Essais, Marcel Proust, Édition sous la dir. d’Antoine Compagnon, avec la collaboration de Christophe Pradeau et Matthieu Vernet, Gallimard, 2022, 2 064 p., 69 €
Pages 116p à 153p
Citer cet article
- GAVARD-PERRET, Jean-Paul,
- Gavard-Perret, Jean-Paul.
- Gavard-Perret, J.-P.
https://doi.org/10.3917/espri.2210.0116p
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- Gavard-Perret, J.-P.
- Gavard-Perret, Jean-Paul.
- GAVARD-PERRET, Jean-Paul,
https://doi.org/10.3917/espri.2210.0116p
L’éclectisme de Marcel Proust se retrouve dans ses Essais, où il se fait « concierge de génie ». Nous le découvrons averti autant en littérature, art plastique et musique qu’en philosophie. Ces « matières » se retrouvent dans cette suite de textes à travers le temps. Sa culture encyclopédique y est présente, mais selon le « tri » que l’auteur a opéré dans cette accumulation de connaissances. La philosophie est surtout omniprésente, puisque, à sa manière, La Recherche est un roman philosophique.Les divers essais complètent ainsi La Recherche dès Contre Sainte-Beuve. Dans la première existe un philosophe caché qui pratique des « barbotages » d’après les leçons d’Alphonse Darlut, professeur de Proust à Condorcet et qui prenait son chapeau comme exemple et parangon de la réalité. Ces essais fourmillent d’analyses et de « consultations » où l’intellect de Proust tourne à plein régime dans les examens d’œuvres très diverses. Se découvre donc un Proust qui reconnaît ce qui « détruit la ressemblance » chez Picasso entre autres, que Proust a connu.
L’art visuel possède une place singulière : « Par l’art nous pouvons sortir de nous et voir le monde se multiplier », écrit-il. Les « rayons spéciaux » en perdurent et il les découvrit chez Rodin et Monet, à qui il emprunta la conception de son œuvre comme « cathédrale d’art ». Et si, chez Proust, la mémoire est un instrument de référence, elle devient dans ce livre un lieu de découverte. Proust semble faire sécher « l’éternel présent »…
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