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Compte rendu

Diana Dunn (éd.), War and Society in Medieval and Early Modern Britain, Liverpool, Liverpool University Press, 2000, 213 p.

Pages 1013e à 1064e

Citer cet article


  • Schnerb, B.
(2002). Diana Dunn (éd.), War and Society in Medieval and Early Modern Britain, Liverpool, Liverpool University Press, 2000, 213 p. Revue historique, 624(4), 1013e-1064e. https://doi.org/10.3917/rhis.024.1013e.

  • Schnerb, Bertrand.
« Diana Dunn (éd.), War and Society in Medieval and Early Modern Britain, Liverpool, Liverpool University Press, 2000, 213 p. ». Revue historique, 2002/4 n° 624, 2002. p.1013e-1064e. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2002-4-page-1013e?lang=fr.

  • SCHNERB, Bertrand,
2002. Diana Dunn (éd.), War and Society in Medieval and Early Modern Britain, Liverpool, Liverpool University Press, 2000, 213 p. Revue historique, 2002/4 n° 624, p.1013e-1064e. DOI : 10.3917/rhis.024.1013e. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2002-4-page-1013e?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.024.1013e


1 L’histoire de la guerre est, en Grande-Bretagne au moins, un champ d’investigation des plus animés. Ce recueil, édité par Diana Dunn, Senior Lecturer in History au Chester College of Higher Education, s’intègre donc dans une production abondante. Toutefois, la conception de cet ouvrage est marquée du sceau de l’originalité puisqu’elle répond, pour étudier les relations guerre/société, à une problématique qui transcende les clivages chronologiques imposés par les conventions académiques. Pour traiter ce sujet, neuf chercheurs, spécialistes, à différents titres, d’histoire militaire ont apporté leur contribution.

2 Le premier article est dû à Christopher Allmand qui fait porter sa réflexion sur la manière dont la guerre a été décrite dans l’œuvre d’un certain nombre d’auteurs français et anglais des XIVe et XVe siècles. L’évolution de l’art militaire a suscité un changement dans les mentalités, faisant insensiblement passer les esprits d’une conception médiévale à une conception moderne de la guerre. L’entreprise militaire n’est plus vue comme l’affaire de la seule noblesse d’armes, mais de toute la société (p. 17-33). Philip Morgan, dans la contribution qui suit, s’intéresse aux liens entre guerre et mémoire collective et s’interroge sur les noms donnés aux batailles. Il propose une typologie des noms de bataille et étudie la manière dont ils s’imposent (ou non) à la mémoire et dans les usages communs (p. 34-52).

3 Après ces deux articles, six des sept suivants traitent le sujet en centrant le propos sur les trois grandes périodes de guerre civile que connut l’Angleterre du XIIe au XVIIe siècle : le règne du roi Étienne de Blois, la « guerre des Deux-Roses » et la guerre civile des années 1640. C’est ainsi que Paul Dalton étudie le fonctionnement de la Paix de Dieu durant la guerre civile des années 1140-1150. Il montre comment la situation a permis à l’Église, en utilisant cette institution jusqu’alors peu développée en Angleterre, de s’affranchir notablement d’une autorité royale affaiblie (p. 53-75). Graeme J. White, pour sa part, se penche sur le sort de la fonction et du titre d’earl durant le règne d’Étienne de Blois. Ce roi s’est efforcé de réduire ce titre à une décoration honorifique et sa politique fut continuée, après la guerre civile, par son successeur Henri II Plantagenêt (p. 76-95). Matthew Bennett donne une intéressante contribution concernant les conséquences pratiques de l’utilisation de troupes étrangères, flamandes, galloises et écossaises, sur l’art militaire pendant les guerres du règne d’Étienne de Blois. Il conclut que le rôle de ces mercenaires, recrutés hors d’Angleterre, a été quelque peu exagéré par la propagande des belligérants et par l’historiographie moderne (p. 96-113).

4 L’article de Hugh Collins qui suit fait passer sans transition le lecteur du milieu du XIIe au début du XVe siècle et traite de l’accusation de lâcheté portée contre John Fastolf par John Talbot après la bataille de Patay de 1429. Reprenant les pièces du dossier, l’auteur compare la personnalité et la mentalité des deux capitaines anglais et explique leur conflit par leur conception différente de la carrière des armes et de la chevalerie (p. 114-140). Diana Dunn montre, quant à elle, que la guerre n’est pas seulement une affaire d’hommes, en faisant porter son attention sur le rôle joué par la reine Marguerite d’Anjou dans la guerre dite « des Deux-Roses ». Elle montre comment l’épouse d’Henri VI fut désignée comme cause de tous les maux alors même que la situation politique du parti des Lancastre s’effritait. L’utilisation de la reine comme bouc émissaire est déjà attestée sous Henri III et Édouard II. Éléonore de Provence, Isabelle de France et Marguerite d’Anjou eurent à souffrir de la méfiance suscitée par des femmes détentrices de pouvoir (p. 141-161).

5 Les deux dernières contributions de ce recueil concernent la guerre civile anglaise du XVIIe siècle. Mark Stoyle met en lumière une violente campagne de propagande lancée en Angleterre contre les Gallois dans les années 1642-1646. Les pamphlétaires parlementaristes s’attaquaient ainsi non seulement à des partisans du roi Charles Ier mais aussi à une nation accusée de menées séparatistes (p. 162-179). Quant à Peter Gaunt, il étudie l’histoire de Montgomery durant la guerre civile et y voit un exemple assez significatif des destinées d’une petite ville d’Angleterre ou du pays de Galles dans cette époque troublée (p. 180-203).

6 Bertrand SCHNERB.


Date de mise en ligne : 01/02/2008

https://doi.org/10.3917/rhis.024.1013e