Symptôme, pas-tout et à-peu-près
- Par Gilles Chatenay
Pages 37 à 47
Citer cet article
- CHATENAY, Gilles,
- Chatenay, Gilles.
- Chatenay, G.
https://doi.org/10.3917/ess.028.0037
Citer cet article
- Chatenay, G.
- Chatenay, Gilles.
- CHATENAY, Gilles,
https://doi.org/10.3917/ess.028.0037
Notes
-
[1]
J. Lacan, « Subversion du sujet et dialectique du désir », dans Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 826.
-
[2]
J. Lacan, « Télévision », dans Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001, p. 534. C’est nous qui soulignons.
-
[3]
J. Lacan, Le séminaire, Livre XXIII, Le sinthome, Paris, Le Seuil, 2005, texte établi par Jacques-Alain Miller.
-
[4]
J. Lacan, Le séminaire, Livre XX, Encore, Paris, Le Seuil, 1975, texte établi par Jacques-Alain Miller, figure 6, p. 113.
-
[5]
P. Soury, « Un ratage dans l’établissement d’une figure de nœud, ou un méfait de perspective », dans Chaînes et nœuds, Deuxième partie, Paris, 1988, édité par M. Thomé et C. Léger, texte 58. Nous en reproduisons ici les pages 3 et 4.
-
[6]
J. Brunschwig, « La proposition particulière et les preuves de non-concluance chez Aristote », Cahiers pour l’analyse, n° 10, Paris, Le Seuil, janvier 1968.
-
[7]
J. Lacan, « L’étourdit », dans Autres écrits, op. cit.
-
[8]
Cf. à ce sujet G. Le Gaufey, Le pastout de Lacan, consistance logique, conséquences cliniques, epel éditions, 2006, qui retrace l’histoire de la subversion lacanienne du carré logique.
-
[9]
J. Lacan, Le séminaire, Livre XX, Encore, op. cit., p. 68.
-
[10]
S. Dugowson, « Qu’est-ce que tenir ensemble ? Conversation avec un mathématicien », La cause freudienne, n° 68, février 2008.
-
[11]
S. Dugowson, « Entre lier et séparer : nœud borroméen et autres objets connectifs », La lettre mensuelle de l’ecf, n° 273, décembre 2008.
-
[12]
S. Dugowson, Méditations borroméennes, Journal métaphysique d’un mathématicien, manuscrit, 2009, p. 83 : « Pour l’essentiel, un espace connectif est la donnée d’une structure connective sur [un] ensemble [fini ou infini] de points. Qu’est-ce qu’une structure connective sur un ensemble de points ? C’est la donnée de certaines parties de l’espace, des régions de l’espace pourrait-on dire, que l’on baptise “connexes”, avec l’idée que chacune de ces parties-là sera considérée comme étant “d’un seul morceau”. Ce qui rend légitime cette conception, c’est le fait qu’on ne peut pas choisir n’importe quel ensemble de parties et décider sans autre forme de procès que ces parties-là seraient connexes et que les autres ne le seraient pas. »
1Jacques Lacan, dans « Subversion du sujet et dialectique du désir », en 1960, écrit ceci : « Pourquoi [le névrosé] sacrifierait-il sa différence (tout mais pas ça) à la jouissance d’un Autre qui, ne l’oublions pas, n’existe pas [1] ? » Il y a la jouissance. Elle est éprouvée par le sujet comme étant, au plus intime de lui-même, étrangère : Autre. Le pas du sujet est de l’attribuer à l’Autre, celui du névrosé de supposer que l’Autre veut sa castration, celui du psychotique, du moins celui du paranoïaque, de poser que l’Autre jouit de lui. Moyennant quoi le sujet fait exister un Autre qui situe sa jouissance.
2Dans « Télévision [2] », en 1974, Lacan apporte un léger bougé : « Dans l’égarement de notre jouissance, il n’y a que l’Autre qui la situe, mais c’est en tant que nous en sommes séparés. D’où des fantasmes, inédits quand on ne se mêlait pas. » Maintenant nous nous mêlons, nous ne sommes plus vraiment séparés de l’Autre. Conséquence : l’Autre ne situe plus notre jouissance. Et Lacan précise, un peu plus loin : « S’y ajoutant la précarité de notre mode [de jouissance], qui désormais ne se situe plus que du plus-de-jouir. » Désormais, dirais-je, nous ne comptons plus sur l’Autre pour situer notre jouissance. Situer, en première approximation, suppose que l’espace soit structuré, ordonné : au sens logique, consistant. Nous ne comptons plus sur un ordonnancement que délivrerait l’Autre. « Désormais », les sujets ne comptent plus vraiment sur une consistance logique de l’Autre : ou plutôt ils s’en passent, ils font avec un Autre inconsistant. Ils se débrouillent, fabriquent des symptômes, se construisent des consistances approximatives – « à peu près » –, et locales – « pas-toutes ».
Pas-tout
3Comment se représenter ce pas-tout ? Le nœud borroméen à trois en donne une idée : chaque rond est connexe – il est d’un seul tenant –, trois pris ensemble sont connexes, mais pas deux – ça tient globalement, mais pas deux à deux. Pas-tout tient.
4Mais nous restons ici dans une opposition binaire : ou l’entrelacs est borroméen, ou il ne l’est pas – s’il l’est, qu’un rond soit dénoué, qu’une coupure intervienne, et tous sont libres ; s’il ne l’est pas, si l’on a fait, comme c’est toujours le cas dans la vie du parlêtre, un lapsus-de-nœud en passant quelque part dessus au lieu de passer dessous, ou l’inverse, alors il faudra ajouter un rond supplémentaire : le symptôme par exemple, comme l’avance Lacan dans son séminaire Le sinthome [3].
5Il est pourtant des entrelacs qui sont, dirai-je, « pas-tout » borroméens.
6Cet entrelacs est tiré de l’édition du séminaire Encore de Jacques Lacan [4]. Il semble borroméen ; il ne l’est pas tout à fait. Comme Pierre Soury l’a remarqué [5], suivant que l’on ouvre tel ou tel rond, tous se libèrent, ou seulement certains – qui d’ailleurs ne sont pas toujours en nombre égal, et ce n’en est pas le moins intéressant.
7Sans doute ce « ratage » est-il un lapsus, qu’il ait été le fait de Lacan ou des éditeurs. Mais la psychanalyse, et Lacan y insistait, notamment à propos des nœuds qu’il dessinait, accorde une grande valeur aux lapsus.
8Suivant le point où vous coupez, tous se libèrent, ou pas – et lesquels ? Et où soutenir les tentatives de raboutages du sujet ? Ce sont des questions, me semble-t-il, que l’on doit se poser dans la pratique analytique – nous ne souhaitons pas vraiment que le monde du sujet, que l’Autre du sujet parte en morceaux.
9Évidemment, dire de cet entrelacs qu’il est « pas-tout » borroméen est un abus de langage, du point de vue de la topologie des nœuds. Dans le langage de celle-ci, ou bien un entrelacs est borroméen, ou bien il ne l’est pas. C’est du tout ou rien, c’est binaire. Je préfère pourtant dire de cet entrelacs qu’il est « pas-tout », indiquant par là qu’entre l’affirmation et la négation, entre le « ceci est ainsi » et le « cela ne l’est pas », nous pourrions nommer un troisième, passer du binaire au ternaire, et plus – il y a plus de trois ronds dans cet entrelacs.
10J’ai choisi d’avancer le terme lacanien de pas-tout, bien qu’à ma connaissance Lacan ne le prononce pas à propos de topologie – il le fait, disons, dans un questionnement d’allure logique, ou ensembliste. « Pas-tout » vient en effet dans ses formules de la sexuation, à propos des femmes, nier que l’on puisse, en ce qui les concerne, poser un universel. Il n’y a tout simplement pas de proposition ou de fonction que l’on puisse écrire de toutes les femmes.
11Ceci subvertit le carré logique d’Apulée, qui répartit universelles, particulières et négations.
12Le questionnement lacanien de l’universelle porte incidemment son tranchant sur une difficulté qu’avait rencontrée Aristote et qui, depuis, avait été, disons, refoulée – refoulée en ce sens qu’elle fait retour, insistante, dans l’histoire de la logique. Elle concerne la particulière. La difficulté peut s’énoncer ainsi : si je pose que « Quelque x est P », en quel sens faut-il l’entendre ? Deux interprétations sont possibles. Jacques Brunschwig les examine en détail dans un article [6] sur la proposition particulière chez Aristote et en tire les conséquences sur les relations entre particulières et universelles.
13La première interprétation de la particulière s’énonce ainsi – je simplifie : « Quelque x est P (n’étant pas exclu que tous les x soient P). » Brunschwig l’appelle particulière minimale. C’est l’interprétation qu’a choisie, après hésitation, Aristote, et toute la logique classique après lui. Dans cette acception, la particulière, non seulement ne contredit pas l’universelle, mais en est « subalterne » : si tous les x sont P, universelle affirmative, a fortiori quelques x le sont, particulière affirmative « minimale ».
14Deuxième interprétation, que Brunschwig appelle « maximale » : « Quelques x sont P, mais pas tous. » C’est d’ailleurs ainsi que nous entendons en général la particulière, dans la vie courante. Dans cette acception, la particulière vient contredire l’universelle, et le carré logique est bouleversé.
15Cette particulière, disais-je, a été refoulée : l’article de Brunschwig montre en quoi elle fait régulièrement retour dans l’histoire de la logique. Disons qu’elle fait symptôme en logique, symptôme logique.
16Lacan a traité de cette difficulté dans son écrit « L’étourdit [7] ». Il ne choisit pas la maximale contre la minimale, ni l’inverse. Le pas-tout lacanien n’est pas négation de l’universelle, il dit que, concernant les femmes, on ne peut tout simplement pas poser d’universelle, qu’elle soit affirmative ou négative. « Pas-tout » signifie qu’il n’y a pas de « toutes les femmes ». Les femmes, au plus, forment une multiplicité non totalisable, pour reprendre les termes de Bertrand Russell. Il n’y a pas d’ensemble des femmes. Le pas-tout de Lacan ne se soumet pas à l’alternative entre minimale et maximale, il la subvertit, et subvertit au-delà toute la petite mécanique des carrés logiques [8].
17Mais cette subversion ne porte pas seulement sur la particulière et l’universelle : logiquement, puisqu’il s’agit de psychanalyse, elle porte la division sur le sujet logique. Il ne s’agit pas seulement qu’on ne puisse écrire « toutes les femmes » et que l’on ne puisse que dire « pas-toutes » à leur propos ; « pas-toute » aussi se dit de chacune, à chaque fois : je cite Lacan dans Encore : « D’être pas-toute, [une femme] a, par rapport à ce que désigne de jouissance la fonction phallique, une jouissance supplémentaire [9]. » Et un peu plus loin : « Ce n’est pas parce qu’elle est pas-toute dans la fonction phallique qu’elle n’y est pas du tout. » Disons-le ainsi : « Pas-tout d’une femme est P » : la division traverse le sujet de la proposition, l’argument de la fonction. La division traverse le x de « pas-tout x ».
18Deux conséquences, me semble-t-il, à ce que je viens d’avancer. Premièrement, une logique où le sujet, l’argument, le x de la proposition ou de la fonction lui-même serait divisé, pas-tout, serait pour le moins bizarre. Deuxièmement, si le pas-tout suppose des multiplicités non totalisables, s’il n’y a pas d’ensemble des pas-toutes, il me semble difficile de traiter la question en termes de théorie des ensembles. Lacan a tenté de le faire avec la logique intuitionniste – il l’a abandonnée pour les nœuds –, mais ne pourrait-on le faire en passant par la théorie des catégories ? Stéphane Dugowson, pour développer son travail sur les espaces connectifs, qui concernent notamment les nœuds et les entrelacs, s’appuie sur la théorie des catégories [10].
19De ces deux intuitions, j’avance d’un pas incertain que si nous ne pouvons nous servir de la logique, sauf à en inventer une très bizarre, et si nous devons nous passer de la théorie des ensembles, ne pourrions-nous alors tenter un traitement topo-logique de cette question du pas-tout ?
20Essayons-nous à cette intuition, avec les surfaces, puis les entrelacs.
21Lacan a parlé du sujet comme coupure, coupure génératrice d’une bande de Möbius. Premièrement, cette coupure, équivalente au bord de la bande, dessine ce qu’il a appelé un « huit intérieur ». Deuxièmement, un cross-cap s’obtient par couture d’un bout de sphère sur une bande de Möbius. Troisièmement, la couture de deux bandes de Möbius donne une bouteille de Klein.
22Huit intérieur, Möbius, cross-cap et bouteille de Klein ont ceci de commun qu’ils présentent comme un rebroussement de l’« extérieur » dans l’« intérieur », si tant est qu’on puisse encore parler d’intérieur et d’extérieur (on ne le peut pas). Et ce sont des surfaces non orientables.
23Comment la division subjective se manifeste-t-elle ? Lorsque je parle, il m’arrive de faire des lapsus, de dire ce que je ne voulais pas dire. Quelque chose, dans ma parole, « en moi », surgit malgré moi. Et il peut m’ar-river que je ne puisse m’empêcher de faire ou de penser des choses avec lesquelles je suis en désaccord. En moi, en mon plus intime, quelque chose m’est étranger. Autre. Comme si quelque chose de ce qui m’est extérieur se rebroussait en mon for intérieur. Huit intérieur, Möbius, cross-cap et bouteille de Klein me semblent de bons candidats pour donner une traduction topologique de la division subjective. Division subjective, dans notre petit dictionnaire de topologie lacanienne, se dirait « non orientable ».
24Deuxièmement, les entrelacs, nœuds, espaces connectifs, et le pas-tout.
25J’ai proposé de traduire la division subjective en termes de surfaces. Mais il n’y a pas de sujet sans Autre : le sujet se définit comme coupure dans les déterminations de l’Autre. J’explicite un peu : dans la vie ordinaire, quand disons-nous qu’il y a sujet ? Il n’y a sujet (c’est un exemple) que lorsque l’individu peut répondre de ses actes. Que lorsque tout ce qui le détermine, chaînes d’adn, éducation, entourage, milieu social, monde, images, pulsions, paroles et silences, chaînes symboliques, etc., lorsque les déterminations de l’Autre ne saturent pas ses actes. Le lieu où il y a sujet se définit comme coupure dans l’Autre.
26Pas de sujet sans Autre, et donc se pose la question des liens et des séparations d’avec l’Autre. Liens et séparations – en termes lacaniens, aliénation et séparation – renvoient à la topologie des entrelacs et des nœuds.
27Nous en avons déjà un exemple avec l’entrelacs borroméen à trois : trois sont liés, mais sont deux à deux séparés. Il y a, comme dit Stéphane Dugowson, une dialectique du lien et de la séparation [11]. Et la topologie des espaces connectifs pourrait, je le présume, nous en présenter un début de formalisation topologique. Or, tel qu’il en parle, un espace connectif comprend des parties connexes, et d’autres qui ne le sont pas [12] : un espace connectif serait-il, par définition, « pas-tout » au sens où je le propose ici ?
28Mais intéressons-nous à la façon dont se nouent ou se dénouent, s’entrelacent ou se défont tels et tels brins, en tel lieu ou en tel autre. Intéressons-nous aux lieux du lien. Liens et séparations ont une traduction dans le langage de la psychanalyse, concernant l’acte, l’acte analytique : Lacan a parlé, à propos des interventions de l’analyste, de raboutages et de coupures. L’acte, et donc l’acte analytique, coupe et raboute dans et avec l’Autre. Et qu’est-ce que l’interprétation, en première acception, sinon une façon de nouer ensemble, de rabouter deux éléments (ou plus) – ou d’y porter coupure ?
29Mais tous les nœuds ou entrelacs qui font que cela tient ne sont pas des nœuds ou des entrelacs. Car cela tient, à peu près.
À-peu-près
30Le sujet vient avec un sac de nœuds, il s’agit d’en concevoir, d’en inventer avec lui une épure. Mais tout sac de nœuds n’est pas nœud au sens de la topologie des nœuds. Prenez une corde, jetez-la en vrac, puis saisissez-vous-en : contrairement à l’apparence, le plus probable est qu’aucun « nœud » ne s’est formé dans ce paquet informe. Mais si vous tirez dessus sans précaution, l’embrouillage risque fort de refuser de se défaire : il y a des non-nœuds qui tiennent, et qui risquent de se serrer à mesure que vous tirez : des cosses, et des boucles.
31La cosse est une simple torsion de la corde sur elle-même. Elle paraît anodine, mais peut n’être pas sans conséquences, lorsque par exemple elle coince une poulie – les marins et les alpinistes s’en soucient.
32La boucle, elle, n’est pas un nœud au sens strict, et cependant c’est quelque chose sur la tenue de laquelle nous comptons (à peu près, et pour un temps), lorsque par exemple nous nouons les lacets de nos chaussures.
33Parmi les « vrais » nœuds, ceux qui peuvent revendiquer le titre de nœud au sens de la topologie, il y a par exemple le nœud simple et le nœud de trèfle. Chaînes et entrelacs, borroméens ou pas, peuvent rejoindre les « vrais » nœuds dans une même classe : celle où, sauf à couper, ça tient vraiment.
34Proposons une petite catégorisation à partir des opérations par lesquelles une cosse, une boucle, un nœud, une chaîne ou un entrelacs se font ou se défont.
35La cosse se fait par torsion, elle se défait par torsion inverse.
36La boucle s’assure en serrant, elle se défait en tirant sur un brin.
37Enfin le « vrai » nœud, comme l’entrelacs ou la chaîne, ne peut se faire ou se défaire que par coupures et raboutages. Comment raboute-t-on ? Poursuivons notre petit matelotage, nous pouvons faire une épissure ou une surliure.
38Entre celles-ci, la différence qui nous intéresse tient à ce que l’on fait une surliure avec un brin supplémentaire : l’interprétation analytique parfois reprend un signifiant déjà advenu, parfois en ajoute un nouveau.
39Le sac de nœuds avec lequel le sujet vient en analyse comprend des nœuds, des entrelacs, des pas-tout nœuds et des pas-tout entrelacs, enfin des à-peu-près nœuds : cosses et boucles. De plus, les brins eux-mêmes sont parfois très fragiles. Cela tient tant bien que mal, plutôt mal puisque des sujets viennent en analyse. Prenons garde à ne pas détordre, tirer ou couper n’importe où et n’importe quand.
40De l’épure à laquelle, avec notre analysant, nous aboutissons parfois, nous attendons qu’elle tienne « de la bonne façon ». Elle a, pour les lacaniens, un nom : sinthome. Le symptôme nous tient (à peu près), nous tenons parfois de la bonne façon – par le sinthome.