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Quelques poèmes recueillis au village d’Ighil-Wis (région d’Aokas, Petite Kabylie)

Pages 179 à 210

Citer cet article


  • Rabhi, A.
(1995). Quelques poèmes recueillis au village d’Ighil-Wis (région d’Aokas, Petite Kabylie) Études et Documents Berbères, 13(2), 179-210. https://doi.org/10.3917/edb.013.0179.

  • Rabhi, Allaoua.
« Quelques poèmes recueillis au village d’Ighil-Wis (région d’Aokas, Petite Kabylie) ». Études et Documents Berbères, 1995/2 N° 13, 1995. p.179-210. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-1995-2-page-179?lang=fr.

  • RABHI, Allaoua,
1995. Quelques poèmes recueillis au village d’Ighil-Wis (région d’Aokas, Petite Kabylie) Études et Documents Berbères, 1995/2 N° 13, p.179-210. DOI : 10.3917/edb.013.0179. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-1995-2-page-179?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/edb.013.0179


Notes

  • [1]
    Nous remercıons vivement MM. Bounfour et Chaker pour avoır accepté de relire le présent travail. C’est grâce à eux que cet article voıt le jour. L’ındicatıon du vıllage ne signifie pas que cette poésie n’est pas attestée aılleurs ; elle peut se présenter sous des varıantes diverses, selon le village, la famille ou l’individu. Les poèmes que nous présentons ici ont été chantés par deux vieilles femmes : la mère (pour la plupart) et la belle-mère de l’auteur du présent article.
  • [2]
    Pour des raısons d’ordre méthodologique, certains problèmes prosodiques seront abordés dans une étude ultérieure
  • [3]
    En l’occurence, la mère de l’auteur de la présente étude.
  • [4]
    Dans les parlers de la région, le plurıel de ıtri “étoile” est ıtra et non itran comme ıl en est à l’échelle du berbère ; linguistiquement, ıl ne s’agit là que d’une variante morphologique, mais d’un point de vue socıolinguıstique, c’est un précıeux ındice de l’origıne géographique de cette production poétıque
  • [5]
    Il existe une varıante de ce poème (FDB, 88, 1965, p. 4) : Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur la culture et la langue.
    Chacune des deux varıantes exprıme, au delà des dıfférences dans le lexique qui ınduisent des différences d’images (métaphores), la même idée : celle de l’image effrayante de malıklmut “l’ange de la mort” bıen que celuı-cı soıt sous-entendu et n’apparaisse qu’à travers l’indice de troısième personne Par ailleurs, ıl est ıntéressant de remarquer l’association sınistre de la noırceur (des dents ou des cheveux) et de la langue arabe, cette dernière jouıssant pourtant du statut de “langue du paradıs”. On retrouve aussı la même allusion à la langue arabe dans le poème recueilli par Nacıb (p. 139-140) : Description de l'image par IA :
    En arabe ils s’adresseront à toi : Qu’as-tu apporté de celle (la vıe) qui t’a séduit ? On retrouve la même allusion dans FDB 74 (1962 : 59 troısıème poème) : Description de l'image par IA : L majuscule en normal e en normal c en normal c en normal a en normal r en normal moins i en normal s en normal t en normal moins t en normal b en normal e en normal r en normal k en normal a en normal n en normal i en normal n en normal s en normal t en normal a en normal c en normal r en normal a en normal b en normal t en normal a en normal t en normal moins m en normal a en normal b en normal e en normal r en normal
  • [6]
    εaafa est un des lieux saınts de l’islam que tout pèlerın est tenu de vısıter ; aussı la prıère dans ce lıeu demeure-t-elle le vœu de tout musulman.
  • [7]
    Traductıon approxımative. Le terme problématıque est ttesrıf dont nous ne connaıssons pas le sens.
  • [8]
    Lwad lkuteṛ “le Fleuve de Nectar” est l’une des récompenses promises au bon musulman, dont il jouirait au paradıs.
  • [9]
    Lıtt. : “la nuit du compte et de la punıtion”.
  • [10]
    Ou . yessuḥac (même signifïcatıon).
  • [11]
    N’ayant pas trouvé de variante qui aurait servi à la confrontation, nous ne savons si l’auteur de ce poème est véritablement une femme ou sı tout simplement le fémınin est dû au fait que ce poème a été chanté par une femme. Toutefois, nous avons relevé un poème dans FDB 88 (1965 : 42), masculın cette foıs-ci, dans lequel seul l’hémistiche 1 du deuxième vers (cqan-i medden ma nnan) est commun et dont le troisıème vers (wi ıbɣan lǧennet a lexwan isew qedran d ililı) faıt partie d’un poème que nous n’avons pas pu enregistrer.
  • [12]
    On en relève une varıante très proche dans FDB 88 (1965, p. 58), variante reprise par la chanteuse kabyle Djamila et chantée par Cherıfa, notamment pendant les veillées du Ramadhan.
  • [13]
    Nnuma “sommeıl” est un emprunt à l’arabe, en rapport avec la nuit par opposıtıon au ȷour (azal), emprunt, sans nul doute, de luxe dû au prestige dont jouit la langue arabe chez les poètes anciens de façon générale, car si l’on considère la contrainte liée à la rime, un terme aussi berbère que tanafa peut parfaitement rendre le sens de “sommeıl”, symbolıser la nuıt et assurer la rime
  • [14]
    On relève le même vers dans Nacib (p. 165) : ssefusegg°as-a ıdul.
  • [15]
    Icı, on faıt probablement allusıon à la tutelle assurée à Muhammad par son oncle Ɛabd-al-Mutṭalib
  • [16]
    Il s’agit probablement du pays kabyle. C’est aınsı qu’icı les Génies du Pays (iɛessasen n tmurt) passent juste après le Prophète.
  • [17]
    Ccıx Muhend u Lḥusin est un saınt des Aıt-Ahmed, dans la Kabylie du Dȷurdȷura ; cf. M. Mammerı, inna-yas Ccix Muhend, Cheıkh Mohand a dit (cf. Bıbliographie).
  • [18]
    Ou : ayyur l-lɛıd abeztuh. Voır varıante dans FDB 98 (1968 (ii). 81).
  • [19]
    Ou : iuh ɣel tala a dd-yagem (c’est cette dernıère qui est la plus probable : on peut, certes, faire la prière à la fontaine maıs on y puise de l’eau à coup sûr).
  • [20]
    Il existe deux variantes de ce poème dans FDB 96 (1967 : 93-94 et FDB 98 (1968 : 81). En outre ıl existe une variante dans FDB 96 (p. 93) d’un poème fait sur Ccix Muhend alors que dans notre corpus ce même poème est faıt sur Sidi Muḥend Ccrif. Par aılleurs, ce poème est chanté par Taos Amrouche et figure dans Chants berbères de Kabylie de J. Amrouche (p. 254).
  • [21]
    Dans les parlers locaux, taneqlett sıgnifie “plant d’arbre au stade de repiquage”, alors que dans beaucoup de parlers kabyles, il signıfıe “figuıer”.
  • [22]
    Ou : Sidi Muḥend U Lhusın.
  • [23]
    Ou : bɣan ad deken kuyyass.
  • [24]
    On retrouve la version “logique” de cette partıe du poème (cf. note 18).
  • [25]
    Cf. variante dans FDB 98, 1968 (II), p 103.
  • [26]
    Cf. variante dans FDB 96(1967, p. 93). mais d’un poème faıt sur Ccix Muḥend. Tandis que la variante relevée dans FDB 88 (1965, p. 55) a pour objet d’éloges Ccıx U-Belqasem (sur lequel nous ne disposons d’aucune informatıon) : Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes. Contient des phrases sur des sujets variés.
  • [27]
    Probablement : d azıdan yism-ik deg-gmi.
  • [28]
    Personne de ceux à qui ȷ’aı demandé n’a pu me donner le sens de Hamada.
  • [29]
    Cf.. variante dans FDB 98, p. 7, maıs d’un poème faıt sur Ccix Muḥend.
  • [30]
    Sidi Abd-el-Kader el-Djilalı (el-Djilanı), de Dȷilan, son lieu de naissance, est un marabout enterré à Baghdad et très vénéré dans toute l’Algérıe ; c’est son nom que tous les mendiants invoquent dans les rues pour demander l’aumône (Hanoteau, 1868 : 89). … Moulay Abdelkader Jılani, sultan des saınts,… patron de Baghdad et fondateur de la Qadiriya (Derınenghem, 1954 : 102). On relève d’autres variantes de ces poèmes dans Chants berbères de Kabylie de J. Amrouche et dans les chants de T. Amrouche.
  • [31]
    On relève la même idée dans Nacıb (p. 157) : Ziɣ d leɛzib tamurt-a.
  • [32]
    Dans ce poème, ttaɛa signifıe davantage “foi” que “soumıssıon” Il existe une variante de ce poème dans FDB, 88 (1965 : 47) : Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur la foi et la déception.
    On ne retrouve dans Amrouche (p. 68) que la deuxıème partıe du dernıer vers : … ma a aţ-ţrud a w’isɛan iẓrı.
  • [33]
    On relève une varıante de ce poème, bien que très éloıgnée, dans FDB 88 (1965 : 50) : Description de l'image par IA : Texte en braille avec des points en relief sur fond blanc.
    A considérer la rime au nıveau de chaque “hémistiche”, cette variante est peut-être la plus orıginale.
  • [34]
    On relève une variante de ce poème dans FDB 88 (1965 : 50) : Description de l'image par IA : Texte en anglais avec des caractères illisibles, mélangeant lettres majuscules et minuscules.
  • [35]
    On relève une varıante de ce poème dans FDB 88 (1965 : 65) : Description de l'image par IA : Texte en anglais avec des lignes de caractères aléatoires.
  • [36]
    Vers inaudıble.
  • [37]
    On relève une varıante de ce poème dans FDB 88 (1965 : 71) : Description de l'image par IA : Texte imprimé en braille avec des points en relief sur fond blanc.
  • [38]
    On relève une variante de ce poème dans FDB 88 (1965 : 55) : Description de l'image par IA : Texte imprimé avec des caractères en braille, probablement une page de livre avec des symboles en relief.
    On en relève aussi une variante dans Amrouche (p. 252).
  • [39]
    On relève une variante dans Amrouche (p. 80, n° 11) : Description de l'image par IA : Texte imprimé avec des caractères noirs sur fond blanc, présentant des phrases en anglais et en français.
  • [40]
    Ou : fell-i ay tuta tiqqıt. La même idée exprimée à l’aıde des mêmes mots est dans le deuxième hénus-tıche du premier vers du poème 2 de la page 4 dans FDB 88 (1965).
  • [41]
    Cf. le poème 66.
  • [42]
    Ce poème a une varıante dans FDB 74 (1962. 65 : 1er poème) : Description de l'image par IA : Texte en anglais avec des caractères altérés, incluant des espaces et des symboles.
  • [43]
    Il existe une variante de ce poème dans FDB 74 (1962 : 71 : 1er poème) : Description de l'image par IA : Texte en anglais avec des caractères spéciaux et des espaces inégaux.
  • [44]
    Cf. le poème 60.
  • [45]
    Il exıste une variante lointaine (sauf pour le premıer vers) dans FDB 74 (1962 : 67 : 3e poème) : Description de l'image par IA : Texte imprimé avec des caractères gras et serrés, en police noire sur fond blanc.
  • [46]
    Le sens de ce mot est ınconnu dans notre parler. Il n’existe pas dans le Dıctionnaire de Dallet. Le sens de la phrase ne peut être restıtué même si le sens des deux termes aṭar “pıed” et tazmammagt “sourire” est connu.
  • [47]
    On relève une varıante de ce poème dans FDB 88 (1965 : 38) : Description de l'image par IA : Texte en alphabet latin et cyrillique. Deux paragraphes avec des mots incompréhensibles.
  • [48]
    Icı aussı le poème est chanté uniquement par les femmes, puısque yellı-m est celle quı chante.
  • [49]
    Le sens de ce mot nous est ınconnu, absent du Dictıonnaıre de Dallet. Selon toute vraisemblance, il s’agıt là d’un arbre dont les fruits sont vantés.

1 On rassemble dans le présent travail un corpus de quelque quatre-vingt-treize poèmes pour la majorité religieux, le reste relevant soit du domaine affectif soit de l’exil. Il est difficile de parler ici d’une poésie d’auteur même si la quasi-totalité des pièces sont de la même facture – mêmes caractéristiques prosodiques, le mètre et la rime – car dans la mémoire collective, ils ne sont attribués à aucun poète. En effet, comparée aux différents recueils publiés par M. Mammeri (Les isefra, poèmes de Si Mohand ou Mhand, 1967 ; Poèmes kabyles anciens, 1980 ; Inna-yas Ccix Muhend [Cheikh Mohand a dit], 1989) et T. Yacine (Poésie berbère et identité : Qasi Udifella, héraut des At Sidi Brahem, 1987) pour ne citer que ceux-là, la présente anthologie ressemble davantage à L’Izli ou l’amour chanté en kabyle de Tassadit Yacine, aussi paradoxale que la comparaison puisse paraître. La comparaison peut être paradoxale puisque, aussi bien sur le plan de la prosodie que sur celui de la thématique, les deux recueils sont différents. En fait, leur identité réside dans le fait que l’auteur est anonyme. En dépit du caractère anonyme dudit auteur, la facture des poèmes – ceux religieux notamment – tend en tout cas à en démontrer l’existence.

2 Ce sont des poèmes connus de la plupart des vieilles qui les exécutent soit comme chant d’accompagnement des travaux – non domestiques banals mais d’art (tissage, filage, poterie, barattage du lait,…) –, des moissons-battages, soit pendant les veillées funèbres (qui sont moments forts et occasions de rassemblement pour les paysans kabyles) ; dans ces deux derniers cas, les hommes aussi chantent, en groupes alternants.

3 Le recueil est constitué exactement de quatre-vingt-treize pièces, des “sizains” pour la plupart, mais aussi des “quatrains” (quatre pièces), des “huitains” (deux poèmes) et un dizain. Mais il semble que ces cas particuliers de pièces de plus de six vers soient dus soit à une addition de vers supplémentaires provenant d’une autre pièce dont un vers ou deux auraient disparu de la mémoire de nos vieilles, soit à la perte par oubli d’une partie du poème lui-même. C’est probablement ce dernier cas qui est à l’origine de beaucoup de proverbes dont le (ou les) vers qui leur auraient donné naissance seraient ceux qui auraient particulièrement concentré l’attention par leur forme, concise et isométrique, facilement mémorisable et la cristallisation en eux de la totalité du sens.

4 Ceci revient à dire que l’on a généralement affaire à des sizains : ce qui nous permet de dire “sizains”, c’est la pause observée par les chanteuses entre chaque partie “heptasyllabique” (de sept syllabes) et le fait que ces parties sont au nombre de six. Ces sizains rappellent étrangement ceux de Yusef-U-Qasi (Mammeri, 1980) du point de vue formel (la rime notamment, car le mètre n’est pas toujours régulier chez ce poète de la fin du xviie siècle [Mammeri, 1980 : 66]).

5 Il est intéressant de noter que, contrairement au chant religieux du Djurdjura (Nacib : 9), la majeure partie des pièces ici recueillies sont caractérisées par un archétype prosodique qu’on peut schématiser ainsi [2] :

7a7b(7 = sept syllabes ; les lettres a, b, c, d représentant le son final de chaque partie heptasyllabique)
7c7b
7d7b
Description de l'image par IA : Tableau avec lettres et chiffres, explications sur les syllabes et heptasyllabique.

6 En plus de la pause observée dans le chant par l’exécutant à la fin de chaque segment heptasyllabique, il arrive que, quand certains airs sont adoptés, le chant soit ponctué par un segment constitué par le nom d’Allah (répété trois fois, le tout formant approximativement sept syllabes).

Thématique

7 Comme nous l’avons dit ci-dessus, le thème principal de ce recueil est l’islam et la hantise de l’au-delà. On y exprime l’amour profond pour l’islam, donc pour Allah et son prophète Muhammad auxquels on adresse ses louanges, mais aussi – particularité de l’islam maghrébin – pour les saints aussi bien locaux (Ccix Mḥhend U Lḥusin, Sidi Muḥend Ccrif, Sidi Sɛid U Ɛbdeḷḷa) que les non maghrébins (ɛbdelqader Ljilali), qu’on glorifie, à qui on attribue des pouvoirs surnaturels conférés par Dieu et à qui on demande l’intercession auprès de Lui le jour du Jugement dernier ; c’est dire qu’à la limite ces saints locaux sont considérés comme des prophètes. Sur ce point précis, parmi les quinze marabouts implorés dans les chants du Djurdjura (Nacib : 14), seuls cheikh Mohand (de Taqa), Ben-Abderrahman (des Aït-Smaïl) et (p. 37) (de façon moins sûre) Sidi Saïd (des Izenaguen) figurent dans les pièces recueillies.

8 Dans les poésies traitant de l’au-delà – les poésies funèbres – on évoque « souvent l’ange de la mort qui, selon la croyance commune, viendra réveiller le mort dans sa tombe sitôt la dernière pelletée de terre jetée sur la sépulture. Ce qui caractérise cet ange dans les chants religieux [cf. poèmes 3, 65], c’est sa violence. Il apparaît comme un bourreau impitoyable, chargé de châtier les pécheurs avant le Jugement dernier » (Nacib : 9).

9 Comme souligné dans FDB 88 (1965 : 13), les termes de comparaison employés pour figurer l’au-delà sont :

  • — la maison (véritable) originelle : aneṣli, à aménager,
  • — les provisions de route : aɛwin, à emporter pour l’ultime voyage,
  • — le marché où nous sommes censés faire ici-bas nos emplettes heureuses ou malheureuses.

11 Dans le cas des autres poèmes, dans lesquels on exprime sa douleur, sa complainte (toujours en tant que musulman(e)), il est question d’affection entre parents, entre la mère et son fils (exilé), la fille et sa mère, l’homme (maquisard) et sa famille, mais souvent sur un fond religieux. C’est pour cette raison que – bien qu’elle ne soit le plus souvent chantée que par des femmes (des vieilles en l’occurrence) – cette poésie est du domaine public, et est en fait la seule admise.

La langue de cette poésie

12 Beaucoup de remarques peuvent être faites sur la langue dans laquelle est dite cette poésie. Dans une région caractérisée par des parlers berbères particuliers, il est pour le moins étonnant de constater que la poésie est dite dans une langue différente. Cette constatation appelle deux hypothèses quant à l’origine géographique de cette production :

13 1 ° La première et la plus aisée est de dire que cette poésie aurait été produite en Grande Kabylie, région historique de foisonnement des poètes, et qu’elle a été diffusée à travers toute la Kabylie : cette hypothèse peut être corroborée par l’existence dans cette langue poétique de tournures syntaxiques tombées en désuétude et n’étant attestées que dans le registre des vieilles personnes :

  • — La subordonnée relative avec un véritable pronom relatif : iss “à l’aide de quoi, duquel”, aɣel “vers quoi, vers lequel”, adeg “dans quoi, dans lequel”,…) et d’un certain lexique ; l’usage de la marque i de PN (prétérit négatif) dans les verbes à voyelle finale (61) alors qu’elle n’est pas attestée dans le parler quotidien, l’antéposition de l’indéfini kra (83, 84, 85, 86), alors qu’il est normalement postposé au nominal qu’il détermine, corroborent aussi cette thèse. L’existence de variantes (cf. corpus et notes) en Grande Kabylie peut être un indice en faveur de cette thèse. Une appropriation-adaptation de cette poésie dans les parlers locaux n’est pas à exclure, au vu du degré de divergence (aussi bien lexicale que syntaxique) de certaines variantes.
  • — Des mots d’usage rare dans la pratique quotidienne : aẓekka (= leqbeṛ) “tombe” (13, 46, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 65, 66), gen (= ṭṭes) “dormir” (14, 20, 21), tisura (= lemfutaḥ) “clés” (16), taneqlett (= tagrurt) “figuier” (20, 21), timedlin (tiblaṭin) “dalles” (= 24, 56, 60), Ilem (= lfareɣ) “vide” (43), enɣ (= eɣɣ) “tuer” (47), ḥlu (= jji) “guérir” (50) et l’adjectif aẓidan (= imiẓid) “doux, sucré” (28), imensi (= lmeεceyya) “dîner” (86).
  • — Un critère, des moins aisés, celui du “registre linguistique” de certaines pièces (religieuses ou non religieuses) et des vers (ou hémistiches) récurrents (entre autres les vers impairs de 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 92, 93).

15 Mais ce critère du lexique utilisé est peu convaincant : même si le lexique utilisé est actuellement tombé en désuétude, il est fort possible qu’à une date récente il fût d’usage courant, car vite compris par les locuteurs locaux et que la production de ces poésies soit antérieure au recul de ce lexique dans la région et à son remplacement par des emprunts à l’arabe (leqbeṛ pour aẓekka “tombe” ; lemfutaḥ pour tisura “clés” ; Imeɛceyya pour imensi “dîner” ; jusqu’à Ifares pour amnay “cavalier, agent de loi”) et parfois par un synonyme local (tiblaṭin pour timedlin “dalles”).

16 2° La deuxième hypothèse, l’opposée de la première, est celle de l’origine locale de cette production : beaucoup d’indices tendent à la corroborer ; ainsi :

  • — L’emploi du féminin (10) alors que le masculin conviendrait mieux à une poésie édifiante. A ce niveau, et réagissant avec un certain retard, la vieille qui a chanté ces poèmes affirme que certains d’entre ceux-ci sont de Taous Lbour, une poétesse-chanteuse de Lbour, un village de la tribu des Ayt-Melloul, situé à l’ouest d’Ighil-Wis et distant de celui-ci de quelque cinq kilomètres. Selon la même personne [3], cette poétesse crée aussi bien qu’elle reprend les pièces déjà existantes. C’est là en fait un phénomène déjà connu, s’inscrivant dans la tradition des poètes-chanteurs comme Si Lbachir Amellah (cf. Bouamara, 1994).
  • — L’usage de certains mots inconnus en Grande Kabylie (mais qui y sont peut-être attestés) : nuḥ (= ili) “être” (18), welli “rentrer” (22, 60,66), aqiṭan “cordelette en fils de laine” (24), tiwwa (= aɛrur) (37), ajedɛun (= aɛudiw) (47), ticṭit “traverse” (54), ccqa “claie tressée et faite d’inflorescences de diss” (idles “Ampelodesma tenax”), disposée entre les traverses et les tuiles d’une maison” (55), ddeffa (= lluḥ) “battant de porte” (59), hwa (= ṣubb) “descendre” (61 et 62), tajebbant (= timeqbet) “cimetière” (61 et 62), timak-niwin “femelle du serpent” (61 et 62), alezzaz (= taẓẓelt) “coin” (66), agṭiṭ (= afṛux) “oiseau” (70et 72), sgumiɣ (= ur zmireɣ ara) “je suis incapable de…” (73), taceṭbubt “branchette” (77), le toponyme aweqqas “Aokas, centre semi-urbain situé à l’est de Bougie” (87, 88 et 89).
  • — Quelques particularités morphologiques : le pluriel itra de itri “étoile” qui, partout ailleurs en Kabylie – ou dans tout le domaine berbère – est itran ; là, plus qu’ailleurs, la rime étant déterminante, on peut dire que le poème est local, puisque la rime est assurée par la variante locale du pluriel ; à moins que le poème ait subi une transformation profonde, à la limite de la création. Le morphème de passé ttuɣ “être” (au passé) (68) renforce cette hypothèse, son équivalent ili créant un déficit syllabique (hémistiche de 6 syllabes). La variantes métathétiques γmi de mɣi “germer” (7, 77) et ayekfi (akeffi) de ayefki “lait” (84) ne prouvent rien, les deux termes ayant même nombre de syllabes et même son final (i. e. même mètre et même rime).

18 Quoi qu’il en soit et au delà des particularités locales, incontestablement nous sommes en présence d’une koïné poétique, comme le montre Chaker (1984) ; en tout cas tout concourt à le démontrer : morphologie (le i du prétérit négatif), syntaxe (relative et relatif), lexique. En matière de lexique, en particulier, nous pouvons relever les mots suivants : tisura “clés”, amnay “cavalier”, intensi “dîner”, timedlin “dalles”, aẓekka “tombe”,… auxquels se substituent soit des mots locaux soit des emprunts à l’arabe, respectivement : lemfutaḥ, lfares, lmeɛceyya, tiblaṭin, leqbeṛ,…

19 Ce qui est important à souligner dans cette étude, c’est le foisonnement des variantes. A chaque occasion, à chaque consultation d’une nouvelle source, on découvre de nouvelles variantes, à telle enseigne qu’un poème donné recueilli à Ighil-Wis peut avoir jusqu’à trois variantes en Grande Kabylie, selon la localité, parfois selon la personne exécutant le chant. C’est dire qu’une étude aussi fouillée soit – elle n’est jamais exhaustive. Sans toutefois qu’il y ait sacrifice du fond à la forme, nous rejoignons Nacib qui, à propos de l’érosion de la version originale (du cas particulier des tiqsidin, longs poèmes hagiographiques), dit « Le trac, la mémoire défaillante et l’initiative imprévue lui [à l’auteur anonyme] font modifier tel ou tel, quand ce n’est pas un vers ou une strophe. Mais c’est surtout le passage d’une mémoire à une autre qui érode le récit primitif. Mutation innocente ou mutilation volontaire, il arrive que la version finale n’ait qu’une parenté lointaine avec son aïeule. En fait, le résultat n’est pas obligatoirement négatif : la suppression de formules moins esthétiques que les premières, l’addition d’images poétiques, la superposition d’idées nouvelles sont autant d’enrichissements qui contribuent à faire cheminer, dans le temps et dans l’espace, cette poésie spontanée » (Nacib : 27).

En guise de conclusion

20 Nous nous limiterons, pour le présent travail, aux matériaux collectés. Mais, nous sommes convaincus de l’existence d’autres poèmes que, pour diverses raisons, nous n’avons pu recueillir, et de variantes pour la plupart des pièces recueillies, que nous n’avons pu, non plus, vérifier. Au moment où nous achevons cette présentation, on pense aux chants religieux exécutés par les chanteuses Cherifa et Djamila et dont nous n’avons pas pu obtenir les albums. Une comparaison avec ces corpus d’un autre type pourrait être l’objet d’une étude ultérieure. Une étude biographique sur la poétesse-chanteuse Taous-Lbour et du recueil de ses poèmes s’imposera également à l’avenir.

21 Nous envisageons aussi – chose que nous n’avons pu mener dans la présente étude, pour des raisons méthodologiques et faute de place –, dans une étude ultérieure, d’aborder quelques problèmes de prosodie kabyle à travers les poèmes recueillis.


Le corpus

22 Nous avons opéré, dans le présent corpus, un classement thématique. Cependant, à l’intérieur d’un même thème, le classement est aléatoire. Les poèmes sont numérotés de 1 à 93 de façon à faciliter toute recherche et sous des rubriques correspondant au thème dans le poème indépendamment de la numérotation des poèmes. L’ordre matériel de la présentation des thèmes est indépendant du nombre de poèmes pour chaque thème ; les thèmes sont, en fait, classés par ordre d’importance décroissante, obéissant ainsi à une “logique” islamique qui caractérise l’islam populaire : Ṛebbi “Dieu”, Nnbi “le Prophète”, Ṣṣaliḥin “les saints” et les autres thèmes plus ou moins personnels. Le texte berbère est en italique alors que la traduction française, disposée juste après celui-ci, est en caractères romains. Nous avons essayé, autant que possible, de faire une traduction “agréable”, à la fois poétique et fidèle au texte original. Les poèmes sont annotés au besoin.

23 L’attention du lecteur doit être attirée sur l’absence de ponctuation dans la transcription de ce corpus : la division en parties visibles (hémistiches ou vers) avec une fin tout aussi visible nous a ainsi évité de surcharger le texte. C’est ainsi que la transcription du poème 10, par exemple, est :

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbiul εdileɣ lemzeyya
Ad xellṣeɣ tinefsit-iwillan d lweḥdaneyya
Cqan-i medden ma nnannekk t-taxdimt f lawleyya
Description de l'image par IA : Texte en langue étrangère avec traduction en dessous. Moins de 140 caractères.

24 au lieu de :

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbi,ul ɛdileɣ lemzeyya ;
Ad xellṣeɣ tinefsit-iwillan d lweḥdaneyya.
Cqan-i medden ma nnan :nekk t-taxdimt f lawleyya.
Description de l'image par IA : Texte en turc avec traduction en anglais. Deux paragraphes avec des phrases en turc suivis de leur traduction en anglais.

25 Enfin, en cherchant dans FDB 88 (1965) et 74 (1962), nous avons trouvé une variante à des poèmes dont la version d’Ighil-Wis a été omise au moment de l’enregistrement phonique. C’est pourquoi nous avons présenté les deux variantes de ceux-ci à la fin du recueil, sous les numéros I et II.

Ṛebbi “Dieu”

26 1.

Ṣebḥan-k a ɛaḍim ccanixleqn ayyur d yiṭṭij
Ixelq-ihen deg tegnawnnur akka ag-gettfeǧǧij
Dkeṛt ḷḷen a lmumninṚebbi d aḥnin yettfeṛṛij
Je rends Grâce à Dieu aux VertusQui a créé le soleil et la lune
Il les a créés dans les cieuxleur lumière a chassé les ténèbres
Ô croyants ! louez DieuLui est bon et indulgent
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases alignées. Contient des versets et des traductions.

27 2.

Ṣebḥan-k a ɛaḍim ccanixleqn ayyur d yetra [4]
ixelq-ihen deg tegnawnnuṛ akka ag-getteǧala
Dkeṛt ḷḷeh ya lmuninṚebbi d aḥnin ag-gella
Je rends Grâce à Dieu Tout-PuissantQui a créé la lune et les étoiles
Ils les a créées dans le cielleur lumière a rempli le vide céleste
Louez Dieu Ô croyants !Lui est plein de bonté
Description de l'image par IA : Texte en français et en langue étrangère. Deux paragraphes avec des mots en italique et en gras.

28 3.

Ṣebḥan-k a ɛaḍim ccanmi dd-iṛuḥ am usegna
Lecɛuṛ-is d iberkanens taɛṛabt ay dd-ittlaɛa
Qum ɛli-k a bunadema win tesɣefl ddenya [5]
Je rends Grâce à Dieu aux vertus illimitéesquand il vint tel un nuage
Avec ses cheveux noirs effrayantsil me parlait en arabe
Lève-toi être humaintoi qui as été séduit par la vie.
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases en arabe et en anglais. Contient des versets et des phrases sur la foi et l'humanité.

29 4.

Ṣebḥan-k a lwaḥd llaṭiflɣani d bab n tlufa
εenniɣ-dd s nnbi tteṣrifd ṛebɛa g lxulafa
Kemml i wul ag-gettmennilwuquf deg Ɛaṛafa [6]
Je rends Grâce à l’Unique, le Raffinéle Vertueux Qui fait et défait
Je demande l’intercession du Prophèteet celle des quatre califes
Exhaucez le vœu de mon cœurcelui de pouvoir prier à Arafat
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, probablement arabe et français, avec des phrases alignées.

30 5.

Ṣebḥan-k a ɛaḍim ccanlɣani d bab igenwan
εenniɣ-dd s nnbi tteṣrifd Ccix Ben-εebdeṛṛeḥman
Ḥerz-aneɣ Ccix Ṭṭahera-ɣel a dd-ttẓuren lexwan
Je rends Grâce à Dieu Tout-Puissantle Vertueux, Maître des cieux
Je demande l’intercession du Prophète[7],du Cheikh Ben-Aberrahman
Préservez-nous le Cheikh Taharsource intarissable pour les disciples
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots et des phrases, incluant des noms propres et des expressions.

31 6.

Ṣebḥan w1 ixleqn ljennamkull lḥaṛa treyyes
Ixleq lejnan d imxeḍḍerag-gebɣa wul atan deg-s
Tamemt g Lwad Lkuteṛ [8]a Ṛebbi rezq-aneɣ yes-s
Je rends Grâce au Créateur du Paradisaux palais somptueux
Et aux jardins verdoyantslieu de satisfaction de tous les désirs
Dieu fasse que le miel du Fleuvede Nectar soit notre lot.
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais avec des mots barrés et soulignés. Contient des phrases religieuses et philosophiques.

32 7.

Aḥeqq lɛizza ṛ-ṛebbid ljetta ibedden at-teɣli
A tt-ičč wakal at-terkuul tettɛawad at-teɣmi
Ssiraṭ yerqiq d lxiṭd aqeṭṭɛan am ujenwi
Iṭ 1-lḥisab w lɛiqabzzat Ṛebb′ ala nɛeddi
Je jure par la Grâce de Dieuque tout corps est voué à la chute
Que dans la terre il pourriraet ne se régénérera plus
Le Sentier est aussi fin qu’un filaussi coupant qu’une lame
Le jour du jugement suprême[9]devant Dieu nous passerons
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et arabe, avec des phrases religieuses. Moins de 140 caractères.

Nnbi “le Prophète”

33 8.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbialef n mya u xemsin
Ṛṛuḥ a t-refden lemlukaksum d lɛula n tweṭfin
A Muḥemmed wans-aneɣaxxam d ajdid w t-nessin
Ma prière soit sur toi Ô Prophètetant et tant defois
L’âme sera arrachée par les Angesla chair sera le lot des fourmis
Ô Mohammed soit notre Compagnonla nouvelle demeure
nous est inconnue
Description de l'image par IA : Texte en arabe et en latin avec traduction en français. Contient des phrases religieuses et philosophiques.

34 9.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbialef n mya w ṛbeɛṭac
Ṛṛuḥ a t-refden lemlukaksum d lɛula ibeɛɛac
A Muḥemmed wans-aneɣaxxam d ajdid yessedhac [10]
Ma prière soit sur toiun millier de centaines et quatorze fois
L’âme sera retirée par les Angeset la chair sera le lot des insectes
Ô Mohammed assiste-nousLa nouvelle demeure est effroyable
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais avec des phrases sur des sujets variés.

35 10.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbiul edileɣ lemzeyya
Ad xellṣeɣ tinefsit-iwillan d lweḥdaneyya
Cqan-i medden ma nnannekk t-taxdimt f lawleyya [11]
Ma prière soit sur toimodeste est ma prière
Ainsi je sauverai mon âmepétrie par la solitude
Insignifiants sont les dires des genscar honorée de servir les Saints
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais, écrit en police noire sur fond blanc. Contient des phrases sur plusieurs lignes.

36 11.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbid kečč ay d Ilsas n ddin
Ḥemleɣ wı idekṛen Ṛebbid kra wı iṭuɛen lwaldin
Wı isɛan leḥsan iḥerz-itweḷḷeh timess w tt-yekcim
Iṭ 1-lḥisab w lɛiqabwı ixdemn kra a dd-ibin
A sseɛd-ik a faɛl lxiṛzzat ṛebbi lɛalamin [12]
Ma prière soit sur toi Ô Prophètetu es l’assise de notre religion
J’aime quiconque loue Dieuet quiconque obéit aux parents
Quiconque a de la bonté qu’ilil ne sera point la proie
la préservedu Feu
La nuit du jugement suprêmenous serons responsables
de nos actes
Heureux celui qui aura fait du biendevant le Maître de l’univers
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et anglais, avec des phrases correspondantes. Le français est à gauche, l'anglais à droite.

37 12.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbibu nnuṛ yettecruruqen
Ass mi tlulet d aseɛdisemman-ak nnbi lqasem
Feṛḥen lemluk deg-genwans ṭṭebl 1-lqedra kkaten
Ma prière soit sur toi Ô Prophèteaux lumières éblouissantes
Heureux le jour où tu es néon t’a baptisé Prophète Destinateur
Tu as fait le bonheur des Angesqui jouent du tambour
des deuxde la Providence
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases en anglais et en français. Contient des mots sur la prophétie et les anges.

38 13.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbideg-zal mačči dg nnuma [13]
A kk-isseqsi ɣef laxeṛtd uẓekka amek yella
Ṣṣura a tt-iswaɣ wakalqqimen iɣsan d limaṛa
Ma prière soit sur toi Ô Prophètependant l’éveil non dans un songe
Pour t’interroger sur l’au-delàet sur la demeure éternelle
Notre visage sera défiguré dans la terreet les os en feront la preuve
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais avec des mots surlignés. Deux paragraphes avec des phrases sur la prophétie et l'interrogation.

39 14.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbia bab n sserr d imɣeṭṭi
Lexwan-ik deg lxucuɛcethan ad gnen maṭi
A wı iẓran udem-ik a nnbilfeṛḥ izdukkel imeṭṭi
Ma prière soit sur toi Ô Prophèteau charme pudique
Tes compagnons sont tristesils sont devenus insomniaques
Heureux celui qui verra ton visagede joie il fond en larmes
Description de l'image par IA : Texte en français avec traduction anglaise en regard. Contient des phrases sur la foi et la prière.

40 15.

A yı-iɣaṭen d Muḥemmedd ameẓẓyan ulɛad iẓumm
A wı a t-irran d ateẓdama t-ittawi deg-qelmun
ssefṛ useggas iṭul [14]nettheḷḷat deg-s a leɛmum [15]
Je m’apitoie sur le sorttout jeune avant d’avoir
de Mohammedentamé le jeûne
Ah ! S’il pouvait m’être
un porte-monnaiequi ne me quitterait jamais
Le voyage d’un an est pénibleÔ (ses) oncles, prenez soin de lui
Description de l'image par IA : Texte en arabe et en français. Contient des phrases sur la foi et la foi en Dieu.

41 16.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbiṣelliɣ f imawlan n tmurt
Tisura deg-gfassen-nnsenmi dd-waɛan teldi tewwurt
Ɛenniɣ-dd ɣur-k a Ṛebbierr-dd iɣriben al tamurt
Ma prière soit sur toi Ô Prophèteet sur les Saints du Pays[16]
Dans leurs mains ils ont les clefsà leur signe les portes s’ouvrent
Je sollicite auprès de toi monDieu le retour des exilés dans leur pays
Description de l'image par IA : Texte en braille avec des mots en français et en anglais. Deux colonnes de symboles en relief sur fond blanc.

42 17.

Ad ṣelliɣ fell-ak a nnbiṣellant ula d lemlaykat
Muḥemmed cariq n nnwaṛbu txitemt n gar tuyat
A dd-ɛenniɣ ɣur-k a Ṛebbisufɣ-aɣ leɛtab ɣel tafat
Ma prière soit sur toi O prophètetelle la prière des anges
Mohammed fleur scintillanteau sceau d’entre les épaules
C’est toi Dieu que je sollicitetransforme nos peines en lumière
Description de l'image par IA : Texte en arabe et en français. Phrases religieuses et spirituelles. Deux colonnes, alignement centré.

Ccix Muḥend U Lḥusin [17]

43 18.

A Ccix Muḥend U Lḥusina win ituben g dduḥ [18]
Iṛuḥ ɣel tala a dd-iẓẓall [19]yufa tiqqit ul tnuḥ
A tala ay nebɣa d amanumma ddunit deg-s an-nṛuḥ
Ô Cheikh Mohand-Ou-Lhocinetôt tu t’es repenti
Parti faire la prière à la fontaineil n’y trouva aucune goutte
Ô fontaine, nous voulons de l’eaunotre départ est imminent
Description de l'image par IA : Texte en anglais et en français avec des caractères spéciaux et des guillemets.

44 19.

A Ccix Muḥend U Lḥusina win ituben meẓẓi [20]
Iṛuḥ ɣel tala a dd-iẓẓallyufa tiqqit ul telli
A tala ay nebɣa d amanumma ddunit d lfani
Ô Cheikh Mohand-Ou-Lhocinetoi qui t’es repenti dès l’enfance
Parti faire la prière à la fontaineil n’y trouva aucune goutte
Ô fontaine, nous voulons de l’eauce monde n’est pas éternel
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais avec des phrases sur l'enfance et l'éducation.

45 20.

A Ccix Muḥend U Lḥusina bu leḥruz ɣel yiri
A w1 a kk-irran t-taneqletta kk-iẓẓu gar leḥwaṛi
Lexwan-ik xaqen ttruncethan ad gnen maṭi
Ô Cheikh Mohand-Ou-Lhocineaux talismans suspendus au cou
Ah ! si tu étais un plant d’arbre[21]je te planterais entre nos maisons
Tes disciples pleurent de nostalgie,du désir de te voir ne dorment point
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes. Contient des phrases sur des sujets variés.

46 21.

A Ccix Muḥend U Lḥusin [22]a bu leḥruz ɣel wammas
A w1 a kk-irran t-taneqletta kk-iẓẓu zzat lḥaṛa-s
Lexwan-ik xaqen ttruncethan ad gnen kuyyass [23]
Ô Cheikh Mohand-Ou-Lhocineaux talismans autour de la taille
Si je pouvais te transformerje te planterais devant
en plant,ma maison
Tes disciples fondent en pleursils sont devenus insomniaques
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes.

47 22.

A Ccix Muḥend U Lḥusinnefṛeḥ mi kk-nesɛa d lwens
Am win iḥuǧǧen iwella-ddyerna yeqṭa-dd g Tunes
W1 iṭṭfen deg-fus-ik a Ccixmeḥṛum aksum-is g tmess
Ô Cheikh Mohan-Ou-Lhocineque tu sois nôtre est notre fierté
Commè si nous avions faitet nous étions
le pèlerinageapprovisionnés à Tunis
Quiconque embrasse ta mainsera préservé de l’enfer
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes. Lettres noires sur fond blanc.

48 23.

A Ccix Muḥend U Lḥusinayyur l-lɛid mi dd-yejba
iṛuḥ ɣel tala a dd-iẓẓallyufa tiqqit ul tella
A tala ay nebɣa d amanumma ddunit ɣas beṛka
Ô Cheikh Mohand-Ou-MLhocinelune de fête qui fait son apparition
Parti faire la prière à la fontaineil n ’y trouva aucune goutte
Ô fontaine nous voulons de l’eaule monde d’ici-bas est dérisoire
Description de l'image par IA : Texte en français et en arabe. Contient des phrases sur l'écriture et l'apprentissage.

49 24.

A Ccix Muḥend U Lḥusinaqiṭan bu tecrurin
Iṛuḥ ɣel tala a dd-yagem [24]yufa teččuṛ t-tiryalin
A tala ay nebɣa d amanwamma laxeṛt t-timedlin
Ô Cheikh Mohand-Ou-Lhocinefil de laine aux ornements pendants
Parti puiser de l’eau à la fontaineil y trouva plein d’argent
Ô fontaine nous avons besoin de ton eau,autre chose n’est que fantasme
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais avec des phrases sur les bijoux et l'eau.

50 25.

Ccix-nneɣ ma yefqeɛa lexwan beɛɛdet fell-as [25]
Yezzuɣer nnziɛ am-mizemakken ag-gɛeddel kull ass
A Ṛebbi a dd-ɛenniɣ ɣur-kǧeƐl-aneɣ g ṭṭariqa-s
Notre Cheikh quand il a l’iredisciples, évitez-le
Il rugit comme un lionce sont là ses habitudes
Seigneur nous T’imploronsdestine-nous dans sa voie
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et anglais, avec des phrases incomplètes.

Sidi Muḥend Ccrif

51 26.

A Sidi Muḥend Ccrifitbir yulin f lḥaṛa
Al inehhu deg lexwana wladi ay telha ṭṭaɛa
W1 isɛan leḥsan iḥerz-itlaxeṛt-ines g ljenna
Ô Sidi Mohan-Cherifpigeon qui se pose sur les toits
Qui prodigue conseils aux disciplesô mes enfants ! l’obéissance est la meilleure des vertus
Qui a de la bonté qu’il la préservele paradis sera sa récompense
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes. Contient des phrases religieuses et philosophiques.

52 27.

A Sidi Muḥend Ccriftecbit itbir f tẓerbit [26]
Al inehhu deg lexwana wladi ay telha tẓallit
W1 isɛan leḥsan iḥerz-itlaxeṛt axiṛ n ddunit
Ô Sidi Mohand Cheriftu es tel un pigeon sur une nappe
Quand tu formes tes disciplesô mes enfants ! la prière procure la paix
Le vertueux doit se préserver du mall’au-delà vaut mieux que la vie d’ici-bas
Description de l'image par IA : Texte en français et anglais avec phrases sur deux lignes.

53 28.

Abrid (n) Ḥemmada yulitebɛen-t lexwan s uleɣwi
A Sidi Muḥend Ccrifd aẓidan deg-gmi am-ɣelmi [27]
W1 iṭṭfen deg-gfus-ik a Ccixu tit-teǧǧtit ad yeɣli
Le chemin des Hamada est escarpé[28]les Khouans l’ont pris à la danse
Ô Sidi Mohand Cherifton nom est comme du miel dans la bouche
Quiconque embrasse ta maintu ne l’abandonneras pas
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en anglais et en arabe, probablement un extrait littéraire avec des citations et des phrases descriptives.

54 29.

A Sidi Muḥend Ccrifass l-ljemɛa aql-anɣ a dd-nas [29]
A dd-nẓur taxelwit-ika s-dd-nezzi d aqewwas
A Sidi Muḥend Ccrifwi ibɣan lxiṛ qṭu-yas
Ô Sidi Mohand Cherifvendredi nous nous rendrons chez toi
nous visiterons ton mausoléenous ferons en un cercle autour
Ô Sidi Mohand Cherifintercède en faveur de qui désire le bien
Description de l'image par IA : Texte en braille avec descriptions en français. Contient des phrases sur Sidi Muhend Ccrif et Sidi Mohand Cherif.

εbelqader Ljilali [30]

55 30.

A Ɛbelqader Ljilaliitbiren-ik uɣen lexla
Yeteṣtad-ihen uṛumiizellu-hen g zzenqa
Tenɛeyyaṛt a Muḥemmedyeqqel wuday d lexlifa
Ô Abdelkader El-Djilanites pigeons planent au-dessus des champs
Le chrétien qui les braconneles égorge des les détroits
Ô Mohammad ! manifeste ta colèreles juifs ont le commandement
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, arabe et française, avec des phrases correspondantes. Contient des mots en arabe et leur traduction en français.

56 31.

A Ɛbelqader Ljilaliiɛebden ṛebɛin sna
ɣas yiwen uṭar g lebḥeṛu s-tenna tnefsit beṛka
Netta iḥibb-it Ṛebbid sselṭan 1-lawleyya
Ô Abdelkader El-Djilanitoi qui as adoré Dieu quarante ans durant
Même s’il a un pied dans la mersa nature ne l’a trahi
Car Dieu l’aimeet le fait roi des saints
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et une autre langue.

Lamana “la missive”

57 32.

Lamana a ṭṭir lamanayewwi-tt igider g-ferr-is
Yekcem tamurt tanaṣlitziɣen wayi d leɛzib-is [31]
Tigert ma temlul teḥṭemlabudda a tt-imger bab-is
Lexdeɛ yekka-dd g tagmattgar leḥbab d iṭulan-is
Ô oiseau ceci est une missiveque l’aigle emporta sous son aile
Il pénétra le pays Vraicar celui d’ici-bas n’est que provisoire
Tout champ arrivé à maturitédoit être moissonné
La traîtrise est l’œuvre des plus prochesentre frères, amis et alliés
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en français et en anglais.

58 33.

Lamana a ṭṭir Iamanaawi d ubrid w-wasif
Sslam i k-nniɣ awiɣul Sidi Muḥend Ccrif
ℇn1 a dd-iɛjel s lmeɛṛufa ssyadi yewwṭ-anɣ lḥif
Ô oiseau ! ceci est une missivetu prendras le chemin de la rivière
Fais parvenir nos salutationsà Sidi Mohand-Cherif
Demande-lui de nous sauvernous avons amorcé le déclin
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français. Contient des phrases sur la rivière et des noms comme Sidi Muhend Cerif et Sidi Mohand-Cherif.

59 34.

Lamana a ṭṭir lamanaawi d ubrid ufella
Sslam i k-nniɣ awiɣul Sidi Sɛid U εbeḷḷa
Ꮛn1 a dd-iɛjel s lmeɛṛufa ssyadi niɣ neḍruṛa
Ô oiseau ! ceci est une missiveprends le chemin d’en-haut
Fais parvenir nos salutationsà Sidi Essaid-Ou-Abdallah
Demande-lui qu’il nous accordecar notre souffrance est
sa bontésans pareille
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, arabe et français, avec des phrases correspondantes.

Ṭṭaɛa “la soumission”

60 35.

A y1-iɣaṭen d ṭṭaɛa [32]deg-gul m-medden teɣli
Tettexnunnus g lqaɛat-tamerẓagt am ulili
Teqqel ttuba t-timeeyyeṛttettrut a w1 isɛan iẓri
Je m’apitoie sur le sort de la foique les gens ont chassée de leurs cœurs
et la foulent à leurs piedsamère telle le laurier-rose
L’adoration est devenue honteque quiconque a des larmes les verse
Description de l'image par IA : Texte en français avec traduction en braille. Contient des phrases sur l'adoration et la foi.

61 36.

Wi ibɣan ṭṭaɛa ifazeniketteṛ ṣṣlaṭ ɣf nnbi
Ad ittbeɛɛid g meddenula d iyan yettḥibbi
Ṭṭaɛa d ajgu iẓẓayenrefden-t irgazen l-lɛali
Qui veut une véritable foiqu’il multiplie ses prières sur le Prophète
Diminue ses fréquentationsmême avec ceux qui lui sont chers
La foi est un lourd fardeauque seuls les hommes
de valeur supportent
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases et des mots alignés en deux colonnes. Contient des phrases religieuses et des prières.

Leɛfu “le Pardon”

62 37.

A Ṛebbi teɛfut-iyiteɛfut i baba d yemma
Baba ixeddem fell-iimma tettaw1-i g tiwwa
A dd-ɛenniɣ ɣur-k a Ṛebbiamkan-nnsen g ljenna
Dieu veuille me pardonnerpardonne à mes père et mère
Mon père sue pour moima mère me porte sur son dos
Je t’en prie mon Dieufais que leur place soit au Paradis
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur Dieu et la foi. Inclut des versets et des prières.

63 38.

Weḷḷahin ul uggadeɣ [33]mi d kečč a Ṛebbi tellit
I wasmi lliɣ meẓẓi-iyiddiɣ dg zzhu d wuɣmiṭ
Tura ya Ṛebbi ndemmeɣǧeɛl-i g widak mi teɛfit
Je jure que j’aurai craintepuisque que Dieu existe
J’ai passé ma jeunesseà goûter des plaisirs de la vie
Dieu, maintenant je me repentisoffre-moi ton Pardon
Description de l'image par IA : Texte en braille avec des mots en français et en anglais, disposés en lignes.

Taẓallit “la prière”

64 39.

I winna un-nettẓalla [34]cebbhen-t ssadat d ilef
M1 ala iɛeddi ɣf amanmemnuɛ-it ad iccucef
Winna semman-t d lbaxiltarga a s-rran tunef
Celui qui ne fait pas la prièreles Seigneurs le prennent pour un cochon
Quand il passe près de l’eauil n’ose pas se laver
On le nomme “le paresseux “il a raté ce dont on lui a fait don
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en français et en anglais.

65 40.

I winna un-nettẓallacebbhent ssadat d ikɛeb
Mi ala iɛeddi ɣf amanad isteɛmel ileɛɛeb
Winna semman-t d lbaxiltarga a s-rran tebɛed
Celui qui ne fait pas la prièreles Seigneurs le prennent pour un renard
Quand il passe près de l’eauil fait semblant de jouer
On le nomme “le naïf”il est loin de ce qu’on lui accorde
Description de l'image par IA : Texte imprimé en français avec des phrases courtes et espacées, probablement un extrait de livre. Lettres noires sur fond blanc.

66 41.

A kkem-dd-ɛezzint a ddunitittaṭsan f win yesɛan
Ul ittẓalla ul ittzekkiul isserbiḥ ayt uxxam
Iṭ l-lḥisab w lɛiqabamkan-is g tmess iban [35]
Maudite sois-tu Ô vie d’ici-bastoi qui te moques du nanti
Il ne fait la prière ni ne fait la zakatni non plus ne contente sa famille
Le jour du jugement suprêmeil sera jeté en enfer
Description de l'image par IA : Texte imprimé en police cursive, disposé en colonnes verticales. Lettres inclinées et espacées de manière irrégulière.

67 42.

Aql-i ttnaɣeɣ d nnaɛil(… ?) [36]
Inna-yi at-teččet leḥamtaẓallit beka doyen
Nniɣ-as ɛahdeɣ ccixsiwa ma ddiɣ f isɣaren[37]
Je me bats contre Satan
Il me suggère défaire du malet d’abandonner la prière
Alors que moi j’ai prêté sermentjusqu’à mon ultime voyage
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en anglais et des chiffres romains. Contient des phrases sur Satan et un voyage.

Ljenna taḥnint “le paradis affectueux”

68 43.

Ljenna taḥnint tettrutuggad at-teqqim d ilem
Ljil-ayi (n) uṛumiw1 iẓẓullen kra yendem
Letthan d ccṛab d ddexxanqalil w1 illan d ineslem
L’affectueux Paradis se fende en pleursde peur de rester vide
Cette génération est chrétiennede ceux qui ont regretté leur prière
Ils se lancent dans l’alcool et le tabacles musulmans sont rares parmi eux
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur la santé et la société.

Iseεdiyen d lbuxala “les heureux et les paresseux”

69 44.

Ata iɛellem lefjers ubeḥri terna tagut
Widak tḥubbet a Ṛebbiahnayen ɛussen taggurt
Mačči am lbuxalaqqaren-as ulac lmut
C’est l’aube maintenantavec la fraîcheur de la brume matinale
Ceux auxquels Dieu accorde son Amourles voici au seuil de la porte
tandis que les paresseux (dorment)nient l’existence de la mort
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et arabe. Contient des vers et des phrases poétiques.

70 45.

Akken m1 ittɛellim lefjers ubeḥri yerna aṭu
Iyan tḥibbet a Ṛebbibdan theyyin luṭu
Mahi am lbuxalaqqaren-as tura a tt-neqṭu [38]
Aux premières lueurs du jouravec fraîcheur mêlée au vent
Ceux auxquels Dieu accorde son Amourcommencent leurs ablutions
Pas comme les “naïfs”qui remettent (leur prière) à plus tard
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en arabe et en anglais. Poésie ou chanson avec des phrases courtes et des numéros de vers.

71 46.

Win iẓẓullen isebbeḥiḍehṛ-as-dd ubrid n rrbeḥ
M1 ala tawin f isɣarenad iteddu ifeṛṛeḥ
M1 ala yaweṭ ɣel uẓekkaad yaf ceɛlen lemṣabeḥ
Qui prie Dieu et le glorifieemprunte la voie du salut
Il s’en va dans son cercueille cœur plein de bonheur
Et arrivé dans sa tombeon l’accueille avec des chandelles
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en anglais et en arabe, probablement des versets ou des citations.

Lqern-a “ce siècle”

72 47.

Ad awen-ḥkuɣ a Lislamaman g ccetwa qquren
Ajedɛun ikkat tismiṛtudayen ffɣen-dd ad ɣiren
Ufiɣ tibbib d umiɛṛufzzin i lbaz a t-nɣen
Je voudrais vous raconterle tarissement des sources en hiver
Le cheval se fait ferreret les juifs s’apprêtent à gouverner
La huppe et la chouette se mettentà conspirer contre le faucon
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et une autre. Lettres noires sur fond blanc. Six lignes de texte.

73 48.

Aql-i ṭeɛfeɣ werriɣeɣsekreɣ taqcuṛt am-mbelluṭ
Ddunit atta tuḥelteḥlulli twella d aluṭ
Aql-aɣ g lqern-xmesṭacul tufit d w1 ala tedduṭ
Me voici maigre et pâlema peau se décolle telle le liège
Le monde se trouve dans l’impassefondu, il devient boue
Nous sommes au siècle quinzièmequi pourrions-nous fréquenter ?
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur plusieurs lignes. Contient des mots comme "maigre", "impasse", et "fréquenter".

Tindemmit “le remord”

74 49.

A kk-ixdeɛ Ṛebbi a ṛṛay-iwa dd-izzin did-1 am tara
Iṭṭij f lejba ad yeɣlimačči d ayen a dd-nterra
Tura mi wkiɣ d iman-iwufiɣ lmejmeɛ yefra [39]
Que Dieu maudisse mon espritqui est tordu comme un sarment
Le soleil est sur le point de se coucheret son coucher est irréversible
Maintenant que je me suis éveillé iln’est plus rien que je puisse faire
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur le courage et l'espoir. Inclut des guillemets et des points de suspension.

75 50.

Ḷḷah lḥedd a Ṛebbia y’-texdem tikl1 uṭar-iw
asmi ddiɣ d lmacayexttɣilleɣ ad yeḥlu wul-iw
Ḷḷah lḥedd a ddunittura mi ǧǧiɣ axxam-iw
Tout est dérisoire mon Dieuje suis victime de ma conduite
J’ai tenu compagnie aux clercsdans l’espoir de soulager mon cœur
il est trop tardmaintenant que je ne suis
plus de ce monde
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes. Contient des phrases religieuses et philosophiques.

Tamettant “la mort”

76 51.

Iceyyɛ-dd Ṛebbi lxiṛ-isIwfa-yi-dd ɣf tsumta
Asekkad yenṭeḥ g-jgulmut dg-i ay tella
Qqelt a lɣaci g ṭṭerfat-tɛedd1 imma ay nebɣa
Dieu envoya sa miséricordequi me trouva adossé à un oreiller
Mes yeux rivés sur la poutreétaient le signe de mon départ
Gens ! Frayez un passageà ma mère que j’aime
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur deux colonnes. Contient des mots sur la douleur et la souffrance.

77 52.

Iceyyɛ-dd Ṛebbi lxiṛ-isiwfa-yi-dd ɣf usakku
Asekkad inṭeḥ g-jgulmut dg-1 ay tteddu
Qqelt a lɣaci g ṭṭerfAt-tɛeddi imma a yı-teɛfu
Dieu envoya sa miséricordequi me trouva sur le tapis
Mes yeux rivés sur la poutreétaient le signe de ma mort
Gens ! Frayez un passageà ma mère,
puisse-t-elle me pardonner
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur deux lignes, certaines en français et d'autres en caractères non identifiables.

78 53.

Iceyyɛ-dd Ṛebbi lxiṛ-isiwfa-yi-dd ɣf umeṭṛeḥ
Asekkad inṭeḥ g-jgulmut dg-1 ay tzeddeḥ
qqelt a lɣaci g ṭṭerfat-tɛedd1 imma a yi-tsumeḥ
Dieu envoya sa miséricordequi me trouva alité
Mes yeux rivés sur la poutreet la mort me pétrissait
Gens ! frayez un passageà ma mère,
puisse-t-elle me pardonner
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur plusieurs lignes. Contient des mots sur la douleur, la vie et la mort.

79 54.

Bnani-i lehl-iw axxamaxxam un-nesɛi ticṭit
Gran-iyi ddaw tmurttekkat-edd felli tiqqit [40]
A Ṛebbi ǧeɛl ssefṛ-iwass l-ljemɛa taṣebḥit
Les miens m’ont bâti une demeurequi n’a pas de traverses
Ils m’ont enfoui dans la terreoù l’eau ruisselle sur moi
Dieu fais que mon voyagese fasse un vendredi matin
Description de l'image par IA : Texte en français avec traduction anglaise.

80 55.

Bnan-i lehl-iw axxamaxxam un-nesɛi ccqa
Gran-iyi ddaw tmurtfelli ay tuta lehwa
A Ṛebbi ǧeɛl ssefṛ-iwd lexmis d ljamuɛa
Les miens m’ont bâti une demeurequi n’a pas de toit
Ils m’ont enfoui dans la terreoù il pleut sur moi
Dieu fais que mon voyagesoit entre jeudi et vendredi
Description de l'image par IA : Texte en français avec phrases courtes et simples.

81 56.

Lukan t-tirẓ1 ay rrẓeɣdili cudden-i s tuflatin
Lukan d laẓ ay lluẓeɣdil1 ay ččiɣ t-timẓin
Ag-guɛeṛ lweḥc uẓekkam1 ala dd-rren timedlin
Si j’étais victime d’une fractureon m’aurait fait des attelés
Si j’étais affaméje me nourrirais d’orge
Que la tombe est terrifianteune fois qu’on l’a
recouverte de dalles
Description de l'image par IA : Texte en turc et sa traduction en français. Contient des phrases sur des sujets variés.

82 57.

Lukan t-tirẓ1 ay rrẓeydili cudden-iyi s lexyuṭ
Lukan d laẓ ay lluẓeyal dili ččiy abelluṭ
Ag-guɛeṛ lweḥc uẓekkam1 ala (a) dd-cebḥen leḥyuṭ
Si j’avais une fractureon m’aurait attaché
la main jusqu’à guérison
Si j’étais affaméje soulagerais ma faim avec des glands
Que la tombe est terrifianteau moment où ses parois se resserrrent
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases courtes et des mots simples. Contient des phrases sur des sujets variés.

83 58.

Menhu d wayi ɣel tewwurtmenhu d wayi ɣel tewwurt
Lukan d inebgi ṛ-ṛebbidilaq nɛedl-dd taṛbuyt
Mi d inebgi uẓekkabeqqaɛlaxiṛ a tamurt
Qui donc est au seuil de la portequi donc est au seuil de la porte ?
Si c’était un hôte ordinaireon lui aurait préparé un repas
Hélas ! C’est l’ange de la mortmon pays, je te dis adieu
Description de l'image par IA : Texte en braille avec descriptions tactiles pour personnes malvoyantes.

84 59.

Menhu d wayi ɣl ddeffamenhu d wayi ɣl ddeffa
Lukan d inebgi ṛ-ṛebbidili nheyya lmakla
Mi d inebgi uẓekkabeqqaɛlaxiṛ a dderya
Qui donc est au seuil de la portequi donc est au seuil de la porte ?
Si c’était un hôte ordinaireon l’aurait invité à manger
Hélas ! c’est l’ange de la mortmes enfants, je vous dis adieu
Description de l'image par IA : Texte en français avec descriptions accessibles pour malvoyants et handicapés. Moins de 140 caractères.

85 60.

A yemma lexla w-wul-iwmi ttmeɣran ziɣ a yaɣzen
Aẓekka yenjeṛ yulitimedlin kulci yezmem
Ag-guɛer lweḥc uẓekkami ala dd-wellin a yi-ǧǧen [41]
0 mère mon cœur est ébranléon va creuser ma tombe
Quand on l’aura terminéeon la couvrira de dalles
Que la tombe est terrifiantelorsqu’on m’aura abandonné
Description de l'image par IA : Texte en français et anglais en colonnes.

86 61.

I dduṛ-a hwiɣ t-tjebbantal ttweḥḥideɣ g Ṛebbi
Ufiɣ aẓekka d ajdidula t-tawwurt ul telli
Izerman timakniwinizedɣ-it wul ul ibɣi [42]
Je passais un jour par le cimetièreet je méditai Dieu
La tombe vient d’être creuséeelle n’a aucune porte
Pleine de serpentselle est habitée à contre-cœur
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, arabe et français, avec des phrases courtes et simples.

87 62.

I dduṛ-a hwiɣ t-tjebbantal ttweḥḥiideɣ g-xellaq
Ufiɣ aẓekka d ajdidu s-ǧǧan ula d ṭṭaq
Izerman timakniwinizedɣ-it wul ul ixaq [43]
Je passais un jour par le cimetièreet je méditai le Créateur
Une tombe a été creuséequi n’a aucune fenêtre
Pleine de serpentsle cœur l’habite malgré lui
Description de l'image par IA : Texte en français et en arabe, lignes alternées, sans mise en page ou contexte supplémentaire.

88 63.

Ḷḷah lḥedd a ddunittasa d wul d ikeddaben
Helkeɣ leh lak d aṛumiqeddac d ṭṭalb a yı-ıketben
A tinefsit beṛka-kemd aẓekka a kem-idumen
Mon dieu que la vie est dérisoirele cœur est un menteur
Je suis atteint d’une maladie atrocequ’aucun taleb ne réussit à guérir
Mon âme te voici arrivée à ton termela tombe est ta demeure éternelle
Description de l'image par IA : Texte en français et anglais, lignes alternées.

89 64.

D acu d sseba 1-lmut-iwd lehlak mi-gzad fell-i
Asekkad yenṭeḥ g-jgua lɛuqqal cehhedt-iyi
Ṛṛuḥ-iw yekka taggurta mm leɣrur tɣurt-iyi
La raison de ma mortest la complication de ma maladie
Ma vue rivée sur la poutreô sages assistez à mon dernier souffle
L’âme a quitté le cœurmaudite vie tu m’as séduit
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases coupées et des mots incomplets. Contient des phrases sur la mort, la douleur et la complicité.

Yemma “ma mère”

90 65.

A yemma ḥenna yemmaziɣen ad mmteɣ lacekk
A y1-awin ɣl uẓekkaa yi-ǧǧen weḥdi ɣas nekk
A Muḥemmed fekkṛ-iyii s ala dd-wajbeɣ lmelk
0 mère chériema mort est imminente
On m’enfouira dans la tombeet on m’y laissera tout seul
0 Mohammed guide-moiet aide-moi à répondre à l’ange
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en français et en anglais.

91 66.

A yemma ḥenna yemmami ttmeɣran ziɣ a y1-aɣzen [44]
Aẓekka yenjeṛ yulitimedlin kulci yezmem
Mi dd-wellan a iy dd-refdenad ṣellin f nnbi ɛzizen
A Muḥemmed wans-iyim1 ala dd-zemmn ilezzazen
Ô mère chérieon me creusera ma tombe
Quand on l’aura terminéeon la couvrira de dalles
Lorsqu’on viendra m’y emmeneron priera sur le prophète valeureux
Ô Mohammed tiens-moi compagniequand l’étau se resserrera sur moi
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en arabe et leurs traductions en français. Contient des phrases religieuses et philosophiques.

92 67.

A yemma amek ala s-xedmeɣi wẓekka ay1-dd-tekcem tiqqit
Asmi yi-ttuɣ g ddunitay stehziɣ g tẓallit
Iṭ l-lhisab w lɛiqabyeḥṣel ṛṛuḥ n twaɣit
Mère comment ferai-jeà ma tombe envahie par les eaux de pluie
Quand j’étais de ce mondeje me moquais de la prière
Le jour du jugement suprêmel’étau se resserre sur l’âme
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur plusieurs lignes, certaines en italique et d'autres en majuscules.

93 68.

A yemma amek ala s-xedmeɣi wẓekka a y1-dd-kecmen waman
Asmi yi-ttuɣ f ddunitay stehziɣ g remṭan
Iṭ l-lḥisib w lɛiqabyeḥṣel ṛṛuḥ afuḥan
Mère comment ferai-jeà ma tombe qui sera pleine d’eau
Quand j’étais de ce mondeje me moquais du carême
Le jour du jugement suprêmel’âme maudite est dans l’impasse
Description de l'image par IA : Texte en français avec phrases courtes et simples. Lettres noires sur fond blanc.

94 69.

Lukan tarewla g lmutad dduɣ d yemnayen
Ad dduɣ tikl1 useggasg lebḥuṛ mebla ssfayen
Tarewla ulanidaay iẓri-w ttru idammen [45]
Si je pouvais fuir la mortdussé-je cavaler nuit et jour
Et, pendant des années,traverser les océans
Hélas ! Je ne pourrai lui échapperÔ mes yeux pleurez du sang
Description de l'image par IA : Texte en français et en anglais avec numéros de vers. Contient des phrases de poèmes.

Teṭra did-i “mon histoire est telle…”

95 70.

A yemma teṭra did-iam ugṭiṭ baba-s yemmut
Al ittejlaqa dg lεeccula wı a s-yawin lqut
Caylelleh ay ayt lɣuta nnbi bedd-as ɣel tewwurt
Ô mère ! mon histoire est tellecelle de l’oisillon orphelin
Qui gémit de faim dans son nidnul ne vient à son secours
je vous sollicite Ô gens de la PitiéÔ prophète prends soin de lui
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur l'histoire et la nature.

96 71.

A yemma teṭra did-iam ulɣem teǧǧa rreḥla
U t-ssiwṭen ɣel wamanu t-rnan ɣel leɛmaṛa
Ffɣen-dd luḥuc a t-ččenleṭyuṛ ɛedlen tameɣra
O mère mon histoire est telle celledu chameau abandonné par la caravane
On l’a éloigné des puits d’eauet des lieux habités
Quand les fauves s’apprêtèrent à le dévorerles rapaces firent la fête
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur l'eau et des lieux.

97 72.

Teṭra did-i a yemmaam ugṭiṭ d ubuεemmaṛ
Tikli teddun lwaḥitazmammagt teḥda [46] d uṭar
D aya win ixdemn lxiṛg lɛebd illan d anekkaṛ
Mère mon histoire est telle cellede l’oiseau en compagnie du faucon
Alors qu’ils planent ensemble?
Ceci est le sort de tout bienfaiteurface aux gens ingrats
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et français, avec des phrases correspondantes. Écriture noire sur fond blanc.

98 73.

A yemma teṭra did-iam win isebleɛn azrem
A t-idd-rreɣ sgumiɣa t-ǧǧeɣ tasa-w tegzem
A lecyax n ṭṭariqaleɛnaya d kunw1 ay telzem [47]
Mère mon histoire est cellede qui a avalé un serpent
Le rendre lui est impossiblele laisser lui serait fatal
O Saints de la Voiemon salut est entre vos mains
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en anglais et des chiffres romains.

99 74.

A yemma teṭra did-iam win iguǧǧen isufeṛ
Ikcem tamurt ul yessiniǧǧa tin a dg ittneṣṣel
D wa ay d lḥal n ddunitanida tnewweṛ at-tesṭer
O mère je suis telcelui qui fait le voyage solennel
Pénètre dans des contrées inconnueset quittant son pays natal
Mais qu’importe, c’est la vietout épanouissement prend fin un jour
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases et des mots en anglais et en français. Contient des phrases sur le voyage et l'importance de la vie.

Ul “le cœur”

100 75.

A kk-dd-ɛezzint ay ul-iwiṭṭalaben ag-geɣlayen
Ibɣa taẓallit d nnbitiɣimit d Jebrayen
A Ṛebbi ǧeɛl ssefṛ-iwass l-ljemɛa d letnayen
Pauvre de toi mon cœurqui demande le plus cher
Tu veux prier aux côtés du prophèteet tenir compagnie à l’archange Gabriel
Dieu ! fais que mon voyageait lieu de vendredi à lundi
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots codés et leur traduction. Contient des phrases sur la foi et la demande à Dieu.

101 76.

A kk-dd-ɛezzint ay ul-iwiṭṭalaben ayen un-nella
Ibɣa taẓallit d nnbitiɣimit d lawleyya
A Ṛebbi ǧeɛl ssefṛ-iwd lexmis d ljamuɛa
Pauvre de toi mon cœurqui demande l’impossible
Tu veux prier aux côtés du prophèteet tenir compagnie à l’archange Gabriel
Dieu fasse que mon voyageait lieu de jeudi à vendredi
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur deux lignes, certaines mots barrés et soulignés. Contient des phrases sur la foi et la prophétie.

Lwaldin “les parents”

102 77.

A taceṭbubt ucaruqa dd-iɣmin deffir ssuq
Turu-dd lḥebb d acuraqg lqaɛa yettecruruq
Lemḥibba m-medden ṛwiɣtinna 1-lwaldin d aḥaruq
O branchiole scintillantequi pousse derrière la place du marché
Ses graines sont de couleur blanchequi, tombées par terre, brillent
Si l’amour des gens est relatifcelui des parents ne tarit pas
Description de l'image par IA : Texte en français avec phrases courtes et espacées.

103 78.

Aḥlil w1 isluɣen ulawenterrṭ-as luṭa d asawen
Ṛebbi txemmt-as am uccenttbiɛen imeksawen
Malheur à quiconque brise les cœursDieu rends-lui les chemins inaccessibles
Fais de lui un chacalque les bergers poursuivent
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur l'accessibilité et les défis.

104 79.

A yemma taxlalt n llqimma tfeqɛet eǧǧ g lḥeqq-im
Ḷḷah lḥedd a yemmaad iqqel lxiṛ i yelli-m [48]
Mère, brindille d’olivierprends ton mal en patience
Dieu est unique, mèretu auras fait du bien pour ta fille
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en anglais et en arabe. Deux paragraphes avec des phrases courtes. Police simple, noir et blanc.

Ayyur (agujil) “la lune (l’orphelin)”

105 80.

D acu a kk-iwɣen ay ayyurdeg tegnaw yuli-kk leɣyaṛ
Imeṭṭawen ugujilm1 ala dd-ibedd ɣel wemnaṛ
Ttrut a baba d yemmanekki un-nesɛa leqrar
Qu’as-tu donc Ô lune ?dans le ciel tu parais triste
Les larmes sont le loi de l’orphelindebout au seuil de la porte
Pleurez-moi, mes père et mèremoi qui suis abandonné à mon sort
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases courtes et des mots simples. Contient des phrases comme "dans le ciel" et "debout au seuil de la porte".

106 81.

D acu a kk-iwɣen ay ayyurdeg tegnaw yuli-kk leɣri
Imeṭṭawen ugujilm1 ala yeqqim ɣel yini
Ttrut a baba d yemmanekki un-nesɛa lwali
Qu’as-tu donc Ô lune ?tu es couverte d’un voile épais
Les larmes sont le lot de l’orphelinassis devant le foyer
Pleurez-moi, mes père et mèremoi qui n’ait plus de tutelle
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases courtes et des mots simples. Contient des phrases sur la lumière et l'ombre.

107 82.

D acu a kk-iwɣen ay ayyurdeg tegnaw tuli-kk tagut
Imeṭṭawen ugujilm1 ala dd-ibedd ɣel tewwurt
Ttrut a baba d yemmawi ala yi-dd-ikfen lqut
Qu’as-tu donc Ô lune ?dans le ciel tu es couvert de brume
Les larmes sont le lot de l’orphelinquand il emplit la porte
Pleurez-moi, mes père et mèrequi pourra se charger de moi ?
Description de l'image par IA : Texte en français avec phrases courtes et simples.

Amjahed “le maquisard”

108 83.

Amjahed ddaw ččinaamjahed ddaw ččina
Mi dd-tɛedda kra n temɣarttewwi-dd ibriq n lqahwa
Mačči d lqahwa ay bɣiɣxaqeɣ a w1 iẓran imma
Un maquisard était à l’ombre d’un oranger(bis)
Quand passa une vieilleet apporta du café :
Ce n’est pas du café que je veux,c’est ma mère qui me manque
Description de l'image par IA : Texte en français avec phrases sur deux colonnes, incluant des mots comme "maquisdard" et "café".

109 84.

Amjahed ddaw lxili [49]amjahed ddaw lxili
Mi dd-tɛedda kra n temɣarttewwi-dd ibriq ukeffi
Mačči d ayekf1 ay bɣiɣxaqeɣ a w1 iẓran lwali
Un maquisard était à l’ombre de…(bis)
Quand passa une vieilleet apporta du lait
Je ne veux pas de laitce sont les miens qui me manquent
Description de l'image par IA : Texte en français disposé en colonnes verticales et horizontales. Lettres noires sur fond blanc. Contenu semble être des extraits de texte.

110 85.

Amjahed ddaw ṛṛemmanamjahed ddaw ṛṛemman
Mi dd-tɛedda kra n temɣarttewwi-dd ibriq w-waman
Mačči d aman ay bɣiɣxaqeɣ a w1 iẓran imawlan
Un maquisard était à l’ombre d’un grenadier(bis)
Quand passa une vieilleet apporta de l’eau
Ce n’est pas de l’eau que je veuxce sont mes parents qui me manquent
Description de l'image par IA : Texte en français avec des mots en anglais entre parenthèses. Deux paragraphes avec des phrases courtes et des mots soulignés.

111 86.

Amjahed ddaw tzemmurtamjahed ddaw tzemmurt
Mi dd-tɛedda kra n temɣarttewwi-dd imensi g tegdurt
Mačči d imens1 ay bɣiɣxaqeɣ a wẓ iẓran tamurt
Un maquisard était à l’ombre d’un olivier(bis)
Quand une vieille passaet apporta le dîner
Ce n’est pas du dîner que je veuxj’ai la nostalgie de mon pays
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et arabe, avec des phrases correspondantes.

Aɣrib “l’exilé”

112 87.

Akken mi-gehwa aweqqastiɣimit-is ɣel tewwurt
Aṣewwar ittṣewwir-itiẓri-s yeɣleb taceṛcuṛt
Iddem tabalizt iṛuḥbeqqaɛlaxiṛ a tamurt
Quand il descendit à Aokasil s’assit devant la porte
Il se fit photographierune cascade de larmes aux yeux
Il prit sa valise et partitadieu mon cher pays
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, français et ce qui semble être du turc. Contient des phrases sur la photographie et des descriptions visuelles.

113 88.

Akken mi-gehwa aweqqastiɣimit-is f ukursi
Aṣewwar ittṣewwir-itiẓri-s yeɣleb leḥmali
Iddem tabalizt iṛuḥbeqqaεlaxiṛ a lwali
Quand il descendit à Aokasil s’assit sur une chaise
Il se fit photographierune crue de larmes aux yeux
Il prit sa valise et partitadieu mes très chers parents
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en français et en anglais. Chaque colonne contient des paragraphes de phrases courts.

114 89.

Akken mi-gehwa aweqqastiɣimit-is f ṭṭabla
Aṣewwar ittṣewwir-itiẓri-s yeɣleb tiregwa
Iddem tabalizt iṛuḥbeqqaɛlaxiṛ a dderya
Quand il descendit à Aokasil s’assit à une table
Il se fit photographierdes rigoles de larmes aux yeux
Il prit sa valise et partitadieu mes enfants chéris
Description de l'image par IA : Texte en français et anglais, aligné en deux colonnes. Contient des phrases sur des sujets variés comme la photographie et les enfants.

115 90.

Axxi ssalamuɛlikuma iyan deg-durar ɛussen
S usekkad walan tamurts uṭar u t-idd-ɛfisen
A ssyadi ssrekbet w1 iɛyanumma w1 inejmen fiḥel
Je vous salue bien basÔ gardiens des montagnes
Vous qui voyez le payssans jamais fouler son sol
Seigneurs ! faites monter les faiblesque les plus forts s’assument
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en français et en anglais.

116 91.

Axxi ssalamuɛlikumlmebdi g-mawlan n tmurt
Tisura deg-fassen-nnsenmi dd-waɛan teldi tewwurt
Ḥelleɣ-k°n ḥelleɣ Ṛebbiat-terrem iɣriben al tamurt
Je vous salue bien basen commençant par les gens du pays
Les clefs tenues dans leurs mainsils ouvrent les portes à leur aise
Je viens vous solliciterretournez-nous les exilés sains et saufs
Description de l'image par IA : Texte en deux colonnes avec des phrases en français et leurs traductions en anglais.

117 92.

A w1 iddan d yetbirenad iṛuḥ am yedrimen
A dd-iḥewwes lparia dd-iẓer meṛṛa iɣriben
Heureux celui qui,
en compagnie des colombes,partirait tel de l’argent
Il visiterait Pariset rendrait visite à tous les exilés
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur les voyages et les visites. Inclut des mots comme "colombes" et "exilés".

118 93.

A wi iddan did-m a lehwaad iṛuḥ am lmanḍa
A dd-iḥewwes lparia dd-iẓer meṛṛa dderya
Heureux celui qui,
en compagnie des pigeons,partirait tel un mandat
Il visiterait Pariset rendrait visite à nos enfants
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur les pigeons à Paris.

Complément

119 I. Ighil-Wis

Ay ul a tt-iddeyyiqenay tmeḥḥnet d iman-ik
Ẓẓall Ṛebbi teqqimetterret lumuṛ i bab-ik
Iṭ 1-lḥisab w lɛiqabzzat Ṛebbi d lfeɛl-ik.
Toi mon cœurqui te tourmentessache que tu es le seul perdant
fais tes prières et apaise-toile reste est l’œuvre de ton Maître
Le jour du jugement derniertu seras entre Lui et tes actes.
Description de l'image par IA : Texte en français avec traduction anglaise en regard. Contient des versets et phrases religieuses.

120 FDB 88 (1965 : 44)

Ay ul-iw ur ttxeyyiqay thelkeḍ d iman-ik
Eǧǧ lɛebd w’ibɣun yehdeṛk°ellef lumuṛ i bab-ik
S ani d as-yehwd a kk-yawiad isewweq di nnefɛ-ik
Description de l'image par IA : Texte en langue étrangère avec des caractères spéciaux.

121 Amrouche (p. 240)

Ay ul-iw ur ţxeyyiqay tduṛṛeḍ d iman-ik
Eǧǧ lɛebd ag-gebɣu yinikellef lumuṛ i bab-ik
Anida yebɣu a k-yawid nnefɛ-ik neɣ d ḍḍeṛṛ-ik
Description de l'image par IA : Texte en deux langues, anglais et une autre, avec traduction en dessous.

122 II. Ighil-Wis

A yemma lexla w-wul-iwd nekk iṭwin am lmal
Al xeddmeɣ deg lecɣal-iwlmut deg-1 ay tettektal
D acu wwiɣ ɣel laxeṛt-iwsiwa aqenduṛ d userwal
Ô mère, le néant atteint mon cœurmoi qui pais comme une bête
Alors que je vaque à mes occupationsje suis la cible de la mort
Je n’ai emporté pour ma vie futureque la robe et le pantalon
Description de l'image par IA : Texte en français avec des phrases sur le futur et les occupations.

123 FDB 74 (1962: 71 : troisième poème)

A taṛwiḥt-iw a yellia tin ikessen am lmal
Telhaḍ d lx°edma d lecɣ°alma d aẓekka la d-issawal
A d-teǧǧeḍ lberǧ n ssimaat-tṛuḥeḍ s axxam b-b°akal
Description de l'image par IA : Texte en anglais avec diacritiques, suivi de texte en anglais sans diacritiques. Exemple de phrases avec et sans accents.

124 FDB 88 (1965:15)

A taṛwiḥt-iw a yellia tin yeksan am lmal
Telhaḍ d lxedma l-lec°ɣalma d aẓekka la dd-issawal
Acu tebb°iḍ d aɛwin-ikm1 ara k-xeznen deg-g°akal.
Description de l'image par IA : Texte en braille avec description en français pour personnes malvoyantes.

Bibliographie

  • Amrouche (J.) : 1988 – Chants berbères de Kabylie (Edition bilingue), préface de M. Mammeri, Paris, L’Harmattan, 264 p.
  • Basset (A.) : 1987 – Sur la métrique kabyle, Etudes et Documents berbères 2, 1987, pp. 85-90.
  • Basset (A.) : 1989 – Remarques sur la métrique dans quelques vers kabyles, Etudes et Documents berbères 5, pp. 5-21.
  • Boogert (N.) et Stroomer (H.) : 1992 – A Sous Berber Poem on the merits of Celebrating the Mawlid, Etudes et Documents berbères 10, pp. 47-82.
  • Bouamara (K.) : 1994 – Anthologie de poésies kabyles lyriques attribuées à Si Lbachir Amellah (1861-1930), Mémoire de DEA, Paris, INALCO, 290 p.
  • Boulifa (S.) : 1904 – Recueil de poésies kabyles, Alger, Jourdan.
  • Bounfour (A.) : 1994 – Le nœud de la langue. Langue, littérature et société au Maghreb, Aix-en-Provence, Edisud.
  • Chaker (S.) : 1982 – Structures formelles de la poésie kabyle, Actes de la Table Ronde « Littérature Orale » (Alger, juin 1979) ; Alger, CRAPE / OPU, pp. 38-47.
  • Chaker (S.) : 1984 – La langue de la poésie kabyle, Cahiers de Littérature Orale, 16, pp. 131-140.
  • Dermenghem (E.) : 1954 – Le culte des saints dans l’Islam maghrébin, Paris, Gallimard.
  • Geniaux (Ch.) : 1916 – Lei cimetières kabyles, Revue hebdomadaıre.
  • Guéron (J.) : 1975 – “Langue et poésie : mètre et phonologie”, change de forme, Paris, UGE, coll. 10/18, pp. 136-157.
  • Hanoteau (A.) : 1868 – Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura, Paris, Challamel ; Alger, Bastide.
  • Hanoteau (A.) et Letoumeux (A.) : 1972-73 et 1893 – La Kabylie et les coutumes kabyles, Paris, Challamel.
  • Jakobson (R.) : 1973 – Questions de poétique, Paris, Ed. du Seuil.
  • Jouad (H.) : 1976 – “Les règles métriques dans la poésie orale berbère”, I, Cahiers de poétique comparée, vol. 3, fasc. 1, pp. 33-34.
  • Jouad (H.) : 1987 – “La matrice rythmique, fondement caché du vers”, Etudes et Documents berbères, 3, pp. 47-59.
  • Jouad (H.) : 1989 – “Le langage lm’ɛna : l’esthétique de l’implice”. Etudes et Documents berbères, 6, pp. 158-168.
  • Lacoste-Dujardin (C.) : 1962 – Bibliographie ethnologique de la Grande Kabylie, Paris, La Haye.
  • Mammeri (M.) : 1969 – Les isefra, poèmes de Si Mohand ou Mhand, Paris, Maspero.
  • Mammeri (M.) : 1980 – Poèmes kabyles anciens, Paris, Maspero.
  • Mammeri (M.) : 1989 – Inna-Yas Ccix Muḥend (Cheikh Mohand a dit), Alger, CERAM.
  • Mammeri (M.) : 1991 – Culture savante, culture vécue, Alger. Tala.
  • Nacib (Y.) : 1992 – Poésies mystiques kabyles [texte kabyle et traduction), Alger, Editions anda-louses, 275 p.
  • Rinn (L.) : 1884 – Marabouts et Khouan ; étude sur l’Islam en Algérie, Alger, Jourdan, 552 p.
  • Yacine (T.) : 1987 – Poésie et identité. Qasi U difella, héraut des At Sidi Braham, Paris, Maison des Sciences de l’Homme.
  • Yacine (T.) : 1990 – L’izli ou l’amour chanté en kabyle, Alger, Bouchène/Awal.
  • Extraits du folklore lyrique : Vues sur l’au-delà. Fichier de Documentation berbère, 88, Fort-National, 1965 (IV).
  • La légende d’un saint : Cheikh Mohand Ou-Lhossine, Fichier de Documentation berbère, 96, Fort-National, 1967 (IV).
  • Un pèlerinage à la tombe de Cheikh Mohand Ou-Lhossine, Fichier de Documentation berbère, 98, Fort-National, 1968 (II).
  • La mort, le deuil et les rites funéraires, FDB, 74, Fort-National, 1962.

Date de mise en ligne : 05/12/2022

https://doi.org/10.3917/edb.013.0179