Le Sahel comme espace de transit des stupéfiants. Acteurs et conséquences politiques
- Par Simon Julien
Pages 125 à 142
Citer cet article
- JULIEN, Simon,
- Julien, Simon.
- Julien, S.
https://doi.org/10.3917/her.142.0125
Citer cet article
- Julien, S.
- Julien, Simon.
- JULIEN, Simon,
https://doi.org/10.3917/her.142.0125
Notes
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[1]
Chercheur français spécialiste du Sahel.
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[2]
Ce texte s’appuie sur des entretiens effectués à Nouakchott, Nouadhibou, Bamako, Paris et Dakar dans le cadre de la préparation de rapports pour différentes institutions françaises. Ces terrains, généralement courts, ont été effectués très majoritairement dans les capitales auprès de représentants d’institutions, d’analystes, de chercheurs, de journalistes, de membres des services de sécurités. L’anonymat a été, dans la plupart des cas, la condition de l’entretien, anonymat que nous respectons dans ce texte.
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[3]
Nom de celui qui est surnommé « le Pablo Escobar algérien ».
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[4]
Entretien avec une source sécuritaire à Nouakchott ainsi que des chercheurs travaillant sur la Mauritanie, le Mali et le Niger.
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[5]
Entretien avec un homme d’affaires mauritanien (Nouakchott, février 2008) et des chercheurs travaillant sur le Mali.
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[6]
Entretien en 2008 avec une chercheuse spécialiste de la Mauritanie et de ses milieux d’affaires.
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[7]
Source sécuritaire, Dakar, entretien réalisé en août 2010.
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[8]
Les chiffres de 2004, 2005, 2006, 2007 viennent du World Drug Report (WDR) 2008, UNODC, Vienne, p. 70, le chiffre pour 2008 vient du WDR 2010, UNODC, Vienne, p. 66. Il faut souligner ici que les estimations de production sont très variables. Ainsi, les World Drug Reports 2008 et 2010 présentent des chiffres différents pour les mêmes années.
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[9]
L’estimation est donc délicate, il faut noter que l’on retrouve de manière assez récurrente le chiffre de 40 tonnes dans un certain nombre de publications.
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[10]
Le WDR 2010 (World Drug Report) présente ainsi les zones de consommations : Afrique 5 %, Asie 3 %, Europe de l’Est et du Sud-Est 3 %, Océanie 2 %, voir tableau 8, p. 69, intitulé « Tentative distribution of global cocaine consumption (purity-adjusted), 2008 ».
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[11]
Le troisième marché en valeur est l’Océanie avec 6 milliards US, selon le WDR 2010 p. 70.
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[12]
Littéralement « petits cartels » en référence aux cartels colombiens ayant été démantelés ou très affaiblis. Les plus importants aujourd’hui sont le Cartel del norte del Valle et le Cartel de la Costa.
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[13]
Les bateaux de pêche sont particulièrement utilisés.
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[14]
Entretien avec un journaliste, Bamako.
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[15]
Réalisé à Nouakchott, en septembre 2010.
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[16]
Voir De Andrés, op. cit. p. 211.
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[17]
Selon le témoignage de Michael A. Braun, chef des opérations de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine, en 2009, devant un comité composé de membres du House Committee on the Judiciary’s Subcommittee on Crime, Terrorism, and Homeland Security et du House Committee on International Relations Subcommittee on the Western Hemisphere.
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[18]
Ces Marocains étaient liés habituellement au trafic de résine de cannabis.
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[19]
Entretiens réalisés à Dakar, Bamako, Nouakchott et Lagos ces dernières années.
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[20]
Un des principaux groupes ethniques du pays, présent surtout au sud-est du Nigeria.
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[21]
Entretien réalisé auprès d’un ex-ministre de la Défense, à Bamako, en novembre 2010.
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[22]
Le commissaire Jean-Luc Peduzzi, représentant du SCTIP à Nouakchott, souligne lors de sa présentation orale à l’Ifri en décembre 2008 (lors d’une conférence sur les questions de sécurité au Sahel) que le produit qui concerne le plus les espaces sahéliens à cette époque est le haschich marocain.
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[23]
Lors d’un entretien à Paris en février 2010.
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[24]
Entretien en septembre 2010.
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[25]
Chef d’État-major de la marine de Guinée-Bissau.
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[26]
Voir le témoignage d’Antonio Maria Costa, directeur de l’UNODC à Dakar [AP, 2010].
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[27]
Voir Wikileaks : « US embassy cables : Cocaine trafficking across northern Mali risks armed conflict. »
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[28]
Lors d’un entretien à Bamako en novembre 2010.
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[29]
Utilisant savamment le clivage dépendants/nobles entre Lamhar-Kunta et Imghad-Ifoghas.
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[30]
Lors d’un entretien à Nouakchott en septembre 2010.
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[31]
Président de la République islamique de Mauritanie entre 1984 et 2005.
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[32]
Ce discours a été mentionné par une autre personne interviewée, sans que nous n’ayons pu obtenir plus de précision quant à la date.
Les pays sahéliens sont traversés depuis quelques années par des routes de trafics de stupéfiants, la cocaïne et le haschich. Cette arrivée témoigne à la fois de la transformation de la géoéconomie globale de ces deux produits mais également du renforcement des pays sahéliens dans leur spécialisation d’espace de transit, qui est l’un des modes de l’insertion de ces pays dans l’économie mondiale.
En effet, si l’on prend l’exemple de la cocaïne, ce produit est arrivé en Afrique de l’Ouest et au Sahel au milieu des années 2000 en raison de l’émergence de l’Europe comme premier marché de consommation et de la dangerosité progressive (pour les trafiquants) des routes plus directes entre les zones de production en Amérique latine et l’Europe.
Si l’on dresse une typologie des acteurs de ce trafic dans les pays traversés, on doit s’éloigner du modèle d’une mafia globale qui pourrait se payer des relais locaux. En effet, les acteurs africains, notamment ce que l’on peut appeler des mafias d’État dans certains pays, semblent incontournables.
Les profits générés par ces trafics participent aux économies nationales mais ont déjà commencé à financer la politique et donc à produire du politique.
Sahel as a narcotics transit space : Players and political consequences.
Narcotic trafficking roads have been crossing Sahelian regions for several years, including cocaine and marijuana. This new situation shows the global geo-economic transformation of these two products, but it also highlights strengthening position of Sahelian countries as transit spaces, which one of the way to enter the global economy.
Indeed, the cocaine example proves to be arrived in West Africa and Sahel in the mid- 2000s because of the emergence of Europe as the first consumption market and because of the rising dangerousness (for the traffickers) of more direct roads between Latin American production zones and Europe.
To build a players typology in the countries crossed over, one must forget about the global mafia model that could buy local intermediaries. Indeed, African players, including those that we could qualify of State mafias, seem inevitable.
The traffic related profits participate in national economies and already started to finance politics, that is to say, to produce policies.