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Compte rendu

Pierre-Yves Laffont, Châteaux du Vivarais. Pouvoirs et peuplement en France méridionale du haut Moyen Âge au xiiie siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Coll. « Archéologie et Culture », 2009, 340 p.

Pages 155m à 182m

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  • Beck, P.
(2011). Pierre-Yves Laffont, Châteaux du Vivarais. Pouvoirs et peuplement en France méridionale du haut Moyen Âge au xiiie siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Coll. « Archéologie et Culture », 2009, 340 p. Revue historique, 657(1), 155m-182m. https://doi.org/10.3917/rhis.111.0155m.

  • Beck, Patrice.
« Pierre-Yves Laffont, Châteaux du Vivarais. Pouvoirs et peuplement en France méridionale du haut Moyen Âge au xiiie siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Coll. “Archéologie et Culture”, 2009, 340 p. ». Revue historique, 2011/1 n° 657, 2011. p.155m-182m. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2011-1-page-155m?lang=fr.

  • BECK, Patrice,
2011. Pierre-Yves Laffont, Châteaux du Vivarais. Pouvoirs et peuplement en France méridionale du haut Moyen Âge au xiiie siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Coll. « Archéologie et Culture », 2009, 340 p. Revue historique, 2011/1 n° 657, p.155m-182m. DOI : 10.3917/rhis.111.0155m. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2011-1-page-155m?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.111.0155m


1 Trois cent quarante pages de papier glacé fournissent au fil du texte 152 figures irréprochables : des photographies, des cartes et des plans arrivant au bon moment à l’appui du raisonnement. Le volume donne aussi un magnifique cahier de 37 documents en couleur fort suggestifs des paysages castraux subsistant en Vivarais depuis la Tardo-Antiquité. Bravo donc aux Presses Universitaires de Rennes pour leur collection « Archéologie et culture » qui maintient l’art du beau livre au service de la recherche scientifique la plus érudite. Et bravo à Pierre-Yves Laffont, l’auteur de cette version remaniée de sa thèse de doctorat d’histoire nouveau régime soutenue en 1998 à l’université Lyon-II sous la direction de Marie-Thérèse Lorcin. C’est elle qui signe la préface et désigne d’emblée la richesse méthodologique du dossier et la générosité factuelle de l’entreprise : l’association systématique du dépouillement d’archives et de l’enquête de terrain ; la mise en lumière et l’analyse de plus de 4 000 documents écrits des ixe-xiiie siècles jusqu’alors largement ignorés car dispersés dans les dépôts d’archives de l’Ardèche et des départements voisins mais aussi de Paris, Blois, Nevers et Turin ; la mise en évidence et la description détaillée de 150 sites d’habitats fortifiés pour l’essentiel méconnus et difficiles d’accès.

2 Le résultat est une magistrale étude de l’évolution des structures de pouvoir et de peuplement de cette région montagneuse, au relief chaotique et aux paysages variés, bordée à l’est par le Rhône entre Serrières au nord et Pont-Saint-Esprit au sud, s’arrêtant à l’ouest sur la ligne de crête culminant au mont Mezenc à 1 754 m d’altitude et séparant le bassin de l’Ardèche de celui de la Loire. L’essentiel de ce bailliage du xive siècle est compris dans les limites du diocèse de Viviers succédant au ve siècle à celui d’Alba, augmenté au nord de ce que les diocèses de Valence et de Vienne dominent sur la rive droite du fleuve. C’est ainsi l’héritage antique et des temps de la christianisation qui est retracé. Puis sont présentés les temps carolingiens, avec les domaines du fisc, le maillage des vicairies et des forteresses publiques, l’emprise des temporels des chapitres cathédraux et des abbayes, enfin les fortunes et les réseaux alleutiers mis en lumière par de subtiles restitutions prosopographiques. Vient ensuite la présentation d’un grand xie siècle caractérisé par la patrimonialisation de la puissance publique sensible dans la multiplication des châteaux, la transformation des domaines en seigneuries par l’encellulement des communautés et l’enchâtellement des habitats. Enfin est marqué le retour progressif de l’autorité publique, notamment à partir du milieu du xiiie siècle avec la conquête française.

3 Voici donc donnée à la communauté scientifique et aux curieux d’histoire une magnifique enquête dans le droit fil de celle que publiait en 1973 Pierre Toubert avec « Les structures du Latium médiéval ». Elle y a heureusement ajouté l’alliance méthodologique du témoignage écrit et du vestige matériel, ainsi que le pratiquait et l’enseignait Jean-Marie Pesez dont l’influence est, à juste raison, rappelée par Marie-Thérèse Lorcin en préface. Aujourd’hui, avec les questionnaires et les outils de l’analyse paléoenvironnementale, on aurait peut-être l’idée de prolonger les six pages somme toute convenues de présentation des « conditions naturelles » (p. 17-22) par, au moins, l’amorce programmatique d’une étude d’« écologie domaniale » : le climat, le relief, le réseau hydrographique, les cortèges faunistiques et floristiques ont aussi une histoire qui se raconte dans les textes et dans les paysages, avec l’analyse des colluvionnements et des ravinements, la recherche des méandres fossiles et des aménagements de berge, les études xylologiques et anthracologiques, les analyses pédologiques et phytosociologiques qui ont sans doute bien des choses à dire sur la mise en valeur des sols, les conditions de circulation, les réseaux de peuplement et de pouvoir. Mais c’est une étude en soi qui se profile ainsi, qui exige le rassemblement de compétences multiples et donc un travail d’équipe évidemment différent de celui magnifiquement accompli par Pierre-Yves Laffont dans le cadre de sa thèse.

4 Patrice Beck


Date de mise en ligne : 25/05/2011

https://doi.org/10.3917/rhis.111.0155m