Les sciences sociales de l’éducation et « le Ministère » en France
Pages 93 à 101
Citer cet article
- ISAMBERT-JAMATI, Viviane,
- Isambert-Jamati, Viviane.
- Isambert-Jamati, V.
https://doi.org/10.4000/rfp.8936
Citer cet article
- Isambert-Jamati, V.
- Isambert-Jamati, Viviane.
- ISAMBERT-JAMATI, Viviane,
https://doi.org/10.4000/rfp.8936
Notes
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[1]
Alain Girard, au cours d’un entretien approfondi sur la genèse des travaux de l’INED relatifs à l’enfance dont je le remercie, a attiré mon attention sur cette première phase.
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[2]
Le rôle des médecins – de certains médecins – dans la politique sociale du Front populaire semble avoir été grand. Il faudrait étudier cet aspect particulier du pouvoir médical à cette époque : l’expertise des mesures sociales. Dans les années 50, il semble que parmi les médecins ce soient les psychiatres qu’on ait plus particulièrement consultés, y compris à propos de l’éducation.
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[3]
Sur la Fondation, ses prémisses et sa postérité, y compris sur ses rapports avec le gouvernement de Vichy, un article de A. Douard vient de paraître dans Population (1983, no 6) : « Les trois âges de la Fondation française pour l’étude des problèmes humains », p. 1017-1048.
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[4]
On peut trouver aussi bien les déclarations d’intention de cette enquête que ses résultats dans Le niveau intellectuel des enfants d’âge scolaire, une enquête nationale dans l’enseignement primaire présentée par le Pr Georges Heuyer, le Pr Henri Piéron, Mme Henri Pieron et Alfred Sauvy, Travaux et documents de l’INED, 1950, Cahier no 13, 283 p.
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[5]
Notons l’expression en passant. Dans le même texte, l’auteur écrira aussi : « L’on pourra déterminer la valeur mentale du capital humain représenté en France par les enfants de 6 à 14 ans ». Au début des années 60, notamment aux États-Unis, la notion de capital humain fit fortune. Les notions ultérieures de capital « culturel », « social » ou « scolaire » sont plus métaphoriques.
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[6]
« Préférer » pour lui accorder un emploi ? Ce n’est pas précisé.
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[7]
Cf. A. Drouard, op. cit. Rappelons que l’INED a pris la suite à bien des égards de la Fondation. Rappelons aussi que pas plus qu’elle il n’est spécialisé dans les questions scolaires.
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[8]
Je pense aux tentatives récurrentes pour créer des observatoires du changement social.
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[9]
Il faudrait aussi analyser les conditions de réalisation de la vaste enquête, à la fois psychologique et socio-économique, menée par M. Reuchlin et F. Bacher au début des années 60 (L’orientation dans le premier cycle secondaire, PUF, 1969), et les réactions du Ministère à son compte rendu. Les remarques seraient semblables à celles qui concernent le cas précédent.
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[10]
Il faut pourtant rappeler qu’au cours du Ministère Fouchet le Secrétaire général Pierre Laurent avait créé une petite cellule de recherche comportant quelques sociologues ou démographes. Mais son existence a été très éphémère.
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[11]
L’équipe dont j’avais alors la responsabilité s’en est, à tort ou à raison, mêlé. Cf. N. Tricot sous la direction de V. Isambert-Jamati, L’enseignement à Plozevet.
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[12]
Éditions Marcel Rivière.
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[13]
La reproduction, éléments pour une théorie du système d’enseignement, Éditions de Minuit, 1970.
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[14]
P. Naville, op. cit.
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[15]
P. Bourdieu et J.-C. Passeron, op. cit.
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[16]
L’École capitaliste en France, Maspero, 1971.
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[17]
Dans le Traité des Sciences pédagogiques, t. VI (1973) et même, quoique moins directement, dans Crises de la société, crises de l’enseignement, PUF, 1970.
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[18]
Celui-ci dépendait du Secrétariat d’État aux Universités, puis du Ministère des Universités. Déjà dans le premier cas, on peut parler d’une assez grande extériorité par rapport aux services du Ministère concernant le système éducatif au sens restreint : écoles, collèges et lycées.
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[19]
Leur énumération m’a été communiquée par C. Seibel, à l’occasion de l’élaboration du rapport « Recherche en éducation et en socialisation de l’enfant », dit « Rapport Carraz », La Documentation française, 1983.
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[20]
Le critère que j’ai adopté est le suivant : j’ai considéré comme thème d’ordre sociologique « tout thème qui recueille au moins une réponse » (une « soumission », dans le vocabulaire administratif) de sociologue. Chaque thème a été classé dans une catégorie seule, pour les besoins du dénombrement.
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[21]
Si dans ce papier il n’est pas question de l’Institut national de la recherche pédagogique qui, lui, est partie intégrante du Ministère, c’est qu’au cours des trois périodes considérées ici la perspective sociologique y a été très peu présente. À plusieurs reprises on a même pu voir qu’elle n’y était pas en odeur de sainteté... Cela ne signifie pas de ma part un jugement négatif sur les recherches d’ordre principalement psycho-pédagogique ou didactique qui s’y sont menées. Une étude plus large et plus poussée devra bien entendu comprendre cette institution dans son objet.
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[22]
Voir par exemple J. Chobaux et M. Segré, L’enseignement du français à l’école élémentaire : quelle réforme ? PUF, 1981. La recherche dont ce livre rend compte a été entreprise grâce à l’ATP en question, dans l’équipe dont j’ai la responsabilité.
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[23]
Je ne prétends pas que ce soit le cas des collègues cités eux-mêmes. Pour ce qui est des intentions et des désirs, il vaut toujours mieux parler de soi-même qu’en attribuer aux autres.
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[24]
Voir dans ce recueil la communication de J.-C. Forquin sur la sociologie des curricula en Grande-Bretagne.
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[25]
Sans compter (mais là on ne saurait généraliser) les cas où leurs interlocuteurs sont eux-mêmes plus ou moins directement issus de leurs rangs.
Lors d’un colloque consacré en 1983 à un bilan de la sociologie de l’éducation, l’auteure a centré son propos sur les rapports entre les sciences sociales de l’éducation et le ministère en charge de l’Éducation nationale. Elle rappelle que les premiers travaux de l’INED mettant en relation les parcours et performances scolaires et une série de caractéristiques sociales des élèves se fondent sur une enquête menée sous le gouvernement de Vichy en 1944, mais préfigurée par les travaux d’une commission créée à l’initiative d’Henri Sellier, ministre de la Santé du Front populaire, et présidée par Henri Wallon. Si ce type de travaux est, depuis les années 1970, repris par les services statistiques du Ministère, les travaux visant à aborder et étudier plus globalement les phénomènes éducatifs, en relation avec d’autres phénomènes sociaux, ont le plus souvent été encouragés et financés, non par ce Ministère, mais par des instances ou organismes « extérieurs » tels que la DGRST ou le CNRS. Interrogeant les équilibres, les pratiques et les idéologies propres aux différents états et segments du système éducatif, ainsi que les rapports entre structure scolaire et structure sociale, ces recherches sont souvent regardées avec réticence tant par les responsables des différents échelons hiérarchiques du Ministère que par les enseignants et leurs responsables syndicaux ou associatifs.
- sociologie de l’éducation
- recherche en éducation
- politique et administration de l’enseignement
- ministère de l’Éducation
Mots-clés éditeurs : ministère de l’Éducation, politique et administration de l’enseignement, recherche en éducation, sociologie de l’éducation
The social sciences of education and “the Ministry” in France
During a conference in 1983 devoted to a review of the sociology of education, the author focused on the relationship between the social sciences of education and the Ministry in charge of Education. She recalls that the INED’s initial work connecting educational paths and performance to a series of students’ social characteristics was based on a survey carried out under the Vichy government in 1944, but prefigured by the work of a commission created at the initiative of Henri Sellier, Minister of Health of the Front populaire, and chaired by the psychologist Henri Wallon. While this type of work has been taken over by the Ministry’s statistical services since the 1970s, research aimed at addressing and studying educational phenomena more generally, in relation to other social phenomena, has most often been encouraged and funded, not by this Ministry, but by “external” bodies or organizations such as the DGRST or the CNRS. Questioning the balances, practices and ideologies specific to the different states and segments of the education system, as well as the relationships between school structure and social structure, this research is often viewed with reluctance both by those responsible for the different hierarchical levels of the Ministry and by teachers and their union or association leaders.
- educational research
- sociology of education
- educational policy and administration
- ministry of education
Mots-clés éditeurs : educational policy and administration, educational research, ministry of education, sociology of education