horace de Viel-Castel, Mémoires sur le règne de Napoléon III, Paris, Robert Laffont, 2005, p. 462 ; J. Valynseele, op. cit., p. 416.
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[36]
Procès-verbaux de la Chambre des députés, partie 4, volume 2, 1839, pp. 47-48. Nous soulignons.
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[37]
François Semur, L’affaire Bazaine : un maréchal devant ses juges, Cheminements, 2009, p. 289.
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[38]
Journal officiel de la République française, 20 janvier 1875, p. 505 (séance du 19 janvier 1875, discussion du projet de loi sur les cadres et l’effectif de l’armée). Nous soulignons.
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[39]
Jacques Jourquin, Les maréchaux de la Grande Guerre : dictionnaire comparé et portraits croisés, Paris, Soteca, 2008.
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[40]
Après la nomination de Joffre, un projet de loi fixant le nombre de maréchaux à six et reprenant les dispositions de la loi de 1839 (« La dignité de maréchal de France ne sera conférée qu’aux généraux de division qui auront commandé devant l’ennemi un groupe d’armées ou une armée ou qui auront rendu au pays, en temps de guerre, des services éminents »), fut mis au point par le ministère de la Guerre mais jamais soumis aux Chambres (SHD, GR 6 N 154-1, projet de décembre 1916).
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[41]
G. Le Barrois d’Orgeval, op. cit., tome II, p. 157. Rapport présenté par le général Lyautey, alors ministre de la Guerre.
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[42]
Cité par Rémi Porte, Joffre, Paris, Perrin, 2014, p. 336.
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[43]
G. Le Barrois d’Orgeval, op. cit., tome II, p. 157. Voir aussi Jean-Christophe Notin, Foch, Paris, Perrin, 2008, p. 401.
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[44]
Bénédicte Vergez-Chaignon, Pétain, Paris, Perrin, 2014, pp. 171-172.
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[45]
Décret du 6 juin 1984 contresigné par le Premier ministre et le ministre de la Défense (Journal officiel du 8 juin 1984, p. 1775).
-
[46]
Évelyne Cohen, Paris dans l’imaginaire national dans l’entre-deux-guerres, Paris, Publications de la Sorbonne, pp. 40-44.
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[47]
Duc de Brissac, En d’autre temps, Paris, Grasset, 1972, p. 338.
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[48]
Voir la fiche sur la situation militaire du maréchal Pétain après 1945, s.d. (SHD, GR 3 R 637-1).
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[49]
SHD, GR 3 R 633-3.
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[50]
Cité par F. Lagrange, op. cit., par. 69.
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[51]
Guillaume Denglos, Juin : le maréchal africain, 2018, pp. 217-325.
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[52]
Voir le dossier sur la mise à la retraite d’office du maréchal par décret du 6 avril 1962, SHD, GR 3 R 633-5.
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[53]
Note du 16 avril 1962 (ibid.).
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[54]
Général Bardin, Dictionnaire de l’armée de Terre, Paris, Perrotin, 1841, tome VI, p. 3344.
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[55]
V. de Mars, « Chronique de la quinzaine », Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1849, pp. 354-355. V. de Mars prêtait sa signature à François Buloz, fondateur de la Revue.
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[56]
Journal officiel du 14 juillet 1972, p. 7430.
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[57]
Décret n° 73-196 du 27 février 1973 relatif à l’octroi de la dignité d’ambassadeur de France (Journal officiel du 28 février 1973, p. 2215).
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[58]
Code de la Légion d’honneur, disponible sur le site de la grande chancellerie de la Légion d’honneur.
Le mot « maréchal » est d’origine germanique. Il vient du vieux-francique marhskalk, composé de mare (« cheval ») et de skalkaz (« serviteur ») et signifie donc au départ « palefrenier » ou « garçon d’écurie ». À l’époque mérovingienne, il est attesté sous la forme latinisée mariscalcus ou marescalcus dans la Loi des Alamans et dans la Loi salique. Sous les Carolingiens, il est question des marescalci regis (« maréchaux du roi »), cités dans un capitulaire de 813. Dans un capitulaire postérieur, l’empereur Charles le Gros (881-887) mentionne le maréchal parmi les officiers de la cour impériale aux côtés du sénéchal (dapifer) et du chambellan (camerarius).
L’office de maréchal existe dans les différentes monarchies européennes héritières de la tradition carolingienne. Dans les cours allemandes et scandinaves, on rencontre un Hofmarschall (« maréchal de la cour »), qui est souvent le principal officier de la Maison du souverain. En Angleterre, l’office d’Earl Marshal (« comte maréchal ») est attesté depuis le début du XIIe siècle. Il subsiste encore aujourd’hui et est resté presque continûment entre les mains des ducs de Norfolk depuis 1483. Une charge analogue de « maréchal du roi d’Écosse » est attestée dans la seconde moitié du XIIe siècle. Elle demeura héréditaire dans la famille Keith depuis sa création jusqu’à 1715.
Dans la France des premiers Capétiens, le maréchal est également un officier royal. Il est subordonné au comes stabuli (mot à mot le « comte de l’étable », notre connétable)…