Claude Carozzi et Huguette Taviani-Carozzi (dir.), Faire l’événement au Moyen Âge, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2007, 362 p.
Pages 677d à 742d
Citer cet article
- HÉLIAS-BARON, Marlène,
- Hélias-Baron, Marlène.
- Hélias-Baron, M.
https://doi.org/10.3917/rhis.083.0677d
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- Hélias-Baron, M.
- Hélias-Baron, Marlène.
- HÉLIAS-BARON, Marlène,
https://doi.org/10.3917/rhis.083.0677d
1 Faire l’événement au Moyen Âge est un recueil rassemblant 18 communications présentées au cours du séminaire tenu entre 2004 et 2006 sous la direction de Claude Carozzi et Huguette Taviani-Carozzi. Regroupées en deux thèmes principaux (l’événement et son écho ; l’histoire réécrite et interrogée), elles veulent comprendre les critères et les fondements sur lesquels reposait la construction historique médiévale.
2 Dans la première partie, les intervenants (Thomas Granier, Patrick Henriet, Philippe Jansen, Élizabeth Malamut, Colette Gros, Louis Stouff, Jacques Paul, Flocel Sabaté et Christiane Raynaud) se saisissent d’un événement important et cherchent à en mesurer la résonance dans le temps, voire sa transformation. À cet égard, l’article de Colette Gros (« Montaperti, entre défaite et trahison », p. 103-118) est particulièrement éclairant qui montre que la propagande florentine a su métamorphoser une déroute militaire des Florentins guelfes devant Sienne (le 4 septembre 1260) en une défaite uniquement provoquée par une trahison. Dante se fit l’écho de cette conception dans les chants X et XXXII de l’Enfer.
3 Dans la seconde partie, les auteurs (Gilbert Dagron, Claude Carozzi, Philippe Depreux, Flavio G. Nuvolone, Huguette Taviani-Carozzi, Jean-Claude Cheynet, Jacques Verger, Hervé Martin et Denis Collomp) veulent montrer comment un événement peut être interrogé par les historiens. Ainsi en est-il du schisme de 1054 dont Jean-Claude Cheynet décortique le sens pour les contemporains en s’appuyant sur des sources grecques et latines (« Le schisme de 1054 : un non-événement ? », p. 299-312). Si l’événement n’eut pas de suites immédiates, il eut des répercussions dans l’Église russe, terrain de compétition entre les Églises latine et byzantine. En outre, l’histoire du schisme se construisit progressivement chez les Latins qui considéraient les Grecs comme schismatiques au début du XIIIe siècle. Après 1204, les Byzantins firent du schisme une donnée identitaire. C’est alors que les deux Églises devinrent irréconciliables.
4 Cet ouvrage force l’historien à réfléchir sur les événements dont il se nourrit ; il doit se rappeler que, pour les hommes du Moyen Âge, les histoires étaient des monumenta perpétuant la mémoire des res gestae. Pour eux le passé était source d’édification ou d’exemplarité ; tout événement devait être interprété dans une perspective téléologique. De ce fait, il tend à devenir un mythe. Le travail d’historien consiste donc à parcourir le chemin inverse et à déconstruire les procédés de la mythification.
5 Marlène HELIAS-BARON.