Informations diverses
Pages 341 à 344
Citer cet article
- OULD-BRAHAM, Ouahmi,
- Ould-Braham, Ouahmi.
- Ould-Braham, O.
https://doi.org/10.3917/edb.025.0341
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Algérie. – Actions menées par un Comité d’organisation du ‘‘Centenaire Si Mohand Ou Mhand’’
1 Il s’agit d’une initiative privée, qui a fait regrouper des gens appartenant au monde de la culture et des acteurs associatifs, aux fins de commémorer le centenaire de la disparition du grand poète kabyle. Cette commémoration s’est faite selon les étapes suivantes :
- Journée d’ouverture à Alger (salle Ibn-Khaldoun), en collaboration avec l’établissement « Art et culture » d’Alger : 20 décembre 2005.
- Inauguration de la statue de Si Mohand à Akbou (Béjaïa), en collaboration avec l’association « Etoile culturelle » d’Akbou : 26-29 décembre 2005.
- « Journées Si Mohand » à Oran, en collaboration avec l’association « Numidia » d’Oran : 17-25 janvier 2006.
- Colloque autour du Centenaire à l’université de Tizi-Ouzou, en collaboration avec le département amazigh : février 2006.
- Colloque autour du Centenaire à Boumerdès, en collaboration avec l’association des étudiants de Boumerdès : mai 2006.
- Journée de clôture du Centenaire à Icherîouan (Tizi-Ouzou), en collaboration avec le comité de village d’Icherîouan : juin 2006.
3 Ces différentes actions ont été le lieu de rencontre où se sont tenues aussi des expositions et des ventes-dédicaces de livres. Des spectacles vivants ont eu lieu par la même occasion : jeux de rôle, chants, déclamation d’œuvres versifiées attribuées au grand poète kabyle. Ces événements à destination du grand public ont joué un rôle d’éducation populaire et avaient entre autres objectifs, selon les organisateurs, « de renouer avec l’intarissable fontaine aux poèmes qu’était et que continue d’être Si Mohand ou M’hand et par lequel des générations ont étanché leur soif, la soif d’amour, de justice, de frustrations, d’humanisme, de résistance... ».
4 Des conférences et tables rondes (Malika et Iddir Ahmed-Zaïed, Rachid Aliche, Younès Adli, Ali Mammeri, Amine Zaoui, Rabiâ Djalti, Houria Abdennebi, Mohand-Akli Salhi, Djouher Amhis, Ali Sayad, etc.) ont complété le tout.
5 Membres du Comité d’organisation :
6 – Younes Adli, coordinateur. – Youcef Nacib, écrivain. – Ali Mouzaoui, cinéaste. – Mohand-Arezki Himeur, journaliste. – Ali Mammeri, ancien diplomate. – Feu Cherbal Mébarek, ancien cadre retraité. – Salah Hanoun, avocat. – Mouloud Salhi, président de l’association « Etoile culturelle d’Akbou ». – Abdellah Haman, écrivain, membre fondateur de l’association Numidia d’Oran.
Colloque à Tizi-Ouzou (HCA et Maison de la Culture)
7 Une autre initiative commémorative, toute aussi louable, vint du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), sous la conduite du secrétaire général, Youcef Merahi, avec le soutien du ministère algérien de la Culture et en collaboration avec le milieu associatif local. Elle donna lieu à un colloque ayant pour thème ‘‘Un poète, une œuvre, une société’’ et organisé à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, les 2 et 3 avril 2006.
8 Quelques communications, par leur intitulé même, peuvent mettre l’eau à la bouche. Mais dommage qu’elles n’avaient pas donné lieu à une publication des actes ! Parmi des interventions dont les thèmes ne manquent pas d’intérêt l’on peut citer :
- Madjid Bali, Si Muhend l’intemporel.
- Youcef Merahi, Laissons Si Muhend à son mythe.
- Saïd Chemakh, ‘‘Thamurth’’ dans la poésie de Si Mohand.
- Mohamed Ghobrini, présentation d’un livre, dont il est l’auteur, intitulé Dialogue de géants et montage poétique imaginaire entre Si Mohand et cheikh Mohand Oulhocine.
- Rachid Mokhtari a traité des poésies de Si Mohand dans la continuité (ou la rupture) de la chanson kabyle de l’exil.
- Abdennour Abdesselam, L’étude comparative Si Muhand ou M’hand-Baudelaire.
- Madjid Rabia, Si Muhend ou M’hand et cheikh Mohand Oulhocine.
10 Ces conférences furent agrémentées par une vente-dédicace de livres, dont le genre à l’honneur était des recueils de poésies kabyles, et une projection du long métrage Si Muhend, l’insoumis (Rachid Benallal et Liazid Khodja, Algérie 2004).
Florilège poétique : deux nouvelles publications
11 Le centenaire de la disparition de Si Mohand Ou Mhand a été l’occasion pour faire voir le jour, en Algérie, à deux ouvrages. Et grâce à deux courageux éditeurs ont pu paraître deux recueils de poésies attribuées à notre poète, venant ainsi enrichir le corpus de littérature orale kabyle déjà existant.
12 Le premier livre est dû à Mohand Zine Arab (Les Isefra de Si Muḥ U Mḥend, Préface Amar Naït Messaoud, Tizi Ouzou, Éditions Le Savoir, 2006, 134 pp). Il s’agit de la collecte personnelle de ce chercheur local, natif de Taourirt-Amrane (près de Aïn-el-Hammam), le village du poète et du disciple de Si Mohand, Si Youcef Ou Lefqi.
13 Le second recueil des pièces versifiées attribuées à Si Mohand provient du labeur d’un autre chercheur local, très dynamique, le nommé Mohand Ouramdane Larab. C’est une réédition qui a pour titre : Isefra n Si Muḥend U Mḥend, Préface de M. I. Aït Amrane, Tizi Ouzou, Éditions Le Savoir, 2006, 100 pp. (1re éd. Rabat, éditions Impérial, 1997). Cet ouvrage, contrairement au précédent, est unilingue, et ce n’est pas un reproche. Ce recueil a été préfacé en kabyle par feu Mohand-Idir Aït Amrane, un texte qui ne manque pas d’intérêt (même s’il reprend à son compte quelques poncifs) car il renferme quelques faits inédits concernant la mort du poète, survenue un 28 décembre 1905 à l’hôpital de Michelet (tenu par des sœurs Blanches).
14 L’ouvrage est divisé en six chapitres selon le thème qu’on a prêté à chaque groupe de poèmes. Ces répartitions sont : Tilufa n ddunit (Epreuves de la vie), Tilufa n tayri (Tourments d’amour), Tilufa n imeddukal (Epreuves de l’amitié), Zzyaṛa n lawleyya (Visites pieuses), Aṭṭan (Maladies) et Zziγ
15 .. leǧnan (J’ai planté un jardin). Cette manière de procéder n’est pas nouvelle, et il y a toute une tradition de collecte de poésies kabyles où les pièces recueillies sont classées de façon thématique, même si les choix en général ne sont pas très heureux. Mais cela est parfaitement compréhensible eu égard à un souci plutôt pédagogique. Cette manière de faire, au lieu de procéder plus judicieusement à mettre des mots-clés (un même poème peut avoir, en fait, plusieurs thèmes) et élaborer un index en fin de volume, a touché plus d’un auteur. Et c’est toute une tradition ! Parmi ces recueils concernés : Giacobetti (1905), dont je possède une copie manuscrite, Feraoun (1960), Savignac (1964), Mammeri (1969), Adli (2000) et, de manière moindre, Arab (2006). A côté de tout cela, seul Boulifa (1904) dans le fameux Recueil de poésies kabyles a, semble-t-il, fait figure d’exception puisqu’il n’avait adopté aucun mode classificatoire des pièces versifiées de Si Mohand.
16 Les deux ouvrages présentent à la fois des variantes de poèmes publiés ailleurs et des inédits qui sont, il faut le dire, d’une qualité inégale. En effet, il en est des pièces qu’on peut retrouver dans l’ouvrage fondateur de Boulifa (1904), dans le recueil, en grande partie inédit, de Giacobetti (1905), ou dans la « somme » de Mammeri (1969). Par contre, d’autres poèmes, qui ne sont pas des variantes de ce qui est déjà transcrit, ressemblent à s’y méprendre à des constructions versifiées d’amateurs (ou probablement d’adolescents) s’exerçant à composer des vers sur le modèle du maître. Ce serait rabaisser le grand poète kabyle que de lui attribuer dans ces recueils actuels, ou dans d’autres plus anciens, des pièces alors qu’il fut capable – et de loin – de faire bien mieux !
17 La difficulté peut s’expliquer par le fait qu’on ait affaire à un poète bohémien par excellence, et que personne ne pouvait prétendre avoir capté l’ensemble de sa production poétique. Des collecteurs de ses œuvres, hier et aujourd’hui, ont été légion, si bien que des productions factices ont pu se glisser parmi le lot de celles que l’on peut considérer comme plus authentiques. Ajouter à cela la mémoire collective et des imitateurs locaux qui, chacun à sa manière et pas toujours intentionnellement, ont brodé sur des thèmes mohandiens.
18 Ces reproches sont généraux, et concerneront tout collecteur contemporain. Car la collecte en littérature orale comporte plusieurs types d’écueil. En particulier, l’attribution des pièces à un auteur hautement reconnu comme Si Mohand. Moi-même, possesseur de plus de 400 pièces poétiques attribuées à Si Mohand et inédites pour la plupart, je suis confronté à ce type de problèmes.
19 Prenons le recueil de M. O. Larab, deux pièces versifiées qu’il met sur le compte du grand poète kabyle appartiennent en réalité au répertoire du poète d’Adeni, Mohand Saïd Oubelhireth : no 40 (Liεn w’ iheǧǧan yeγra) et no 43 (Ţţxil-ek a lbaz mi neqqar). D’autres pièces, déjà rapportées par Boulifa (1904, 2e partie : « Auteurs divers »), ne sont pas de Si Mohand, savoir : no 47 (Tḍehṛ-iy- tbedd ar tselnin), no 50 (Aql-iyi di Sidi εic), no 52 (Ufiγ-ţ tbedd ar lluḥ), no 87 (Aql-iyi di Sidi εic, variante du no 50). Dans l’autre recueil, celui de M. Z. Arab, j’ai relevé au moins trois pièces apocryphes : no 3 (Ufiγ-ţ γeflbab n ddar, poème composé par un instituteur du village Aït Hichem et élève de Boulifa), no 8 (Aql-iyi di Sidi εic) et no 99 (Walaγ snat teḥdayin, que l’on retrouve à tort dans plusieurs recueils).
20 Toutes ces remarques ne démuniront en rien le travail éditorial entrepris par ces deux collecteurs, qui ont le mérite de restituer à la communauté linguistique une parcelle de son patrimoine menacée de disparition. Après Adli (2000), ces deux éditeurs de poésies du domaine du patrimoine populaire vont certainement susciter des émules. Et j’ajoute que ces recueils répondent en bonne partie aux vœux que nous avions exprimés collectivement lors de ce colloque du Centenaire du poète, qui s’est déroulé à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (Saint-Denis la Plaine) les 4 et 5 janvier 2006.
Si Mohand Ou Mhand (1849-1905). – Projet d’une société littéraire
21 La manifestation scientifique du « Centenaire » organisée à la MSHParis Nord en partenariat avec l’Université Paris 8 (Institut Maghreb-Europe), avec le le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (ministère de la Culture) et de l’Université de Paris 8, ainsi que de l’Agence universitaire de la Francophonie, de la Plaine-Commune et du Conseil Général du 93, a donné lieu à l’issue de ses travaux à deux résolutions :
- La création d’un Comité de recherche « Si Mohand Ou Mhand ».
- Le projet d’une Société littéraire « Si Mohand Ou Mhand ».
23 Le Comité de recherche « Si Mohand Ou Mhand » a été formé pour stimuler et encourager des recherches académiques sur Si Mohand et la poésie de tradition orale algérienne d’une manière générale. Ayant son siège à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, le Comité est composé de membres fondateurs qui sont les participants au colloque. D’autres adhésions ne sont pas exclure. Nos partenaires institutionnels sont les universités de France et du Maghreb ainsi que les associations culturelles.
24 Quant au projet d’une Société littéraire « Si Mohand Ou Mhand », comme nous l’espérons, il se réalisera dans la commune de Saint-Denis, où est basé l’établissement dont nous sommes membres, la MSHParis Nord. La Mairie de Saint-Denis fut sollicitée dans la mesure où l’auteur, qui l’objet de la dite Société, est natif de Larbâa Nath Irathen (anciennement Fort-National), une ville jumelée avec Saint-Denis. Le maire de Saint-Denis, M. Didier Paillard, nous a donné son accord pour parrainer la dite Société.
25 Celle-ci fonctionnera, à l’instar de la plupart des sociétés d’amis d’auteurs célèbres, en menant des activités littéraires et artistiques, notamment par la publication d’un bulletin ou cahiers, l’organisation de manifestations ou rencontres liées à l’œuvre de Si Mohand (et à la mémoire de l’immigration), la création et le développement d’un site Internet, dédié au poète et à ses disciples d’hier et d’aujourd’hui.
26 Membres fondateurs du Comité présents :
- Ouahmi Ould-Braham (MSH Paris Nord).
- Nadia Kaaouas (Université Beni-Mellal, Maroc).
- Hocine Sadi (CNED, Vanves).
- Younès Adli (Tizi-Ouzou / Alger).
- Malika Ahmed Zaïd-Chertouk (Université de Tizi-Ouzou, Algérie).
- Iddir Ahmed Zaïd (Université de Tizi-Ouzou, Algérie).
- Boussad Berrichi (Doctorant, Université Paris 8, Saint-Denis).
- Henri Hudrisier (Université Paris 8, Saint-Denis / MSH Paris Nord).
- Vermondo Brugnatelli (Université de Milan, Italie).
- Zineb Ali-Benali (Université Paris 8, Saint-Denis).
28 Membres excusés :
- Michaël Peyron (Université Al-Akhawayn Ifrane, Maroc).
- Mohand Akli Salhi (Université de Tizi-Ouzou, Algérie).
- Sadek Bala (Université de Béjaïa, Algérie).
- Guy Dugas (Montepellier III).
- Denise Brahimi (Paris).
30 Nouveaux membres :
- Ouerdia Yermèche (ENS Bouzaréa, Algérie).
- Kamal Bouamara (Université de Béjaïa, Algérie).
- Mohamed Lakhdar Maougal (Université d’Alger, Algérie).
- Hassina Kherdouci (Université de Tizi-Ouzou, Algérie).