Pascal et la proposition chrétienne, Pierre Manent, Grasset, 2022, 432 p., 24 €
Pages 125 à 127
Citer cet article
- SCHLEGEL, Jean-Louis,
- Schlegel, Jean-Louis.
- Schlegel, J.-L.
https://doi.org/10.3917/espri.2304.0125
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- Schlegel, J.-L.
- Schlegel, Jean-Louis.
- SCHLEGEL, Jean-Louis,
https://doi.org/10.3917/espri.2304.0125
Notes
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[1]
Voir Leszek Kołakowski, Dieu ne nous doit rien. Brève remarque sur la religion de Pascal et l’esprit du jansénisme [1995], trad. par Marie-Anne Lescourret, Paris, Albin Michel, 1997. Sur Pascal, « penseur de la joie et de la grandeur de l’âme humaine », voir Pierre Lyraud, Pascal, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Qui es-tu ? », 2023.
-
[2]
Voir Pape François, Tout est à l’amour. Lettre apostolique sur saint François de Sales, Paris, Éditions du Cerf, 2022, p. 23 et 26.
-
[3]
François Mauriac, Journal – Mémoires politiques, édition de Jean-Luc Barré, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2008, p. 424.
L’avant-propos, intitulé « L’Europe et la question chrétienne », annonce la couleur. Selon Pierre Manent, depuis peu, « les Européens ne savent que penser ni que faire du christianisme. Ils en ont perdu l’intelligence et l’usage. Ils ne veulent plus en entendre parler ». L’Europe a « décidé de naître à nouveau. À nouvelle naissance nouveau baptême, ce sera un baptême d’effacement. Elle le déclare publiquement, elle le prouve par ses actions : l’Europe n’est pas chrétienne, elle ne veut pas l’être ». L’emprise de l’État neutre sur la société, ou l’entreprise de neutralisation de la société, ne connaît plus de limites.
La « proposition chrétienne » de Pascal constitue donc, croit-on comprendre, la réponse à la misère de l’Europe sans Dieu. Reconstituée avant tout à partir des Pensées, c’est une pièce centrale dans le débat sur la place que devrait occuper et n’occupe plus le christianisme européen. Elle représente assurément une référence forte (trop forte pour le peuple chrétien au quotidien ?), mais ne s’expose-t-elle pas d’emblée à l’objection historique ? Pascal développait sa « proposition », si le mot est juste, il y a quatre cents ans, au moment où commençait certes à s’affirmer l’État souverain, mais où il était très loin de ses prétentions hégémoniques d’aujourd’hui. Il n’a étendu son pouvoir sans partage à l’ensemble de la société que « dans la dernière période » (Pierre Manent lui-même le reconnaît). D’où la question : Pascal vaut-il encore pour notre temps ? Et pourquoi Pascal …
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