Éditorial
- Par Pascal Lefebvre
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Citer cet article
- LEFEBVRE, Pascal,
- Lefebvre, Pascal.
- Lefebvre, P.
https://doi.org/10.3917/geco1.124.0003
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- Lefebvre, Pascal.
- LEFEBVRE, Pascal,
https://doi.org/10.3917/geco1.124.0003
1À l’heure du café-croissant, il est des matins où les rêves de la nuit ont du mal à se dissiper et vous laissent dans un entre-deux grisâtre. Les attentats, la dette grecque, le conflit en Ukraine et les opérations extérieures de nos armées ne font désormais plus guère la Une des matinales TV, repoussés à l’arrière-plan de nos consciences par des inondations, des Nuit Debout et des grèves, des populistes aux portes du pouvoir en Amérique ou écartés de peu en Autriche, un Brexit qui se précise, un crash d’avion en Méditerranée, que sais-je encore ? On se surprend alors à rêver d’un été au soleil, bien tranquille ; d’un succès à l’Euro, facile ; de la grandeur de la France, superbe et civilisatrice ; ou de « la douceur des lampes à huile, (de) la splendeur de la marine à voile ». Ce goût récurrent de la nostalgie et du frivole, que fustigeait, en son temps, un certain général, ce repli frileux et narcissique face aux changements, ce mépris affecté pour ce qui se passe hors de l’Hexagone, est-ce bien là ce que nous entendons montrer de nous au monde ? De quelque bord que l’on soit, nous semblons minés par ce sentiment collectif de blocage, d’absence de but commun, de manque de concertation, de menace sourde. Un village gaulois mythique, qui se rêve seul face aux légions romaines ? Sans doute, mais sans potion magique cette fois !
2Qu’y peut Gérer & Comprendre ? Peu de choses, sans doute, mais ouvrir le débat, faire circuler des idées, les confronter au réel, passer le relais à d’autres qui les feront germer, voilà qui va à contre-courant de la résignation morne ou des vaines colères. Sans doute la Patrouille de France n’est-elle pas une entreprise comme les autres et sans doute, aussi, ne se gouverne-t-elle pas comme doit l’être un pays comme le nôtre. Mais n’a-t-on pas à tirer des enseignements, transposables à d’autres contextes, des formes de réflexion collective qu’elle met en place pour évaluer les actes de chacun, navigant ou au sol, leurs conséquences et les moyens d’y faire face ? Sans doute aussi faut-il être prudent sur la sincérité des démarches marketing, j’en conviens. Mais quand une entreprise associe ses clients à ses stratégies et leur offre ainsi l’opportunité d’interagir avec elle pour accroître la valeur finale de ses produits, ne pourrait-on imaginer qu’une transposition, mutatis mutan-dis, de ces dispositions d’esprit ne puisse amender certains fonctionnements politiques ? Il en va de même pour cette ONG dont les acteurs se soucient de plus en plus de la qualité de leurs services, s’interrogent sur les meilleures manières de les mettre en œuvre dans leur organisation et dont le manager se définit comme un facilitateur de sens, fonction largement absente, semble-t-il, de la vie sociétale en ces temps agités.
3C’est sans doute aussi ce qu’attendent les auteurs dont nous publions les travaux ce trimestre, et je me plais à rêver qu’à force de persévérance et de recherche, le monde va changer, ne serait-ce qu’un peu. Il est ainsi des matins où les rêves de la nuit ont du mal à se dissiper…