Terre et familles à Damgan en Bretagne : consanguinité et affinité
- Par Sophie Laligant
Pages 467 à 478
Citer cet article
- LALIGANT, Sophie,
- Laligant, Sophie.
- Laligant, S.
https://doi.org/10.3917/ethn.053.0467
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- Laligant, S.
- Laligant, Sophie.
- LALIGANT, Sophie,
https://doi.org/10.3917/ethn.053.0467
Notes
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[1]
Ces matériaux, issus de terrains successifs depuis 1991, ont été discutés dans un groupe de recherche organisé par Cécile Barraud (cnrs) et intitulé Distinction de sexe : système rituel et valeurs, localité et affinité. Ce texte doit aussi à la pertinence des suggestions des anthropologues qui ont partagé de longues années durant – et prolongent encore aujourd’hui – réflexions et discussions sur le thème de la consanguinité et de l’affinité. Je remercie aussi Catherine Capdeville-Zeng et Corine Le Carrer pour leurs précieuses remarques. Un livre est à paraître.
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[2]
Je privilégie le terme « distinction de sexe » à celui de « genre » [cf. Barraud, 2001].
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[3]
« Damganais » désigne tous les habitants de la commune constituée de la « partie Pénerf » et de la « partie Damgan ».
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[4]
Le « renchaînement d’alliance » fut décrit, la première fois, par : [Jolas, Pingaud, Verdier et Zonabend, 1990].
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[5]
Les « mariages synchroniques » attestés entre 1929 et 1931 à Pluvigner (Morbihan) seraient une survivance de cette organisation en clan : « Les mariages synchroniques que certains théoriciens ont regardés comme des survivances d’un ancien mariage de groupe sinon d’un ancien mariage communautaire… un vestige de l’organisation par clan dans les mariages synchroniques où tous les fiancés de l’année se marient le même jour, à raison de 20, 30 et parfois 40 couples » [Van Gennep, 1943 : 381-382].
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[6]
Espace foncier, non clôturé de haies, localisé dans le sud de la commune, qui disparaîtra suite au remembrement. Le « rayage », dont l’étymologie se réfère au labour du sol en « raies » (dépressions) creusées dans la terre entre deux « sillons » (levées), désignait une étendue ouverte de terre structurée en lanières parallèles et curvilignes longues de trente à deux cents mètres.
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[7]
Après la moisson de froment et avant que cette sole n’accueille les « légumes », toutes les vaches, même celles des personnes ne détenant pas de terre, étaient menées sur cette « vaine pâture » où les « patous » les gardaient.
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[8]
Les « communs de village » et les « communs de commune » étaient respectivement portés à l’état du domaine des villages et de la commune. Les premiers appartenaient de façon indivise à la population de chacun des villages qui était la seule à pouvoir les utiliser pour y faire pâturer les animaux. Les seconds réglementés par le conseil municipal étaient, en revanche, libres d’accès à tous les Damganais.
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[9]
Parcelles situées dans le nord de la commune et entourées de haies et de fossés.
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[10]
Ne pas confondre les « villages », hameaux isolés parfois importants en nombre d’habitants, et le « bourg de Damgan », centre administratif où se trouve la mairie.
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[11]
Les Damganais nommaient indistinctement les terres ouvertes situées dans le sud de la commune par « rayage » ou « camber ». Or si ces deux termes sont liés à la culture du froment, leur signification sociologique est très différente. Ainsi en regard du « rayage » caractérisant un espace agraire collectif et une pratique liée au froment, « camber » désignait plus qu’une simple étendue foncière. « Camber » de « ken » (ensemble) et de « ober » (faire) en breton vannetais se rapportait, entre autres, à un groupe de personnes liées par un système d’entraide indispensable à la culture du froment.
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[12]
Se tenait le lendemain du mariage pour célébrer le service funéraire des défunts. Ce « retour » était encore pratiqué dans la région de Redon dans le milieu des années quatre-vingt-dix pour finir les restes du repas, mais sans le service à l’église.
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[13]
Semé de « grande lande » (Ulex europeus L.).
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[14]
Le « douar » (terre, masculin en breton) recouvre, à Damgan, bien d’autres significations [Laligant, 1997].
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[15]
Ensemble des personnes se trouvant à la même distance d’un ancêtre commun et au même niveau généalogique. La génération d’Ego est désignée par G0, la première génération ascendante à Ego (celle des parents) par G-1, la seconde (celle des grands-parents) par G-2. La première génération descendante à Ego (celle des enfants) est désignée par G+1, la seconde (celle des petits-enfants) par G+2.
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[16]
Petite exploitation d’un demi à trois hectares, tenue par des retraités, journaliers, ouvriers, ostréiculteurs, personnes veuves ou célibataires.
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[17]
À la différence des données recueillies par Isabelle Leblic à Molène, qui remonte jusqu’à G6 [1985].
Résumé
Le système de parenté propre à la société de Damgan, en Bretagne du Sud, repose sur les asymétries « frère/sœur », « mari/femme », « oncle/beau-frère » et « beau-père/oncle ». La parenté inclut le lien de consanguinité et, par extension, celui d’affinité. Lorsque l’une et l’autre se transforment, les liens de parenté en sont directement affectés. Jusque dans le milieu des années cinquante, la permanence de l’unité sociale était assurée par les couples qui, de génération en génération, vivaient sur une même terre et étaient liés par la reconduction des « lignées de froment » et par le culte des morts. Cet article est issu, d’une part, de matériaux collectés sur le terrain lors d’enquêtes successives depuis 1991 ; d’autre part, d’une réflexion nourrie, dans le domaine de l’anthropologie, durant de longues années, sur le thème de la consanguinité et de l’affinité.
Mots-clés
- Bretagne
- mariage
- rites
- genre
- consanguinité
- affinité
Mots-clés éditeurs : affinité, Bretagne, consanguinité, genre, mariage, rites
Abstract
The kinship system proper to the Damgan society in southern Brittany is based on the « brother/sister », « husband/wife », « uncle/brother-in-law » and « father-in-law/uncle » assymmetries. Kinship includes the bond of consanguinity and, by extension, of affinity. When both change they directly affect the bonds of kinship. Until the middle of the fifties the permanence of social unity was ensured by couples that lived on the same ground from generation to generation and were bonded by the renewal of « wheat lineages » and by the cult of the dead. This article is based both on materials collected since 1991 during successive field works and on a many years’ anthropological reflection on consanguinity and affinity.
Keywords
- Brittany
- marriage
- rites
- gender
- consanguinity
- affinity
Mots-clés éditeurs : affinity, Brittany, consanguinity, gender, marriage, rites
Zusammenfassung
Das der Damgangesellschaft in der Südbretagne eigentümliche Verwandtschaftssystem beruht auf den « Bruder/Schwester », « Ehemann/Ehefrau », « Onkel/Schwager », und « Schwiegervater/Onkel » Asymmetrien. Die Verwandtschaft schliesst das Band der Blutverwandtschaft und im weiterem Sinne der Affinität ein. Wenn beide sich ändern, dann werden die Verwanschaftsbande unmittelbar geändert. Bis in die Mitte der fünfziger Jahre war die Beständigkeit der sozialen Einheit von Paaren gesichert, die von Generation zu Generation auf demselben Land lebten und durch die Fortsetzung der « Weizenstämme » und den Totenkult gebunden waren. Dieser Artikel beruht auf Daten, die seit 1991 im Laufe sukkzessiver Feldstudien gesammelt wurden und auf einer vieljährigen anthropologischen Reflexion über die Themen der Blutverwandschaft und der Affinität.
Stichwörter
- Bretagne
- Ehe
- Riten
- Geschlecht
- Blutverwandtschaft
- Affinität
Mots-clés éditeurs : Affinität, Blutverwandtschaft, Bretagne, Ehe, Geschlecht, Riten