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Compte rendu

Thérapie existentielle Irvin YALOM Galaade Editions, Paris, 2008. Traduction de Existential Psychotherapy (1980).

Page II

Citer cet article


  • Masquelier, G.
(2009). Thérapie existentielle Irvin YALOM Galaade Editions, Paris, 2008. Traduction de Existential Psychotherapy (1980). Gestalt, 35(1), II-II. https://doi.org/10.3917/gest.035.0193b.

  • Masquelier, Gonzague.
« Thérapie existentielle Irvin YALOM Galaade Editions, Paris, 2008. Traduction de Existential Psychotherapy (1980). ». Gestalt, 2009/1 n° 35, 2009. p.II-II. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-gestalt-2009-1-page-II?lang=fr.

  • MASQUELIER, Gonzague,
2009. Thérapie existentielle Irvin YALOM Galaade Editions, Paris, 2008. Traduction de Existential Psychotherapy (1980). Gestalt, 2009/1 n° 35, p.II-II. DOI : 10.3917/gest.035.0193b. URL : https://shs.cairn.info/revue-gestalt-2009-1-page-II?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/gest.035.0193b


1 Lecture de Gonzague MASQUELIER

2 Yalom commence à être connu en France pour ses romans centrés sur la psychothérapie humaniste tels Apprendre à mourir, La méthode Shopenhauer ou encore Mensonges sur le divan. Mais ces livres sont postérieurs à son ouvrage théorique majeur, Thérapie existentielle, écrit il y a une trentaine d’années aux USA.

3 C’est donc une chance pour le lecteur non anglophone d’avoir enfin une version française de cet ouvrage, dans lequel Yalom fonde et étaye sa pratique humaniste. J’écris « humaniste », car Yalom ne se dit pas gestaltiste : il a travaillé avec Perls qu’il cite dans son livre, mais ne revendique pas cette filiation. Il préfère le terme de psychothérapie existentielle.

4 Nous avions déjà un aperçu de la pensée théorique de Yalom grace aux écrits de Noël Salathé qui présentent les contraintes existentielles. Mais ici, il s’agit d’un ouvrage de 750 pages, présentant méthodiquement les thèmes existentiels, illustrés de vignettes cliniques, de références philosophiques et de pistes psychothérapeutiques. La traduction est excellente.

5 Commençons par l’introduction, qui à elle seule justifie l’achat de ce livre. Yalom se remémore un cours de cuisine et évoque « les petits plus » – une épice, un tour de main – qui rendent une cuisine savoureuse. Et il ajoute : « Mon objectif est de proposer et définir une approche tant sur le plan théorique que clinique pouvant servir de cadre à ces petits plus qui constituent la thérapie. »

6 Yalom s’intéresse au conflit qui survient lorsque nous sommes confrontés aux quatre « fondamentaux » de l’existence, qu’il nomme : la mort, la liberté, l’isolement fondamental et l’absence de sens. Ces fondamentaux structurent les quatre parties de son ouvrage.

7 Plutôt que de commenter chaque chapitre, je préfère me centrer sur un seul thème, celui de la liberté, qui me semble la clé de voûte de ce livre, car à quoi bon notre métier « sans la liberté du sujet de désirer, choisir, agir et – aspect essentiel en psychothérapie – changer » ?

8 En référence à Sartre et à Heidegger, Yalom présente l’homme comme « condamné à la liberté » et la thérapie existentielle comme une mise en lumière des « évitements de la responsabilité ». Il développe de nombreuses manifestations cliniques, dresse un tableau psychopathologique illustré d’exemples issus de sa pratique de psychiatre-psychothérapeute. Il décrit comment d’autres penseurs abordent ce concept (Otto Rank, Rollo May, Karen Horney, Victor Frankl, etc.) et propose ses propres pistes. Trois pages sont consacrées à Perls, en particulier sur sa manière de travailler les rêves : « face à l’enjeu de la responsabilité, aucun ne fut plus vigoureux ni inventif que Fritz Perls. »

9 L’auteur développe le concept de « prophétie autoréalisatrice » : la personne qui redoute un évènement se comporte de manière à ce qu’il se produise effectivement, puis en refoule la responsabilité ou la projette sur les autres.

10 Yalom insiste sur l’intérêt du travail en groupe en l’invitant à fonctionner « au niveau de l’ici et maintenant, en d’autres termes en donnant la priorité à l’expérience et à l’analyse des relations entre les participants […] Chacun est responsable de la position interpersonnelle qu’il modèle dans le groupe (et, par analogie, dans sa vie). »

11 La nécessité de l’action, du « vouloir », est fondamentale. L’auteur distingue deux phases : le désir puis la décision. Il présente l’émotion comme un prérequis au désir et montre comment la psychothérapie peut favoriser le déblocage des affects. À nouveau, il présente le travail de Perls, puis celui des Polster. Cette partie se termine sur l’exploration de pistes thérapeutiques possibles, articulées en particulier sur une relation patient-thérapeute bienveillante : « La volonté du patient s’exerce tout d’abord dans l’arène thérapeutique où elle est acceptée et renforcée par le psychothérapeute. »

12 Yalom ne voyage plus beaucoup, mais nous avons eu le plaisir de l’accueillir à Paris pour la sortie de Et Nietzsche a pleuré (septembre 2007). C’est un délicieux vieux Monsieur, à l’humour malicieux et l’œil pétillant. Nous ne désespérons pas de le faire revenir pour commenter cet ouvrage qui, j’en suis persuadé, va nourrir la réflexion de nombreux Gestaltistes. Et si vous lisez l’anglais, je vous signale la sortie de son dernier ouvrage, Staring at the sun : il y a deux choses que nous ne pouvons regarder en face, le soleil et la mort…


Date de mise en ligne : 01/06/2009

https://doi.org/10.3917/gest.035.0193b