Article de revue
Propositions pour normaliser une transcription du kabyle
- Par Madeleine Allain
Pages 235 à 238
Citer cet article
- ALLAIN, Madeleine,
- Allain, Madeleine.
- Allain, M.
https://doi.org/10.3917/edb.012.0235
Citer cet article
- Allain, M.
- Allain, Madeleine.
- ALLAIN, Madeleine,
https://doi.org/10.3917/edb.012.0235
1 Il s’agit d’une transcription du kabyle qui respecte la morphologie de la langue et qui soit en même temps assez simple pour que l’écrivain moyen puisse la réaliser correctement.
- Le trait d’union et le trait de soulignement ont un usage différent :
- le trait d’union s’emploie pour unir le verbe avec les pronoms affixes directs ou indirects et les particules de direction, d et n, soit avant soit après le verbe :
- fkiγ-t, j̦j̦iγ-ten, yenna-yas, iṛuḥ-ed, ruḥeγ-en
- ayen i s-enniγ, skken i m-yenna, a t-id-yawi
- afus-iw, lxedma-w, imawlan-nsen, axxam-is
- axxam-agi, lexla-yagi, tamurt-enni, argaz-inna
- le trait de soulignement indique une assimilation phonétique :
- le trait d’union s’emploie pour unir le verbe avec les pronoms affixes directs ou indirects et les particules de direction, d et n, soit avant soit après le verbe :
| ex. : t_tamurt / ţ_ţamurt | de | d_ţamurt |
| aqcic t_teqcict / ţ_ţeqcict | de | d_teqcict |
| mi_gufa, d neţţa i_gruḥen | de | mi i yafa, i/ay iruḥen |
| amm_aman γeff_aman | de | am_waman, γef_waman |
| geggw_exxam, deggw_ass, deggwul | de | deg_wexxam, deg_wass, deg_wul |
| ur ţţagad ara / ur ţţagwad ara, ur ṭṭagad ara / deg̊g̊_exxam | |
| alγem, | / alγwem, alγ̊em |
| akk, nekni | /akkw, nekwni, ak̊k̊, nek̊ni |
| ameqqran | / ameqqwran, ameq̊q̊ran |
- Les verbes avec les indices de conjugaison sont écrits en un seul mot :
- xedmeγ, txedmeḍ, yexdem, texdem, nexdem, txedmem, txedmemt, xedmen, xedment.
- Que chaque mot (verbe, nom, pronom, préposition…) soit nettement distingué dans l’écriture :
- argaz, afus, ixxamen, ul, aman
5 Pour cette raison, en cas d’assimilation avec une préposition, nous optons pour :
| γeff_ul | plutôt que | γef_ful |
| amm_aman | “ “ | am_maman |
| degg_exxamen | “ “ | deg_gexxamen |
| degg_ass/deggw | “ “ | deg_gwass |
- Veiller à noter la consonne tendue dans les verbes comme :
- ffeγ, teffγeḍ…
- ffer, kker, kkes, ddem, ṭṭes…
- et comme : remmel, cekkeṛ, ḅebber…
- Vocatif : a taqcict, ay argaz, ay imeεzuzen !
- Les élisions : on ne les note pas. On écrit donc :
- mi ara, ma ulac, acu akka ? ur yufi ara…
- Voici les assimilations les plus fréquentes :
| n_lexla | doits | donc | se | lire | l_lexla |
| n_Ṛebbi | “ | “ | “ | “ | ṛ_Ṛebbi |
| n_xali | “ | “ | “ | “ | x_xali |
- le relatif i/ay devant la 3e personne masc. sing. de la conjugaison :
| i yufa / ay yufa | devient | i_gufa ou a_gufa |
| i yexdem / ay yexdem | devient | i_gexdem ou a_gexdem |
| i iruḥ / ay iruḥ | devient | i_gruḥ ou a_gruḥ |
- la particule de présentation d (c’est), la préposition d (avec) et la particule du futur ad devant un t deviennent soit t_t, soit ţ_ţ suivant les régions. Chacun notera l’un ou l’autre suivant sa région d’origine :
| t_tamurt | ou | ţ_ţamurt | t_teqcict ou t_teqcict |
| at_texdem | ou | aţ_ţexdem | (pour ad texdem) |
- Spirantes et occlusives : les consonnes b, d, t, k, g, peuvent être spirantes ou occlusives.
Dans les Dictionnaires Dallet, les occlusives sont notées par un point suscrit sauf quand elles sont tendues ou après certaines lettres (l, n,…) car alors elles sont toujours occlusives. Ex. bibb, yekkes, tamellalt…
Dans la méthode Tizi WWuccen, pour une raison pédagogique, ce sont les spirantes qui sont notées par un trait souscrit. Ex. : baba, udem, akal, tamurt.
Pour simplifier, on pourrait habituellement négliger cette notation quand le texte est destiné à des lecteurs kabyles.
Cependant dans des cas particuliers, par exemple pour des mots régionaux ou rares, il serait bon de marquer soit l’occlusive par un point (ḋ, ġ…) soit la spirante par un trait (d, k…).
De plus, étant donné l’importance de la particule d’approche d qui est toujours occlusive, je propose qu’on la marque habituellement par un point suscrit : ḋ - Cas particulier : la 3e personne masc. sing. de la conjugaison : soit i, soit y.
Devant une consonne brève, on a toujours i.
Devant une consonne longue, ou 2 consonnes ou une voyelle, on a y :
Autre cas particulier le déplacement des muettes :
Ces précisions ne sont pas indispensables pour une écriture qui ne se veut pas phonétique. - Cas régional important et spécial à la Kabylie de Tizi Uzezzu :
| le passage de | ww | et | n_w à bbw | yebbwi, yebbweḍ / yewwi, yewweḍ |
| “ | n_y à gg | tabburt bbwexxam / n_wexxam | ||
| tibbura ggexxamen / n_yexxamen |
10 Le plus souvent on adoptera : yewwi, n_wexxam, n_yexxamen sauf pour des textes en provenance de Tizi Uzezzu.