Les enjeux théoriques de la marchandisation de la responsabilité sociale de l'entreprise
- Par Aurélien Acquier
- et Jean-Pascal Gond
Pages 83 à 91
Citer cet article
- ACQUIER, Aurélien
- et GOND, Jean-Pascal,
- Acquier, Aurélien.
- et al.
- Acquier, A.
- et Gond, J.-P.
https://doi.org/10.3917/riges.312.0083
Citer cet article
- Acquier, A.
- et Gond, J.-P.
- Acquier, Aurélien.
- et al.
- ACQUIER, Aurélien
- et GOND, Jean-Pascal,
https://doi.org/10.3917/riges.312.0083
Notes
-
[1]
Voir Acquier et Gond (2005), Aggeri et al. (2005), Pasquero (1996), Beaulieu et Pasquero (2002).
-
[2]
Ce choix peut paraître restrictif, mais la théorie des parties prenantes, en raison de son caractère «pluriel» (pour une revue de la littérature plus complète, voir Gond et Mercier, à paraître), est assez représentative de la diversité des approches dans le domaine «entreprise et société». Par ailleurs, le cadre théorique des parties prenantes est aujourd’hui considéré par beaucoup comme le modèle analytique le plus prometteur pour l’étude des relations entre l’entreprise et son environnement social.
-
[3]
La «thèse de la séparation», qui a donné lieu à une controverse entre Goodpaster (1991) et Freeman (1994), constitue une «version forte» du cloisonnement entre théorie éthique et pratiques de gestion. Cette approche, que Freeman (1994) décrit comme «dominante dans la littérature en matière d’éthique», repose sur l’idée d’une séparation claire entre la sphère éthique et celle de l’activité économique (elle postule qu’il est possible de trouver une décision économique qui n’a pas de dimension éthique).
-
[4]
Voir Gond (2001, 2006), Margolis et Walsh (2003), Rowley et Berman (2000), Vogel (2005).
-
[5]
Voir Aggeri et al. (2005), Capron et Quairel-Lanoizelée (2004), Déjean et Gond (2004), Vogel (2005).
-
[6]
La notion de «forum hybride» a d’abord permis de décrire des controverses sociotechniques difficiles à cadrer (telles que la vache folle, les débats sur les organismes génétiquement modifiés [OGM]). Elle nous semble toutefois utile pour décrire la profusion actuelle de démarches, d’outils et d’idéologies de la responsabilité sociale de l’entreprise ou du développement durable.
-
[7]
Voir Allouche et Laroche (2005), Gond (2001, 2006), Griffin et Mahon (1997), Margolis et Walsh (2003).
-
[8]
Voir Harrison et Freeman (1999), Wood et Jones (1995), Waddock (2004).
-
[9]
Le concept de «triple bilan» (triple bottom line ou 3BL), selon lequel la traduction en matière de gestion de la notion de développement durable passe par la conciliation entre les piliers environnemental, social et économique, est traditionnellement associé à John Elkington (1997).
Résumé
En se développant, les recherches sur la responsabilité sociale de l’entreprise ont eu tendance à cloisonner les sphères universitaire et gestionnaire, sans s’interroger sur les relations entre théories et pratiques. Le développement actuel des marchés de la responsabilité sociale de l’entreprise (et la transposition de pratiques de conseil, de notation et d’audit dans le champ de la responsabilité sociale) vient déstabiliser cet état de fait. Avec leur lot d’instruments, de nouvelles pratiques, et la production de nouveaux concepts, les marchés de la responsabilité sociale de l’entreprise proposent de nouvelles formulations et problématisations de celle-ci. Ces dynamiques mettent à mal l’idée d’un cloisonnement entre les sphères universitaire et gestionnaire. Cet article présente deux cas : le marché de l’information comptable extra-financière et celui de la notation environnementale et sociale. Nous montrons comment les pratiques et instrumentations de gestion façonnent les conceptualisations de la responsabilité sociale de l’entreprise et influencent, de manière plus ou moins explicite, le travail des chercheurs. En soulignant l’importance pour la recherche d’intégrer une réflexion systématique sur le lien entre les sphères théorique et pratique, nous dégageons des axes d’exploration possibles et proposons plusieurs cadres théoriques permettant de mieux prendre en considération l’élaboration de nouvelles pratiques dans le champ des marchés de la responsabilité sociale de l’entreprise.
Theoretical Stakes of the Commodification of Corporate Social Responsibility
Theoretical Stakes of the Commodification of Corporate Social Responsibility
Research in corporate social responsibility has traditionally tended to separate the academic and management spheres, failing to investigate the links between theory and practice in this field. The current growth of corporate social responsibility markets (and the transposition of consulting, rating and auditing practices to the field of social responsibility) has had the effect of destabilizing this situation. With their share of instruments and new practices and the production of new concepts, corporate social responsibility markets propose new formulations of and challenges to this concept. These dynamics undermine the tendency to separate the academic and management fields. This article presents two cases: the non-financial accounting information market and the environmental and social rating market. The authors show how management practices and instruments shape the conceptualization of corporate social responsibility, and more or less explicitly influence the work of researchers. By highlighting the importance for researchers of undertaking a systematic reflection on the link between theory and practice, we identify potential research directions and propose theoretical frameworks that take into account the development of new practices in the field of corporate social responsibility markets.
La cuestión de la teoría en el ingreso al mercado de la responsabilidad social de la empresa
Resumen
En el proceso de su desarrollo, las investigaciones en el campo de la responsabilidad social de la empresa han tendido a colocar la dimensión académica y la práctica en compartimientos estancos, sin detenerse a considerar las relaciones entre la teoría y la acción. Pero el desarrollo actual de los mercados de la responsabilidad social de la empresa, donde se observa una transposición de las prácticas de asesoramiento, de calificación y de auditoría en dicho ámbito, viene a poner en tela de juicio tal situación de hecho. Pertrechados con sus herramientas, nuevas prácticas, y la producción de nuevos conceptos, los mercados de la responsabilidad social de la empresa entran en escena para proponer otras premisas y problemáticas, y con esta dinámica dejan mal parada la idea de la separación entre la esfera universitaria y la práctica. La cuestión se grafica en este trabajo a través de dos casos: el mercado de la información contable no obligatoria y el de la calificación ambiental y social. Mostraremos de qué forma las prácticas y metodologías de gestión moldean las conceptualizaciones de la responsabilidad social de la empresa e influyen, en forma más o menos explícita, sobre el trabajo de los investigadores. Destacando la importancia de que las investigaciones incorporen una reflexión sistemática sobre el nexo entre la teoría y la práctica, se extraen líneas posibles de exploración y se proponen diversos marcos teóricos para dar mejor cuenta de la elaboración de nuevas prácticas en los mercados de responsabilidad social de la empresa.
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
5,00 €