Christine de Gemeaux, De la Prusse à l’Afrique - le colonialisme allemand, XIXe-XXIe siècle
Pages 161 à 163
Citer cet article
- CORBIN, Anne-Marie,
- Corbin, Anne-Marie.
- Corbin, A.-M.
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- Corbin, A.-M.
- Corbin, Anne-Marie.
- CORBIN, Anne-Marie,
Christine de Gemeaux se propose de montrer comment diverses formes de la germanisation et de la colonisation impériales (p. 10) au XIXe et au XXe siècle se sont appuyées sur un discours national allemand.
Pour ce faire, elle emprunte un cheminement original par des pistes parfois peu connues qui côtoient de grands courants d’idées. A Berlin, c’est dans le cadre de la Société de la Table qu’Adam Müller, Prussien d’origine, très hostile au modèle progressiste français, prône en 1812 la régénération de l’ancien monde allemand et le concept de patrie. Avec Fichte, il est le chantre de la « réponse nationale » à la France (p. 50). Contrairement à Kant, qui condamnait la guerre, et comme Lilienstern, Müller fait l’apologie de la guerre et souligne son aspect ludique (p. 86).
Après la proclamation de l’Empire allemand à Versailles le 18 janvier 1871, il s’agit pour le chancelier Bismarck de s’affirmer sur le plan international et d’assurer la sécurité du nouveau Reich. En 1879, Friedrich Fabri publie un discours polémique qui reprend les suppliques des commerçants et armateurs du nord de l’Allemagne, réclamant l’acquisition de colonies comme sources de matières premières et comme débouchés pour les produits allemands. En 1884-1885, Bismarck y répond avec la Conférence de Berlin qui marque un véritable tournant dans la politique allemande : germanisation de l’Alsace-Lorraine, expansion vers l’Est en Pologne (Posnanie) et – outre-mer – exploitation coloniale brutale de nouveaux territoires hors des frontières européennes…
Date de mise en ligne : 20/06/2023