Article de revue

Migration retour ou migration détour ?

Diversité des parcours migratoires des Brésiliens d'ascendance japonaise

Pages 49 à 70

Citer cet article


  • Perroud, M.
(2007). Migration retour ou migration détour ? Diversité des parcours migratoires des Brésiliens d'ascendance japonaise. Revue européenne des migrations internationales, . 23(1), 49-70. https://doi.org/10.4000/remi.3591.

  • Perroud, Mélanie.
« Migration retour ou migration détour ? : Diversité des parcours migratoires des Brésiliens d'ascendance japonaise ». Revue européenne des migrations internationales, 2007/1 vol. 23, 2007. p.49-70. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-europeenne-des-migrations-internationales-2007-1-page-49?lang=fr.

  • PERROUD, Mélanie,
2007. Migration retour ou migration détour ? Diversité des parcours migratoires des Brésiliens d'ascendance japonaise. Revue européenne des migrations internationales, 2007/1 vol. 23, p.49-70. DOI : 10.4000/remi.3591. URL : https://shs.cairn.info/revue-europeenne-des-migrations-internationales-2007-1-page-49?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/remi.3591


Notes

  • [1]
    Selon les chiffres publiés en mai 2006 par le Ministère de la Justice, 598 687 Coréens, 519 561 Chinois et 302 080 Brésiliens étaient enregistrés auprès des autorités compétentes en 2005. Source : Ministère de la Justice. Document « Heisei 17 nensue genzai ni okeru gaikokujin tôrokusha tôkei ni tsuite», daté du 30 mai 2006.
  • [2]
    La population brésilienne qui migre au Japon pour occuper des postes non-qualifiés est aujourd’hui désignée au Japon comme au Brésil par le terme japonais « dekasegi » (qui devient « dekassegui » en portugais) qui signifie littéralement « sortir pour gagner sa vie » et qui était auparavant utilisé pour désigner les migrations intra-nationales de travailleurs saisonniers. Le présent article traitant également de l’expérience des étudiants de passage pour trois mois et des Brésiliens employés à des postes de cols blancs, deux populations qui se conçoivent et sont conçues au Brésil et au Japon comme distinctes de la population « dekassegui », nous avons choisi d’éviter ce terme afin ne pas isoler l’expérience « dekassegui » des autres expériences brésiliennes du Japon. Pour une analyse des implications de cette appellation, se référer à Perroud, 2006a.
  • [3]
    Ce montant reste exceptionnel : une récente étude indique que le salaire mensuel moyen se situerait plutôt à 2 000 euros (Takenoshita, 2006). Il est à noter que les femmes sont souvent employées à des postes moins bien rémunérés que ceux des hommes.
  • [4]
    Entretiens menés en japonais en avril 2004 et en octobre 2005, à Kawasaki et Yokohama.
  • [5]
    Entretien mené en portugais en mai 2006 à Nagoya.
  • [6]
    La loi japonaise d’immigration introduit une distinction entre les générations qui n’est pas sans répercussions au Brésil. Alors qu’on parlait souvent de « nissei » (du japonais « nisei » qui signifie littéralement la seconde génération) pour désigner tous les descendants de Japonais quelle que soit leur génération, la réforme a contribué à la généralisation d’une classification en « issei » (première génération), « nissei », « sansei » (troisième génération) et « yonsei » (quatrième génération). Pour rendre compte de situations familiales plus complexes que les catégories reconnues par le gouvernement japonais, des distinctions de demi-générations sont apparues au Brésil, utilisant le mot japonais « han » signifiant la moitié : « nissei-han » désigne ainsi l’enfant d’un parent citoyen japonais et d’un parent « nissei ». Une boutade désormais courante joue sur l’homophonie du marqueur des générations en japonais (« –sei ») et de la première personne du singulier du verbe savoir en portugais (« sei ») : « issei, nissei, sansei, yonsei... não sei » (première, seconde, troisième, quatrième générations... je ne sais pas).
  • [7]
    Entretiens menés en portugais en mai 2006 à Nagoya.
  • [8]
    Entretien mené en japonais en mai 2005 à Toyohashi.
  • [9]
    Entretien mené en portugais en avril 2006 à Kawasaki.
  • [10]
    On relève un rapport de 97,14 % en 1992, 97,09 % en 1993, 96,74 % en 1994, 96,37 % en 1995, 96,05 % en 1996, 96,53 % en 1997, 96,46 % en 1998, 95,76 % en 1999, 94,06 % en 2000, 89,99 % en 2001. Sources : Ministère de la Justice. Documents « Heisei 12 nensue genzai ni okeru gaikokujin tôrokusha tôkei ni tsuite » daté du 13 juin 2001, « Heisei 13 nensue genzai ni okeru gaikokujin tôrokusha tôkei ni tsuite » daté du 14 juin 2002, « Heisei 14 nensue genzai ni okeru gaikokujin tôrokusha tôkei ni tsuite » daté de mai 2003, « Heisei 15 nensue genzai ni okeru gaikokujin tôrokusha tôkei ni tsuite » daté de juin 2004 et « Heisei 16 nensue genzai ni okeru gaikokujin tôrokusha tôkei ni tsuite » de juin 2005.
  • [11]
    Entretien mené en anglais en janvier 2006 à São Paulo.
  • [12]
    Entretien mené en anglais en janvier 2006 à São Paulo.
  • [13]
    Entretien mené en anglais en avril 2004 à Tokyo.
  • [14]
    Un trajet classique entre les deux grand pôles urbains que sont Tokyo et São Paulo nécessite une escale, généralement en territoire américain, et prend une trentaine d’heures. Tous les migrants ne sont pas originaires de São Paulo même, et rares sont ceux qui travailleront à Tokyo ; il faut donc voir ce nombre comme un temps minimal.
  • [15]
    Entretien mené en anglais en avril 2004 à Saitama.
  • [16]
    Entretiens menés en anglais en avril 2004 à Hamamatsu et en portugais en janvier 2006 à São Paulo.
  • [17]
    Entretiens menés en anglais en avril 2004 et en avril 2006 à Tokyo.
  • [18]
    Entretien mené en français en août 2006 à Tokyo.
  • [19]
    Nous tenons tout particulièrement à remercier ceux qui ont généreusement accepté de participer aux entretiens. Notre gratitude va également aux relecteurs anonymes de la Revue Européenne des Migrations Internationales pour leurs commentaires et conseils, ainsi qu’à Nicolás Jiménez Ortiz Corrales pour la version espagnole du résumé. Enfin, la présente étude n’aurait pu être conduite sans l’appui financier de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), du Ministère japonais de l’éducation (Monbukagakushô), de la Japan Society for the Promotion of Science (JSPS) et du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Recherche (MENRT).
Français

Cet article revient sur la catégorisation comme « migration retour » du phénomène migratoire qui mène au Japon des Brésiliens d’ascendance japonaise, dits Nikkei ou Nikkeijin, flux qui s’est accru de façon significative depuis l’adoption par le Japon en 1990 d’un statut de résidence préférentiel pour les descendants de citoyens japonais. Ignorant les réalités de la pratique administrative et la subjectivité des migrants, cette catégorisation ne rend compte que de la perspective de l’état d’accueil. Parce que le « retour » qui obsède la communauté brésilienne du Japon est d’abord un retour au Brésil, le séjour au Japon n’est pas perçu comme venant clore la migration. Au contraire, il n’est parfois que la première étape d’un projet migratoire qui doit mener en Australie, au Canada ou en Europe. En d’autres termes, le séjour au Japon et la certitude de pouvoir occuper un poste non qualifié dans des usines japonaises en manque chronique de main-d’œuvre, permettent à certains d’accumuler les ressources nécessaires à d’autres projets migratoires. En somme, la loi japonaise de « retour », en tant qu’elle offre la sécurité d’un emploi au Japon, rend possible une diversité de pratiques de « détour ».

  • générations issues de l’immigration
  • retour
  • stratégie migratoire
  • transit

Mots-clés éditeurs : générations issues de l'immigration, retour, stratégie migratoire, transit


English

Return or Detour? On the diversity of migration trajectories among Brazilians of Japanese descent. This article calls into question the categorization as a “return migration” of the migration of Brazilians of Japanese descent (Nikkei or Nikkeijin) to Japan, which flux grew significantly after the adoption by the Japanese state of a favourable status of residence for descendents of its citizens. Ignoring the realities of administrative practice and the subjectivity of migrants, this categorization fails to take into account perspectives other than that of the host state. Because the significant “return” within the Brazilian community in Japan is primarily a return to Brazil, the time spent in Japan is not perceived as ending an episode of migration. On the contrary, coming to Japan is sometimes only the first step of a larger migration project leading to Australia, Canada or even Europe. In other words, a period of work in Japan and the assurance that one can take on a non-qualified work position in a Japanese factory at any time allows the accumulation of resource required for other migration projects. Overall, the Japanese law of “return”, in that it offers the possibility and the security of a job in Japan, makes possible a diversity of practices of “detour”.


Español

¿Retorno o desvío? Diversidad de las trayectorias migratorias de los brasileños descendientes de japoneses. Este artículo nos lleva a la categorización de la migración hacía Japón de brasileños descendientes de japoneses, llamados Nikkei o Nikkeijin, en « migración de retorno ». Esta migración creció significativamente desde que el gobierno japonés ha dado a éstos un estatus de residente favorable. Ignorando la realidad administrativa y la subjetividad de la migración, esta categorización erró en su camino teniendo solamente en cuenta las perspectivas del Estado japonés. En realidad, dentro de la comunidad brasileña de Japón el significado de « volver » es primordialmente regresar a Brasil, el tiempo pasado en Japón no se siente como clausurando la migración. Por el contrario, la estancia en Japón puede ser solamente la primera etapa de un proyecto migratorio que llevará hacia Australia, Canadá o Europa. En otras palabras, el período de trabajo en Japón y la certeza de poder conseguir un empleo no cualificado en las fabricas japonesas en búsqueda permanente de trabajadores permiten la acumulación de recursos y experiencia para otros proyectos migratorios. El estatuto concedido a los brasileros descendientes de japoneses les ofrece la seguridad de poder trabajar en Japón, abriéndoles diversas posibilidades de « desvío ».


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Date de mise en ligne : 01/12/2008

https://doi.org/10.4000/remi.3591

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