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Compte rendu

Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (xiie-xve siècle), Toulouse, Privat, 2008, Cahiers de Fanjeaux 43, 448 p.

Pages 915f à 923f

Citer cet article


  • Beaulande-Barraud, V.
(2011). Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (xiie-xve siècle), Toulouse, Privat, 2008, Cahiers de Fanjeaux 43, 448 p. Revue historique, 660(4), 915f-923f. https://doi.org/10.3917/rhis.114.0915f.

  • Beaulande-Barraud, Véronique.
« Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (xiie-xve siècle), Toulouse, Privat, 2008, Cahiers de Fanjeaux 43, 448 p. ». Revue historique, 2011/4 n° 660, 2011. p.915f-923f. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2011-4-page-915f?lang=fr.

  • BEAULANDE-BARRAUD, Véronique,
2011. Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (xiie-xve siècle), Toulouse, Privat, 2008, Cahiers de Fanjeaux 43, 448 p. Revue historique, 2011/4 n° 660, p.915f-923f. DOI : 10.3917/rhis.114.0915f. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2011-4-page-915f?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.114.0915f


1 Le 43e volume des Cahiers de Fanjeaux propose une réflexion sur les notions de famille et de parenté dans la vie religieuse méridionale. Quinze communications, encadrées d’une introduction où Julien Théry présente le sujet à partir d’un exemple précis, et d’une conclusion dans laquelle Huguette Taviani-Carozzi rassemble les éléments offerts à la réflexion par chaque intervenant, abordent ce thème à partir d’une grande variété de sources, hagiographie, chroniques, prédication, traités moraux et didactiques, testaments… Le volume offre en conséquence de permanentes allées et venues entre normes et pratiques, discours et réalités socioculturelles. Si le champ d’étude est un vaste Midi chrétien, place a été faite ponctuellement aux hérétiques, ainsi qu’à l’importante minorité juive.

2 Les difficultés posées par les sources disponibles sont patentes : testaments conservés uniquement dans les établissements bénéficiaires et offrant donc un biais documentaire non négligeable (A.-M. Hayez), sources universitaires peu enclines à évoquer des liens familiaux (J. Verger), textes « orthodoxes » pour connaître les conceptions « hérétiques » (H. Taviani-Carozzi), et bien sûr construction mémorielle et culturelle des sources narratives (J.-L. Lemaitre, G. Butaud, P. Payan…).

3 La définition même de la « famille » nourrit une partie des interventions, par une étude du vocabulaire et par diverses réflexions sur les liens parentaux et sur l’articulation entre famille proche et parenté plus large, voire réseaux socioculturels dans lesquels s’insèrent les relations par le sang. On est frappé par l’utilisation complexe du discours sur ces liens dans les sources narratives, de la construction généalogique de Geoffroy de Vigeois, qui sait situer les individus dont il parle les uns par rapport aux autres sans s’intéresser réellement au type de lien, à la construction hagiographique des moines de Lérins érigeant en modèle la fraternité monastique.

4 La famille est un lieu ambigu. Elle est le cadre normal de l’éducation chrétienne – mais semble peu celui de l’adhésion à l’hérésie. Si les liens familiaux sont une protection courante et considérée comme normale, ils ne doivent pas devenir excessifs et risquer de brimer une vocation religieuse : les liens spirituels priment toujours sur les liens charnels. Si l’ingratitude à l’égard des vieux parents est dénoncée et les enfants abandonnés pris en charge par la communauté, les milieux universitaires et monastiques occultent volontiers les liens du sang. Si le mariage, très largement endogamique, structure la société chrétienne, les exemples de la néophyte Catherine Sicolesse et de son premier époux juif, Bonet de Lattes, renvoient à des ascensions sociales en partie indépendantes des aléas matrimoniaux.

5 Le volume croise donc les approches très concrètes et plus théoriques, pastorales et courtoises, permettant d’appréhender les différents enjeux de la famille dans la société méridionale de la fin du Moyen Âge. Si ces regards croisés font sa richesse, ils ont aussi comme corollaire une certaine dispersion du propos, heureusement rassemblé par la belle conclusion d’Huguette Taviani-Carozzi.

6 Véronique Beaulande-Barraud


Date de mise en ligne : 22/12/2011

https://doi.org/10.3917/rhis.114.0915f