Olivier Christin, Bernard Hours (dir.), Enfance, assistance et religion. Chrétiens et sociétés, Lyon, « Documents et mémoires », no 4, édité par l’équipe « Religions, sociétés et acculturation » du LARHRA-UMR 5190, 2007, 281 p.
- Par Agnès Walch
Pages 383zc à 486zc
Citer cet article
- WALCH, Agnès,
- Walch, Agnès.
- Walch, A.
https://doi.org/10.3917/rhis.082.0383zc
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- Walch, A.
- Walch, Agnès.
- WALCH, Agnès,
https://doi.org/10.3917/rhis.082.0383zc
1 Ce livre est issu d’un colloque qui s’est tenu à Lyon les 2 et 3 juin 2005, à l’occasion du départ à la retraite de Jean-Pierre Gutton. Pendant deux jours, ses amis et collaborateurs ont rendu hommage à ses thèmes de recherche de prédilection au cœur desquels se suite l’enfance, cet âge délicat et changeant sur lequel Jean-Pierre Gutton s’est inlassablement penché. Les seize contributions sont réparties en trois thèmes : les récits d’enfance, l’enfance entre piété et contrainte et, enfin, l’enfance entre maladie et secours. L’enfance est conçue comme un temps de la vie, comme une manière d’être au monde sous le regard de l’adulte, comme une voie de salut à condition qu’elle se calque sur l’enfance du Christ, et comme une étape ô combien périlleuse de la vie humaine. Tous ces thèmes sont déclinés successivement par Philippe Loupès, Isabelle Robin-Romero, Lucien Bély, John Rogister, Bernard Hours, Bartolomé Bennassar, Frédéric Meyer, Régis Bertrand, Marie-Claude Dinet-Lecomte Georges Escoffier, Louis Chatellier, Patrick Fournier, Scarlett Beauvalet, Claude Bruneel, Alain Lottin et Yves Krumenacker. Les premières contributions situent l’apprentissage des enfants aux destins exceptionnels : les enfants qui ont laissé des récits de vie, les enfants dévots, les enfants rois de Louis XIV à Louis XV, ou encore les princes à l’article de la mort. Louis XIV apprend l’art du secret au contact de Mazarin ; les enfants dévots sont, disent leurs hagiographes, prédisposés dès leur naissance à la sainteté ; Louis XV a appris les devoirs inhérents à la personne royale en dépit de son état d’orphelin ; le petit duc de Bourgogne est mort en chrétien. Les enfants plus modestes sont, eux, enserrés entre contraintes et protections. Subissant, en Savoie, sans broncher les violences ecclésiastiques de tous ordres, y compris les sévices sexuels, ils bénéficient ailleurs des secours apportés par des congrégations charitables ou des institutions qu’ils servent telle celle des enfants de chœur des cathédrales. Le nombre de rachats des enfants chrétiens captifs dans le monde musulman est généralement faible, compte tenu de la forte mortalité infantile et de ce que leurs ravisseurs ne souhaitent pas s’en séparer par prosélytisme religieux. L’enfant malade a également été l’objet d’attention que le discours médical ou les changements de sensibilité à la fin du XVIIIe siècle montrent de façon indubitable. L’inoculation de la variole en Belgique, les fondations des marchands lillois en faveur de l’assistance ou la promotion de l’allaitement maternel à Lyon témoignent de l’intérêt sans cesse renouvelé, et de plus en plus réussi, pour la sauvegarde et la protection de l’enfance. Quelques thèmes se sont imposés dans les contributions ou les discussions : l’absence de gaîté des futurs saints, la précocité à sortir de l’enfance chez les bourgeois ou les princes, les confraternités disloquées par la mort et les remariages, l’assistance fortement nourrie par la foi catholique ou réformée, puis par la foi dans le progrès suggérée par les Lumières. En dépit de ces multiples tentatives, l’enfant est bien peu protégé dans la société d’Ancien Régime et les changements à son égard varient en fonction du milieu social dans lequel il s’insère. Restent maintes questions non abordées, que Jean-Pierre Gutton, lui-même, souligne en conclusion : celles relatives au passage entre enfance et adolescence, puis celles relatives à la « majorité pénale » qui ne cesse de varier, même si l’âge de 14 ans revient assez souvent. La transition de l’enfance au monde des adultes ne se fait pas sans difficultés.
2 Agnès WALCH.