La Sentence, Louise Erdrich, Trad. par Sarah Gurcel, Albin Michel, 2023, 448 p., 23,90 €
- Par Sylvie Bressler
Pages 150 à 152
Citer cet article
- BRESSLER, Sylvie,
- Bressler, Sylvie.
- Bressler, S.
https://doi.org/10.3917/espri.2312.0150
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- Bressler, Sylvie.
- BRESSLER, Sylvie,
https://doi.org/10.3917/espri.2312.0150
Autrice de plus d’une vingtaine de romans, poèmes, essais ou textes pour enfants, membre du Turtle Mountain Band of Chippewa, voix emblématique du mouvement de la Renaissance amérindienne, Louise Erdrich, avec La Sentence, signe un vibrant hommage à la littérature, instrument de liberté, vecteur de communion, parade contre l’oubli, invitation au risque et toujours source infinie de découvertes sur soi. Le roman commence et s’achève par une référence à un dictionnaire, celui que la narratrice reçoit en prison avec ce premier mot qu’elle recherche, « sentence » et celui qu’elle tire à elle, tant elle a « besoin d’un mot, d’une phrase ».
Écrit à la première personne par Tookie, une femme Ojibwe, la narration s’articule autour de sa condamnation, en 2005, à une peine de soixante ans de prison – elle aurait illégalement transporté, d’un État à un autre, un cadavre avec de la drogue dissimulée sous les aisselles –, de sa libération anticipée en 2015 et du caractère « ordinaire » de sa vie avec un mari aimant, Pollux, le policier responsable de son arrestation, retrouvé par hasard, et un travail dans une petite librairie indépendante, spécialisée dans tout ce qui a trait aux Indiens d’Amérique, jusqu’à ce qu’en novembre 2019, le fantôme d’une cliente, Flora, une « wannabe », ne vienne la hanter et que la réalité du moment ne bouleverse son quotidien « normal ». Le recours à des registres d’expression pluriels rythme cette plongée dans un univers marqué par les stigmates d’un héritage culturel qu’une actualité brûlante ravive…
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