Comment lutter contre le trafic sans exposer les civils à la violence ?
Pages 164 à 178
Citer cet article
- GUTIÉRREZ, Eduardo Guerrero
- et FRIEYRO, Martin,
- Gutiérrez, Eduardo Guerrero.
- et al.
- Gutiérrez, E.-G.
- et Frieyro, M.
https://doi.org/10.3917/espri.1208.0164
Citer cet article
- Gutiérrez, E.-G.
- et Frieyro, M.
- Gutiérrez, Eduardo Guerrero.
- et al.
- GUTIÉRREZ, Eduardo Guerrero
- et FRIEYRO, Martin,
https://doi.org/10.3917/espri.1208.0164
Notes
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[*]
Cet article est tout abord paru en espagnol dans Nexos, juin 2011, sous le titre « La raíz de la violencia ».
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[1]
Jaime López-Aranda, « Le mythe de la diversification criminelle », dans www.animalpolitico.com
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[2]
U.S. Departement of Justice, National Drug Threat Assessment 2008, http://www.justice.gov/ndic/pubs25/2921/cocaine.htm
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[3]
Même si officiellement un maire ne doit pas se mêler d’affaires relatives au crime organisé, il doit fréquemment collaborer avec les autorités fédérales et étatiques dans les « opérations conjointes » et, dans d’autres cas, il doit s’en mêler à cause de l’absence de l’autorité fédérale ou étatique.
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[4]
Alejandro Poiré et María Teresa Martínez, « La chute des capos ne multiplie pas la violence. Le cas de Nacho Coronel », dans Nexos, mai 2011, 401, p. 24-26. A. Poiré et M. T. Martínez sont fonctionnaires du Conseil de sécurité nationale.
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[5]
On doit d’abord souligner trois insuffisances de cette analyse. En premier lieu, il est étonnant que les auteurs prétendent soutenir un argument de caractère général en ne se fondant que sur un seul cas. On ne peut éviter de penser que celui-ci a été choisi parce qu’il s’accordait bien avec les positions défendues dans l’article. Deuxièmement, les auteurs ne prennent en compte le changement de tendance que sur une période très longue (quarante-quatre semaines), ce qui lisse les chiffres d’augmentation soudaine de la violence dans les jours qui suivent la disparition du chef. Par ailleurs, même si la proportion d’exécutions croît à un rythme moindre après la suppression d’Ignacio Coronel, ce calcul part d’un niveau plus élevé que celui enregistré précédemment : après la mort de Coronel, l’« effet d’escalade » de la violence enregistrée dans la zone est de l’ordre de 300 %. La troisième lacune est liée à l’explication circulaire que proposent les auteurs pour comprendre l’augmentation de la violence : les tensions internes et les conflits entre les organisations criminelles génèrent de la violence qui génère ensuite des tensions internes et des conflits entre les cartels. Or, même si l’on admet qu’une part de la violence se crée de manière endogène (comme conséquence des conflits périodiques internes aux organisations), cela n’explique pas l’accroissement systématique de la violence dans le pays durant les trois dernières années.
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[6]
Il faut souligner que cette analyse est descriptive et que des relations de causalité ne peuvent donc pas en être déduites. Un travail statistique – plus précis, et pour lequel il serait utile que le gouvernement rende transparente et actualise de manière opportune toute l’information jugée digne d’intérêt sur la guerre contre le crime organisé – doit être entrepris.
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[7]
Deux mesures confirment la diminution du niveau de concentration de la violence municipale en 2010 en relation avec 2008 et 2009, l’indice Herfindahl-Hirschman et l’indice Laakso-Taagepera.
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[8]
Je me réfère ici au concept du « problème d’identification » de Stathis N. Kalyvas, The Logic of Violence in Civil War, New York, Cambridge University Press, 2006.
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[9]
Pour donner une idée de la gravité de la crise que traversent les institutions policières dans les États fédérés et de la faible volonté de la majorité des gouvernements fédéraux pour y répondre, je propose des données qui s’appuient sur deux critères. Premier critère : le nombre d’effectifs de police dans chaque État fédéré entre 2009 et 2010, la moyenne de policiers pour 1 000 habitants dans chaque État fédéré (afin de savoir si celle-ci est en dessous ou au-dessus du standard minimum établi par l’Onu de 2,8 policiers pour 1 000 habitants) et le nombre de policiers en manque ou en excédent selon le critère de l’Onu. Second critère : le calcul des forces de sécurité nécessaire en tenant compte des congés policiers et militaires, de la force de sécurité actuelle sur laquelle peuvent compter les États fédérés en additionnant les éléments de la police fédérale et des forces militaires. On constate alors que 19 des 32 États fédérés sont en dessous du minimum nécessaire en termes de présence policière. Entre 2009 et 2010, Guerrero, Chihuahua, Baja Carolina Sur et Quintana Roo ont sensiblement augmenté le nombre de leurs effectifs de police (étatiques et municipaux). Les cas les plus préoccupants sont ceux de Tamaulipas, Nuevo León, Coahuila et Veracruz, entités extrêmement vulnérables à la présence violente du crime organisé, qui maintiennent un déficit relativement élevé d’éléments de police. Le District fédéral (Mexico) est un cas à part : on dénombre plus de policiers qu’ailleurs puisque la capitale du pays possède 3,4 fois le nombre minimum de policiers conseillé par l’Onu en temps de paix.
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[10]
Au moment du calcul de cette moyenne a été exclu le District fédéral pour ne pas fausser le résultat. En rapport avec les entités de la fédération, le District fédéral est un cas extraordinaire par l’importante somme consacrée aux affaires de sécurité publique.
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[11]
En ce qui concerne le budget per capita de la justice, Nuevo León occupe la 16e place, Durango la 17e, Jalisco la 19e, Tamaulipas la 20e, Morelos la 21e, Guerrero la 23e, Michoacán la 24e et San Luis Potosí la 32e (en dernière position).
Résumé
La lutte tous azimuts contre les cartels de la drogue a contribué à diffuser la violence en émiettant les gangs et en les poussant à s’installer sur de nouveaux territoires. La lutte contre le trafic est donc directement responsable de l’explosion de la violence qui touche les civils. Peut-on donc imaginer une autre stratégie, ciblée d’abord sur la réduction de la violence, pour épargner les civils et ne pas affaiblir leur soutien aux institutions qui échappent à la corruption ?
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