Compte rendu

Une autre Aurélia, Jean-François Billeter, Allia, 2017, 96 p., 7 €

Page 259t

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  • Caraco, B.
(2018). Une autre Aurélia, Jean-François Billeter, Allia, 2017, 96 p., 7 € Esprit, Juillet-Août(7), 259t-259t. https://doi.org/10.3917/espri.1807.0215t.

  • Caraco, Benjamin.
« Une autre Aurélia, Jean-François Billeter, Allia, 2017, 96 p., 7 € ». Esprit, 2018/7 Juillet-Août, 2018. p.259t-259t. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2018-7-page-259t?lang=fr.

  • CARACO, Benjamin,
2018. Une autre Aurélia, Jean-François Billeter, Allia, 2017, 96 p., 7 € Esprit, 2018/7 Juillet-Août, p.259t-259t. DOI : 10.3917/espri.1807.0215t. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2018-7-page-259t?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1807.0215t


Dans Aurélia, écrit à la suite d’un deuil, Gérard de Nerval entendait contribuer à la connaissance des « mystères de notre esprit ». Jean-François Billeter s’inscrit dans la continuité d’une telle démarche à la suite de la disparition de sa femme Wen, en 2012, estimant que de « tels bouleversements sont riches en enseignements d’une portée plus grande. Ils nous apprennent de quoi nous sommes faits ». Le sinologue avait rencontré Wen il y a près de cinquante ans, comme il l’a raconté de façon émouvante dans Une rencontre à Pékin (Allia, 2017), qui revient sur les premiers moments d’une histoire d’amour interdite entre deux jeunes gens, l’un Suisse, l’autre Chinoise, sur fond de révolution culturelle. J.-F. Billeter propose, avec Une autre Aurélia, des extraits du journal qu’il a tenu pendant plus de cinq ans après la mort de sa femme. Il nous offre un aperçu de ce qu’il nomme, reprenant le mot de Rimbaud, son « dérèglement », et qu’il finit par surmonter. Cette série de notations revient sur les différents sentiments, parfois paradoxaux, éprouvés par le sinologue : « Supportes-tu la solitude ? me demandaient certains. Cette question me sidérait, car Wen était extraordinairement présente – mais d’une présence devenue changeante et imprévisible. » Plus loin, à propos du « vocabulaire sinistre » lié au deuil, J.-F. Billeter écrit : « Je le rejette absolument parce qu’il me prescrit la valeur affective que je suis censé donner à mon émotion. » On retrouve ici l’attention qu’accorde le traducteur à la polysémie et à la dimension normative du langage…


Date de mise en ligne : 04/09/2018

https://doi.org/10.3917/espri.1807.0215t

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