Compte rendu

À l’est des rêves. Réponses even aux crises systémiques, Nastassja Martin, La Découverte, 2022, 304 p., 21 €

Pages 180 à 181

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  • Denicourt, J.
(2024). À l’est des rêves. Réponses even aux crises systémiques, Nastassja Martin, La Découverte, 2022, 304 p., 21 € Esprit, Janvier-Février(1), 180-181. https://doi.org/10.3917/espri.2401.0180.

  • Denicourt, Jérémie.
« À l’est des rêves. Réponses even aux crises systémiques, Nastassja Martin, La Découverte, 2022, 304 p., 21 € ». Esprit, 2024/1-2 Janvier-Février, 2024. p.180-181. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2024-1-page-180?lang=fr.

  • DENICOURT, Jérémie,
2024. À l’est des rêves. Réponses even aux crises systémiques, Nastassja Martin, La Découverte, 2022, 304 p., 21 € Esprit, 2024/1-2 Janvier-Février, p.180-181. DOI : 10.3917/espri.2401.0180. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2024-1-page-180?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.2401.0180


Notes

  • [1]
    Nastassja Martin, Les Âmes sauvages. Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska, Paris, La Découverte, 2016.

En partant de questionnements sur les modes collectifs d’adaptation qui peuvent émerger face aux crises climatiques, nés d’un jeu de miroirs avec sa première ethnographie des Gwich’in d’Alaska, Natassja Martin traverse le détroit de Béring pour suivre une famille even dans les forêts du Kamtchatka de Sibérie orientale. Partageant leur quotidien, les sorties de chasse et de pêche, l’âpreté de la vie dans la toundra et les histoires autour du feu, l’autrice retrace, avec un style élégant et littéraire, la trajectoire originale d’une famille qui a fait le choix de la vie en forêt pour faire face à la déstructuration d’un monde.
Autrefois éleveurs nomades se déplaçant avec les rennes, les Even furent sédentarisés dans les kolkhozes durant l’époque soviétique, puis livrés à eux-mêmes à la chute de l’Union soviétique. Les troupeaux de rennes sont aujourd’hui aux mains de grands propriétaires ; le mode de vie nomade est oublié ; face à la désintégration des référents coutumiers et des structures étatiques, il n’est resté qu’une précarité sans fin et une culture déracinée… ou l’immensité de la forêt.« Les lumières se sont éteintes, et les esprits sont réapparus », dit Daria, mère de la famille et informatrice principale de l’autrice, pour décrire le moment où le choix de la forêt s’est imposé à eux. En effet, survivre en forêt, c’est (re)nouer un dialogue avec les espèces qui l’habitent, porter attention aux multiples voix du monde en s’attirant leurs faveurs, rêver avec les animaux et revivre les histoires des temps immémoriaux, ces mythes d’avant la spéciation dans lesquels les êtres se fondent les uns dans les autres et communiquent librement…


Date de mise en ligne : 25/01/2024

https://doi.org/10.3917/espri.2401.0180

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