Compte rendu

L’autre au cœur : « Ceija Stocka (1933-2013). Une artiste rom dans le siècle » et « Black Dolls. La collection de Deborah Neff », La Maison rouge (Paris) jusqu’au 20 mai 2018

Pages 141d à 155d

Citer cet article


  • Bouthors, J.-F.
(2018). L’autre au cœur : « Ceija Stocka (1933-2013). Une artiste rom dans le siècle » et « Black Dolls. La collection de Deborah Neff », La Maison rouge (Paris) jusqu’au 20 mai 2018. Esprit, Avril(4), 141d-155d. https://doi.org/10.3917/espri.1804.0141d.

  • Bouthors, Jean-François.
« L’autre au cœur : “Ceija Stocka (1933-2013). Une artiste rom dans le siècle” et “Black Dolls. La collection de Deborah Neff”, La Maison rouge (Paris) jusqu’au 20 mai 2018 ». Esprit, 2018/4 Avril, 2018. p.141d-155d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2018-4-page-141d?lang=fr.

  • BOUTHORS, Jean-François,
2018. L’autre au cœur : « Ceija Stocka (1933-2013). Une artiste rom dans le siècle » et « Black Dolls. La collection de Deborah Neff », La Maison rouge (Paris) jusqu’au 20 mai 2018. Esprit, 2018/4 Avril, p.141d-155d. DOI : 10.3917/espri.1804.0141d. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2018-4-page-141d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1804.0141d


Notes

  • [10]
    Voir Jean-François Bouthors, « Sous les images, la transcendance de l’être au monde », Esprit, janvier-février 2018.

En janvier 2017, Antoine de Galbert, son fondateur et président, annonçait la fermeture de la Maison rouge en octobre de l’année suivante. Ouvert en 2004, le lieu présente ses deux avant-dernières expositions – l’ultime s’ouvrira en juin prochain – et le maître des lieux explique que, pour chacune, il a repoussé d’un trimestre l’échéance qu’il avait initialement fixée. C’est dire l’importance qu’il y attache. L’une présente l’œuvre de Ceija Stocka (1933-2013), dont le père, arrêté et envoyé à Dachau en 1941, est mort l’année suivante ; elle-même a été déportée à l’âge de 10 ans, en 1943, avec sa mère et plusieurs de ses frères et sœurs, d’abord à Auschwitz-Birkenau, puis à Ravensbrück et à Bergen-Belsen. L’autre, « Black Dolls », est construite à partir des poupées noires de la collection Deborah Neff, créées par des Africains-Américains dans les années 1840-1940.
C’est l’autre qui est en jeu, l’humanité et la dignité que nous lui reconnaissons ou pas, la manière aussi dont il fait face à l’iniquité et à la violence dont il est l’objet. L’acte de création artistique apparaît comme un surcroît d’humanité, là où précisément l’intolérance, le mépris, la haine ou l’asservissement mettent l’humanité en défaut d’elle-même. On ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de rapprocher ces deux expositions de celle qui les a magnifiquement précédées, Étranger, résident qui présentait la collection de photographies de Marin Karmitz, dont le titre était presque une définition de notre condition, une forme de déclaration d’identité de l’être humain, et dont le contenu proposait une véritable éthique du visag…


Date de mise en ligne : 18/04/2018

https://doi.org/10.3917/espri.1804.0141d

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