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La terminologie toponymique littorale du Souss : analyse formelle et sémantique

Pages 43 à 69

Citer cet article


  • Douchaïna-Ouammou, R.
(2019). La terminologie toponymique littorale du Souss : analyse formelle et sémantique. Études et Documents Berbères, 41(1), 43-69. https://doi.org/10.3917/edb.041.0043.

  • Douchaïna-Ouammou, Requia.
« La terminologie toponymique littorale du Souss : analyse formelle et sémantique ». Études et Documents Berbères, 2019/1 N° 41, 2019. p.43-69. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-2019-1-page-43?lang=fr.

  • DOUCHAÏNA-OUAMMOU, Requia,
2019. La terminologie toponymique littorale du Souss : analyse formelle et sémantique. Études et Documents Berbères, 2019/1 N° 41, p.43-69. DOI : 10.3917/edb.041.0043. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-2019-1-page-43?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/edb.041.0043


Notes

  • [1]
    Il s’agit de l’article intitulé « Les noms de lieux dans le Souss : la toponymie littorale ».
  • [2]
    Les cartes topographiques du service de la topographie de la conservation foncière.
  • [3]
    Le système de transcription adopté dans cet article est l’API sauf pour les segments ʃ ʒ ħ et j notés respectivement š ž ḥ et y.
  • [4]
    la transcription phonologique rend la prononciation actuelle telle qu’elle est en circulation chez la population de la région. L’orthographe donnée entre parenthèses reproduit celle de la carte.
  • [5]
    Voir ci-après.
  • [6]
    Les abréviations employées dans cette article sont : dim : dimunitif, fém. : féminin, litt : littéral, masc : masculin, n : nom, p : particule, pl. : pluriel, prép : préposition, sing. : singulier, v : verbe.
  • [7]
    La transcription donnée entre crochets rend la prononciation recueillie sur le terrain.
  • [8]
    Le préfixe mir se localise uniquement dans la région des Ayt-Baâmrane.
  • [9]
    bi est une variante phonétique de bu conditionnée par le voisinage de la voyelle i, buiγʷyyal devient /biiγʷyyal/ → [biyγʷyyal] après l’assimilation de la voyelle u de bu à i de iγʷyyal.
  • [10]
    mmi est une variante phonétique conditionnée de mmu qui s’explique par l’assimilation de la voyelle u de mmu à la voyelle i de itbbann.
  • [11]
    Il serait fort intéressant de faire le lien entre ce terme et le nom de l’architecte du mausolée de Dougga Atban pour chercher l’étymologie du vocable dans le domaine de l’architecture. Rappelons l’hésitation à traduire la formule initiale de l’inscription (stèle d’Atban ou équipe d’Atban), (voir L. Galand, 1973 : 171).
  • [12]
    tablkukt désigne le pain rond préparé dans le foyer traditionnel inkan. Le nom est donné à ce petit village à cause de sa petite taille.
  • [13]
    Voir les notes de bas de page n° 8 et 9 ci-dessus.
  • [14]
    Voir la signification plus bas.
  • [15]
    Voir bu /bi plus haut (note de bas de page n° 9).
  • [16]
    La forme taṣlḍiḥt serait une évolution phonétique de taṣlḍit.
  • [17]
    Voir la définition de tisi ci-dessus.
  • [18]
    Timzlit est le nom d’un îlot arabophone dans un milieu amazighophone. Le terme serait une évolution phonétique de Timẓlit dérivé du verbe ẓli "être séparé, être différent".
  • [19]
    Voir R. Douchaïna-Ouammou (2014 : 272).
  • [20]
    Sa morsure est traitée localement avec la bave mousseuse des chevaux qu’on fait courir pendant quelques kilomètres.
  • [21]
    tiẓgag est la variante lexicale de ṭṭṛḥ relevé ailleurs (voir ci-dessus).
  • [22]
    Le terme tanḍušt présente une variante phonétique libre tamṭṭušt.
  • [23]
    Le lexème arabe lmgllɛa "arrachée" a évidemment un sens différent de celui du lexème amazigh igḷḷɛen.
  • [24]
    Or le terme taẓkka désigne le peigne à tasser la trame d’un métier à tisser.
  • [25]
    Cf. R. Douchaïna-Ouammou (2014 : 272).
  • [26]
    Cf. aγrrabu ci-dessus.
  • [27]
    La variante lexicale de ažžgʷl est taqqa.
  • [28]
    Le terme tafrawt en usage à Tiznit et sa région a une variante lexicale talmizabt à Ihahane.
  • [29]
    Le terme lxayl serait la traduction arabe du nom amazigh ayyis du domaine terrestre, or, ici, ayyis du domaine marin désigne la daurade coryphène.
  • [30]
    Certains noms de lieux se rencontrent sous des formes identiques dans différents lieux. Ils s’agit de ceux qui caractérisent le lieu d’après l’espèce marine qui le peuple. Vu que la présente étude ambitionne de faire le relevé de la quasi-totalité des sites suivant une orientation allant du sud vers le nord et puisque ces noms renseigne sur l’habitat des espèces, il est donc avantageux de les répéter pour communiquer cette précieuse information.
  • [31]
    Le verbe γʷz a le sens de "creuser".
  • [32]
    Le terme afrni a une autre acception à Ihahane et désigne la cheminée par laquelle s’échappe la fumée du four à pain appelé afarnu.
  • [33]
    le verbe zawl f signifie "doubler, dépasser".
  • [34]
    Le terme imswi désigne un essaim d’abeilles en agitation agressive
  • [35]
    Le verbe rufu a le sens de "avoir soif, être sec"
  • [36]
    Le vocable tisi présente une variante phonétique tissi à Ihahane où la consonne s est tendue.
  • [37]
    Cf. Douchaïna-Ouammou (2014 : 263).
  • [38]
    Cf. Douchaïna-Ouammou (2014 : 233).
  • [39]
    D’après la tradition orale locale recueillie à Ihahane (iḥaḥan), le terme wassn serait à l’origine assn. Ce terme sous forme du pluriel désigne la fraction de la population qui a immigré de la région d’Assa vers cette partie du littoral.

Introduction

1La présente étude complète un précédent travail Douchaïna-Ouammou (2019) [1]. Ce complément a pour objectif de faire le recensement d’une toponymie authentique et localisée telle qu’elle est consignée dans la mémoire orale locale. En outre, ce corpus toponymique de première main fera l’objet d’une étude linguistique qui essayera de le caractériser et situer son histoire. Ainsi, l’approche adoptée pour ce faire consiste à répertorier les principaux noms désignant les sites maritimes situés sur le littoral du Souss, à les soumettre ensuite à une analyse formelle pour expliquer leur structure morphologique suivie de notices sémantiques pour éclaircir leur étymologie et cerner la signification que ces noms de lieux véhiculent.

I. La nomenclature toponymique maritime

2L’état actuel de la toponymie littorale du Souss permet de distinguer la toponymie officielle d’une part et la toponymie populaire et spontanée d’autre part.

La toponymie maritime officielle

3Le corpus de toponymes officiels inscrits sur les cartes topographiques [2] se caractérise par les aspects essentiels suivants :

4(a) Le recensement des noms de lieux maritimes est loin d’avoir fait l’objet d’un inventaire complet. En effet, tous les sites ne sont pas portés sur les cartes, par exemple, entre Aftas-n-uglu à Aglou et Sidiwassay à Mast : onze sites seulement y figurent alors qu’une enquête auprès de la population locale a permis de recueillir plus de 40 sites, ce sont :

5Aftas-n-uglu[3], Taslḍiḥt, Amqqrs, Butissint, Agʷḍi wmušš, Ixf wẓṛu, Biysiγaγn, Amda-n-Gḷḷu, Aẓṛu-n-ɛddi, Aẓṛu-n-uzayz, Taγrrabut, Biymẓayn, Bumnṣuṛ, Iggi-wγyyul, Buwanbuḥn, Imi-wasif, Bulmɛarḍ (Tigguna), Buγrara (Butγrar), Aẓṛu-n-d-malk, Dar-tgust, Azaggʷz, Tifurna, Aẓṛu-n-tayyzit, Aẓṛun-lmrs, Butẓgag, Iṣuḥ, Anstam, Afrdu, Asarag, Tisi-wawraγ, Bulmdawl, Lmṣiḍa (asgʷmr), Abɛrur, Warγaf, Butasra, Sidibulfḍayl, Taskala, Tablbalt, Amqqrs, Sidiwassay.

6(b) Une graphie approximative : la notation des vocables amazighs en toute ignorance de la phonétique, de la phonologie, de la morphologie et de l’orthographe de l’amazigh donne lieu à confusion. Le changement des voyelles a en i, i en u, celui des consonnes tendues en simples et réciproquement, le remplacement des consonnes emphatiques et des labiovélaires, qui sont des unités distinctives dans le système linguistique de l’amazigh, par leurs corollaires non-emphatiques et non- labiovélaires, etc. opacifient la source lexicale rendant souvent méconnaissable la forme qui a servi de racine de base à un nom de lieu. Outre le changement des segments phoniques qui provoque un changement de sens, la mauvaise segmentation des noms composés en leurs éléments constituants entrave la catégorisation pertinente des unités lexicales et grammaticales ainsi qu’une reconstitution des racines lexicales porteuses de sens.

7Ainsi, une grande partie des formes toponymiques inscrites sur les cartes topographiques ne correspond pas à la réalité orale et vernaculaire donnant lieu à des cacographies qui finissent parfois par remplacer les formes authentiques. Le toponyme devient, par conséquent, dépourvu de sa fonction première selon laquelle il identifie et caractérise le lieu étant donné que l’aspect sémantique de l’étymologie est complètement affecté.

8Voici quelques exemples :

9Gʷrayzim (Goraisem) [4], Aftas-n-žllb (Aftass jalb), Ddu-lgɛda (Dou elgeada), Aẓṛu-zggʷaγn (Azrou zgaghen), Iṣuḥ (Isouh), Lmṣiḍa (Lmsida), Azaggʷz (Azagz), Bulfisan (Bolfissan), Buwmušš (Bomouch), Iggi-n-ṣḍiṣt (Iggin sdist), Anẓa (Anza), Tuddumin (Tidoumin), Imi-n-waddar, (Imiouadar), Aγṛuḍ (Aghroud), Amsdnas (Amsdnass), Tigrtt (Tigurt), Azrarag, (Ouazrarag), Tigʷrramin (Tigrramine), Tibḥarin (Tibharine), Biyzggʷaγn (Bi zeggahgen), Tikṛḍin (Tikardin), Tilḍi (Tildi), Idqqan-n-umalu (Idkan omalou), Iggi-n-tarift (Igu tarift), Imṛḍiṭsn (Imerditssen), Ddu tagant (Dou tagant), Biyẓla (Bizla), Iknniwn (Ikounnioune), Timzgida-n-uftas (Timzgida oufrass), Tafḍna (Tafedna), Ssiḥl-n-ugẓmiṛ (Sihle ou gazmir) [5].

La toponymie maritime populaire

10L’enquête de terrain menée sur le littoral du Souss entre 2014 et 2017 auprès de la population de la côte a permis de collecter un nombre de toponymes nettement supérieur à celui relevé sur les cartes topographiques. Néanmoins, la liste donnée ci-dessous ne retient pas l’ensemble de ces noms de lieux, elle fait bien évidemment l’économie de ceux qui désignent les détails d’un site ainsi que les noms de personnes toponymisés, qui bien qu’ils aient un intérêt certain pour le pêcheur risquent d’alourdir cette étude. Quelques exemples de noms de personnes toponymisés sont cités dans le seul but de renseigner sur le système toponymique littoral de la région. Par ailleurs, les toponymes retenus ici sont sous forme orale. Ils sont recueillis auprès des pêcheurs locaux des Ayt Baâmrane (Ayt baɛmṛan), Aglou (Aglu), Lakhnabib (Lxnabib), Mast (Mast), Tifnit (Tifnit), Agadir (Agadir) et Ihahane (Iḥaḥan). Leur inventaire est enrichi par l’étude de leur formation et de leur contenu sémantique. Pour ce faire, une analyse structurelle, particulièrement dans le cas des noms composés, est suivie d’une interprétation sémantique qui tient compte à la fois de l’évolution dialectale, de l’histoire de la région, du paysage topographique, de la faune et de la flore entre autres. Ainsi, l’anthropologie régionale, à travers les récits oraux dont les auteurs sont les locuteurs natifs locaux, a servi de source où sont puisées les informations nécessaires à la compréhension de ce système toponymique et à l’orientation sémantique de ses unités significatives. Enfin, les faits observables, dans le cas des caractéristiques physiques, permettent de mieux percevoir la relation entre le terme et la réalité observable.

II. Analyse formelle et sémantique des toponymes

11Le glossaire de la terminologie toponymique du domaine maritime du Souss recueillie sur le terrain est donné ci-après dans l’ordre allant du sud (Ifni) vers le nord (Wassn). Chaque terme est suivi de l’information grammaticale qui précise son genre, suivie de l’analyse morphologique, dans le cas des noms composés, et enfin, de l’analyse de son contenu sémantique.

12 Ifni : n. masc [6]. "rade, lac", toponyme dû à l’existence d’une belle rade aménagée aujourd’hui en port.

13Talat-n-ixṣṣ [talat-iyxṣṣ][7] : n. fém. composé de talat "bassin versant, surface topographique en pente douce drainant l’eau des pluie, n "de" et ixṣṣ "os". Le site maritime portant ce nom est un lieu en pente recouvert de rochers sous forme de stalagmites.

14Taγwa : n. fém. "retenue, rétention", la forme verbale est γʷi "attraper, tenir, saisir". Pêcherie pourvue d’un bassin de retenue d’eau de mer permanente au pied d’une falaise, constamment alimenté par la vague quel que soit l’état de la marée.

15Mirggu[8] : n. fém., altération de mmuwaggu : composé du préfixe mmu "celle à" et aggu "fumée". Nom d’un site maritime situé à environ un km de plusieurs points d’eau sous forme de puits qui longent une rivière du même nom où les nomades s’arrêtaient autrefois pour abreuver leur bétail et le faire paître.

16Tiwinγt : n. fém., "aubépine saharienne". Pêcherie à proximité d’une étendue aride parsemée de quelques touffes de cette plante.

17Tamḥṛušt : n. fém. de qualité "être rêche, rugueux". Ce toponyme désigne une pêcherie rocheuse dont la roche sédimentaire est formée de grains de sable. Les sites portant ce nom ont une caractéristique référentielle commune : la présence de côtes rocheuses basses et grenues.

18Buyyis altération de buwayyis : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et ayyis "la coryphène ou daurade coryphène". Nom attribué à la pêcherie où abonde cette espèce.

19Tigzirt : n. fém. : "îlot". Site présentant un rocher d’environ un kilomètre et demi de long sur un kilomètre de large. Situé à moins d’un kilomètre de la côte, il est accessible à la nage par marée basse.

20Ilggagn : n. masc. pl. de alggag "très haute et longue falaise abrupte de plus de soixante mètres de haut". Nom donné à toute une partie du littoral bordé par une longue ligne de falaises dangereuses.

21Quelques pêcheries de ilggagn sont les cinq sites suivants :

22Tablaḍt-n-ilggagn [tablaṭṭ-iylggagn] : n. fém. composé de tablaḍt "petite dalle", n "de" et ilggagn "falaises". Rocher plat, de mince élévation, en contrebas d’une falaise, suffisamment spacieux pour moins de cinq pêcheurs.

23Aẓṛu-n-Brahim-u-Ṭṭahṛ : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et Brahim-u-Ṭṭahṛ "nom propre de personne". Petit rocher suffisamment spacieux pour deux pêcheurs seulement, portant le nom du pêcheur fidèle à ce site.

24 Buwsklu : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et asklu "ombre", pêcherie constamment ombragée.

25Biyγʷyyal[9] : n. masc. composé du préfixe bi et iγʷyyal, pl. de aγyyul "âne". Lieu où on attachait autrefois les ânes qui transportaient le poisson à vendre dans les bourgs avoisinants.

26Tiskt : n. fém. "petite corne", dim. de isk "corne". Pêcherie caractérisée par la présence d’un rocher effilé qui s’allonge à l’intérieur de la mer comme une corne.

27Mmitbbann : n. fém. composée du préfixe mmi[10] et itbbann "nom masc. pl. de atbban[11] "type de roche marneuse". Pêcherie pourvue de grottes marines dans une roche argileuse que les locaux utilisaient comme refuges pour fuir l’abus du colonisateur qui les exploitait dans des travaux durs et sans rémunération.

28Aftas-n-igr-n-uẓṛu [aftas-iygr-uwẓṛu] : n. masc. composé de aftas "port", n "de", igr "champ", n "de" et aẓṛu "pierre". Petit port situé en contrebas d’un champ rocailleux.

29Wawžižrt : n. masc. de la famille lexicale de la racine ŽR dont le verbe žžirri ou žžarra signifie "courir accourir, se presser, se hâter, couler, affluer, déferler", la forme factitive est žžižr, Wawžižrt est le nom d’un oued à crues violentes qui entraine tout ce qui est sur son chemin. La pêcherie à l’embouchure de cette rivière porte le même nom.

30Butgadirt : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et tagadirt "petite forteresse". Site caractérisé par l’existence d’un rocher sous forme d’une presqu’île, à une dizaine de mètres de la côte. Étant assez haut, il est insubmersible quelque soit l’état de la mer. Le rocher présente aujourd’hui les vestiges d’une ancienne construction portugaise en pierre.

31Aftas-n-tγʷmrt : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et de tiγʷmrt "angle, coudée". Cette nomination s’explique par la topographie de cette partie de la côte dont la ligne du rivage est curviligne formant une anse (petite baie). Le troisième élément de ce composé est parfois arabisé en rrkʷnt, forme morphologiquement amazighizée de rrkʷna "coin", aboutissant à Aftas-n-rrkʷnt. Quant à Aftas-n-tγʷmrt il présente quatre pêcheries sous forme de rochers qui se suivent vers le large, ce sont :

32

  1. Buṭṭṛḥ : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et ṭṭṛḥ "fiente". Rocher couvert de fientes de mouettes.
  2. Butarigt : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et tarigt "selle". Rocher à une trentaine de kilomètres de la côte dont l’aspect rappelle la forme d’une selle à cheval.
  3. Ššmayt : n. masc. dérivé du verbe šmt "tourmenter, agacer, surprendre, tromper". Rocher accessible uniquement à la nage, de ce fait, le pêcheur doit garder un œil vigilant sur le changement de la marée.
  4. Barra : n. masc. (prononcé également brra "sortez"), rocher en mer loin de la côte servant de repère aux marins-pêcheurs et dont la submersion annonce la mauvaise mer obligeant les marins à sortir leurs embarcations et regagner la terre

33Ftaysa : n. fém., arabisation morphologique de taftast dim. de aftas "port".

34iγzdis : n. masc. "côte humaine ou animal". Côte rocheuse longue et recourbée, grande baie rocheuse.

35Tigguna : n. fém. pl. dont le sing. est taggunt "pierre", tigguna. Pêcherie dans une plage de gros galets.

36Talat-n-waful [talat-wwaful] : n. fém. composé de talat "déclivité, bassin-versant", n "de" et de aful "patelle". Pêcherie peuplée de patelles (appelée ṭit wγiyyul de Aglu à Agadir et aful de Ifni à Sidiboulfdayt d’Aglou et de Taghazout à Imswan).

37Buwssnsr : n. masc. composé de bu "celui au" et de assnsr "pataclet, sparaillon". Pêcherie où cette espèce foisonnait.

38Iγir-n-ugndu [iγir-uwgndu] : n. masc. composé de iγir "promontoire, cap élevé au-dessus de la mer", n "de" et de agndu "froid glacial de la façade maritime". Cap abritant une pêcherie non ensoleillée et où le froid est intense

39Tigzirt-n-Id-Bušnni : n. fém. composé de tigzirt "îlot", n "de" et Id-Bušnni "patronyme qui relie à un clan". Rocher en pleine mer en face du bourg du clan Id-Bušnni.

40Taγart-n-Sidilwafi : n. fém. composé de taγart "plage", n "de" et de Sidilwafi "nom d’un saint". Le marabout de ce saint est dressé sur la plage de cette pêcherie.

41Ssuq-n-igḍaḍ [ssuq-iygḍaḍ] : n. masc. composé de ssuq "échange, interactivité", n "de" et igḍaḍ n. masc. pl. de agḍiḍ "oiseau". Rocher troué de cavités où les oiseaux viennent se nicher en jacassant.

42Tamḥṛušt-n-Tblkukt : n. fém. composé de tamḥṛušt "côte rocheuse basse", n "de" et de Tablkukt[12] "nom d’un petit village". Tamḥṛušt-n-Tblkukt est le nom de la pêcherie en face d’un petit village appelé Tablkukt.

43 Aqqammur-n-ššix : n. masc. composé de aqqammur "saillie", n "de" et ššix "tombeau d’un marabout". Le nom composé désigne la pêcherie à l’extrémité d’un rocher en saillie dans la mer et situé à proximité du marabout de Sidimohmmad Bnɛblla. L’appellation alterne avec Ixf-n-ššix, ixf désigne l’extrémité de la saillie.

44Mirlft : n. fém. composé du préfixe amazigh mmu[13] "celle au" et du vocable arabe marocain lft "navet", arabisation par traduction de tarkkimt pl. tirkmin, Mirlft est l’arabisation de Mmutrkmin. Pêcherie dans le prolongement de la localité de Mirlft, localité connue par la qualité de son type de gros navet à collet violet cultivé à Imi-n-trgʷa[14]

45Afaman : n. masc. composé de afa "au-dessus de" et aman "eau". Pêcherie située au bord d’une haute falaise vive.

46Imi-n-trgʷa : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de" et de targʷa "rigole, canal, verger". Pêcherie dans le prolongement des champs de culture et des vergers sur le lit d’une rivière.

47Tagadirt-n-Id-Ḥmmuš [tagadirt-n-d-ḥmmuš] : n. masc. composé de tagadirt "petite forteresse", n "de" et Id-Ḥmmuš "nom d’un clan". Pêcherie en face du village de Id-Ḥmmuš pourvue d’un grand rocher haut et long qui se dresse à l’intérieur de la mer sans être submergé quelque soit l’état de la marée

48Ddu-igʷrramn [ddu-ygʷrramn] : n. masc. composé de ddu "en contrebas, vers le bas" et igʷrramn n. masc. pl. de agʷrram "marabout". Pêcherie en contrebas du village appelé igʷrramn.

49Aqqammur-n-gʷrayzim : n. masc. composé de aqqammur "saillie", n "de" et gʷrayzim arabisation morphologique de agrzam "léopard", gʷrayzim est le nom du village connu par la présence autrefois de cet animal. Le composé désigne la pêcherie à l’extrémité d’un rocher faisant saillie dans la mer, situé à Aftas n gʷrayzim "port de gʷrayzim". L’appellation alterne avec Ixf n gʷrayzim, ixf désigne l’extrémité de la saillie.

50Tibužɛratin : n. fém. pl. de tabužɛrat "mouche verte ou Lucilie soyeuse (nom scientifique : Lucilia sericata). Le nom attribuée à la pêcherie où abondait cette espèce qui vit dans les cadavres de poissons, spécialement l’été.

51Biyγanimn : n. masc. composé de bi[15] "celui au" et iγanimn pl. de aγanim "canne". Pêcherie réputée jadis par l’abondance de gros poissons de qualité d’où l’afflux accru des pêcheurs vers ce lieu dont le nom spécifie cette caractéristique.

52Lixrt-n-iḍan [lixrt-iyiḍan] : n. fém. composé de lixrt "dernière demeure", n "de" et iḍan n. masc. pl. de aydi "chien". Lieu périlleux, appelé ainsi métaphoriquement pour exprimer la notion de danger que représente le site.

53Tamda-n-uẓṛu-n-Sɛid [tamda-wẓṛu-n-sɛid] : n. fém. composé de tamda "lagune", n "de", aẓṛu "petit rocher", n "de" et Sɛid prénom masculin d’un pêcheur fidèle à la pêcherie désignée par ce composé qui spécifie que la pêcherie est sous forme d’une lagune bordée d’un rocher sur lequel peuvent se tenir deux pêcheurs.

54Aftas-n-Žllb : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et Žllb "nom du village avoisinant portant le nom de Jelleb Sidiboulfdayl.

55Taγrrabut : n. dim. de aγrrabu "pirogue". Pêcherie munie d’un rocher assez loin dans les eaux côtières, dont la position rappelle celle d’une pirogue. Ce toponyme alterne actuellement avec son équivalent traductif arabe, morphologiquement amazighisé en Ssfint.

56Aẓṛu-n-Bustta : n. masc. composé de aẓru "rocher", n "de" et Bustta prénom masculin d’un pêcheur qui fréquente régulièrement cette pêcherie.

57Aẓṛu-n-bulmal : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et bulmal n. masc. composé de bu "celui au" et lmal "richesse", lmal est un emprunt arabe, l’équivalent traductif de l’amazigh aqaṛiḍ pl. iqaṛiḍn, biyqaṛiḍn signifie "le riche". Le composé Aẓṛu-n-bulmal désigne le lieu de pêche fructueuse qui permet aux pêcheurs de faire des gains financiers.

58Asrdun : n. masc. signifiant "mulet". Rocher plat, peu élevé et peu spacieux sur lequel le pêcheur est confortablement assis comme sur le dos d’un mulet.

59Ifri-n-ṭṭlba : n. masc. composé de ifri "grotte", n "de" et ṭṭlba pl. de ṭṭalb "personne tourné vers la vie spirituelle". Pêcherie caractérisée par l’existence d’une grotte côtière sous forme d’un gouffre naturel à deux ouvertures : une sous la falaise et une deuxième attenante à un marabout qui est à plus d’un kilomètre et demi à l’intérieur de la terre ferme.

60Azaru-n-gaga : n. masc. composé de azaru "bras de mer", n "de" et gaga "baleine". Pêcherie présentant un bras de mer où des baleines ont échoué plusieurs fois. Le terme azaru alterne avec une variante phonétique libre asaru.

61Ifri-n-ṭṭṛḥ : n. masc. composé de ifri "caverne" n "de" et ṭṭṛḥ "fiente". Pêcherie abritant une caverne recouverte de fientes de mouettes qui s’y nichent.

62Amzzgr : n. masc. pl. imzzgar "pont, passage, passerelle". Pêcherie pourvue d’une presqu’île qui permet de s’avancer dans la mer pour pêcher. À présent, un équivalent traductif arabe lqnḍṛt est concurremment utilisé.

63Biyfuln : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et ifuln n. masc. pl. de aful "patelle". Pêcherie où abonde la patelle.

64Ifri-n-itbirn [ifri-ytbirn] : n. masc. composé de ifri "caverne", n "de" et de itbirn n. masc. pl. de atbir "pigeon". Pêcherie caractérisée par la présence d’une caverne où les pigeons s’abritent. Le deuxième élément de ce composé est arabisée aboutissant à Ifri-lḥmam concurremment en usage avec la forme originale Ifri-n-itbirn.

65Assllaḥ : n. masc. de qualité "lisse, uni, uniforme", dérivé du verbe sllḥ "être "lisse". Pêcherie sous forme de côte rocheuse basse, lisse et glissante spécialement quand elle est mouillée.

66Tabugdiyat : n. fém. dim. de agudi "tas, amas" dont la forme du diminutif devait aboutir à tagudit, or la forme tabugdiyat est recueillie dans la région des Ayt-Baâmrane où l’influence de la variété arabe hassaniya est présente. Le nom Tabugdiyat désigne une pêcherie dont la plage présente des buttes de sable.

67Biyḍan : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et iḍan n. masc. pl. de aydi "aiguillat commun". Pêcherie où cette espèce marine proliférait.

68Imi-n-wasif [imi-wwasif] : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de" et asif "rivière". Pêcherie à l’embouchure de la rivière qui traverse le village de Sidiboulfdayl.

69Aγaras-n-iraman [aγaras-iyraman] : n. masc. composé de aγaras "passage, chemin", n "de" iraman n. masc. pl. de aram "dromadaire". Pêcherie caractérisé par la présence d’une source découverte par marée basse utilisée autrefois pour abreuver les dromadaires qui transportaient le produit débarqué vers les villes voisines.

70Tisi-n-Msɛud [tisi-mmsɛud] : n. masc. composé de tisi "estrade, marchepied construit autrefois à l’extérieur à côté de la porte d’entrée d’une maison permettant de monter plus aisément à dos de mulet", n "de" et Msɛud "prénom masculin". Le nom composé tisi-n-Msɛud désigne un rocher de petite élévation à sommet plat suffisamment spacieux pour moins de sept pêcheurs, fréquenté habituellement par un pêcheur appelé Msɛud.

71Ibḥarn-n-Id-Ɛlaw [ibḥarn-n-d-ɛlaw] : n. masc. composé de ibḥarn pl. de ibḥir "verger", n "de" et Id-Ɛlaw "nom d’un clan". Le composé désigne la pêcherie située dans le voisinage du village des Id-Ɛlaw.

72Lmdwwl : n. masc., arabisation morphologique de imdwan pl. de amda "lagon". Pêcherie pourvue de trois lagons formés par de gros rochers.

73Azgʷi : n. masc., "fragment de poterie, tesson". Rocher sous forme de plateforme argileuse dont l’aspect rappelle celui d’une poterie lisse agréable à la marche.

74Amda-n-tayyzit : n. masc. composé de amda "lagon", n "de" et tayyzit "saupe". Pêcherie à l’abri des vagues où cette espèce marine abondait.

75Aftas-n-Sidibunwaṛ : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et Sidibunwaṛ "nom du marabout". Pêcherie et port dans le voisinage de ce marabout.

76Ifri-n-ifalan [ifri-yfalan] : n. composé de ifri "grotte marine", n "de" et ifalan "filet". Pêcherie pourvu de trois grottes naturelles qui servent de lieu de rangement des filets de pêche. Le troisième élément de ce composé est actuellement arabisé aboutissant à Ifri-n-ššbkt. Ce site est appelé actuellement Frrklik.

77Aẓṛu-zggʷaγn : n. masc. composé de aẓṛu "roche" zggʷaγn "rouge" le porphyre rouge. Pêcherie dont la côte est meublée de gros rochers de ce type.

78Aman-n-imuḍan [aman-iymuḍan] : n. masc. composé de aman n. masc. pl. inv. "eau", n "de" et imuḍan n. masc. pl. de amaḍun "malade". Pêcherie dotée d’une source thermale sur l’estran. Les habitants de Tiznit et d’Aglou recourent à l’eau de cette source pour les besoins thérapeutiques.

79Imi-n-tmda : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de" et de tamda "lagune". Pêcherie caractérisé par l’existence d’une lagune à environ cinq cents mètres de la côte. Cette lagune est alimentée par une rivière temporaire et par la mer pendant la marée des équinoxes.

80Taṣlḍiḥt : n. fém. pêcherie présentant un rocher à partir duquel on pratique la pêche au lancer-ramener. Ce type de pêche est appelé aṣlḍi, et taṣlḍiḥt[16] est par conséquent le lieu où se pratique ce genre de pêche.

81Amqqrs : n. masc. dérivé du verbe qrrs "guetter, surveiller, être à l’affût". Rocher, découvert par marée basse, sur lequel s’installent les pêcheurs à la canne. Ceux-ci doivent guetter la montée de la marée qui l’encercle avant qu’ils ne puissent regagner la terre ferme. Ce toponyme, alternant avec une variante libre Amqqarsu. Le nom Amqqarsu est assez fréquent et se rencontre à une multitude d’endroits sur le littoral présentant la même caractéristique.

82Tamqḍuɛt : n. fém. de qualité "inaccessible, dangereuse". Rocher à l’intérieur de la mer nécessitant d’être un bon nageur ou d’avoir une embarcation pour l’atteindre.

83Butisnt : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et du n. fém. tisnt "sel". Pêcherie sous forme d’une côte rocheuse basse que couvre la marée des équinoxes. Une fois découverte, l’eau s’évapore laissant se former le sel marin. Le nom alterne indifféremment avec le nom composé Aẓṛu-n-tisnt (litt. rocher au sel).

84Agʷḍi-n-umušš [agʷḍi-wmušš] : n. masc. composé de agʷḍi "partie peu élevée du fond de la mer, n "de" et amušš "requin à peau bleue". Pêcherie peu profonde où cette espèce foisonnait.

85Aftas-n-uglu [aftas-uwglu] : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et aglu "rameur", le petit port d’Aglou appelé également Imi-n-uftas [imi-wftas] : n. masc. composé de imi "entrée", n "de" et aftas "port" signifiant "entrée du port".

86Aẓṛu-n-Ɛddi : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et Ɛddi "prénom masculin" d’un pêcheur qui a fait de cet endroit son coin de pêche préféré.

87 Ixf-n-uẓṛu [ixf-uwẓṛu] : n. masc. composé de ixf "bout, extrémité", n "de" et de aẓṛu "rocher". Pêcherie à l’extrémité d’un rocher qui fait saillie dans la mer

88Biysiγaγn : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et du n. masc. pl. isiγaγn, sing. asiγaγ "congre". Pêcherie où pullulait cette espèce marine

89Amda-n-Gḷḷu : n. masc. composé de amda "lagon", n "de" et Gḷḷu "patronyme". Pêcherie sous forme d’un grand lagon fréquenté régulièrement par cette personne appelée Gḷḷu

90Aẓṛu-n-uzayz [aẓṛu-wzayz] : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et azayz "poulpe". Pêcherie où se dresse un gros rocher où les poulpes s’abritent.

91Tisi-n-Ɛddi : n. fém. composé de tisi[17] "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et Ɛddi "prénom masculin". Pêcherie fréquentée habituellement par la personne appelée Ɛddi.

92Aẓṛu-n-tγrrabut : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et taγrrabut : n. fém. dim. de aγrrabu "pirogue". Pêcherie présentant un rocher à l’intérieur des eaux côtières qui rappelle un bateau ancré.

93Biymẓayn : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et du n. masc. pl. imẓayn, sing. amẓay "sargue". Pêcherie où foisonnait cette espèce marine.

94Iggi-n-uγiyyul [iggi-wγiyyul] : n. masc. composé de la prép. iggi "sur, au-dessus", n "de" et aγiyyul "âne". Pêcherie pourvue d’un rocher suffisamment élevé, sur lequel le pêcheur est confortablement assis comme sur le dos d’un âne, les jambes tendues sans toucher l’eau.

95Buwanbuḥn : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et du n. masc. pl. anbuḥn, sing. anbuḥ "cormoran", nom d’une pêcherie dans une falaise habitée par les cormorans.

96Imi-n-wasif-n-Tmzlit [imi-wwasif-n-tmzlit] : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de", asif "rivière", n "de" et Timzlit[18] "nom d’un village". Pêcherie à l’embouchure d’une rivière temporaire qui passait par la localité de Timzlit et se jetait dans la mer. Elle est complètement tarie de nos jours.

97Biymummašn : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et du n. masc. pl. imummašn, sing. amummaš "galet". Pêcherie à l’intérieur d’une plage de petits galets", Biymummašn alterne concurremment avec son équivalent arabe morphologiquement amazighizé Bulmɛaṛḍ.

98Butγrar : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et du n. fém. pl. tiγrar, sing. taγrart "grosse pierre d’environ vingt kilogrammes utilisée autrefois comme ancre de pirogue" [19]. Pêcherie où l’on peut ramasser des grosses pierres. Actuellement, la forme morphologiquement arabisée en Buγrara est concurremment utilisée.

99Amzzgr : n. masc. "pont, passage, passerelle". Pêcherie pourvue d’un passage de dix mètres de long entre deux rochers, praticable uniquement par marée basse, appelé également Dar-tgust : nom composé de dar "à côté de" et tagust "pieu", passage dont ses utilisateurs ont planté un pieu muni d’une cordelette qu’ils utilisent pour grimper hâtivement chaque fois que la montée de la vague les surprend.

100Tifurna : n. pl. de tafarnut, dim. de afarnu "four". Pêcherie au pied d’une falaise munie de plusieurs rochers creux adaptés autrefois pour servir comme fours traditionnels, utilisés dans la cuisson du poisson excédentaire pour le conserver.

101Tisi-n-tayyzit : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et tayyzit "saupe". Pêcherie où foisonnait l’espèce marine appelée tayyzit.

102Dar-wanu : n. masc. composé de dar "à côté de, dans le voisinage de" et anu "puits". Pêcherie dotée d’un puits d’eau douce à quelques mètres de la plage. Plusieurs pêcheries disposent d’un puits, ex. Mṣiḍa, Azaggʷz, Aftas wglu, Aẓṛu zggʷaγn, Ddwira, Imalaln, etc. Ces puits sont très anciens. Certains sont remblayés de sable par la marée qui les atteint actuellement.

103Buṣuḥ : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et iṣuḥ "grande araignée venimeuse [20], araignée des sables à six yeux (l’araignée Sicarius hahni) à ventre gris et sous ventre noir. Elle pullulait autrefois dans l’arrière-pays sablonneux de la pêcherie qui porte actuellement son nom.

104Aẓṛu-n-Ayt-Lmrs : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" Ayt-Lmrs le clan qui possède lmrs "lieu où il y a tisrfin pl. de tasraft "silo", ayt lmrs sont ceux qui possèdent des champs à cultiver et des silos collectifs pour conserver les grains. Pêcherie de la tribu Ayt-Lmrs. Le nom Aẓṛu-n- Ayt-Lmrs alterne aujourd’hui avec une forme arabisée en Ḥžṛt lmrs.

105Butẓgag : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et tiẓgag "fiente". Pêcherie que surplombe une falaise couverte de fiente de mouettes [21]

106Aswiru : n. masc. forme morphologiquement arabisée de asaru "bras de mer". Pêcherie pourvue d’un petit bras de mer.

107Aẓṛu-n-bušawk : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et bušawk "bar". Pêcherie rocheuse réputée par la présence du bar.

108Anstam : n. masc. "celui qui s’éboule". Pêcherie bordée par une falaise ayant subi plusieurs éboulements.

109 Imi-n-ifri [imi-yfri] : n. masc. composé de imi "orifice, entrée", n "de" et ifri "cavité, gouffre". Pêcherie munie d’un profond gouffre long d’environ six cents mètres sous la falaise vers la terre ferme et où la vague s’engouffre.

110Asarag : n. masc. "cour intérieure d’une maison". Pêcherie disposant d’un rocher plat en contrebas de la falaise, à l’abri du vent et de la chaleur, assez spacieux pour douze pêcheurs qui y sont confortablement installés comme dans un vestibule d’une maison amazighe ancienne.

111Ifri-n-taγaḍt [ifri-n-taγaṭṭ] : n. masc. composé de ifri "grotte", n "de" et taγaḍt "chèvre". Pêcherie où existe une grotte sacralisée autrefois par l’immolation annuelle d’une chèvre prescrite à un ancêtre pêcheur dans un songe.

112Iggi-n-uγiyyul [iggi-wγiyyul] : n. masc. composé de iggi "sur, au-dessus de", n "de" et aγiyyul "âne". Rocher sur lequel le pêcheur est confortablement assis sans que la vague l’atteigne.

113Azrdab : n. masc. "passage très dangereux à flanc d’une falaise raide". Pêcherie n’ayant pour accès qu’un passage très étroit et escarpé

114Afrdu : n. masc. "mortier en bois assez profond". Pêcherie entourée de rochers qui lui donnent la forme d’un puits.

115Ixf-n-tanḍušt : n. masc. composé de ixf "extrémité, sommet" n "de", tanḍušt "soupente aménagée sous un escalier, petite pièce d’un mètre carré et demi servant de lieu où sont conservées les denrées comme le miel, l’huile d’olive, etc. Ixf-n-tanḍušt est le nom de la pêcherie à proximité d’une grotte dont la forme rappelle celle de tanḍušt[22].

116Tigrwin n. fém. pl. dont le sing. est tigrwa "l’un des deux piquets de l’ourdissage qui servent à la fabrication de la chaîne. Pêcherie qui présente constamment le risque de la montée des vagues qui frappent fort mêlant et dérangeant la ligne de pêche, ce qui nécessite la même habileté et la même vigilance que celles exigées chez les femmes au moment de la construction du métier à tisser.

117Asulil : n. masc. "roche dure par opposition à la roche friable". Pêcherie plantée de rochers durs où se coince le fil de nylon qui se casse habituellement causant la perte du plomb.

118Butzikrt : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et tizikrt "cordelette". Pêcherie à accès dangereux où les pêcheurs ont placé une cordelette pour faciliter le passage. Ce toponyme alterne actuellement avec son équivalent traductif arabe, morphologiquement amazighisé en buḥbl.

119Tisi-n-awraγ [tisi-wwawraγ] : n. fém. composé de tisi "rocher peu élevé et plat", n "de" et awraγ "liche glauque". Pêcherie connue comme étant l’habitat naturel de cette espèce marine.

120 Aγzdis -n-ifṛḍ [aγzdis -iyfṛḍ] : n. fém. composé de aγzdis "baie", n "de" et ifṛḍ "bassin artificiel ou naturel, terre marécageuse" Pêcherie dans une crique appartenant autrefois aux habitants de ifṛḍ, localité à sol marécageux, située en face de cette pêcherie, plus loin à l’intérieur du pays. Ce toponyme est arabisé aujourd’hui en Qus lgṛaṛa.

121Taγart-n-tkṛḍin : n. fém. composé de taγart "plage", n "de" et tikṛḍin n. fém. pl. de tikṛḍt "râpe, racleuse". Pêcherie connue pour ses courants d’arrachement, courants qui attirent vers le large", pêcherie dangereuse où le courant est fort. Le deuxième élément de ce composé est morphologiquement arabisé en kaṛṛaṭ aboutissant à Taγart-n-kaṛṛaṭ. Les termes Taγart-n-tkṛḍin et Taγart-n-kaṛṛaṭ s’alternent indifféremment dans les usages actuels.

122Bulmdawn : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et lmdawn n. masc. arabisation morphologique de imdwan pl. de amda "lagon", la forme d’origine étant Buymdwan. Pêcherie présentant plusieurs lagons formés par de gros rochers.

123Taγart-n-usgʷmr [taγart-wusgʷmr] : n. fém. composé de taγart "plage", n "de" et asgʷmr "pêcherie". Pêcherie dans une plage de sable. Le deuxième élément de ce composé est actuellement arabisé aboutissant à Taγart-n-lmṣiḍa [taγart-llmṣiḍa].

124Aẓṛu-igḷḷɛn : n. masc. composé de aẓṛu "rocher" et igḷḷɛn forme participiale de gḷḷɛ "encercler", site de pêche sous forme de rocher accessible seulement à la nage et submergée par la grande marée haute, on y cueille le pouce-pied. Le composé Aẓṛu-igḷḷɛn est en usage concurrent avec la forme arabisée Lḥžṛalmgllɛa[23].

125Taγart-n-iwžžiwn [taγart-yiwžžiwn] : n. fém. composé de taγart "plage", n "de" et iwžžiwn n. masc. pl. de awžža "ibis-chauve". Pêcherie où habite l’ibis-chauve et qui fait partie de la réserve faunique naturelle de Mast. Le troisième élément de ce composé est actuellement arabisé aboutissant à Taγart-n-lgʷrriɛa.

126Quṣ-Wlad-Ssasi : n. masc. composé de quṣ l’équivalent traductif arabe de aγzdis "crique" et Wlad-Ssasi est un nom d’affiliation. Pêcherie où, selon la tradition locale, un conflit entre Ayt Nummr et Ayt Timzlit se serait dénoué par l’assassinat des Wlad-Ssasi, du clan de Ayt Timzlit, par les Ayt nummr.

127Aγrrabu : n. masc. "pirogue". Rocher dans les eaux côtières rappelant un navire fendant les flots. Ce vocable est aujourd’hui en emploi alternant avec l’emprunt français bâbord devenu lbabbuṛ en amazigh avec le sens de bateau.

128Kʷsikis : n. masc. "petit couscoussier". Rocher libérant des embruns comme un couscoussier qui dégage de la vapeur distinguant cette pêcherie.

129Asgʷmr-Wlad-Ɛabbu : n. masc. composé de asgʷmr "pêcherie" et WladƐabbu qui est un patronyme. Pêcherie appartenant autrefois à la tribu des WladƐabbu.

130Azaggʷz : n. masc. "passage en pente, descente". Pêcherie dotée d’une rampe d’accès formée par les piétons constituant le seul passage vers la mer sur une côte de quelques kilomètres bordée d’un récif-barrière.

131Tadkkʷant : n. fém. "gradin". Rocher sous forme d’un petit banc de coraux offrant un espace convenable pour une personne. La forme morphologiquement arabisée Dkkʷana est également usitée.

132Malɛab lmḥaḍiṛ : n. masc. composé de malɛab "terrain de jeu" et lmḥaḍiṛ : n. masc. pl. arabisation morphologique de imḥḍaṛn pl. de amḥaḍaṛ "élève, étudiant". Pêcherie à l’intérieur d’une plage où les jeunes ont aménagé une aire de jeu.

133Mmutẓkka : n. fém. composé du préfixe mmu "celle au" et taẓkka[24] altération de tiẓikki "moineau". Pêcherie à proximité de la réserve naturelle faunique de Mast fréquentée par plusieurs types d’oiseaux migrateurs et locaux.

134Butγrar : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et du n. fém. pl. tiγrar, sing. taγrart "grosse pierre d’environ vingt kilogrammes utilisée autrefois comme ancre de pirogue" [25]. Pêcherie au milieu d’une plage où l’on ramassait les pierres à utiliser comme ancre. Actuellement, la forme morphologiquement arabisée en Buγrara est concurremment utilisée.

135Buwmušš : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et amušš "requin à peau bleue". Pêcherie où cette espèce proliférait.

136Ifri-n-isan [ifri-yisan] : n. masc. composé de ifri "grotte", n "de" et isan pl. de ayyis "cheval". Pêcherie pourvue d’une grotte côtière qui servait autrefois de refuge pour abriter les chevaux pendant la canicule.

137Butasra : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et tasra "saponaire". Pêcherie caractérisée par cette couverture végétale qui pousse même sur la plage.

138Bɛrur : n. masc. "lieu exposé au vent". Pêcherie dans un site où le vent souffle très fort. Ce terme alterne avec une variante phonétique libre abɛrur.

139Lmdawl : n. masc. arabisation morphologique de imdwan pl. de amda "lagon". Pêcherie présentant plusieurs lagons formés par de gros rochers.

140Imi-n-iγzr [imi-yiγzr] : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de" et iγzr "ravin, forte dépression creusée par un torrent". Pêcherie à l’embouchure d’un torrent.

141Aẓṛu-n-ẓṛṛug : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et ẓṛṛug "maquereau atlantique". Pêcherie rocheuse où cette espèce abondait autrefois.

142 Biyžukža : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et ižukža n. masc. pl. de ažakžu "oiseau". Pêcherie dans le domaine de la réserve naturelle de Mast qui abrite à côté des mammifères, de nombreux types d’oiseaux.

143Sidibulfḍayl-n-Mast [sidibulfḍayl-mmast] : n. masc. d’un marabout. Pêcherie à proximité de ce marabout. Actuellement le site est complètement occupé par les nomades arabes qui se sont installés et sont devenus des pêcheurs et des marins pêcheurs.

144Mmuwsklu : n. fém. composé du préfixe mmu "celle au" et asklu "ombre". Pêcherie ombragée.

145Amnid-n-ššix-n-Ayt-Sidibulfḍayl : n. masc. composé de amnid "devant, en regard", n "de", ššix "tombeau d’un marabout", n "de" et Ayt-Sidibulfḍayl "les habitants de la localité de Sidibulfḍayl, Pêcherie située en face de ce marabout.

146Mmutanut : n. fém. composé du préfixe mmu "celle au" et tanut dimin. de anu "puits". Pêcherie munie d’un petit puits où Ayt-Sidibulfḍayl s’approvisionnaient en eau.

147Mmuwaduz : n. fém. composé du préfixe mmu "celle au" et aduz "monticule". Pêcherie en vis-à-vis d’un monticule sur la terre ferme.

148Aẓṛu-n-ṭṭlba : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et ṭṭlba pl. de ṭṭalb "personne tournée vers la vie spirituelle". Pêcherie à proximité de laquelle se tenait une manifestation religieuse pendant laquelle les soixante versets du Saint Coran sont récités.

149Lbabbur : n. masc. "bateau [26]". Site où gît l’épave d’un bateau anciennement échoué sur la côte.

150Assllaḥ-n-Ayt-Lyas : n. masc. composé de assllaḥ "lisse, uni, uniforme", n "de" et Ayt-Lyas "nom d’un clan". Le composé désigne la pêcherie appartenant à Ayt-Lyas. Cette pêcherie est sous forme d’une côte rocheuse basse lisse et très glissante spécialement quand elle est mouillée.

151Biymaššiwn : n. masc. composé du préfixe bi "celui au" et imaššiwn pl. de amušš "requin à peau bleue". Pêcherie où cette espèce foisonnait autrefois

152Imi-n-talat : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de" et talat "déclivité, bassin-versant". Pêcherie à l’extrémité d’une surface topographique en pente douce drainant l’eau des pluies.

153Taskala : n. fém. "échelle". Pêcherie pourvue d’un passage dans une falaise

154Mmutblbalt : n. fém. composé du préfixe mmu "celle au" et tablbalt "salsola flavescens" : plante qui croit sur les collines atlantiques au-dessus de cette pêcherie.

155Tisi-γzzifn : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat" et γzzifn forme participiale du verbe iγzif "être long". Le composé désigne une pêcherie pourvue d’un rocher plat formant un bras dans la mer comme une jetée.

156Isnstam : n. masc. pl. de asnstam "éboulement". Pêcherie où de gros rochers se sont effondrés.

157Amqqrs : n. masc. dérivé du verbe qqrs "être aux aguets, être sur ses gardes". Rocher coupé de la terre ferme par marée haute exigeant du pêcheur d’être constamment vigilant par crainte d’être encerclé par la mer montante.

158Awgilal : n. masc. "cheval richement harnaché et par extension tout ce qui est beau". Pêcherie riche par tout ce qu’elle offre comme cueillette de différents coquillages en plus des prises de poisson de bonne qualité. Le terme Awgilal alterne avec une variante phonétique libre Agilal.

159Mmiybrdan : n. fém. composé du préfixe mmi "celle au" et ibrdan n. masc. pl. de ibrdi "haillon, déchet". Pêcherie dans une plage dépotoir où se jettent les déchets marins apportés par la mer sur la plage.

160Tisi-n-Id-Umaḥya [tisi-yd-awmaḥya] : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et Id-Umaḥya "nom du clan qui occupe la terre ferme en face de cette pêcherie. Pêcherie appartenant autrefois au clan Id-Awmaḥya.

161Tisi-n-mmuwnwal : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et mmuwnwal : n. fém. composé de mmu "celle au" et anwal "cuisine". Pêcherie près d’une grotte côtière que la marée montante n’atteint jamais offrant ainsi un abri pour préparer un couscous rituel annuel.

162Tisi-n-buwγbalu : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et buwγbalu "litt. celui qui a la source". Pêcherie où existe une source d’eau douce accessible par marée basse. Le troisième élément formant ce composé est arabisé en bulɛin (litt. celui qui a une source) aboutissant ainsi à tisi-n-bulɛin.

163Tisi-tamattuyt : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat" et tamattuyt n. de qualité dérivé du verbe attuy "être haut, grand, éminent". Pêcherie dotée d’un rocher plus élevé que ceux des sites les plus proches.

164Aftas-n-imalaln [aftas-iymalaln] : n. masc. composé de aftas "port" n "de" et imalaln n. masc. pl. de amalal "marin". Petit port et pêcherie où des marins pêcheurs se sont installés créant un village de marins pêcheurs.

165Ifri-n-sksu : n. masc. composé de ifri "grotte" n "de" et sksu "couscous". Pêcherie à proximité d’une grotte côtière servant autrefois d’abri pour préparer le couscous rituel annuel.

166Tiblaḍin-n-trknuzt : n. fém. composé de tiblaḍin : n. fém. pl. de tablaḍt "moraine, débris rocheux déposés par les cours d’eau" n "de" et tarknuzt "pourpre". Pêcherie, à fond couvert de gros galets, où ce mollusque proliférait dans le passé.

167 Asaru-n-imalaln [asaru-ymalaln] : n. masc. composé de asaru "bras de mer", n "de" et imalaln pl. de amalal "marin pêcheur". Pêcherie, dans la zone appelée imalaln, caractérisée par l’existence d’un petit bras de mer.

168Aftas-n-užžgʷl [aftas-wužžgʷl] : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et ažžgʷl[27] "petite entaille peu profonde creusée autrefois dans le mur et servant de fourre-tout". Pêcherie connue par la diversité à la fois des poissons qui la fréquentent et également des coquillages qui peuplent la côte.

169Buyisk : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et isk "rocher effilé qui s’allonge à l’intérieur de la mer". Pêcherie munie d’un rocher effilé pointant vers la mer. Un équivalent traductif arabe Blgrn entre en concurrence avec Buyisk.

170Sidiwassay : n. masc. composé du préfixe sidi "terme de respect placé devant les noms propres particulièrement les noms de saints" et assay n. masc. "transport" dérivé du verbe asi "prendre transporter, embarquer, emporter, charger". Petit port utilisé dans le passé pour l’activité commerciale et l’échange.

171Tafrawt[28] : n. fém. dim. de afraw "gouttière ; courant océanique qui entraîne vers le large". Pêcherie connue par l’existence de ce courant.

172Tišišt : n. fém., "petit plateau fait de doum ; courant circulaire, trombe marine". Pêcherie dans un site connu par ses tourbillons puissants et dangereux

173Ifri-n-ulli [ifri-wulli] : n. masc. composé de ifri "grotte", n "de" et ulli "troupeaux d’ovins". Pêcherie pourvue d’une grande grotte qui servait d’abri pour les troupeaux pendant la saison des grandes chaleurs.

174Tiblaḍin : n. fém. pl. de tablaḍt "gros galet". Pêcherie au milieu d’une plage de gros galets.

175Winqqan : n. masc. formé de la forme réduite du substitut indéfini walli "celui" et de la forme participiale inqqan du verbe "tuer". Pêcherie dangereuse.

176Wittidirn : n. masc. formé de la forme contractée du substitut indéfini walli "celui" et de la forme participiale ittidirn du verbe ddr "vivre, exister, se maintenir". Pêcherie sans risque sous forme d’un rocher long dressé en bras de terre en saillie dans la mer formant une presqu’île praticable quelque soit l’état de la mer.

177Aẓṛu-n-ubḍan [aẓṛu-wbḍan] : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et abḍan "peau". Pêcherie offrant un lieu sûr pour la baignade et lieu de purification et de thérapie contre les maladies de la peau.

178Ṭṭṛṛiš : n. masc. "acacia à gousse" Pêcherie en contrebas d’une zone dans la terre ferme dont le sol à fait l’objet de lutte contre l’ensablement par la plantation de cet arbre

179 Taγart-n-imi-n-wasif [taγart-iymi-wwasif] : n. fém. composé de taγart "plage", n "de", imi "embouchure", et asif "rivière". Pêcherie à l’estuaire de la rivière de Mast.

180Sidirrbaḍ : n. masc. d’un marabout. Pêcherie à proximité de ce marabout.

181Aẓṛu-n-yuns [aẓṛu-yyuns] : n. masc. composé de aẓṛu "rocher", n "de" et yuns "le prophète Jonas". Pêcherie munie de la « pierre de Younes » où, selon les croyances locales, ce prophète aurait été recraché par une baleine qui l’aurait engloutit vivant.

182Bulfisan : n. masc. formé du préfixe bu "celui au" et du n. masc. pl. morphologiquement arabisé lfisan sing. ifis "sar tambour". Nom de la pêcherie où ce poisson foisonnait auparavant.

183Taḍuwwaṛt : n. dim. de aḍuwwaṛ "bourg". Pêcherie à proximité du bourg du même nom. Ce nom de lieu est morphologiquement arabisé en Ddwayra.

184Tamṭṭušt : n. fém. variante morphologique de tanḍušt "soupente aménagée sous un escalier". Pêcherie au milieu d’une plage où existent des grottes servant autrefois de refuge aux nomades. Ce vocable est actuellement morphologiquement arabisé en Ṭmmušiyya.

185Llaxwayra : n. fém. formé de lla, forme contractée de lalla "forme de respect utilisé particulièrement devant le nom propre d’une sainte" et Xwayra "prénom féminin". le nom Xwayra est une variante phonétique de Xira. Llaxwayra est le nom de la pêcherie à proximité du marabout de cette sainte.

186Biyisan : n. masc. formé du préfixe bi "celui au" et du n. masc. pl. isan sing. ayyis "coryphène ou daurade coryphène". Nom de la pêcherie où foisonnait cette espèce marine. Ce toponyme alterne actuellement avec une forme arabe Ɛum lxayl[29].

187Buwmušš[30] : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et amušš "requin à peau bleue". Pêcherie où foisonnait ce poisson.

188Bulγasul : n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et lγasul "saponaire". Pêcherie dont la plage est parsemée de cette espèce végétale.

189Tifnit : n. dim. de ifni : n. masc. "rade". Toponyme dû à l’état du port de Tifnit qui ressemble à un petit lac, un bassin naturel permettant aux embarcations de mouiller sans risque.

190Aftas-n-ugadir [aftas-uwgadir] : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et agadir "grenier collectif ou village fortifié, le port d’Agadir se trouve en contrebas d’un ancien village fortifié.

191Anẓa : n. masc. petit port naturel ayant pris le nom de la plaine qui longe la côte. Le terme serait une forme évoluée du terme ansa dérivé du verbe ns "passer la nuit". D’après les éléments de l’histoire orale de la région, l’endroit était le lieu de campement des pêcheurs.

192Awrir : n. masc. "grande colline". Pêcherie en contrebas de la commune de Awrir qui lui a donné ce nom.

193Imuran : n. mas. pl. de imiri "amoureux, passionné, amant". Pêcherie caractérisée par la présence d’un rocher sous forme d’une presqu’île célèbre par son histoire comme lieu de rencontre annuelle de toutes les tribus Idaoutanane (Idawtanan) (anmuggar-n-imuran), lieu de rapprochement et d’entente et surtout d’alliances entre les tribus par le mariage des jeunes.

194Tamraγt : n. fém. de qualité "salaison, saumure". Pêcherie et port où le poisson était autrefois salé et séché pour le conserver. À ce moment les gros poissons abondaient et les premiers ports en activité intense étaient : Aγṛuḍ, Imuran et Taγazut.

195Lmaḍṛaba : n. fém. "madrague", technique de pêche qui consiste en un enclos fixe, formé de filets et de pieux fixes dans lequel les poissons sont menés par une sorte de labyrinthe jusqu’à un petit enclos autour duquel les barques se rangent pour relever le filet et ramener le poisson à la surface.

196Taγazut[31] : n. fém. "déplacement de sable vers le large". Pêcherie à fond profond provoqué par le déplacement du sable vers le large.

197Iggi-n-buyyirdn : n. masc. composé de iggi "sur, au-dessus", n "de" et buyyirdn n. masc. composé du préfixe bu "celui au" et irdn "blé". Pêcherie à proximité du lieu où les caravanes de commerce faisaient étape entre Essaouira et le Sahara.

198Tuddimin : n. fém. "profondeur", le verbe ddm signifie "enfoncer, s’enfoncer, pénétrer jusqu’au fond". Pêcherie au pied d’une très haute et abrupte falaise où les pêcheurs s’installent au sommet sur un bord vertigineux.

199Iggi-n-waẓẓlḍ [iggi-wwaẓẓlḍ] : n. masc. composé de iggi "sur, au-dessus", n "de" et aẓẓlḍ "déchéance, perte, ruine". Pêcherie où le poisson est rare occasionnant l’appauvrissement du pêcheur qui la fréquente.

200Imi-n-waddar [imi-wwaddar] : n. fém. composé de imi "embouchure", n "de" et addar "partie aval de la vallée". Pêcherie dans le voisinage de la partie aval de la vallée.

201Tasdrmt : n. fém. "descente, passage en pente". Pêcherie au bout d’un petit passage en pente douce qui permet de descendre vers une petite plage.

202 Aγṛuḍ : n. masc. "avancée du littoral vers la mer". Pêcherie dans une côte rocheuse basse qui s’avance dans la mer et qui contrairement à une baie constitue un enfoncement de la terre dans la mer.

203Iγir : n. masc. "cap". Pêcherie dans un promontoire, cap élevé au-dessus de la mer. Ce lieu est dit actuellement kap-γir, nom composé de deux signifiants appartenant à deux langues différentes : français et amazigh et ayant le même signifié.

204Taγnsat : n. fém. "impénétrable, secret, occulte". Pêcherie dissimulée et à accès difficile.

205Iγzr-n-uššbaṛ [iγzr-uwššbaṛ] : n. masc. composé de iγzr "ravin, forte dépression creusée par un torrent", n "de" et aššbaṛ "tranchée, abri". Pêcherie à proximité du lieu où se tenait autrefois un marin pêcheur expérimenté guettant le passage des bancs de poissons afin d’avertir les pêcheurs à venir immédiatement avec leurs barques pour les encercler. Le lexème présente une variante phonétique libre ašbaṛ.

206Amsdnas : n. masc. "douane". Port de pêche sableux, à quelques vingt mètres de l’ancienne route de commerce qui longe la côte et où existait autrefois une sorte de douane où les caravaniers payaient le droit de passage.

207Mmuwknari : n. fém. formé du préfixe mmu "celle au" et aknari "figue de barbarie". Pêcherie dans le prolongement d’une plaine où pousse cette plante.

208Aman-n-wanas [aman-wwanas] : n. masc. composé de aman "eau", n "de" et anas "laiton, objet fait de ce métal". Pêcherie pourvue d’une source douce qui sort de la roche. Le terme anas permettrait de distinguer l’eau qui sort de la roche, qui contient des minerais, de l’eau de mer.

209Tigrtt : n. fém. "lieu de destination, paradis de pêche". Site recherché pour sa faune de qualité. Cette pêcherie est appelée également Azmz-n-ufrni [azmzwufrni] : n. masc. composé de azmz "habitat permanent de certains poissons non migrateurs", n "de" et afrni nom de la localité de l’arrière pays dans le prolongement de cette pêcherie connue autrefois pour l’abondance de poissons de qualité, ce qui a fait du site un lieu de destination de tous les pêcheurs. L’explication donnée par les locaux est : igrt t inn kuyan "lieu d’afflux de pêcheurs, paradis de pêche".

210Biyẓggʷaγn : n. masc. formé du préfixe bi "celui au" et du n. masc. pl. iẓggʷaγn, sing. aẓggʷaγ "pageot". Nom de la pêcherie où foisonnait cette espèce marine.

211Takniwin-n-ufrni [takniwin-uwfrni] : n. fém. composé de takniwin "jumelle", n "de" et afrni : n. masc. "piémont", afrni[32] est le nom de la localité qui se trouve dans une plaine en pente douce au pied de la montagne atlasique. Le site de pêche qui porte ce nom, limitrophe avec cette localité, est caractérisé par une succession de rochers groupés par deux, (d’où le nom de takniwin), qui se suivent vers le large constituant un obstacle sur lequel les vagues se brisent quand la mer est forte, formant ainsi un haut fond dangereux pour la navigation.

212Taftast-n-tikri : n. fém. composé de taftast "petit port", n "de" et tikri "lieu d’étranglement de la mer sur la côte et où les vagues se brisent brutalement rendant le site très dangereux". Pêcherie et petit port enclavés entre des masses terrestres. Le petit port est complètement abandonné.

213Imi-n-iγzr-n-tkiḍa [imi-yγzr-n-tkiḍa] : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de", iγzr "forte dépression, ravin creusé par les eaux courantes", n "de" et takiḍa "caroubier". Pêcherie à l’embouchure d’une rivière temporaire au bord de laquelle poussent un petit bois de caroubiers.

214Igzir : n. masc. "eau non profonde", lieu non profond où la vague se casse à l’intérieur de la mer.

215Tuttuyt-n-ignna : n. fém. composé de tuttuyt "hauteur, élévation", n "de" et ignna "ciel". Pêcherie au bord d’une très haute falaise. Le terme tuttuyt alterne avec une variante phonétique libre tatti "hauteur".

216Imi-n-wasif-n-Ayt-Tamr [imi-wwasif-n-ayt-tamr] : n. masc. composé de imi "l’embouchure", n "de", asif"rivière" n "de", Ayt-Tamr "nom de la localité et du clan qui la peuple". Pêcherie à l’embouchure de la rivière qui traverse Ayt-Tamr.

217Isk-n-ufdir [isk-uwfdir] : n. masc. composé de isk "pointe rocheuse qui s’allonge dans la mer", n "de" et afdir "confluent de deux rivières au fond d’une dépression". Pêcherie, dans le voisinage d’un confluent, caractérisée par la présence d’un rocher effilé qui s’allonge à l’intérieur de la mer.

218Iggi-n-tgudit : n. masc. composé de iggi "au-dessus de", n "de" et tagudit "butte, motte". Pêcherie au niveau d’une petite butte de sable de 50 m2 sur la plaine côtière.

219Imi-n-iγzr-n-tifawin [imi-yiγzr-n-tifawin] : n. masc. composé de imi "embouchure", n "de", iγzr "dépression", n "de" et tifawin lumières. Pêcherie à partir de laquelle les pêcheurs entrevoient les lumières des véhicules qui empruntent la route côtière.

220Isk-n-zawl : n. masc. composé de isk "pointe rocheuse qui s’allonge dans la mer", n "de" et du verbe zawl[33], "doubler, dépasser rapidement". Pêcherie sur un rocher qui s’allonge dans la mer, que les marins doivent longer hâtivement pour sortir leurs barques chaque fois qu’ils sont surpris par une mer agitée.

221Ifran-n-uγa [ifran-wuγa] : n. masc. composé de ifran n. masc. pl. de ifri "cavité, gouffre", n "de" et uγa "rétention, retenue". Pêcherie munie de très profonds gouffres retenant l’eau de la vague les rendant inaccessibles même par marée basse.

222 Imi-n-tilḍi : n. masc. composé de imi "l’embouchure", n "de" et tilḍi n. fém. "toupie du fuseau à filer la laine, tourbillon". Pêcherie connue par ses tourbillons dangereux qui la rendent impropice à la pêche. La pêcherie a donné son nom à un petit village qui est né récemment sur la terre ferme avoisinante qui est à l’origine le lieu où se fait au mois de mars le couscous rituel annuel appelé lmɛruf. Le lexème tilḍi présente une variante lexicale taškrirt (à Ihahane) qui présente à son tour une variante phonétique régionale tagšrirt (à Tiznit et sa région).

223Tillilt : n. fém. "protectrice, défensive". Pêcherie en contrebas de la localité de Tillilt connue comme ville sanctuaire, inviolable et site de thérapie célèbre par son marabout auprès duquel les personnes venues des quatre coins du Maroc viennent chercher la guérison de tous les maux, spécialement des maladies mentales.

224Aftas-n-imswan [aftas-iymswan] : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et imswan pl. de imswi[34] "agitation, affolement". Port de pêche connu par une mer agitée et la fréquence d’une houle forte qui empêche les marins de rentrer ou sortir leurs barques.

225Idqqan-n-umalu [idqqan-uwmalu] : n. masc. composé du n. masc. pl. idqqan, sing. idqqi "argile", n "de" et amalu "ubac, versant du Nord". Pêcherie dans une falaise argileuse ombrée.

226Tawṛaṛaḍt [tawṛaṛaṭṭ] : n. fém. "anfractuosité, cavité profonde et sinueuse". Pêcherie dont les rochers sont pourvus de ce genre de cavités où vivent certains animaux marins comme le poulpe. Le terme présente une variante phonétique tawwṛḍa.

227Ddu-tarift : n. masc. composé de la prép. ddu "au-dessous", n "de" et tarift "terre sèche". Pêcherie en contrebas d’une vaste étendue plane peuplée d’arganier, d’olivier sauvage, thuya et quelques plantes sauvages qui résistent à la sécheresse. Le terme tarift[35] a une variante phonétique libre tirift.

228Imuzzar : n. masc. pl. de amazzr "cascade". Pêcherie près d’une falaise par où sortent des cascades d’eau douce que les locaux viennent puiser pendant la marée basse.

229Imi-n-uftas [imi-wuftas] : n. masc. composé de imi "entrée", n "de" aftas "port". Ancien petit port abandonné depuis l’existence du petit port de Imswan.

230Imi-n-ugni-n-užgʷžal [imi-wgni- wžgʷžal] : n. masc. composé de imi "entrée", n "de", agʷni "gorge, vallée étroite et encaissée", n "de" et ažgʷžal "cavité, fosse retenant l’eau". Pêcherie, dans le voisinage d’une vallée encaissée, qui se caractérise par la présence de trois sources d’eau douce rarement découvertes par marée basse, faisant des bulles à la surface pendant la marée haute.

231 Tisi[36]-n-uzrarag [tisi-wzrarag] : n. fém.. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et azrarag "flux et reflux de la marée". Rocher plat constituant la limite du flux et du reflux de la marée".

232Talmizabt : n. fém. "gouttière ; courant océanique qui entraîne vers le large". Pêcherie connue par l’existence de ce courant.

233Tisi-n-twayya : n. fém.. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et tawayya "ombrine cirrosa". Pêcherie où cette espèce marine foisonnait dans le passé.

234Buwmkkaḍ : n. masc. formé du préfixe bu "celui au" et amkkaḍ n. masc. de qualité signifiant "denté" dérivé du nom akʷḍ pl. akaḍn "crocs, dents saillantes des animaux". Pêcherie bordée d’un rocher à aspérités pointues comme des canines nécessitant de se protéger les pieds pour pouvoir marcher.

235Isk-n-ifrda [isk-iyfrda] : n. masc. composé de isk "pointe rocheuse qui s’allonge dans la mer", n "de" et ifrda n. masc. pl. de afrdu "grand mortier en bois servant à piler les céréales". Pêcherie à la pointe d’un rocher qui s’allonge dans la mer à proximité d’une masse de rochers qui encercle les espaces marins en leur donnant la forme d’un mortier.

236Isk-n-ifṛḍ [isk-iyfṛḍ] : n. masc. composé de isk "pointe rocheuse qui s’allonge dans la mer", n "de" et ifṛḍ lac artificiel creusé sur le plateau argileux au bord de la mer pour servir de réservoir d’eau de pluie. Pêcherie au bord d’un rocher qui s’allonge dans la mer et qui se situe dans le voisinage d’un réservoir d’eau

237Tamlalt-n-wuššn [tamlalt-uwuššn] : n. fém. composé de tamlalt "site sablonneux", n "de" et uššn "mérou". Site sablonneux où le mérou abondait autrefois.

238Buwankiwn : n. masc. formé du préfixe bu "celui au" et ankiwn n. masc. pl. de inkan "pierre du foyer pour faire le feu". Zone de pêche dont le relief rocheux sous marin se dresse tel l’armature d’un foyer à pain constituant un danger pour les embarcations et également pour les filets à planter.

239Aftas-umlil : n. masc. composé de aftas "port" et umlil "blanc" qui serait à l’origine n ilil : n "de" et ilil "lavage". Pêcherie pourvue d’un puits où les habitants de la localité Imṛḍitsn puisaient l’eau et lavaient leur linge pendant la période coloniale. Port dangereux exploité uniquement l’été par les habitants de Imṛḍitsn.

240Tignarin : n. fém. pl. de tagnart[37] "chambrette d’un grenier collectif ; boîte à l’arrière de l’aγrrabu utilisée par le ṛṛays pour ranger la manivelle de la barre de direction". Pêcherie où se trouvaient des cachettes portugaises creusées dans les rochers pour dissimuler leurs biens. Celles-ci sont complètement détruites sauf pour quelques vestiges localisées actuellement à Imdran.

241 Imdran : n. masc. pl. de amdru "profondeur" du verbe dru "être profond". Pêcherie très profonde au pied d’une très haute falaise.

242Ifri-n-itbirn [ifri-yitbirn] : n. masc. composé de ifri "caverne", n "de" et de itbirn n. masc. pl. de atbir "pigeon". Pêcherie caractérisée par la présence d’une caverne où un nombre important de pigeons se nichent.

243Timzgida-n-uftas [timzgida-wuftas] : n. fém. composé de timzgida "mosquée" n "de" et aftas "port". Port à proximité d’une très ancienne mosquée près du tombeau d’un marabout.

244Taγrrabut : n. fém. dim. de aγrrabu "pirogue". Pêcherie caractérisée par le présence d’un rocher dans les eaux côtières ayant l’apparence d’un bateau.

245Iknniwn : n. masc. pl. de aknniw, "ondulation, concavité". Pêcherie dont le sable sur la plage présente de fortes ondulations.

246Amzur : n. masc. "terre fertile, pâturage, pacage". Pêcherie en contrebas d’une plaine côtière qui sert de pâture après la saison humide. Une forme arabisée en Lmzurat est en train de concurrencer la forme d’origine. Une variante phonétique libre Amzzur alterne avec la forme Amzur.

247Tikṛḍt [tikṛṭṭ] : n. fém. "râpe, racleuse". Pêcherie dangereuse connue par son courant d’arrachement qui racle le sol et attire vers le large"

248Isk-n-umkašḍ [isk-uwmkašḍ] : n. masc. composé de isk "pointe rocheuse qui s’allonge dans la mer", n "de" et amkašḍ "très haute falaise". Pêcherie sur une très haute falaise qui fait saillie en mer.

249Tifṛḍt [tifṛṭṭ] : n. dim. de ifṛḍ "bassin servant de réservoir d’eau". Pêcherie à proximité d’une source d’eau douce qui descend d’une colline et se ramasse dans des petits bassins au pied de la colline.

250Tafḍna n. fém. "partie la plus ardente d’un four à bois ou un hammam". Port et site de pêche resserrés en contrebas d’une colline rendant la plage torride et son sable brûlant pendant la saison d’été.

251Ddu-tagant : n. masc. composé de la prép. ddu "en contrebas" et tagant "forêt". Pêcherie en contrebas d’une forêt d’arganiers.

252Sidiḥmad-Ssayḥ : n. masc. composé du préfixe sidi "terme placé devant les noms propres particulièrement des noms de saints pour témoigner du respect", Ḥmad "prénom masculin et Ssayḥ "nom propre pour les inconnus". Pêcherie à proximité de ce marabout.

253Tisi-n-talɛyaḍt [tisi-n-talɛyaṭṭ] : n. fém. composé de tisi "rocher de petite élévation à sommet plat", n "de" et talɛyaḍt "cri que le pêcheur vigile produit pour avertir les autres pêcheurs au moment du passage d’un banc de poisson". Pêcherie où se pratique la technique appelée Ažžuṛṛu-n-taγart "senne", la pêche au filet en bord de mer pendant la marée basse [38].

254 Timẓẓila : n. fém. "terrain plat" de ẓẓl "étendre, s’étendre, s’allonger". Pêcherie dans une plage plane.

255Azmz-n-Ayt-Tamr : n. masc. composé de azmz "habitat de certains poissons", n "de" et Ayt-Tamr "nom d’un clan". Pêcherie à proximité des Ayt-Tamr, où vivent de façon permanente certains poissons non migrateurs.

256Tagganza : n. fém. "berge, bord". Pêcherie au front d’une falaise sur un surplomb très dangereux.

257Aftas-n-Wassn [aftas-wwassn] : n. masc. composé de aftas "port", n "de" et Wassn "nom d’un lignage" Pêcherie et petit port de pêche fréquenté par les Ayt-Wassn[39].

Conclusion

258Ce travail est avant tout un recueil de la mémoire orale des habitants de la côte sud-ouest marocaine et a, par ailleurs, le mérite de faire connaitre un précieux patrimoine maritime immatériel en voie de disparition. Il apporte, je l’espère, une contribution concrète à l’étude de la toponymie qui renferme un pan considérable du patrimoine immatériel du Souss, sachant qu’il s’agit dans le domaine de la toponymie du Souss d’un terrain vierge qui nécessite diverses investigations.

259Outre, la terminologie toponymique est sans aucun doute un domaine riche en informations susceptibles de contribuer à la description d’une langue. En effet l’analyse entreprise ici a permis d’apporter un éclairage sur les noms de lieux et par ricochet sur le système toponymique littoral de la région étudiée. En plus de l’inventaire de la quasi totalité des noms de lieux sur le littoral du Souss, de leur analyse linguistique et du redressement des formes altérées, dont l’intérêt direct est l’enrichissement du lexique du tachelhit, l’exploration a pour effet de faire ressortir certains phénomènes linguistiques qui renseignent sur la langue, ses structures, son évolution, etc. Ainsi au-delà d’apporter un témoignage sur la morphologie lexicale à travers les procédés mis en œuvre pour assurer la création toponymique, des unités linguistiques mettent en évidence d’une part, la variation sémantique liée à un domaine précis de la connaissance, notamment le domaine maritime, et d’autre part, la variation phonétique et morpho-phonologique qui affectent les noms de lieux, bien que la toponymie soit considérée généralement comme la partie de la langue qui résiste le plus au changement.

260Par ailleurs, la toponymie littorale du Souss peut être considérée comme un excellent observatoire par lequel on peut accéder aux différentes problématiques à propos du contact des langues en présence dans le Souss. En fait, le corpus toponymique répertorié révèle des informations précieuses qui peuvent contribuer à l’étude de certains phénomènes linguistiques tel le processus d’arabisation, toujours en cours dans la région alors que l’influence des autres langues étrangères comme le français reste insignifiante, au moins dans le domaine étudié, vu que deux cas seulement sont relevés, il s’agit d’emprunts lexicaux à savoir Kap-γir "cap" et Lmaḍṛaba "madrague".

  • Douchïna-Ouammou, R., 2014, Dictionnaire du monde marin de la région du Souss, Rabat, Al Maarif Al Jadida, 2e édition 2016, Tizi-ouzou, Algérie.
  • Douchïna-Ouammou, R., 2018, « Les noms de lieux dans le Souss : la toponymie littorale », Études et Documents Berbères, ne 39-40, pp. 167-178.
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Date de mise en ligne : 06/07/2020

https://doi.org/10.3917/edb.041.0043