Compte rendu

Jude Stéfan. Exercices d’exorcismes, Jacques Darras

Pages 215a à 220a

Citer cet article


(2018). Jude Stéfan. Exercices d’exorcismes, Jacques Darras. Esprit, Juillet-Août(7), 215a-220a. https://doi.org/10.3917/espri.1807.0215a.

« Jude Stéfan. Exercices d’exorcismes, Jacques Darras ». Esprit, 2018/7 Juillet-Août, 2018. p.215a-220a. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2018-7-page-215a?lang=fr.

2018. Jude Stéfan. Exercices d’exorcismes, Jacques Darras. Esprit, 2018/7 Juillet-Août, p.215a-220a. DOI : 10.3917/espri.1807.0215a. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2018-7-page-215a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1807.0215a


Notes

  • [1]
    Jude Stéfan, Épodes ou Poèmes de la désuétude, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 1999.
  • [2]
    L’éditeur Gallimard est resté fidèle au poète depuis son premier recueil : J. Stéphan, Cyprès, Paris, Gallimard, coll. « Le Chemin », 1967.
  • [3]
    Jude Stéfan « Les casquettes », dans Prosopées, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 1995.
  • [4]
    J. Stéfan, « Les casquettes », dans Prosopées, op. cit.
  • [5]
    Ibid.
  • [6]
    J. Stéfan, « Les casquettes », dans Prosopées, op. cit.

Il y a une singularité d’écriture propre à Jude Stéfan. Un style, aimerait-on dire, quoique curieusement l’expression semble ne jamais s’appliquer à la poésie mais être réservée à la prose. Un poème de Jude Stéfan se reconnaît au premier coup d’œil. Ou d’oreille, si l’on préfère. Pourquoi ? L’analyse n’est pas simple. Bien qu’il s’en défende, ce poète normand – manière de le situer très vite dans la géographie avant de passer à l’essentiel – est un formaliste. Il compose des poèmes courts, n’obéissant assurément à aucune règle prosodique fixe, dont la disposition sur la page dessine pourtant un profil assez régulier. Comme on croit deviner un sonnet, on se met aussitôt à chercher les quatorze vers fatidiques pour s’apercevoir que leur auteur s’ingénie, chaque fois, à les manquer. Soit il en fait treize, soit il en donne quinze voire plus quelquefois, seize ou dix-huit, toujours demeurant à portée du modèle « souverain ». En voici un, choisi au hasard des pages, puisqu’ils ont tous un air de famille.
On remarque d’abord que le poème n’a pas de titre. C’est l’un des dix-huit « prosèmes de grenier », extrait du recueil Épodes. On remarque ensuite quelque chose de moins directement évident, mais de délicieusement drôle. À savoir que chacun des vers composant le poème pourrait justement servir de titre à ce poème qui n’en a pas. Vérifions : sous la bataille des vents/ en rentrant la poubelle/ passe une belle jeune femme simple et brune/ il faut jeter à l’égout le malheur des autre…


Date de mise en ligne : 04/09/2018

https://doi.org/10.3917/espri.1807.0215a

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