Point de vue : La transformation numérique des entreprises : démystifions les concepts !
Pages 200 à 213
Citer cet article
- EL BOUTI, Mounira,
- BRUNA, Maria Giuseppina,
- BENSEBAA, Faouzi
- et JAHMANE, Abderrahmane,
- El Bouti, Mounira.,
- et al.
- El Bouti, M.,
- Bruna, M.-G.,
- Bensebaa, F.
- et Jahmane, A.
https://doi.org/10.3917/g2000.406.0200
Citer cet article
- El Bouti, M.,
- Bruna, M.-G.,
- Bensebaa, F.
- et Jahmane, A.
- El Bouti, Mounira.,
- et al.
- EL BOUTI, Mounira,
- BRUNA, Maria Giuseppina,
- BENSEBAA, Faouzi
- et JAHMANE, Abderrahmane,
https://doi.org/10.3917/g2000.406.0200
Notes
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[1]
La transformation numérique touche en effet une kyrielle de champs : de l’univers de la santé, avec la télémédecine, l’e-santé et l’e-prévention, l’émergence des interventions distancielles en temps réel, et l’appui au diagnostic offert à l’intelligence artificielle (Seguin & Tassy, 2022) ; en droit, avec le développement de moteurs de recherche améliorés permettant de consulter les lois et la jurisprudence (Deffains 2019) ; en architecture avec le Building Information Modelling (BIM) et le Design Computationnel (DC) (Boissieu, 2020) ; dans le social et le médico-social (Renard, 2022) ; dans les RH où les processus de recrutement et de gestion des carrières se digitalisent (Lissaneddine & Laaroussi, 2021) et les réseaux sociaux numériques (RSN) sont utilisés comme un levier d’attraction des talents (Lissaneddine & Laaroussi, 2021) ; dans l’industrie (Berger-Douce, 2021 ; Piccinini, Hanelt, Gregory & Kolbe,(2015) ; en management public (Habbani & Ziat 2022)
-
[2]
« Dans ces phénomènes sociaux “totaux”, comme nous proposons de les appeler, s’expriment à la fois et d’un coup toutes sortes d’institutions : religieuses, juridiques et morales – et celles-ci politiques et familiales en même temps ; économiques et celles-ci supposent des formes particulières de la production et de la consommation, ou plutôt de la prestation et de la distribution ; sans compter les phénomènes esthétiques auxquels aboutissent ces faits et les phénomènes morphologiques que manifestent ces institutions » (Mauss, 1950 : 147).
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[3]
La disruption est définie par Kilkki, Mäntylä, Karhu, Hämmäinen & Ailisto (2018) en référence à un nouvel objet, plus qu’à une nouvelle idée ou méthode. Ces auteurs préfèrent restreindre la définition à la technologie et éviter de parler d’innovation disruptive au sens large. Ainsi, un agent « disrupté » est celui contraint de redéfinir son système d’action pour s’adapter dans environnement.
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[4]
Social, Mobile, Analytics et Cloud.
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[5]
Par exemple, dans Les modèles économiques de la gratuité, Bensebaa (2017) revient sur l’émergence de la gratuité comme un business model dans l’univers des entreprises numériques. Dans la décennie 2010, le business model répandu dans les entreprises numériques a été la gratuité. Les consommateurs de services de ces entreprises ont eu accès à de multiples fonctionnalités, sans coût. Cette gratuité témoigne selon Bensebaa (2017) de nouveaux modes de vie trouvant leur racine dans le nomadisme et l’instantanéité. Ainsi, en diminuant les coûts, la TN accroit la capacité humaine à acquérir mais aussi à « produire, diffuser et consommer des informations à un niveau et une valeur sans précédents » (Sahut & Dang 2020). Ce qui exerce une influence sur les comportements des consommateurs et peut inaugurer des nouvelles possibilités de création de valeur. La TN est ici perçue comme un levier de survie des entreprises (Varenne & Godé 2021) qui rappelle aussi l’importance de l’agilité, de l’alignement et de l’inclusion sociale comme facteurs de résilience organisationnelle (Bruna, Ducray, & Montargot 2019).
D’après la littérature, la société postmoderne en général et l’univers organisationnel en particulier connaitraient, depuis deux décennies, des changements structurels sans précédent, entraînés par une diffusion exponentielle et extensive des technologies digitales (Broca, 2012). L’aspect inédit de ces changements tiendrait au caractère multidimensionnel (Vial, 2019 ; Kraus, Schiavone, Pluzhnikova & Invernizzi, 2021) et multiniveau (Hess, Matt, Benlian & Wiesböck, 2016) de la révolution digitale ainsi qu’à son impact durable sur le monde de l’entreprise (Allouche & Zerbib 2020) et sur la société dans son ensemble (Bruna, Chanlat, & Özbilgin 2021). Cependant, alors que les chamboulements induits par la transformation numérique (TN) revêtent un caractère holistique et connaissent une tendance exponentielle et extensive, le sens de la TN ne va pas de soi. Polysémique et polyvalente, la notion de TN est plongée dans un flou définitionnel qui entretient, en miroir, un trouble perceptif, analytique et décisionnel au sein des organisations (Bruna, Ducray & Montargot, 2022). Cette ambiguité nuit notamment à la convergence des visions et des finalités entre parties prenantes (Bruna, 2020) et à la cohérence d’action chez les managers (Benedetto-Meyer & Boboc, 2019). Qui plus est, la TN cristallise les tensions et les rivalités entre une kyrielle de stakeholders impliqués ou, a minima, concernés par les changements qu’elle inspire, accompagne, catalyse ou induit.
Omniprésente dans le champ organisationnel, elle fait l’objet de projets variés dans nombre d’entreprises (Allouche & Zerbib, 2020)…
Mots-clés éditeurs : changement, digitalisation, nouvelles technologies, Transformation digitale, transformation numérique
Date de mise en ligne : 29/10/2024
https://doi.org/10.3917/g2000.406.0200Cet article est en accès conditionnel
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