Compte rendu

Innocent Himbaza, François-Xavier Amherdt, Félix Moser, Mariage et bénédiction : apports bibliques et débats en Église, Paris, Cerf, coll. « Cerf Patrimoines », 2018. 22 cm. 277 p. ISBN 978-2-204-12583-3. € 24

Pages 701s à 723s

Citer cet article


  • Nani, C.
(2018). Innocent Himbaza, François-Xavier Amherdt, Félix Moser, Mariage et bénédiction : apports bibliques et débats en Église, Paris, Cerf, coll. « Cerf Patrimoines », 2018. 22 cm. 277 p. ISBN 978-2-204-12583-3. € 24. Études théologiques et religieuses, Tome 93(4), 701s-723s. https://doi.org/10.3917/etr.934.0701s.

  • Nani, Christiane.
« Innocent Himbaza, François-Xavier Amherdt, Félix Moser, Mariage et bénédiction : apports bibliques et débats en Église, Paris, Cerf, coll. “Cerf Patrimoines”, 2018. 22 cm. 277 p. ISBN 978-2-204-12583-3. € 24 ». Études théologiques et religieuses, 2018/4 Tome 93, 2018. p.701s-723s. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2018-4-page-701s?lang=fr.

  • NANI, Christiane,
2018. Innocent Himbaza, François-Xavier Amherdt, Félix Moser, Mariage et bénédiction : apports bibliques et débats en Église, Paris, Cerf, coll. « Cerf Patrimoines », 2018. 22 cm. 277 p. ISBN 978-2-204-12583-3. € 24. Études théologiques et religieuses, 2018/4 Tome 93, p.701s-723s. DOI : 10.3917/etr.934.0701s. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2018-4-page-701s?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/etr.934.0701s


1 « Parler du mariage chrétien en ce début du xxie siècle constitue assurément un défi » : voilà les premières lignes de la quatrième de couverture de l’ouvrage. Les trois auteurs ont relevé le défi avec une grande honnêteté intellectuelle en approfondissant, chacun, leur domaine de compétence. Une première partie (Innocent Himbaza) est consacrée à l’Ancien Testament d’un point de vue de bibliste, une deuxième (François-Xavier Amherdt) qui envisage la question sous l’angle de la pastorale catholique, et une troisième (Félix Moser) qui prend en compte, du point de vue de la théologie pratique, la situation du protestantisme réformé. Enfin, la conclusion permet aux trois auteurs de confronter leurs points de vue et de mettre, chacun, en évidence ce qu’il peut accepter chez l’autre et ce qui fait sa spécificité propre.

2 Chaque contribution présente, dans un premier mouvement, la compréhension du mariage et de la bénédiction (d’un point de vue biblique, catholique et protestant réformé) ; puis elle confronte ces fondements à la réalité de la société d’aujourd’hui.

3 La première partie montre la complexité de la Bible face à ces notions de mariage et de bénédiction et l’auteur a le souci de présenter un éventail large des textes, ce qui permet de mettre à mal toute définition trop rapide fondée sur quelques versets. Il a également le souci de montrer que les passages retenus ne peuvent pas tous servir de références pour aujourd’hui et qu’un travail d’interprétation est toujours nécessaire. Les passages étudiés peuvent surprendre le non-spécialiste de l’Ancien Testament car certains semblent assez loin de la notion de mariage et l’auteur permet d’entrer dans l’argument grâce à une étude très approfondie du texte lui-même.

4 Dans la deuxième partie, le théologien catholique se place d’abord dans une perspective historique et, en particulier, met en lumière la notion de sacrement du mariage dans la dimension de l’évolution de l’Église en intégrant sa contribution dans les réflexions des synodes des évêques de 2014-2015 et dans l’exhortation Amoris Vitae (sur la famille, 2016). L’ensemble du chapitre est mis sous le signe du « mariage comme vocation à vivre l’alliance ». Le deuxième volet (bénédiction) présente la position de la pastorale catholique aujourd’hui et envisage la possibilité de bénédiction individuelle pour les homosexuels et les divorcés-remariés.

5 Enfin, la troisième partie part elle aussi d’un point de vue historique : dans le contexte de la Réforme, des bouleversements sociaux et de l’essor intellectuel de la Renaissance, les réformateurs en sont arrivés à refuser le caractère sacramentel du mariage. De cela découle la possibilité d’envisager, dans un contexte théologique nouveau, des situations nouvelles. Aujourd’hui, constate Félix Moser, on assiste à la désacralisation du mariage et à la sacralisation de l’amour. La conception théologique héritée des réformateurs implique une prise en compte de ce changement de point de vue dans la société d’aujourd’hui et cela transforme de façon significative les propositions liturgiques des Églises protestantes réformées. Mais l’auteur tient à rappeler que toutes les dénominations protestantes n’ont pas un discours commun quant au mariage des couples de même sexe.

6 La conclusion permet de mettre en parallèle dissonances et consonances, chaque auteur ayant le souci de prendre en considération le point de vue de l’autre et de justifier scrupuleusement ses réticences, voire son désaccord. Elle permet aussi au lecteur d’avoir une vision claire de l’endroit d’où parle chaque auteur et de pouvoir entrer dans un débat qu’il est difficile aujourd’hui d’éluder avec un bagage d’arguments et de connaissances qui devraient lui éviter de commettre des raccourcis approximatifs ou même des erreurs de jugement.

7 Christiane Chambraud-Nani


Date de mise en ligne : 15/03/2019

https://doi.org/10.3917/etr.934.0701s