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‪Le cardinal de Fleury et l'enseignement de l'histoire de France‪

Pages 73 à 89

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  • Grell, C.
(2011). ‪Le cardinal de Fleury et l'enseignement de l'histoire de France‪ Histoire de l’éducation, 132(4), 73-89. https://doi.org/10.4000/histoire-education.2419.

  • Grell, Chantal.
« ‪Le cardinal de Fleury et l'enseignement de l'histoire de France‪ ». Histoire de l’éducation, 2011/4 n° 132, 2011. p.73-89. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-histoire-de-l-education-2011-4-page-73?lang=fr.

  • GRELL, Chantal,
2011. ‪Le cardinal de Fleury et l'enseignement de l'histoire de France‪ Histoire de l’éducation, 2011/4 n° 132, p.73-89. DOI : 10.4000/histoire-education.2419. URL : https://shs.cairn.info/revue-histoire-de-l-education-2011-4-page-73?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/histoire-education.2419


Notes

  • [1]
    Cet article présente les grandes lignes d’une longue étude (« L’éducation de l’enfant-roi », p. 13-98) publiée en tête de l’édition critique de l’Abrégé de l’histoire de France par le cardinal de Fleury (Chantal Grell, L’Abrégé de l’histoire de France écrit pour le jeune Louis XV, Montigny-le-Bretonneux, Archives départementales des Yvelines, 2004, désormais noté : « Abrégé »). On s’y reportera pour plus de détails, tant sur Fleury et l’équipe pédagogique qui entoura Louis XV, que sur les grandes histoires de France et les débats politiques du temps. Sur le contexte général de l’éducation princière, voir Ran Halevi (dir.), Le savoir du prince du Moyen Âge aux Lumières, Paris, Fayard, 2002 ; Jean Meyer, L’éducation des princes du XVe au XIXe siècle, Paris, Perrin, 2004 ; Pascale Mormiche, Devenir prince. L’école du pouvoir en France, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, CNRS Éd., 2009.
  • [2]
    L’histoire est, dit Cicéron dans le De Oratore, « magistra vitæ, lux veritatis, vita memoriæ ».
  • [3]
    Les plans d’études qui fleurirent dans les années 1640, alors que Richelieu est en quête d’un précepteur pour Louis-Dieudonné, marquent le triomphe de la philosophie. La Mothe Le Vayer proposa alors une sorte d’encyclopédie du savoir princier dont l’histoire est absente. Elle ne figure pas non plus dans les projets de Sorel et de Marin Le Roy de Gomberville qui racontait que Louis XIII enfant avait été rebuté par les Antiquités gauloises et françoises de Claude Fauchet (1579) dont on lui faisait la lecture. Voir Georges Lacour-Gayet, L’éducation politique de Louis XIV, Paris, Hachette, 1898.
  • [4]
    Les cahiers d’écolier du duc d’Anjou se trouvent aujourd’hui à la Biblioteca nacional à Madrid. Voir Ch. Grell « L’éducation de l’enfant-roi », art. cit., p. 25.
  • [5]
    Claude Fleury, Histoire ecclésiastique, Paris, Emery Sangrain et P. Martin, 1722-1758, 37 vol., in-4o.
  • [6]
    Abrégé, p. 113.
  • [7]
    Louis XIV n’appréciait pas beaucoup Fleury et le tint écarté de la cour, en disgrâce, dans l’évêché de Fréjus. C’est à la surprise générale que l’on découvrit que dans le second codicille de son testament, il désignait Fleury comme précepteur du petit prince, et Le Tellier, comme confesseur.
  • [8]
    Pascale Mormiche, Devenir prince, op. cit.
  • [9]
    Pierre Gaxotte, Louis XV, Paris, Flammarion, 1980 ; Michel Antoine, Louis XV, Paris, Fayard, 1989. Mais ils n’ont pas eu connaissance de l’Abrégé.
  • [10]
    Cité par Maxime de Sars, Le cardinal de Fleury, apôtre de la paix, Paris, Hachette, 1942, p. 53. Il n’y a rien d’original dans cette démarche qui ne constitue pas un acte d’allégeance à l’Eglise de Rome, mais relève de l’échange courtois. Bossuet, le 8 mars 1679, avait déjà envoyé une longue lettre à Innocent XI pour lui exposer le plan d’études de Monseigneur, connue et publiée déjà lorsque Fleury fut nommé à son tour précepteur. Son Epistola ad Innocentium XI de Institutione Ludovici Delphini n’était pas destinée au public. Seuls le pape (en latin) et Louis XIV (en français) en eurent connaissance. Elle fut publiée tardivement, dans ces deux langues, en tête de La Politique tirée des Écritures Saintes, en 1709.
  • [11]
    Et édité par les soins de son successeur Arnaud Ramière de Fortanier, et de moi-même (Abrégé).
  • [12]
    Voir la notice no 155 p. 35 consacrée à ces cinq volumes (cote 1/F/127 (1-5) dans le catalogue Trésors d’archives. Deux siècles d’histoire, mille ans de mémoire dans les Yvelines, Arch. dép. des Yvelines, 1990.
  • [13]
    Abrégé, p. 114.
  • [14]
    Olivier Chaline, L’année des quatre dauphins, Paris, Flammarion, 2009.
  • [15]
    BnF, Nouvelles acquisitions françaises 22 405, fol. 2.
  • [16]
    Bibliothèque municipale de Cambrai, Ms A 743-44-45.
  • [17]
    Abrégé, p. 113 à 492, dans l’édition 2004, format in-4o sur deux colonnes.
  • [18]
    Hérité des Grandes Chroniques, c’est le plan de toutes les histoires de France depuis R. Gaguin et Paul Émile, voir M. Tyvaert, Recherches sur les histoires générales de France au XVIIe siècle, domaine français, université Paris 1, 1973 (thèse inédite) ; Chantal Grell, L’histoire entre érudition et philosophie. Étude sur la connaissance historique à l’âge des Lumières, Paris, Presses universitaires de France, 1994.
  • [19]
    Gabriel Daniel, Histoire de France depuis l’établissement de la Monarchie (1696), éd. 1722, I, p. LV.
  • [20]
    G. Daniel, dans la préface de son Histoire de France, avait évoqué avec perspicacité les défauts d’un tel plan que Fleury applique néanmoins à la lettre : « [L’historien] doit toujours se souvenir de la différence qu’il y a entre des annales et une histoire régulière. Dans les annales ou dans une chronique, l’arrangement des matières est déterminé par la chronologie. On y range par années ce qui s’est passé dans chaque année. On place, par exemple, dans une, les dispositions à un certain événement ; dans la suivante, l’événement même, et dans la troisième, les suites de l’événement. Si l’on observait cette méthode dans une histoire, elle serait très sèche et fort ennuyeuse. Un épisode ainsi partagé et interrompu par d’autres faits qui n’y ont point de rapport, perd tout son agrément. L’esprit aime naturellement à voir l’effet joint à sa cause, et qu’on le satisfasse au plus tôt sur ce qu’on lui fait espérer. Il faut, en ces occasions qui sont fort fréquentes dans l’histoire, avoir plus d’égards à la suite des choses qu’à l’ordre des temps, et ne point craindre d’empiéter sur une année, pour unir des choses qu’il ne convient point de séparer. » éd. cit., préface, vol. I, p. LXIV.
  • [21]
    Abrégé, p. 247-297.
  • [22]
    Aucune hiérarchie dans la structure. Pour rendre le texte plus lisible, il a été procédé à des regroupements de paragraphes dans l’édition imprimée. Il n’est pas à exclure que la multiplication des alinéas puisse aussi s’expliquer par l’apprentissage de la lecture orale auquel ce manuscrit aurait peut-être aussi servi.
  • [23]
    Guy Chaussinand-Nogaret, Le cardinal de Fleury. Le Richelieu de Louis XV, Paris, Payot, 2002, remarque avec raison qu’il fut le seul cardinal ministre à n’avoir pas eu de bibliothèque digne de ce nom. Saint-Simon, toujours mauvaise langue, rapporte qu’il faisait corriger les thèmes latins du jeune roi par les pères jésuites de Louis-le-Grand car il ne savait pas assez de latin lui-même. Etait-il plus féru en histoire ?
  • [24]
    Abrégé, p. 138.
  • [25]
    Abrégé, p. 133.
  • [26]
    Sur la tombe de Childéric, Jean-Jacques Chifflet, Anastasis Childerici I, Francorum Regis, sive Thesaurus sepulchralis Tornaci Nerviorum effosus et commentario illustratus, Anvers, 1655. Emporté à Vienne en 1658, le trésor fut offert par Léopold 1er à Louis XIV en 1665, en remerciement de son expédition du Saint-Gothard. Sur ce trésor, Michel Kazanski et Patrick Périn, « Le mobilier funéraire de la tombe de Childéric 1er : état de la question et perspectives », Revue archéologique de Picardie, no 3-4, 1988, p. 13-38.
  • [27]
    Abrégé, p. 133. Voir George Huppert. L’idée d’histoire parfaite, Paris, Flammarion, 1972.
  • [28]
    Abrégé, p. 295-296. Il s’arrête longuement sur le terme de « concubine », qui l’embarrasse.
  • [29]
    Louis Géraud de Cordemoy, Histoire de France, Paris, J.B. Coignard, 1686, 2 vol. in-fol., cf. la « Dissertation sur les mariages de Charlemagne », vol. I, p. 650 sv.
  • [30]
    Abrégé, p. 160. Sur ces deux reines, Ch. Grell, « Deux reines face au tribunal de l’histoire : les procès de Brunehaut et de Frédégonde », colloque Les Procès politiques, XIVe-XVIIe siècles, Yves-Marie Bercé (éd.), École française de Rome, 2007, p. 553-75.
  • [31]
    Abrégé, p. 297. Sur l’image de Charlemagne, qui n’était plus alors la référence idéale pour la monarchie absolue, mais l’était plutôt pour l’opposition nobiliaire : Robert Morrissey, L’empereur à la barbe fleurie. Charlemagne dans la mythologie et l’histoire de France, Paris, Gallimard, 1997.
  • [32]
    Surnom ainsi commenté par Fleury : « La bonté de son naturel lui gagn[a] le cœur des Français et lui f[i]t donner le surnom latin de pius qu’on traduit communément par celui de “débonnaire” », Abrégé, p. 302. Pasquier note que ce surnom évoquait la pusillanimité et cite le roi Henri III pour qui « cette parole impliquait je ne sais quoi de sot », Recherches de la France, vol. V, éd. 1665, in-fol., p. 390.
  • [33]
    Abrégé, p. 301-02.
  • [34]
    Abrégé, p. 333.
  • [35]
    Louis XIV, Mémoires pour l’instruction du dauphin, [1661], éd. Pierre Goubert, 1992, p. 44.
  • [36]
    Abrégé, p. 207.
  • [37]
    Abrégé, p. 229. Curieuse théorie médicale. Plus perspicace, Cordemoy estimait que c’était la succession des minorités qui avait gravement porté atteinte au pouvoir et favorisé les usurpations des maires du Palais.
  • [38]
    Abrégé, p. 117.
  • [39]
    Abrégé, p. 290.
  • [40]
    Abrégé, p. 117.
  • [41]
    La Guerre de succession de Pologne permit à la France de mettre la main sur la Lorraine, convoitée de longue date. Le traité de Vienne (18 novembre 1738) attribuait la Lorraine à Stanislas Leszczynski et prévoyait, à la mort de ce dernier (survenue en 1766), son intégration dans le royaume de France.
  • [42]
    Abrégé, p. 301.
  • [43]
    Abrégé, p. 113.
  • [44]
    Saint-Simon, qui ne l’aimait pas, a écrit à son propos : « Jamais roi de France, non pas même Louis XIV, n’a régné d’une manière si absolue, si sûre, si éloignée de toute contradiction, et n’a embrassé si pleinement et si despotiquement toutes les différentes parties du gouvernement de l’État et de la cour, jusqu’aux plus grandes bagatelles. », Mémoires, vol. VII (1718-1721), Yves Coirault (éd.), Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1987, p. 93.
  • [45]
    Cité dans (2004), p. 95. Voir Saint-Simon, Mémoires, éd. citée, vol. VII, p. 432.
  • [46]
    ?Guy Chaussinand-Nogaret, ??op. cit.,?? p. 37.?
  • [47]
    Bernis, Mémoires, Paris, Mercure de France, 2000, p. 105-106.
  • [48]
    Le régent et le cardinal Dubois s’en inquiétaient à juste titre, qui prirent en main l’éducation du prince chaque jour et reprirent, entre autres, les précieux rapports des intendants commandés par Beauvillier pour Monseigneur, alors édités par Boulainvilliers dans l’Etat de la France dans lequel on voit tout ce qui regarde le gouvernement ecclésiastique , le militaire, la justice, les finances, le commerce, les manufactures, et le nombre des habitants et en général ce qui peut faire connaître à fond cette monarchie, Londres, 1727.
Français

L’Abrégé de l’histoire de France est l’un des très rares témoignages personnels concernant le préceptorat de Monsieur de Fréjus, futur cardinal de Fleury, désigné par Louis XIV, à la veille de son décès, comme précepteur en titre du jeune Louis XV, alors âgé de cinq ans. L’histoire joue traditionnellement un rôle important dans l’éducation des princes, notamment chez les Bourbons. La première initiation au pouvoir passe, en effet, par l’étude des modèles – bons ou mauvais – laissés par les prédécesseurs, occasions de jugements sur l’art de bien gouverner. L’abrégé de l’histoire de France est donc un témoignage important qui permet de comprendre l’idée que Fleury se faisait de la «politique, art royal», mais aussi les principes qu’il inculqua au jeune roi et qui devaient durablement le marquer, puisque Fleury, principal ministre entre 1726 et 1743, eut l’occasion de les mettre en application.

  • histoire (matière enseignée)
  • Louis XV
  • Régence
  • institution du prince
  • cardinal de Fleury

Mots-clés éditeurs : cardinal de Fleury, histoire (matière enseignée), institution du prince, Louis XV, Régence


English

Cardinal de Fleury and the teaching of the history of France

The Concise History of France is one of the very few personal accounts concerning “Monsieur de Fréjus”, who was appointed tutor to the young Louis XV by Louis XIV, before being appointed cardinal. Traditionally, history plays a major role in the education of princes, especially among Bourbons. Political initiation indeed involves the study of one’s predecessors’ models, whether they were good or bad. This is also the opportunity to make opinions on the art of governing. The Concise History of France is thus a major account useful to appreciate the idea that Fleury had of “politics, a royal art” but also the principles he taught the young king. These principles were to leave an enduring mark on him since Fleury, who was main minister from 1726 to 1743, had the opportunity to implement them.


Deutsch

Kardinal Fleury und der Unterricht der französischen Geschichte

Der Abrégé de l’histoire de France (Abriss zur Geschichte Frankreichs) gilt als eine der sehr seltenen persönlichen Aussagen über die Präzeptoren Zeit des Monsieur de Fréjus, zukünftiger Kardinal Fleury, der von Ludwig XIV. kurz vor seinem Tod als Präzeptor des jungen damals fünfjährigen Ludwig XV. eingesetzt wurde. Die Geschichte spielt traditionell eine große Rolle in der Erziehung der Prinzen, besonders bei den Bourbonen. Die erste Einweihung zur Macht beginnt nämlich mit der Studie der schlechten oder guten Beispiele der Vorgänger, die eine Gelegenheit zur Beurteilung der Kunst des Regierens bieten. Der Abrégé de l’histoire de France liefert deswegen eine wichtige Aussage über Fleurys Vision der „Politik als königliche Kunst“ sowie über die Prinzipien die er dem jungen König einprägte und die ihn dauerhaft beeinflussen werden, da sie vom Ersten Staatsminister Fleury zwischen 1726 und 1743 in Praxis selbst gesetzt wurden.


Español

El cardenal de Fleury y la enseñanza de la historia de Francia

El compendio de la historia de Francia es uno de los pocos testimonios personales que se refiere al preceptorado del Señor de Fréjus, futuro cardenal de Fleury, nombrado por Luis XIV, la víspera de su muerte, como preceptor en título del joven Luis XV, con cinco años de edad en aquel momento. La historia desempeña tradicionalmente un papel importante en la educación de los príncipes, notamente entre los Borbones. En efecto la primera iniciación al poder pasa por el estudio de los modelos –buenos o malos– dejados por los predecesores, ocasiones para emitir un juicio sobre el arte de gobernar bien. El compendio de la historia de Francia es pues un testimonio importante que permite comprender la idea que tenía Fleury de la “política, arte real”, pero también de los principios que inculcó al joven rey y que dejaron huellas en él durante mucho tiempo, ya que Fleury, principal ministro entre1726 y 1743, tuvo la oportunidad de aplicarlos.


Date de mise en ligne : 19/12/2012

https://doi.org/10.4000/histoire-education.2419

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