Iegor Gran, O.N.G., P.O.L, 2003, 172 pages, 16 ?
Pages 266b à 287b
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- LE CORRE, Françoise,
- Le Corre, Françoise.
- Le Corre, F.
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1 Une petite ville, un bien joli immeuble, plantes vertes, entrée en marbre, parking de luxe, petite musique de nuit dans l’ascenseur. Les trois premiers étages sont occupés par « La Foulée verte », organisation non gouvernementale. Bénévoles, stagiaires, permanents militent avec ardeur, collectent pour les pingouins de l’Arctique, organisent une journée du vent? Bref, tout irait pour le mieux dans la meilleure des luttes : fin des pots d?échappement, horizons épurés, industriels taxés et journalistes dans la poche, si ne venaient s?installer au quatrième et cinquième étages « Enfance et vaccin ». Du jour au lendemain, c?est la guerre, impitoyable, sans compter qu?on est en droit de suspecter « Handicap demain », qui rôde dans les parages. Grave, inconciliable, mortifère, apocalyptique ! C?est Julien, 25 ans, stagiaire à « La Foulée verte », qui en fait le récit. Il est bègue, et c?est tant mieux : il a pu rentrer dans le quota des handicapés ; on l’a donc pris. Il a une mission, et il en flotte de bonheur jusqu?à ce jour maudit de l’entrée en scène des « vaccins ». On lit les premières pages de ce petit livre méchant avec la reconnaissance qu?on a envers le caricaturiste familier qui fait mouche. On achève dans la farce grossière, énorme, dont l’horrible burlesque, le cynisme, le chaos savamment organisé du récit et du vocabulaire ne sont pas sans rappeler quelques-unes des innovations langagières de Orange mécanique, voire certains tics de Charlie-Hebdo. On est évidemment hors des catégories bon goût/ mauvais goût, mais sans doute moins dans la transgression et la subversion qu?il ne paraît.
2 Françoise Le Corre