Article de revue

Valeurs de gauche, valeurs de droite et identités religieuses en Europe

Pages 725 à 753

Citer cet article


  • Bréchon, P.
(2006). Valeurs de gauche, valeurs de droite et identités religieuses en Europe. Revue française de sociologie, . 47(4), 725-753. https://doi.org/10.3917/rfs.474.0725.

  • Bréchon, Pierre.
« Valeurs de gauche, valeurs de droite et identités religieuses en Europe ». Revue française de sociologie, 2006/4 Vol. 47, 2006. p.725-753. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2006-4-page-725?lang=fr.

  • BRÉCHON, Pierre,
2006. Valeurs de gauche, valeurs de droite et identités religieuses en Europe. Revue française de sociologie, 2006/4 Vol. 47, p.725-753. DOI : 10.3917/rfs.474.0725. URL : https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2006-4-page-725?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rfs.474.0725


Notes

  • (1)
    Le marais (environ un tiers des Français) comporte à la fois les sans-réponses (entre 10 et 16 %) et ceux qui choisissent la case centrale de l’échelle tout en déclarant par ailleurs qu’ils n’ont pas du tout d’intérêt pour la politique.
  • (2)
    D’après les données de la SOFRES, la contestation des notions de gauche et de droite a beaucoup augmenté dans les années quatre-vingt et apparaît stabilisée depuis. En janvier 2002 comme en septembre 1991,60 % des Français trouvent ces notions dépassées (contre seulement 33 % en mars 1981). Dans la même enquête de 2002, s eulem ent 9 % ne se positionnent pas sur l’échelle en sept positions (Marcel et Witkowski, 2003).
  • (3)
    Le non-positionnement atteint par exemple 30 % en 1987 et 1991 lorsque la question d’identité politique est posée de façon dichotomique (Cayrol, 1992).
  • (4)
    Pour une présentation générale et les premières conclusions de l’analyse comparative, voir Bréchon et Tchernia (2002).
  • (5)
    Observant les résultats européens de la première vague d’enquête, Jean Stoetzel (1983) notait déjà cette forme gaussienne et écrivait : « Cette constatation est importante. Elle établit qu’il existe dans l’Europe de l’Ouest une continuité aléatoire des positions politiques de la gauche à la droite. Il n’y a pas d’opposition entre les extrêmes avec un vide au centre. Bien au contraire, le centre est le plus plein. Les opinions politiques en Europe ne sont pas deux masses en conflit. » Autrement dit, si le clivage gauche-droite fait sens, il s’agit d’un clivage relatif.
  • (6)
    En 1999, l’indice de forte politisation (construit sur l’intérêt pour la politique, parler politique avec ses amis, trouver la politique importante dans la vie) est de 45 % dans la moyenne de l’échantillon, de 46 % pour les personnes situées au centre, 64 % pour celles situées à gauche (positions 1 à 4) et 73 % à droite (6 à 10). Ceux qui ne se positionnent pas sur l’échelle sont beaucoup moins politisés encore que les centristes : seuls 17 % d’entre eux ont un haut niveau de politisation.
  • (7)
    Notons que la distribution de la même échelle dans les enquêtes Eurobaromètres est très voisine, qu’elle est très stable de 1976 à 1994 et comporte le même type de relation avec l’intérêt pour la politique (Bréchon, 1998).
  • (8)
    Évidemment tout choix de recodage a ses lim ites. Celui- ci per met d’isoler une position probablement perçue comme centrale par ceux qui sont habitués depuis l’école à des notations entre 0 et 10. Mais il limite la gauche à 4 positions alors que la droite en présente 5. On ne peut donc pas comparer le score des deux « camps ».
  • (9)
    Nous ne faisons pas figurer dans les tableaux le centre et les non-réponses. Les chiffres présentés identifient donc pour la gauche (positionnement de 1 à 4) et pour la droite (positionnement de 6 à 10) les pourcentages de chaque dimension retenue.
  • (10)
    Nous reprenons ici en partie une analyse présentée dans Bréchon (2002b).
  • (11)
    Nous retenons tous ceux qui, pour chois ir leur a ction, dis ent privilégier la première des deux options suivantes : 1) « Il y a des lignes directrices parfaitement claires pour savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Elles s’appliquent toujours, quelles que soient les circonstances » ; 2) « Il ne peut jamais y avoir de lignes directrices parfaitement claires pour savoir ce qui est le bien et le mal. Cela dépend entièrement des circonstances ».
  • (12)
    Il faut cependant noter une petite remontée, étonnante, de la morale de principe entre 1981 et 1999 (32 % contre 26 % en 1981).
  • (13)
    Nous avons construit une échelle d’attitudes familiales presque identique en 1981 et 1999. Quatre indicateurs sont communs aux deux échelles : affirmer qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère pour être heureux, que pour s’épanouir une femme a besoin d’avoir des enfants, que le mariage n’est pas une institution dépassée, désapprouver qu’une femme veuille avoir un enfant en restant célibataire. L’échelle de 1999 comporte deux indicateurs supplémentaires ( êtr e tout à fait d’accor d avec les opinions : un homme a besoin d’avoir des enfants pour être épanoui, le mariage est indispensable pour être heureux). L’échelle de 1981 ne comporte qu’un c inquièm e indicateur (désapprouver l’idée de liberté sexuelle totale). On retient dans les deux tableaux tous ceux qui font au moins quatre réponses dites « familialistes ». Du fait de la différence entre les deux indices, on ne peut commenter l’évolution de l’adhésion aux valeurs familiales traditionnelles entre les deux dates.
  • (14)
    Sont retenus tous ceux qui approuvent l’avortement pour une grossesse de femme non mariée et lorsqu’un couple ne veut plus avoir d’enfant.
  • (15)
    Les cinq comportements retenus sont le divorce, l’avortement, l’homosexualité, l’euthanasie, le suicide. Ces indicateurs font partie d’une longue batterie de compor tements, publics ou privés, pour lesquels les individus doivent dire, à l’aide d’une échelle en 10 positions, s’ils les estiment jamais justifiés (1) ou toujours justifiés (10). Nous avons ajouté les scores, l’échelle va donc de 5 à 50 et nous retenons pour 1999 (par la méthode de s quartiles) environ la moitié de la population la plus permissive. Cela aboutit à retenir tous ceux qui se situent entre 24 et 50 sur l’échelle. Ce découpage est repris pour 1981 de manière à pouvoir lire l’évolution depuis dix-huit ans.
  • (16)
    Sur les différentes dimensions des normes sociales, voir Schweisguth (2002).
  • (17)
    L’échelle de tolérance à l’incivisme comporte également cinq comportements : demander des indemnités au-delà de ce à quoi l’on a dr oit, tr ic he r dans sa décla ration d’impôts, pénétrer dans une voiture qui ne vous appartient pas et faire un tour avec, mentir pour défendre son intérêt personnel, accepter un potdevin dans l’exercice de sa fonction. Elle est à nouveau construite par addition des scores et va donc de 5 à 50. Étant donnée la faible tolérance enregistrée à l’égard de l’incivisme, nous avons retenu aux deux dates tous ceux qui se situent entre 10 et 50.
  • (18)
    L’échelle d’attentes autoritaires a été construite avec quatr e indica teurs : faire confiance à l’armée, faire confiance à la police, trouver que davantage respecter l’autorité serait une bonne chose, choisir le maintien de l’ordre dans les objectifs prioritaires du pays. L’échelle va de 0 à 4 selon que les individus sont situés au pôle autoritaire ou non autoritaire de chaque indicateur. La demande forte d’autorité retenue correspond au niveau 4.
  • (19)
    Sont retenus ici tous ce ux qui choisissent l’item « augmenter la participation des citoyens aux décisions du gouvernement » parmi les objectifs prioritaires du pays.
  • (20)
    Comme pour la dimension précédente, nous isolons tous ceux qui choisissent le combat contre la hausse des prix parmi leurs priorités pour le pays.
  • (21)
    Jean Stoetzel ( 1983) notait déjà l’existence de cette liaison : « La liberté est une valeur de la droite, l’égalité est une valeur de la gauche. Dans tous les pays d’Eur ope occidentale et même au Japon, ceux qui disent que l’égalité est plus importante que la liberté occupent en moyenne des positions plus à gauche sur l’échelle politique. »
  • (22)
    Définie comme le fait de se dire très fier d’être citoyen de son pays.
  • (23)
    L’indice de xénophobie dénombre les personnes qui ne voudraient pas avoir des gens d’une autre race ou des travailleurs étrangers et immigrés parmi leurs voisins.
  • (24)
    Autrement dit, les valeurs qui sont corrélées à l’échelle gauche-droite n’entretiennent souvent que des relations faibles entre elles, voire pas de relations du tout.
  • (25)
    La vie familiale, le travail, les amis et relations, les loisirs sont jugés beaucoup plus importants que la religion et la politique. Seulement 17 % trouvent que la religion est très importante dans leur vie (8 % pour la politique).
  • (26)
    L’hypothèse de la sécularisation est aujourd’hui discutée. Pour une approche, à partir des enquêtes sur les valeurs, voir Lambert (2002,2004), ainsi que Norris et Inglehart (2004).
  • (27)
    Dans Bréchon (2007a), on montre cependant que cette relation tend à s’affaiblir lentement.
  • (28)
    Nous avions aussi essayé de le montrer à partir de l’enquête Valeurs de 1990 (Bréchon, 2003).
  • (29)
    Se dire athée convaincu a un contenu beaucoup plus fort que simplement déclarer que l’on n’appartient pas à une religion. Une personne qui se déclare sans religion, c’est-à-dire sans affiliation confessionnelle, peut avoir des croyances religieuses, elle peut être relativement indifférente ou agnostique, alors qu’un athée affirme plus nettement la non-existence de Dieu et le rejet du religieux.
  • (30)
    Ils passent de 3 à 5 %.
  • (31)
    Norris et Inglehart (2004) abordent la question du lien entre religion et politique dans leur dernier chapitre. Utilisant à la fois les donné es des enquêtes (européennes et mondiales) sur les valeurs de 1981 à 2000, ils notent la généralité du lien entre valeurs religieuses fortes et identité politique de droite dans les pays post-industriels. Tout en restant de très loin la variable la plus explicative des comportements élector aux e t de l’identité politique, le clivage religieux serait en train de s’affaiblir.
  • (32)
    Cette idée reçue est particulièrement française. Elle est due à l’orientation traditionnellement de gauche d’une partie du protestantisme français. On ne retrouve pas ce modèle au niveau européen. En règle générale, le fait d’être plus intégré au protestantisme conduit à une orientation plus fréquente à droite, tout comme pour les catholiques.
  • (33)
    Selon la méthode des écarts entre gauche et droite préalablement employée, la différence gauche-droite passe pour les sans-religion et athées réunis de 16 points en 1981 à 20 en 1999.
  • (34)
    Cette échelle ne sera construite que pour 1999, certains indicateurs pris en compte n’existant pas en 1981.
  • (35)
    Il existe au moins trois grandes dimensions de la religiosité : les sentiments, les pratiques collectives et privées, les croyances. Les indicateurs suivants ont été retenus : reconnaître que l’on est religieux (plutôt que non-religieux ou athée), trouver la religion très ou assez importante dans sa vie, déclarer trouver force et réconfort dans la religion, assister au moins une fois par mois à un office religieux, être membre d’une organisation religieuse, prendre un moment pour prier, méditer ou contempler, déclarer prier Dieu au moins une fois par sem aine, dir e que D ieu est trè s important dans sa vie (positions 8 à 10 d’une échelle), croire en un Dieu personnel, esprit ou force vitale, croire en une vie après la mort. L’échelle a été répartie en trois groupes : 39 % ont une religiosité faible (0 à 2 indicateurs positifs), 36 % une religiosité moyenne (de 3 à 7) et 25 % une religiosité forte (de 8 à 10). Cette échelle est fortement liée à la précédente (V de Cramer = 0.50 avec l’intégration confessionnelle).
  • (36)
    L’identité politique a cependant ici un effet propre non négligeable (pour un même niveau religieux, le libéralisme des mœurs augmente d’au moins 12 points).
  • (37)
    Chacun est invité à dire son accord ou son désaccord avec la proposition : « Lorsque les emplois sont rares, les employeurs devraient embaucher en priorité des… (nationalité de pays). » Cette question n’existait pas en 1981.
  • (38)
    Cette échelle est construite sur les éléments suivants : laisser venir travailler dans s on pays des personnes de pays moins développés tant qu’il y a du travail disponible, trouver bon que les immigrés conservent leurs coutumes et traditions, se sentir concerné par les conditions de vie des immigrés (beaucoup ou assez), être prêt (certainement ou probablement) à « faire vraiment quelque chose pour a méliorer leur s conditions de vie ». Les questions qui constituent l’échelle ont été posées pour la première fois en 1999. L’échelle va de 0 à 4, selon le nombre de réponses favorables aux immigrés de chaque enquêté. Le Tableau XVII retient ceux qui sont les moins favorables aux immigrés (niveau 0 ou 1 de l’échelle).
  • (39)
    Il est d’ailleurs révélateur de constater que sur l’ensemble de l’Europe des 15,36 % des pers onnes favor ables à la préfé rence nationale à l’emploi (dans un contexte de rareté) sont aussi d’accord pour laisser venir travailler les gens de pays moins développés, tant qu’il y a du travail disponible.
  • (40)
    Évidement nous avons dichotomisé les variables qui ne l’étaient pas.
  • (41)
    C’est ce que montre le calcul des coefficients beta (option somme des écarts à 0) : ils sont de – 0.499 pour les 18-29 ans, – 0.202 pour les 30-44 ans, + 0.049 pour les 45-59 ans et + 0.653 pour les 60 ans et plus.
  • (42)
    Pour le libéralisme des mœurs, les beta sont de + 0.298 chez les jeunes, + 0.277 chez les 30-44 ans, + 0.042 pour les 45-59 ans et de – 0.617 pour les 60 ans et plus.
  • (43)
    Les beta sont de – 0.457 pour ceux qui ont fait des études courtes, + 0.040 pour les durées moyennes et + 0.417 pour les études longues.
  • (44)
    Pour certains, l’éducation réduirait surtout l’expression du racisme, les personnes à haut niveau scolaire sachant mieux masquer leurs sentiments xénophobes dans un contexte européen où celui-ci serait devenu « politiquement incorrect ». Pour d’autres, c’est bien les valeurs profondes des individus qui sont affectées par leur niveau culturel. L’instruction rend plus tolérant à l’égard d’autrui (Coenders et Sheepers, 2003).
  • (45)
    On peut penser que Ronald Inglehart (1977) a trop insisté sur les explications économiques de la révolution culturelle introduite par les baby-boomers et pas assez souligné ses liens avec le développement de l’éducation scolaire.
  • (46)
    Le beta et de – 0.328 pour les 18-29 ans, de – 0.142 pour les 30-44 ans, de + 0.014 pour les 45-59 ans et de + 0.457 pour les 60 ans et plus.
  • (47)
    Seulement 14 % des Allemands de l’Ouest et 29 % des Allemands de l’Est sont très fiers de leur nationalité, 20 % des Néerlandais, 24 % des Belges mais 65 % des Grecs, 72 % des Irlandais et 79 % des Portugais.
Français

À l’aide des données de l’European Values Survey (1981 et 1999), l’article montre d’abord que se dire de droite ou de gauche continue de faire sens. Ces identités politiques sont relatives, nuancées, plurielles mais elles dépassent les frontières nationales : les mêmes relations – plus ou moins fortes – entre valeurs et échelle gauche-droite se lisent dans toute l’Europe de l’Ouest. L’article montre ensuite que les identités politiques sont liées aux identités religieuses et que ces deux facettes de la construction individuelle ont des effets combinés complexes sur de nombreuses valeurs. Mais les appartenances générationnelles et le niveau d’éducation peuvent parfois aussi contribuer fortement à rendre compte de l’univers des valeurs. Dans une Europe individualisée, les valeurs sont multiples et bricolées, mais il existe une certaine régulation des préférences individuelles.


English

Values of the left, values of the right, and religious identities in Europe.

Using data from the 1981 and 1999 European Values Surveys, the article first shows that it is still meaningful to people to identify themselves as being on the right or left. These political identities are relative, nuanced, plural, but they extend beyond national borders : the same relations between values and the right-left scale – though they may be more or less strong – are observed throughout Western Europe. The article then shows that political identities are linked to religious ones and that these two facets of the constructed individual have complex combined effects on many values. But generation and educational attainment can also be highly relevant in accounting for the world of values. In an individualized Europe, values are many and they tend to be cobbled together, but there is some regulation of individual preferences.


Deutsch

Werte der Linken, Werte der Rechten, und religiösen Identitäten in Europa.

Mit Hilfe der Daten der European Values Survey (1981 und 1999) zeigt der Artikel zunächst, daß die Zugehörigkeitsaussage zu Rechten oder zu Linken weiterhin sinnvoll ist. Diese politischen Identitäten sind relativ, nuanciert und vielfältig, sie gehen jedoch alle über die nationalen Grenzen hinaus : die gleichen Beziehungen – mehr oder weniger stark – zwischen den Werten und der Skale Links-Rechts können überall in Westeuropa erkannt werden. Der Artikel zeigt anschließend, daß die politischen Identitäten verbunden sind mit den religiösen Identitäten, und daß diese beiden Facetten der individuellen Konstruktion komplexe kombinierte Auswirkungen auf zahlreiche Werte ausüben. Die Generationszugehörigkeit und das Erziehungsniveau können aber auch manchmal stark zur Darstellung des Wertsystems beitragen. In einer individualisierten Europa sind die Werte vielfältig und gebastelt, es besteht jedoch eine gewisse Regulierung der individuellen Bevorzugungen.


Español

Los valores de la izquierda, los valores de la derecha y las identidades religiosas en Europa.

Con la ayuda de los datos de la European Values Survey (en 1981 y 1999), el artículo muestra primero que proclamarse ser adherente de derecha o de izquierda aún tiene sentido. Estas identidades políticas son relativas, graduadas, plurales, aunque sobrepasan las fronteras nacionales : las mismas relaciones – mas o menos intensas – entre valores y escala izquierda derecha se observan en toda la Europa Occidental. En seguida el artículo muestra que las identidades políticas están vinculadas a las entidades religiosas y que combinadas esas dos facetas de la construcción individual producen complejos efectos sobre numeroso valores. Aunque las adhesiones generacionales como también el nivel educativo pueden aveces contribuir decididamente a rendir cuenta del universo de estos valores. En una Europa individualizada, los valores son múltiples y arreglados, aunque existe una cierta regulación de las preferencias individuales.


Date de mise en ligne : 01/05/2007

https://doi.org/10.3917/rfs.474.0725

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