Interactions science-technologie : quelles politiques publiques ?
- Par David Encaoua
Pages 75 à 119
Citer cet article
- ENCAOUA, David,
- Encaoua, David.
- Encaoua, D.
https://doi.org/10.3917/rfe.104.0075
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- Encaoua, D.
- Encaoua, David.
- ENCAOUA, David,
https://doi.org/10.3917/rfe.104.0075
Notes
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[1]
Pour une introduction à la littérature économique sur le sujet, le lecteur peut consulter les deux sources suivantes. D’une part, un article de base « The Economics of Science and Technology » par Audretsch et al. [2002]. D’autre part, une collection d’articles de référence réunis par Paula Stephan et David Audretsch sous le titre « The Economics of Science and Innovation », vol. 1 et 2, Edward Elgar [2000].
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[2]
La micro-économie de l’innovation cherche à appréhender les conditions de production des innovations, dont le succès est a priori aléatoire, ainsi que les déterminants et les conséquences du processus en termes de structures de marchés et d’institutions (Crampes et Encaoua [2003]). La macroéconomie de l’innovation cherche à appréhender l’effet des décisions des entreprises et des pouvoirs publics en matière de recherche et développement sur la croissance économique (Aghion et Howitt [1998]).
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[3]
Voir par exemple Gans et Stern [2003].
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[4]
Sur la notion d’innovation séquentielle et cumulative, on peut consulter Scotchmer [2004]. Sur la notion de GPT (General Purpose Technology) on peut consulter l’excellent ouvrage de Helpman [1998].
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[5]
Sur ce point, on pourra consulter David [2000] et Mokyr [2000].
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[6]
Il est intéressant de nuancer la thèse développée par Joel Mokyr, du passage d’un état occasionnel à un état permanent, par le regard critique de Claude Lévi-Strauss, exposé dans Race et histoire, chapitre 8 Hasard et civilisation : « On lit dans les traités d’ethnologie, et non des moindres, que l’homme doit la connaissance du feu au hasard de la foudre ou d’un incendie de brousse, que la trouvaille d’un gibier accidentellement rôti lui a révélé la cuisson des aliments, que l’invention de la poterie résulte de l’oubli d’une boulette d’argile au voisinage d’un foyer. On dirait que l’homme aurait d’abord vécu dans une sorte d’âge d’or technologique, où les inventions se cueillaient avec la même facilité que les fruits et les fleurs. A l’homme moderne seraient réservées les fatigues du labeur et les illuminations du génie. Cette vue naïve résulte d’une totale ignorance de la complexité et de la diversité des opérations impliquées dans les techniques les plus élémentaires…. » Nous remercions Christine Halmenschlager d’avoir attiré notre attention sur ce passage.
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[7]
Le lecteur intéressé par l’histoire des interactions entre la science et la technologie aux EU depuis la Constitution américaine [1787] et surtout après la 1re guerre mondiale, trouvera dans Audretsch et al. [2002] un condensé instructif, décrivant notamment l’émergence des principales institutions et législations qui ont jalonné la coordination par l’Etat fédéral du développement scientifique et technologique.
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[8]
Une illustration de cette indépendance sur le plan des idées économiques est donnée par les travaux de l’économiste mathématicien américain John Nash, qui a bénéficié du soutien de la Rand Corporation, institution ayant joué un rôle crucial durant la guerre Froide en finançant des recherches fondamentales dont les applications ne devaient apparaître que plus tard. Le théorème d’existence de l’équilibre non coopératif d’un jeu à n joueurs devait avoir un retentissement considérable sur le développement de la théorie économique.
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[9]
Il s’agit ici de l’industrie au sens large, c’est-à-dire de l’ensemble des entreprises des secteurs manufacturiers et des services.
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[10]
Les FFRDC (Federally Funded Research Department Center) ont un rôle crucial aux EU (il en existe plus de 700) dans la recherche coopérative avec l’industrie et le transfert des connaissances (voir Audretsch et al. [2003]).
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[11]
En croisant la source de financement et le lieu d’exécution de la recherche, on constate que : i) 22% du budget recherche du gouvernement fédéral américain sont réalisés dans l’industrie ; ii) 7% de la recherche de base sont financés par l’industrie.
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[12]
Les principaux départements et agences désignés au tableau n° 1 sont par ordre d’importance décroissante : Department of Défense (DoD), Health and Human Services (HHS), Department of Energy (DoE), National Aeronautics and Space Administration (NASA), National Science Foundation (NSF), United States Department of Agriculture (USDA), Department of Commerce (DoC), Department of Transport (DoT).
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[13]
Auxquels il faut ajouter les FFRDC, voir note 10.
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[14]
Laissons de côté les explications fondées sur le marché du travail et les éventuelles rigidités qui lui sont associées en Europe (voir Abowd et al. [2000]).
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[15]
Pour une analyse détaillée, se reporter au chapitre 8 Innovation Today : A Private-Public Partnership de l’ouvrage de Suzanne Scotchmer « Innovation and Incentives » (MIT Press [2004]), chapitre coécrit avec Stephen Maurer. Voir aussi Audretsch et al. [2003].
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[16]
Sur ce point, on peut consulter Encaoua, Guellec et Martinez [2006], Guellec et van Pottelsberghe [2007].
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[17]
Le terme anglo-saxon « entrepreneurship », dérivé du terme français d’entrepreneur qui remonte aux physiocrates, a un double sens : détecteur de nouvelles opportunités et preneur de risque. Ces vertus seraient-elles plus développées aux EU qu’en Europe ?
Résumé
L’objet de cet article est d’analyser les relations entre la science et la technologie selon un double prisme. Le premier, de nature historique, cherche à comprendre comment s’est opéré le passage des savoir-faire fondés sur des connaissances prescriptives (techniques) à des savoir-faire fondés sur des connaissances scientifiques (technologies) et quelles en sont les conséquences sur le plan économique. Le détour historique permet également de caractériser les relations contemporaines comme relevant davantage d’un processus coévolutif science-technologie plutôt que d’une relation verticale où le développement des applications technologiques en aval serait entièrement dépendant des progrès de la recherche fondamentale en amont. Le deuxième prisme, plus orienté vers les questions de choix publics en matière de politiques scientifiques et technologiques, avance quelques explications de l’écart persistant de croissance entre l’Union européenne et les Etats-Unis avant la dernière crise. Sont ainsi successivement examinés les rôles respectifs de l’université, en tant qu’acteur économique, de l’écart éventuel entre le niveau d’avancement dans la production des connaissances et celui de leur diffusion dans l’économie, de l’insuffisance des efforts de recherche et développement et enfin des spécificités de la dynamique industrielle en termes de destruction créatrice et de la démographie des entreprises innovantes.
The Relations Between Science and Technology: what Implications for Public Policy?
Abstract
This article proposes an analysis of the science-technology interactions. The first part is historical and focuses on the transformations that resulted from the passage of a prescriptive knowledge (techniques) to a scientifically based knowledge (technology). The contemporaneous relations between science and technology are much more characterized by their interdependence, in the sense that they are in a co-evolution process, rather than by the linear model in which the richness of the industrial applications results from the development of an autonomous fundamental research activity. The second perspective, more policy-oriented, tries to explain the persistent gap between the United States and the European Union in terms of their GDP per capita and productivity growth, in the period preceding the last financial and economic clash. The reviewed explanations of this gap include the performance of the academic activity, the gap between the scientific knowledge and its transformation in the economy, the research and development intensity, the importance of the churning effect in the destructive creation process and the role of the young innovative firms.