La numérisation du monde
Une crise de la pensée et du lien social
- Par David Le Breton
Pages 43 à 53
Citer cet article
- LE BRETON, David,
- Le Breton, David.
- Le Breton, D.
https://doi.org/10.3917/etu.4330.0045
Citer cet article
- Le Breton, D.
- Le Breton, David.
- LE BRETON, David,
https://doi.org/10.3917/etu.4330.0045
Notes
-
[1]
Jonathan Haidt, Génération anxieuse, Comment les réseaux sociaux menacent la santé mentale des jeunes, Les Arènes, 2025 ; David Le Breton, La fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale, Métailié, 2024.
-
[2]
D. Le Breton, La fin de la conversation ? op. cit.
-
[3]
Hervé Juvin et Gilles Lipovetsky, L’Occident mondialisé, Controverse sur la culture planétaire, Grasset, 2010, p. 73.
-
[4]
Sigmund Freud, « L’avenir d’une illusion », dans Religion, Gallimard, « Connaissance de l’Inconscient », 2012, p. 140.
-
[5]
D. Le Breton, La fin de la conversation ? op. cit.
-
[6]
Pierre Rosanvallon, Les épreuves de la vie, Comprendre autrement les Français, Seuil, 2021, p. 71.
-
[7]
Pierre Nora, « Quarante ans, fin et suite », Le Débat, n° 210, 2020, pp. 3-5.
-
[8]
Hannah Arendt, Le système totalitaire, Seuil, « Points essais », 2002, p. 304.
-
[9]
D. Le Breton, La fin de la conversation ? op. cit.
-
[10]
Byung-Chul Han, Infocratie, Numérique et crise de la démocratie, Presses universitaires de France, 2023, p. 13.
-
[11]
Benjamin R. Barber, Djihad versus McWorld, Mondialisation et intégrisme contre la démocratie, Desclée de Brouwer, 1996, p. 22.
Dans tous les registres de l’existence, il y a un avant et un après l’irruption du smartphone avec l’Internet à haut débit autour des années 2007-2009, qu’il s’agisse de la physionomie des villes, des transports, de la vie quotidienne, familiale, éducative, professionnelle, des loisirs, de la politique, de la culture… L’écran prend le pas sur les anciens savoirs et bouleverse en profondeur le lien social. Le sentiment de tenir le monde entre ses mains conjure symboliquement l’absence d’interlocuteurs réels autour de soi. L’intelligence artificielle ne se contente pas d’accélérer ce processus, elle porte atteinte à l’élaboration même de la pensée et soulève une question : dans quelle mesure voulons-nous soumettre nos vies au pouvoir des systèmes numériques ?