Ressources et stratégies identitaires face à un leadership destructeur
- Par Leila Lakhdhar
Pages 52 à 64
Citer cet article
- LAKHDHAR, Leila,
- Lakhdhar, Leila.
- Lakhdhar, L.
https://doi.org/10.3917/geco1.158.0052
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https://doi.org/10.3917/geco1.158.0052
Notes
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[1]
Sans remettre en cause la pertinence d’une analyse multidisciplinaire (sociologie, droit, psychologie, gestion, etc.) et plus particulièrement juridico-gestionnaire du harcèlement (Deharo et Point, 2019), dans cet article, nous nous inscrivons dans une perspective managériale. Nous y aborderons ce vécu traumatisant comme étant une forme de leadership toxique qui peut causer une souffrance dont l’origine est identitaire. Une prise de conscience de ce phénomène permettrait de mieux appréhender les problématiques de performance et les situations de mal-être au travail, et favoriserait la mise en place de dispositifs managériaux de vigilance ou de dénonciation.
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[2]
Selon ce courant de pensée (Mead G. H., 1934 ; Strauss, 1992 ; etc.), les actions sont régies par le sens que les acteurs donnent aux situations à travers les interactions interpersonnelles symboliques (communication verbale et non verbale).
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[3]
La réalité est socialement construite (Berger et Luckmann, 1966) par les personnes qui agissent en fonction de leur interprétation. Il s’agit ici de la réalité subjective basée sur la perception. L’acteur construit la réalité, et ne la subit pas.
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[4]
Dans la suite de cette contribution, les termes « abandon », « remise en cause », « remise en question » ou « renoncement » seront utilisés et mis entre guillemets, car dans les cas de toxicité du leadership, l’identité n’est pas « complètement » niée mais aménagée en termes de sentiments et d’images de soi tout en préservant un noyau dur de stabilité.
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[5]
Ce qualificatif est associé à l’incompétence des managers. Dans une transcription d’un débat de Diègo Gambetta, Dumez (2006, p. 26) définit la kakistocratie comme étant « le pouvoir des mauvais ». Plus explicitement, elle désigne les organisations où l’incompétence règne au niveau des postes de responsabilité (Barth, 2024). Nous avons emprunté ce terme qui reflète, à bien des égards, la troisième dimension de la toxicité des leaders issue de l’analyse des récits.
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[6]
Un format conçu pour analyser des données de terrain sur une variable majeure ou un domaine d’intérêt général. Le principe est d’organiser plusieurs composantes d’une variable unique et cohérente (Miles et Huberman, 2003, p. 196).
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[7]
Un tableau dans lequel on répartit des données recueillies auprès, ou au sujet, d’un ensemble d’individus occupant tel ou tel rôle, données qui reflètent leur point de vue (Miles et Huberman, 2003, p. 223).
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[8]
TAJFEL H. & TURNER J. C. (1985), “The social identity theory of intergroup behavior”, in WORCHEL S. & AUSTIN W.G., The psychology of intergroup relations, Chicago, IL, Nelson-Hall.
Depuis quelques années, l’attention a été orientée vers de multiples facettes négatives du leadership rassemblées sous les qualificatifs de « toxique » (Webster et al., 2016) ou « destructeur » (Schyns et Schilling, 2013). L’accent a été mis sur ses dimensions (Schmid et al., 2018), ses antécédents (Krasikova et al., 2013) et ses conséquences (Nevicka et al., 2018). Il apparait également dans la littérature que les subordonnés ne sont pas sensibles de la même manière à ce type de leadership (Schmid et al., 2018), puisque l’évaluation même du caractère nuisible peut ne pas faire l’unanimité (Martinko et al., 2013). En effet, la perception de la nature destructive du comportement des leaders dépend de plusieurs facteurs tels que l’intérêt individuel, les objectifs organisationnels, les normes sociales, les principes éthiques, et c’est ce qui justifie, d’ailleurs, la divergence que l’on peut constater au niveau de l’appréciation d’un même comportement (Krasikova et al., 2013). Dans ce cadre, le milieu professionnel, et, plus précisément, la relation de subordination, deviennent des contextes générateurs de frustrations et de souffrances (Dejours et al., 2015 ; Grima et Muller, 2006), d’où l’intérêt d’explorer des dimensions bien plus profondes, particulièrement identitaires pour comprendre la réaction du subordonné face à son chef. La dynamique interactionnelle entre le leader destructeur et le subordonné n’a pas été suffisamment expliquée sous un angle identitaire (Epitropaki et al…
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