Article de revue

Jésus dans le monde juif de son temps. Réflexions autour de L’Essence du christianisme d’Adolf von Harnack

Pages 587 à 607

Citer cet article


  • Jaffé, D.
(2017). Jésus dans le monde juif de son temps. Réflexions autour de L’Essence du christianisme d’Adolf von Harnack. Études théologiques et religieuses, Tome 92(3), 587-607. https://doi.org/10.3917/etr.923.0587.

  • Jaffé, Dan.
« Jésus dans le monde juif de son temps. Réflexions autour de L’Essence du christianisme d’Adolf von Harnack ». Études théologiques et religieuses, 2017/3 Tome 92, 2017. p.587-607. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2017-3-page-587?lang=fr.

  • JAFFÉ, Dan,
2017. Jésus dans le monde juif de son temps. Réflexions autour de L’Essence du christianisme d’Adolf von Harnack. Études théologiques et religieuses, 2017/3 Tome 92, p.587-607. DOI : 10.3917/etr.923.0587. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2017-3-page-587?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/etr.923.0587


Notes

  • [*]
    Dan Jaffé est maître de conférences en Histoire des religions à l’université Bar-Ilan, Tel-Aviv. L’auteur remercie Pierre Gisel pour la relecture attentive de son article.
  • [1]
    Voir Adolf von Harnack, L’Essence du christianisme. Textes et débats. Édition, traduction, introduction et notes de Jean-Marc Tétaz, Genève, Labor et Fides, coll. « Histoire et Société », 2015, p. 27.
  • [2]
    Ibid., p. 119. Caractérisant cette industrie terrestre dont il affuble les pharisiens, Harnack ajoute qu’« il n’y a rien de plus odieux ».
  • [3]
    Voir Max Kadushin, The Rabbinic Mind, New York, The Jewish Theological Seminary of America, 1952, p. 59-98 ; Ephraïm E. Urbach, « La “drasha” comme fondement de la Halakha et le problème des Sofrim », Tarbiz 27 (1958), p. 166-182 [en hébreu] (= Ephraïm E. Urbach, Le monde des Sages. Recueil d’études, Jérusalem, Magnes Press, 2002, p. 50-66 [en hébreu]) ; Id., « Tradition et Halakha », Tarbiz 50 (1980/1981), p. 136-163 [en hébreu] (= Le monde des Sages, op. cit., p. 67-94) ; Salomon Schechter, Aspects of Rabbinic Theology, New York, Schocken Books, 1961, p. 116-147 ; Shmuel Safrai, « La communauté comme facteur dans la fixation de la halakha », in Zeev Safrai, Avi Sagi (éd.), Entre l’autorité et l’autonomie dans la tradition juive, Tel-Aviv, Hakibbutz Hameuchad, 1998, p. 493-500 [en hébreu] ; Jacob Neusner, The Halakhah. An Encyclopedia of the Law of Judaism, t. 1, Leyde, E. J. Brill, 2000 ; Dan Jaffé, Le Talmud et les origines juives du christianisme. Jésus, Paul et les judéochrétiens dans la littérature talmudique, Paris, Cerf, 2007, p. 38-45.
  • [4]
    Voir Elimelech Halevi, Le monde de la aggada. La aggada dans les sources grecques, Jérusalem, Dvir, 1972 [en hébreu] ; Id., La aggada historique et biographique à la lumière des sources grecques et latines, Jérusalem, Dvir, 1975 [en hébreu], ainsi que l’œuvre de Jonah Fraenkel, Le midrash aggada, t. 1-3, Tel-Aviv, Open University, 1996 [en hébreu] ; Jonah Fraenkel, Le récit aggadique – harmonie de forme et de contenu, Tel-Aviv, Hakibbutz Hameuchad, 2001 [en hébreu]. Citons enfin Joshua Levinson, Le récit qui n’est pas raconté. L’art de l’exégèse narrative dans le midrash rabbinique, Jérusalem, Magnes Press, 2005 [en hébreu].
  • [5]
    La littérature critique sur les mouvements pharisiens étant très abondante, on ne citera ici que les travaux qui ont particulièrement marqué la recherche : Robert Travis Herford, The Pharisees, New York, Alle and Unwin, 1924 ; Louis Finkelstein, The Pharisees. The Sociological Background of their Faith, 2 vol., Philadelphie, Jewish Publication Society of America, 1962 ; Samuel Umen, Pharisaim and Jesus, New York, Philosophical Library, 1963 ; Elias Rivkin, « Defining the Pharisees : The Tannaitic Sources », Hebrew Union College Annual 40-41 (1969/1970), p. 205-249 ; Jacob Neusner, The Rabbinic Tradition about the Pharisees before 70, 3 vol., Leyde, E. J. Brill, 1971 ; Elias Rivkin, A Hidden Revolution. The Pharisee’s Search for the Kingdom Within, Nashville, Abingdon, 1978 ; Albert Baumgarten, « The Name of the Pharisees », Journal of Biblical Literature 102 (1983), p. 411-428 ; Id., « The Pharisees Paradosis », Harvard Theological Review 80 (1987), p. 63-77 ; Steven Mason, Flavius Josephus on the Pharisees, Leyde, E. J. Brill, 1991 ; Albert I. Baumgarten, « Rivkin and Neusner on the Pharisees », in Peter Richardson (éd.), Law in Religious Communities in the Roman Period, Waterloo, Wilfrid Laurier University Press, 1991, p. 109-126 ; Steven Mason, « Chief Priests, Sadducees, Pharisees and Sanhedrin in Acts », in Richard Bauckam (éd.), The Book of Acts in Its First Century Setting, t. 4 : The Book of Acts in Its Palestinian Setting, Grand Rapids, Mich., Eerdmans, 1995, p. 119-177 ; Eyal Reguev, « The Saducees, The Pharisees, and the Sacred : Meaning and Ideology in the Halakhic Controversies between the Saducees and Pharisees », Review of Rabbinic Judaism, Ancient, Medieval and Modern 9 (2006), p. 126-140.
  • [6]
    Simon C. Mimouni, Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, Presses universitaires de France, 2006, p. 103.
  • [7]
    Sur ces questions, voir les remarques éclairantes de David Flusser, « Polémique de Jésus avec les Pharisiens », in Id., Les sources juives du christianisme. Une introduction, Paris/Tel-Aviv, Éditions de l’Éclat, 2003, p. 41-49 [traduit de l’hébreu].
  • [8]
    David Flusser, Jésus, Paris, Éditions de l’Éclat, 2005, p. 65. Flusser ne manque pas de remarquer fort pertinemment que les écoles pharisiennes étaient nombreuses et que le groupe pharisien n’était pas monolithique. On consultera également avec profit David Flusser, « Jésus entre le monde du judaïsme rabbinique et le monde des esséniens », in Id., Les sources juives du christianisme, op. cit., p. 57-64, et Id., « Jesus in the Context of History », in Judaism and Christianity. Collection of Articles, Jérusalem, Academon Press, s. d., p. 20-41.
  • [9]
    Hans-Joachim Schoeps, « Jésus et la Loi juive », Revue d’histoire et de philosophie religieuses 33 (1954), p. 1-20. Cette étude a été traduite de l’allemand par le regretté Étienne Trocmé.
  • [10]
    Ibid., p. 1-4. On pourrait ajouter que nombre d’enseignements (halakhot) n’ont pas été fixés dans la Mishna mais le furent quelques siècles plus tard dans le Talmud, voire postérieurement à la clôture du Talmud.
  • [11]
    Voir sur ce dossier Jacob Newman, Halachic Sources. From the Beginnings to the Ninth Century, Leyde, E. J. Brill, 1969, et Martin S. Jaffee, « The Taqqanah in Tannaitic Literature : Jurisprudence and the Construction of Rabbinic Memory », Journal of Jewish Studies 41 (1990), p. 204-225.
  • [12]
    L’exemple le plus significatif est celui de R. Eliezer ben Hyrcanus, dépositaire de modèles interprétatifs en totale inadéquation avec ses condisciples de l’époque de Yabneh. Ainsi, après avoir été rejeté de la maison d’étude par les autres Sages et vu ses décisions halakhiques évincées, il vécut reclus dans la ville de Lod en Judée. Le passage de Nidah 7b à propos de sa mort témoigne de l’attitude des Sages envers lui et son enseignement : « Durant toute la vie de R. Eliezer, on fixait [la halakha] selon R. Yehoshua [son condisciple]. Après la mort de R. Eliezer, R. Yehoshua remit les choses à leur place. Pourquoi ne fixait-on pas [la halakha] selon R. Eliezer de son vivant ? Car R. Eliezer était shamuti [vocable qui peut avoir deux significations qui se recoupent : le fait d’être excommunié, ou d’appartenir à l’école de la maison de Shammaï et non à celle de Hillel selon laquelle la halakha est fixée]. Ainsi R. Yehoshua pensait que si l’on procédait selon son avis dans un domaine, on procéderait selon son avis dans d’autres domaines. Or, on n’aurait pas pu empêcher cela à cause de l’honneur dû à R. Eliezer. Après sa mort, où l’on put empêcher cela [la pratique de son enseignement], il devient possible de remettre les choses à leur place [ce qui revient à dire : réhabiliter le rang et l’honneur de R. Eliezer] ». Sur R. Eliezer ben Hircanus et son enseignement conservateur antagoniste par rapport aux nouveaux modèles de l’assemblée de Yabneh, voir Benjamin Lau, Les Sages. De l’époque de Yabneh jusqu’à l’insurrection de Bar-Kokhba, Jérusalem, Yediot Aharonot Press, 2007, p. 94-106 [en hébreu] et l’excellente monographie que lui a consacrée Isaac D. Gilat, R. Eliezer ben Hircanus. A Scholar Outcast, Ramat-Gan, Bar-Ilan Press, 1984.
  • [13]
    Voir notre article « L’identification de Jésus au modèle du Hasid charismatique Galiléen : les thèses de Shmuel Safrai et de Geza Vermes revisitées », New Testament Studies 55 (2009), p. 218-246.
  • [14]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 53, et p. 116 pour le texte même.
  • [15]
    Ibid., p. 64.
  • [16]
    Marcel Simon, Verus Israel. Étude sur les relations entre juifs et chrétiens dans l’Empire romain (135-425), Paris, Éditions E. de Boccard, 1948.
  • [17]
    Guy G. Strousma, Le rire du Christ. Essais sur le christianisme antique, Paris, Bayard, 2006, p. 155-159.
  • [18]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 132 et 133. Ajoutons avec Jean-Marc Tétaz que cette idée simplificatrice se trouve déjà en germe chez Augustin d’Hippone (voir ibid., p. 133, n. 89).
  • [19]
    Ibid., p. 153.
  • [20]
    Martin Luther, De l’autorité temporelle [1523], MLO IV, p. 31 sq. (= WA 11, 262), cité par Jean-Marc Tétaz in A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 153, n. 154.
  • [21]
    La bibliographie sur les « quêtes » contemporaines du Jésus de l’histoire étant très abondante, on se bornera à ne citer que les principales publications en langue française. Voir ainsi Charles Perrot, Jésus et l’histoire, Paris, Desclée, 1979, p. 21-80 ; Vittorio Fusco, « La quête du Jésus historique. Bilan et perspectives » et Élian Cuvillier, « La question du Jésus historique dans l’exégèse francophone. Aperçu historique et évaluation critique », inDaniel Marguerat, Enrico Norelli, Jean-Marc Poffet (éd.), Jésus de Nazareth. Nouvelles approches d’une énigme, Genève, Labor et Fides, 1998, respectivement p. 25-57 et p. 59-88 ; Daniel Marguerat, « La “Troisième quête” du Jésus de l’histoire », Recherches de science religieuse 87 (1999), p. 397-421, repris in Pierre Gibert, Christoph Theobald (éd.), Le cas Jésus-Christ. Exégètes, historiens et théologiens en confrontation, Paris, Bayard, 2002, p. 105-139 ; Daniel Marguerat, L’aube du christianisme, Paris, Bayard, 2008, p. 111-136 et son étude « Jésus connu et inconnu. À la recherche du Jésus de l’histoire » (p. 137-153) ; Jean-Noël Aletti, « Exégète et théologien face aux recherches historiques sur Jésus », Recherches de science religieuse 87 (1999), p. 423-444, repris in P. Gibert, Chr. Theobald (éd.), Le cas Jésus-Christ, op. cit., p. 141-170 ; Daniel Marguerat, « Jésus historique : une quête de l’inaccessible étoile ? Bilan de la “troisième quête” », Théophilyon 6 (2001), p. 11-55 ; Charles Perrot, « La quête historique de Jésus du XVIIIe siècle au début du XXe siècle », in P. Gibert, Chr. Theobald (éd.), Le cas Jésus-Christ, op. cit., p. 47-74. En langue anglaise, on consultera l’article de synthèse de James Carleton Paget, « Quests for the Historical Jesus », in Markus Bockmuehl (éd.), The Cambridge Companion to Jesus,Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 138-155. Sur le regard des historiens juifs sur Jésus, on consultera Donald A. Hagner, The Jewish Reclamation of Jesus. An Analysis and Critique of the Modern Jewish Study of Jesus, Grand Rapids, Mich., Academic Books, 1984, ainsi que notre ouvrage Jésus sous la plume des historiens juifs du XXe siècle. Approche historique, perspectives historiographiques, analyses méthodologiques, Paris, Cerf, 2009.
  • [22]
    Pierre Gisel, « Antijudaïsme dans le christianisme. Une récurrence inavouée de marcionisme : qu’en penser et qu’en faire ? », in Danielle Cohen-Levinas, Antoine Guggenheim (éd.), L’Antijudaïsme à l’épreuve de la philosophie et de la théologie, Paris, Seuil, 2016, p. 191-208, spécialement p. 192 (sauf mention contraire, c’est l’auteur qui souligne).
  • [23]
    Ibid., p. 199-200.
  • [24]
    Adolf von Harnack, Marcion. L’Évangile du Dieu étranger. Contribution à l’histoire de la fondation de l’Église catholique, Paris, Cerf, 2003 (1921), p. 254 sq., cité par Pierre Gisel, « Antijudaïsme dans le christianisme. Une récurrence inavouée de marcionisme… », art. cit., p. 199. Pierre Gisel cite un autre passage du Marcion d’Harnack, où l’hérésiarque est glorifié en tant que rédempteur qui a « démasqué le dieu juste du monde et de la Loi ». Comme le rapporte Gisel, pour Harnack, « ce n’étaient pas seulement les lois cérémonielles qui étaient écartées, mais aussi tout un vaste ensemble d’énoncés vétérotestamentaires insupportables » (p. 200 et n. 29). On ne peut qu’acquiescer à l’analyse de Pierre Gisel qui décèle chez Harnack un antijudaïsme.
  • [25]
    A. von Harnack,Marcion, op. cit., p. 12 et 38, cités par Pierre Gisel, « Deux postures différentes dans la relecture du christianisme : Harnack et Troeltsch », in Id., Du religieux, du théologique et du social. Traversée et déplacements, Paris, Cerf, 2012, p. 135-157, ici p. 145.
  • [26]
    Pour tout ce développement, voir P. Gisel, Du religieux, du théologique et du social, op. cit., p. 144-151. A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 96-97 nous assure même que la prédication de Jésus est distante et éloignée du judaïsme de son temps !
  • [27]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 68.
  • [28]
    Ibid., p. 198-199.
  • [29]
    Ibid., p. 201 et 204.
  • [30]
    La littérature sur ce dossier est immense, on se contentera de renvoyer au recueil de Denise Judant, Judaïsme et christianisme. Dossier patristique, Paris, Éditions du Cèdre, 1969, qui regorge de textes patristiques véhéments contre les juifs et le judaïsme.
  • [31]
    P. Gisel, Du religieux, du théologique et du social, op. cit., p. 136 (et l’auteur d’indiquer en quoi cette ligne se poursuit, aux yeux du même protestantisme libéral).
  • [32]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 100-101, n. 8.
  • [33]
    Voir notamment L. Michael White, From Jesus to the Christianity, San Francisco, Harper Collins, 2004.
  • [34]
    Walter Bauer, Orthodoxie et hérésie aux débuts du christianisme, Paris, Cerf, 2009 (publié initialement en allemand sous le titre Rechtgläubigkeit und Ketzerei im ältesten Christentum à Tübingen en 1934).
  • [35]
    Sur ce dossier, on renverra aux analyses de Dominique Bernard, Les disciples juifs de Jésus du Ier siècle à Mahomet. Recherches sur le mouvement ébionite, Paris, Cerf, 2017.
  • [36]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 90. Les citations allant dans ce sens abondent, notamment quand Harnack déclare dans la même page que « la religion chrétienne est une chose sublime ». Voir également les remarques suggestives sur « théologie ou science » face à la question de la recherche historique dans les Facultés de théologie en Allemagne à la fin xixe, chez Marino Pulliero, Une modernité explosive. La revue Die Tat dans les renouveaux religieux, culturels et politiques de l’Allemagne d’avant 1914-1918, Genève, Labor et Fides, 2008, p. 557-562 (nous remercions Pierre Gisel de nous avoir fait découvrir cet ouvrage).
  • [37]
    Heinrich Rickert, Science de la culture et science de la nature. Suivi de Théorie de la définition, Paris, Gallimard, 1997 cité par Jean-Marc Tétaz inA. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 48, n. 161. On renverra également à l’article fort suggestif de Jean-Marc Tétaz, « La logique de l’historisme entre épistémologie transcendantale et philosophie de l’histoire », Divinatio 13 (2001), p. 123-149.
  • [38]
    Max Weber, « Essai sur le sens de la “neutralité axiologique” dans les sciences sociologiques et économiques », in Id., Essais sur la théorie de la science, Paris, Agora, 19922, cité par Jean-Marc Tétaz in A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 48, n. 162.
  • [39]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 102-105.
  • [40]
    Sauf à entendre ces récits au plan de l’usage qu’en font les communautés de l’époque et de la fonction qui est celle de cette évocation de miracles, visant ainsi à rendre compte de formes de croyance historiques ; mais ce plan devrait alors être explicité, ce qui n’est pas le cas dans l’argumentation d’Harnack.
  • [41]
    A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 283. Notons que Leo Baeck, rabbin libéral de son état, est loin d’être lui-même exempt de présupposés confessionnels et pêche par ce qu’il reproche : l’apologie. Il procède par jugements de valeur et cherche souvent à montrer l’originalité et la grandeur du judaïsme.
  • [42]
    Ernst Troeltsch, « Que signifie “essence de christianisme” ? » (1903), in A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 307-354, ici p. 309 [NdE : le « livre symbolique » au sens où le protestantisme qualifie de Symboliques les Confessions de foi de référence du christianisme, tel le « Symbole des Apôtres »].
  • [43]
    Ibid., p. 355-365, ici p. 357.
  • [44]
    C’est dans ce sens qu’écrit Leo Baeck : « Le théologien juif considérera lui aussi que c’est une œuvre bonne et noble pour un chrétien que d’écrire une apologie, un livre à la gloire de sa religion. Ce contre quoi il proteste, c’est seulement que l’apologie se fasse passer pour de l’histoire et qu’elle croie avoir le droit de se servir comme arme de l’injustice historique », in A. von Harnack, L’Essence du christianisme, op. cit., p. 305.
  • [45]
    Alan F. Segal, « Paul et ses exégètes juifs contemporains », Recherches de science religieuse 94 (2006), p. 413-441, ici p. 440-441.
  • [46]
    Étienne Trocmé, Jésus de Nazareth vu par les témoins de sa vie, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1971.
  • [47]
    D. Jaffé, Jésus sous la plume des historiens juifs du XXe siècle, op. cit., p. 352-353.
Français

Dan Jaffé[*] analyse ici le célèbre ouvrage L’Essence du christianisme écrit, voilà plus d’un siècle, par Adolf von Harnack. Son objectif est de faire ressortir les aspects les plus cruciaux développés par l’auteur et de comprendre les intentions et les principales lignes idéologiques d’Harnack. Ce livre qui a marqué son époque, voire les suivantes, est coloré d’un antisémitisme enveloppé d’évidentes notions théologiques. Il fait état d’une approche qui influença le monde germanique et le protestantisme libéral duquel provient Harnack.


English

This article studies the famous book of Adolf von Harnack on The Essence of Christianity written more than a century ago. Its objective is to bring out the most crucial aspects developed by the author and to understand the intentions and the ideological lines of Harnack. This book, which has marked its era and even beyond, is tinged with anti-Semitism ideology enveloped in obvious theological notions. His approach influenced the Germanic world and the liberal Protestantism from which Harnack comes.


Date de mise en ligne : 08/09/2017

https://doi.org/10.3917/etr.923.0587

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